Gascogne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

43° 58′ 37″ N 0° 10′ 34″ O / 43.977, -0.176 ()

La Gascogne (en gascon Gasconha [gasˈkuɲɔ / gasˈkuɲə]) est une ancienne province située sur le territoire des départements actuels des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d'autres départements des deux régions d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne, elle est forte de la diversité géographique de son territoire naturel, localisé entre Atlantique, Garonne et Pyrénées. Revendiquant une identité culturelle fondée sur son histoire évoluant de peuples aquitains de langue proto-basque vers un peuple de Gascons partageant un dialecte latinisé commun, elle constitue l'aire linguistique actuelle du gascon, l'un des dialectes de l'occitan.

Géographie[modifier | modifier le code]

La réalité d'un territoire naturel du Grand Sud-Ouest français enserré dans des limites physiques claires entre Atlantique, Garonne et Pyrénées.
Paysage de Gascogne, laissant apparaître la chaîne des Pyrénées en arrière-plan.
Chevelu des rivières du Gers, avec noms et communes de source et de confluence.

Localisation[modifier | modifier le code]

La Gascogne est située dans le Grand Sud-Ouest français. Elle est marquée par ses limites naturelles que sont l'océan Atlantique, de la frontière espagnole à l'estuaire de la Gironde, à l'ouest, le cours de la Garonne, au nord et à l'est et le contrefort des Pyrénées, au sud.

Limites administratives[modifier | modifier le code]

La Gascogne n'est pas une région administrative mais une aire naturelle, culturelle et linguistique. La province historique est de fait éclatée entre les deux régions de l'Aquitaine et de Midi-Pyrénées sans les constituer en totalité. Elle recouvre entièrement les départements des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées, et comprend pour partie ceux des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne et de l'Ariège, les autres parties de ces départements et les autres départements d'Aquitaine (Dordogne) et de Midi-Pyrénées (Lot, Tarn et Aveyron) étant respectivement situées sur le territoire des anciennes provinces de la Guyenne, du Béarn, de la Basse-Navarre, du Languedoc ou du comté de Foix. La zone d'influence du gascon se prolonge sur une partie du territoire de l'ancienne province de Guyenne.

Le Val d'Aran, bien qu'appartenant à l'Espagne, fait partie linguistiquement de la Gascogne, elle-même partie de l'Occitanie dont le gascon est un dialecte.

Physionomie[modifier | modifier le code]

La Gascogne s'ouvre à l'Ouest sur le golfe de Gascogne. Elle s'appuie au Sud sur le massif montagneux et le piémont, coté France, des Pyrénées, entre Béarn et Couserans, et s'étage de coteaux en collines découpés par l'éventail des rivières, jusqu'à la Garonne. Se trouvent sur ces coteaux une part notable des vignobles du Sud-Ouest français et du Vignoble de Bordeaux.

Concernant l'Ariège, affluent oriental de la Garonne situé en amont de Toulouse : la limite de la Gascogne linguistique s'éloigne progressivement (d'une trentaine de kilomètres au maximum) vers l'ouest du cours de l'Ariège jusqu'aux Pyrénées[1].

La vallée de la Garonne, entre Toulouse et Bordeaux, est une voie de communication depuis l'Antiquité et même l'Âge du Bronze[2]. L'Adour, second fleuve par son bassin, forme à l'extrême sud-ouest la limite avec le Pays basque, où elle se jette dans le golfe de Gascogne.

Les Landes de Gascogne (avec la Forêt des Landes, protégée par des dunes littorales) couvrent un vaste triangle, à cheval sur trois départements (Landes, Gironde, Lot-et-Garonne). Il s'agit surtout d'une plaine sablonneuse.

Les coteaux de Gascogne s'étendent sur le Gers et (au Nord et à l'Est) jusqu'à la vallée de la Garonne, sur Chalosse et Tursan (département des Landes) au sud de l'Adour, ainsi que sur le nord du Béarn et de la Bigorre.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Les principaux cours d'eau gascons qui drainent la région sont les rivières descendant du Plateau de Lannemezan, affluents de la Garonne et de l'Adour : la Baïse et son bassin (la Gélise, l'Osse), le Gers, l'Arrats, la Save et son bassin (la Gesse), l'Adour et son bassin (le Luy, l'Arros, le Gave de Pau et l'Eyre), réseau hydrographique pour partie responsable des inondations catastrophiques de 1977.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les limites de la Gascogne au cours de l'histoire.

La région, peuplée d'Aquitains, a été conquise par l'Empire romain, puis par les Wisigoths, par les Vascons (qui lui ont donné leur nom), et enfin par les Francs.

La Gascogne était une principauté au sud-ouest de la France au Haut Moyen Âge[3]. Elle a disparu en tant qu'entité politique en 1063, lorsque le comte de Gascogne Bernard II Tumapaler a dû abandonner la Gascogne à l'Aquitaine après sa défaite devant le duc d'Aquitaine Guillaume VIII à la bataille de La Castelle. Après le traité de Paris de 1259, le duché d'Aquitaine a pris le nom de duché de Guyenne, terme désignant alors l'ensemble des possessions françaises du roi d'Angleterre.

Avec ces différentes dominations, la Gascogne a émergé comme un État indépendant pendant un temps et, à ce jour, la Gascogne a gardé la réputation d'être habitée par un peuple têtu et indépendant. Malgré ces évolutions, une identité gasconne culturelle et linguistique a subsisté à travers tout l'Ancien Régime jusqu'à nos jours.

La préhistoire[modifier | modifier le code]

La Dame de Brassempouy, l'une des plus anciennes représentations du visage humain.

Le paléontologue gersois Édouard Lartet a défini le Pliopithecus antiquus et le Dryopithecus fontani, primates fossiles du Miocène et du Pliocène et le Pelagornis, oiseau préhistorique du Gélasien, à partir des fouilles menées à Sansan (Gers) dans l'Astarac et à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) dans le Comminges.

Des traces de l'occupation humaine, dès le Paléolithique supérieur (Aurignacien, Gravettien, Magdalénien), du territoire actuel de la Gascogne, sont présentes dans les grottes, parfois ornées, du Labourd (Sare) dans les Pyrénées-Atlantiques, du pays d'Orthe (Duruthy) dans les Landes, des Quatre-Vallées (Troubat, Labastide, Noisetier) dans les Hautes-Pyrénées, du Comminges (Aurignac — fouillée par Édouard Lartet et à l'origine de l'Aurignacien — Gargas, Marsoulas, Tarté) en Haute-Garonne, ou du Couserans (Tuc d'Audoubert, Trois-Frères) en Ariège.

Outre les traces d'une présence humaine depuis l'Acheuléen (Paléolithique inférieur) et la découverte de la mandibule de Montmaurin attestant d'un Néandertalien ancien dans les gorges de la Save, ce site du Comminges dans les Hautes-Pyrénées et celui de Brassempouy en Chalosse dans les Landes, ont fourni des représentations féminines datées du Gravettien, les Vénus paléolithiques de Lespugue et de Brassempouy. De ce dernier site a été extraite la Dame à la capuche, dans la coiffure de laquelle nombre d'auteurs ont voulu voir le capulet pyrénéen[4].

Le mégalithe de Guillay en Tursan dans le département des Landes et la voie de transhumance de la Ténarèze qui traverse les deux régions d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées, de l'océan à la montagne, témoignent de l'activité des hommes sur le territoire de la Gascogne depuis le Néolithique.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

L'Aquitaine protohistorique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Aquitaine protohistorique et Aquitains.

Lorsque les Romains conquirent la Narbonnaise, ils se heurtèrent, au-delà de Toulouse à un peuple nouveau pour eux. Ce n’étaient ni des Ligures, ni des Celtes. Diodore de Sicile, qui les mentionne pour la première fois en 60 av. J.-C., les qualifie de « celtibères »[4]. Ils s'appelaient « Aquitains », bien que César reconnaisse qu’ils avaient beaucoup d’analogies avec les Ibères du sud des Pyrénées, et leur nom, comme le rapporte Pline l'Ancien, fut donné à la région qu'ils habitaient[4]. Les anthropologues et les linguistes reconnaissent désormais à ces peuples, distincts des Gaulois, le caractère de populations proto-basques, ayant des affinités ethnique et linguistique avec les Vascons.

Le territoire de l'Aquitaine était alors habité par une trentaine de tribus d'importance inégale : Consorans (Couserans), Biguerres (Bigorre), Ilourais (Oloron), Bénéharnais (Béarn), Tarbelles (Dax), Tarusates, plus tard Aturenses (Aire), Sotiates (Sos), Lactorates (Lectoure), Elusates (Eauze), Ausques (Auch), Vasates (Bazas), Convènes (Comminges), Garumni (rive gauche Gironde), Vocates (Sud est Gironde), Boïens (Pays de Buch) et Cocosates (Pays de Born).

L'Aquitaine de César[modifier | modifier le code]

D’abord spectateurs de la conquête de la Gaule par les Romains, les Aquitains en devinrent les acteurs en 56 av. J.-C. lorsque Publius Crassus fut chargé par César de soumettre l’Aquitaine. Ce fut d'abord le siège de l'oppidum de Sos où les Sotiates et leur chef Adiatuanos furent battus. Crassus poursuivit ensuite son œuvre qu’il mena à bien assez rapidement sur l'Adour malgré l'aide des Cantabres qui avaient combattu dans la guerre sertorienne contre Pompée où le légat Lucius Valerius Preconius et le proconsul Lucius Manlius avaient été défaits[5],[4]. C'est après la conquête qu'apparaissent les Bituriges Vivisques, Celtes déportés par Rome dans le Bordelais, sur la rive gauche de la Garonne et vivant, selon Strabon, sur le territoire des Aquitains, sans payer de tribut[4].

En 51 av. J.-C., César se rend lui-même en Aquitaine dans l'objectif de « pacifier » la contrée avec l'appui de deux légions et une prise d'otages parmi les « turbulents » peuples aquitains incomplètement soumis par Publius Crassus[6],[4].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

L'Aquitaine d'Auguste[modifier | modifier le code]

Les victoires de César n'empêchent pas les Aquitains de reconstituer leur unité et leurs forces auxquelles s'oppose encore Agrippa envoyé par Octave en 38 av. J.-C.. En 27 av. J.-C., Auguste réorganise l’administration de la Gaule en rétablissant la Narbonnaise et en divisant le reste de la Gaule en trois provinces : l’Aquitaine qui s’étend des Pyrénées et de l’Atlantique à la Loire, la Lyonnaise qui comprend l’Armorique et la Belgique. En les mêlant dans un même territoire aux peuples celtes installés au-delà de la Garonne, en utilisant les Bituriges Vivisques et les Nitiobriges comme intermédiaires, César affaiblit l'unité des Aquitains et étouffe leurs velléités de révolte. En accordant le droit latin à certains d'entre eux (Ausques, Convènes), en transformant leurs cités en colonies romaines (les antiques Elimberri et Aquae Tarbellicae deviennent respectivement Augusta Auscorum et Aquae Augustae) il conforte sa politique d'assimilation[4].

La Novempopulanie de Dioclétien[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Novempopulanie et Vascons.

C’est au IIe siècle que les peuples d'Aquitaine obtiennent leur séparation du reste de la Gaule aquitaine. L’inscription portée sur une stèle de l'église d’Hasparren montre que neuf peuples ont été séparés des Gaulois. C’est la création de la Novempopulanie avec pour capitale Eauze. Le reste de l’Aquitaine va être divisé en deux parties : l’Aquitaine seconde, avec pour capitale Bordeaux et l’Aquitaine première, avec pour capitale Bourges.

La Novempopulanie comptera bientôt douze peuples mais n’en gardera pas moins son nom. En 297, Dioclétien divise la Gaule en 120 cités réparties en 17 provinces. La Novempopulanie comprend alors douze cités : cités des Élusates (Eauze), des Aquenses ou Tarbelles (Aqs, puis Dax), des Lactorates (Lectoure), des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges), des Consorans (Saint-Lizier), des Boïates (La Teste-de-Buch), des Bénéharnais (Lescar), des Atourais (Aire), des Vasates (Bazas), civitas Turba (près de Tarbes, chez les Biguerres), cité des Ilourais (Oloron) et la cité des Ausques (Auch).

Les populations empruntèrent beaucoup de choses aux vainqueurs romains et notamment leur langue. Ils finirent par adopter donc le latin, mais en le déformant en fonction de leur langue d'origine et donnèrent ainsi naissance à une langue nouvelle : le gascon. Parti des villes, le latin gagna de proche en proche les campagnes. Seules les populations des vallées des Pyrénées échappèrent à la contagion et leurs descendants parlent encore la langue d’origine : le basque. L’administration romaine assura l’ordre et la paix en Novempopulanie durant trois siècles environ. Puis, la décadence de l’Empire Romain entraîna celle de la Gaule entière, préparant ainsi les invasions barbares.

Les « Barbares »[modifier | modifier le code]

Les Vandales, les Alains et les Suèves, poussés à l’est par les Huns, traversent la frontière du Rhin dans les derniers jours de 406. Ils ne font que passer en Novempopulanie qu’ils abandonnent, après l’avoir dévastée, en 409 pour s’installer en Espagne. Ils sont remplacés par les Wisigoths.

En 412, le roi wisigoth, Athaulf, successeur d'Alaric Ier, obtient de l’empereur romain Honorius, en échange de ses services, un établissement en terre gauloise (voir Jordanes). Ataulf est assassiné à Barcelone en septembre 415 et est remplacé par Walia (Valia) qui règnera de 415 à 418. Ce dernier négocie avec l’empereur Honorius qui lui donne l'Aquitaine seconde et des villes voisines. Le nouveau royaume wisigoth qui avait pour capitale Toulouse comprenait Poitiers, Angoulême, Saintes, Périgueux, Bordeaux et la Novempopulanie.

Il semble que les rois wisigoths comprirent qu’il valait mieux ménager les populations autochtones qu’ils appelaient « les Romains ». Ainsi, l’organisation wisigothe se mit en place et, sans les problèmes de religion, tout aurait été parfait entre Goths et « Romains ». Appelé par les évêques de Novempopulanie, Clovis vint au secours des populations. En 507, les Francs battirent Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. Les Goths ne conservèrent que la Narbonnaise et la Novempopulanie passa sous contrôle franc.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les Francs[modifier | modifier le code]

Le VIe siècle n’est qu’une longue suite de guerres civiles, de dévastations par des bandes armées, de révoltes et de brigandages. Une vaine tentative de se mettre sous la protection d’un roi prétendument mérovingien, Gondovald, avorta en 586 après le siège de Lugdunum Convenarum, l'actuelle commune de Saint-Bertrand-de-Comminges en Haute-Garonne. Au VIIe siècle, la domination franque, sous la pression, semble-t-il, de phénomènes sociaux accomplis silencieusement, disparaît.

La Wasconia[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Duché de Vasconie.

Les Wascones, Guascones ou Vascons, rentrent dans une série de révolte contre les Mérovingiens. Les deux fils de Childebert II, Thibert II, roi d’Austrasie et Thierry II, roi de Burgondie les battent et leur imposent un duc en la personne de Genialis.

L’autorité de Genialis, comme celle de son successeur Aighinan, chef saxon, était plus ou moins effective puisqu’en 626 les Vascons semblent s’en être soustraits à la suite d’une révolte. En effet, ils étaient déjà indépendants à la mort de Clotaire II en 629, lorsque son fils Caribert II reçut en partage le "royaume de Toulouse". La Gascogne faisait certes partie du royaume que son demi-frère aîné Dagobert Ier avait créé pour lui, mais il dut en faire la conquête. Cette dernière s’achevait à peine lorsque mourut Caribert II, bientôt suivi dans la tombe par son fils et successeur, Chilpéric, décédé à l'âge de 6 mois... Toutefois, Caribert II avait eu deux filles : Phligberthe qui épousa Bertrand de Bordeaux et Ode, mère de Loup Ier qui réussira à récupérer l'héritage de son grand-père maternel.

Dagobert, devenu seul maître de la Gascogne, eut à combattre en 635 une révolte des Gascons qui, battus, lui firent alors allégeance. Les rois fainéants qui lui succédèrent ne s’intéressèrent guère à la Gascogne qui, avec l’Aquitaine, reprit peu à peu son autonomie. Le pouvoir franc, trop occupé à se battre contre la Neustrie, puis contre les Germains laissa s’installer un nouvel ordre.

Entre 660 et 670, suite à l’alliance entre Aquitains et Vascons, le royaume de Toulouse reparut quoiqu’en cachant son nom, par le choix comme chef de Félix, patrice de Toulouse. Il fut remplacé par Loup Ier (Lupus), couronné duc d’Aquitaine et de Wasconia en 672. Ce dernier, fils de Bogue (boggis) de Comminges et de Ode d'Aquitaine (fille de Caribert II et de Gisèle de Saint-Amand d'Elnone), mourut en 710 (Bogue de Comminges étant le fils de Eudes de Comminges lui-même fils de Bertrand de Bordeaux, comte-Évêque de Bordeaux.)

Son successeur, Eudes, alias Yon Roi de Gascogne, père de Hunald dit Huon de Bordeaux, était sans doute le fils de Lupus Ier. Son avènement coïncida avec l’arrivée des Arabes en Espagne. Eudes arrête l’invasion arabe à Toulouse (09/06/721). C’est la première résistance chrétienne en Occident. Eudes est d’ailleurs déclaré le « héros sauveur de Chrétienté » par le pape Grégoire II (in Liber Pontificalis). Il va retenir l’invasion arabe jusqu’en 731 où Charles Martel l’attaquera du nord instrumentalisé par les rumeurs répandues par les Sarrasins d’Abd al Rahman. Eudes abandonne alors les défenses de sud pour soutenir l’attaque de Martel. Les Arabes vont en profiter pour détruire, dans un raid fulgurant, Bordeaux (732) et se lancer à l’assaut de Poitiers. Grâce au sacrifice de l’armée gasconne d’Eudes (et à la bataille de Brioude qui arrête les renforts arabes), Abd al Rahman arrive à Poitiers dans un état lamentable et Martel n’aura qu’à porter le coup de grâce (25/10/732) et à ramasser ainsi la gloire facile du sauveur de la Chrétienté (et de la France) qu’il faillit pourtant mettre en danger mortel par sa conduite irréfléchie (voir la lettre 740 du pape Grégoire III). Mais l’alliance avec Charles Martel permit de battre les envahisseurs à la bataille de Poitiers et de les repousser jusqu’en Espagne.

Eudes d'Aquitaine meurt en 735. Il eut, semble-t-il, cinq enfants : une fille, Lampégie (lampégia)[7] et quatre fils : Hunald ou Hunaud, l’aîné duc d'Aquitaine mort à Pavie en 774, Remistan, décapité sur ordre de Pépin le Bref[8], marquis du Limousin, dont l’histoire n’a gardé que quelques traces, Hatton, mort après avoir été aveuglé sur ordre de son frère Hunald Ier qualifié de duc d’Aquitaine[9], comte de Poitiers et qui semble avoir possédé le Poitou, et Loup II.

À sa mort, en 735, sa dépouille fut enterrée au monastère de l’Île de Ré qu'il avait fondé, et Hunald lui succéda, refusant de prêter serment de fidélité à Charles-Martel. Une longue lutte s’ensuivit, obligeant Hunald à abdiquer en 745. Il restera de nombreuses années à Rome pour plaider la cause des Aquitains mais les pontifes avaient déjà choisi entre les Pippinides, puissance de tout l'Occident et les Mérovingiens d'Aquitaine, simple puissance locale... son fils Waïfre (dit Gaifier) reprit le flambeau, mais il fut trahi et assassiné en 768, quand il fut en passe de rendre les armes à Pépin le Bref. Pépin, oint roi des Francs en 751, divise la Gascogne en duché d’Aquitaine (entre la Loire et la Garonne) et duché de Gascogne (au sud de la Garonne).

L’Aquitaine repassait sous domination franque et les Gascons élisaient Loup II, fils d’Eudes, alors âgé d’environ 53 ans, comme duc. Hunald II, fils de Waïfre, ayant tenté de soulever l’Aquitaine contre Charlemagne, et Loup II lui ayant donné refuge en 769, ce dernier fut obligé par Charlemagne de lui livrer le fugitif pour éviter l’invasion de la Gascogne. Charlemagne devenait ainsi maître de l’Aquitaine et de la Gascogne, du moins le pensait-il puisque c’est à cette époque, en 778, que se situe l’épisode de Roncevaux où l’arrière-garde de son armée qui revenait, après avoir détruit les murailles de Pampelune (Iruñea) – laissant ainsi la ville à la merci des Maures -, fut décimée par les Gascons.

Le royaume d’Aquitaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : royaume d’Aquitaine.

En 781, Charlemagne fit sacrer son troisième fils, Louis alors âgé de trois ans, roi d’Aquitaine. Ce nouvel État, royaume d’Aquitaine, comprenait l’Aquitaine proprement dite ainsi que la Gascogne et avait pour capitale Toulouse. L’administration en était assurée par Guilhem, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine.

Les Gascons avaient élevé au pouvoir, après la mort de Loup II, l’un de ses fils, Sanche Loup Ier reconnut la suzeraineté de Charlemagne et prit part, contre son sentiment mais par fidélité, à l’expédition organisée par le roi d’Aquitaine contre Barcelone en 801. Mais cette reconnaissance fut de courte durée puisqu’en 802 Pampelune avait fait allégeance à l’émir de Cordoue. Toujours est-il qu’en 812, après une révolte menée par Semen Loup, frère aîné de Sanche Loup Ier qui l’avait remplacé à sa mort, une nouvelle expédition de Louis, fils de Charlemagne, arriva jusqu’à Pampelune en passant par Dax. Louis prit la précaution, cette fois-ci, au retour par Roncevaux de s’emparer d’otages qu’il ne libéra qu’une fois arrivé dans une zone sûre où son armée ne risquait plus d’embuscade.

À la mort de Charlemagne, Louis le Débonnaire (ou le Pieux) devint empereur et associa ses fils au gouvernement. En 817, il donna à Pépin Ier d’Aquitaine, la Gascogne, la marche (juridiction) de Toulouse et une partie de la Septimanie et de la Bourgogne. Pendant ce temps, dans le duché de Gascogne, Garcia Semen, le fils aîné de Semen Loup avait succédé à son père mort en 816. Mais Garcia Semen mourut en 818 et fut remplacé, à son tour, par un cousin germain, Loup III. En 819, ce dernier fut dépouillé de ses biens par Pépin Ier qui le bannit. Cependant, pour se concilier les Gascons, il leur donna pour chef Aznar Ier, fils de Sanche qui l’aida à combattre les révoltes navarraises. C’est l’époque du comté de Gascogne citérieure qui sera érigé en duché de Gascogne en 852.

À la mort d'Aznar Ier en 836, ce comté puis duché de Gascogne revint à son frère Santz-Santz lui-même remplacé, à sa mort vers 855 par son neveu Arnaud qui était le fils de sa sœur Sancia et de Emenon, comte de Poitiers, puis d'Angoulême. Arnaud mourut en 864 et la succession des ducs gascons n'est en rien très claire. Une légende affirme qu'en 864, les Gascons nommèrent comme comte, Sanche III Menditarrat, un petit-fils de Garcia Semen. Ce Sanche III Menditarrat serait l'ancêtre des futurs ducs et comtes de Gascogne qui se sont succédé jusqu'en 1032, date de la mort du dernier prince de cette famille.

Les comtes de Gascogne[modifier | modifier le code]

La chronologie difficile à démêler des ducs et comtes de Gascogne devient un peu plus claire à partir de Sanche Mittara (9).

Son fils Garcia Sanche (10) dit le Courbé le remplaça à la tête de la Gascogne avant 893. Il eut trois fils, Sanche Garcès (11) qui lui succéda vers 930 dans un duché amputé des parts de ses frères, Guillaume Garcès, tige des comtes de Fezensac et d’Armagnac et Arnaud Garcès, tige des comtes d’Astarac.

Sanche Garcès (11) eut, semble-t-il, au moins trois fils : Sanche, Guillaume et Gombaud.

Sanche Sanche (12) ne laissant aucun enfant, son frère Guillaume Sanche(13), dont le fait d'armes fut sa victoire sur les Vikings[10], lui succéda vers 961 et régna sur la Gascogne jusqu’en 996 au moins. Il eut, de sa femme Urraca, fille de Garcia Sanchez, roi de Pampelune cinq enfants : Bernard Guillaume, Sanche-Guillaume, Brisce, épouse de Guillaume V de Poitiers, comte de Poitiers, duc d’Aquitaine, Garsende, épouse d’un grand seigneur de Bourgogne et Toda, femme de Bernard Ier, comte de Besalú.

Bernard Guillaume (14), duc de Gascogne et comte de Bordeaux, étant mort le 25 décembre 1009 sans laisser de postérité, le pouvoir échut à son frère Sanche Guillaume (15) qui le garda jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1032.

Son neveu, Eudes ou Odon de Poitiers (16) hérita du duché de Gascogne puis du comté de Bordeaux. Il mourut en 1039 et Bernard (17) dit Tupamaler, comte d’Armagnac fut reconnu comte de Gascogne

Bernard (Bernat) était, en effet, le petit-fils de Brisce de Gascogne et était donc le descendant le plus direct de Guillaume-Sanche (13) au sens de la coutume. Mais le frère d'Eudes, Guy-Geoffroy ou Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, lui contesta le pouvoir, étant devenu comte de Bordeaux vers 1044. Après nombre de péripéties, les Poitevins l’emportèrent à la bataille de la Castelle en 1063. Guy-Geoffroy, plus connu sous le nom de Guillaume VIII d’Aquitaine, fut suivi par Guillaume IX, le fameux troubadour, puis par Guillaume X de Poitiers qui mourut en 1137, laissant la couronne d’Aquitaine à sa fille Aliénor.

En 1152, par le mariage d’Aliénor avec Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, le duché d’Aquitaine et celui de Gascogne furent unis à l'empire Plantagenêt qui comprenait l'Angleterre, la Normandie, l'Anjou-Maine-Touraine.

En réalité, il ne restait plus grand-chose de la Gascogne de Sanche Mittara, elle-même déjà réduite par rapport à la Novempopulanie par la création du Comté de Comminges (Xe siècle) comprenant alors le Couserans. Les partages successifs entre les descendants du Courbé virent la création d’une mosaïque de seigneuries indépendantes qui reconnaissaient, ou non, la souveraineté des ducs suivant les circonstances et les alliances du moment.

L'histoire de la Gascogne unie comme territoire politique s'arrête là, mais pas l'histoire de la Gascogne médiévale. On pourrait dire qu'au niveau politique, il y a des « Gascognes ». Mais la principale division sera celle entre une Gascogne occidentale, située autour de Bordeaux, de Dax et de Bayonne, unie à l'Angleterre (jusqu'en 1451/1453) et une Gascogne orientale, située autour des comtés d'Armagnac, de Foix-Bearn et de Bigorre, qui sera pro-française pendant la guerre de Cent Ans.

La période moderne[modifier | modifier le code]

Le duché de Guyenne et Gascogne[modifier | modifier le code]

Dans cette période (XVIe-XVIIIe), le territoire de la Gascogne est englobé dans la province qu'est devenu le duché d'Aquitaine aussi appelé duché de Guyenne et Gascogne en 1789. Les généralités (d'Auch ainsi que de Pau, pour la Gascogne) furent des circonscriptions administratives royales dont le rôle se renforça du XVIe au XVIIIe siècle. Elles disparurent lors de la Révolution française, pour être remplacées par les départements en 1790.

Sur le plan ecclésiastique l'Archevêché d'Auch, composé (à l'origine) d'une douzaine de diocèses[11] issus des cités (civitas) du Bas-Empire romain, survécut jusqu'en 2002. Mais les frontières de ces diocèses sont encore utilisées pour tracer les limites des cités de Novempopulanie.

La partie gasconne du duché de Guyenne et Gascogne, à la veille de la Révolution, était formée des comtés, vicomtés et seigneuries suivants : le comté d'Armagnac avec l'Eauzan, le Bas-Armagnac, la vicomté de Rivière-Basse, la vicomté de Vic-Fezensac, le Haut-Armagnac et la vicomté du Fézensaguet ; le comté d'Astarac avec la vicomté du Magnoac ; le comté de Lomagne ; le comté de L'Isle-Jourdain ; la vicomté du Brulhois ; les enclaves gasconnes de la jugerie de Rivière-Verdun.

Fin de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Guyenne et Gascogne sous l'Ancien Régime

Les lettres patentes royales publiées le 4 mars 1790, faisant suite aux décrets pris, « après avoir entendu les députés des toutes les provinces », par l'Assemblée nationale les 15 janvier, 16 et 26 février, ordonnant la division de la France en quatre-vingt trois départements dresse la liste des anciennes « provinces » qui allaient donner naissance à ces circonscriptions d'un nouveau genre à l'aube de l'ère contemporaine[12].

Pour autant, l'ordonnance précise que la division ne vaut encore que pour l'exercice du pouvoir administratif, les anciennes divisions relatives à la perception des impôts et au pouvoir judiciaire subsistant jusqu'à nouvel ordre. Il s'agit par conséquent de la liste, non pas des « provinces » qui sont au nombre de trente-deux (gouvernements militaires), ni de celle des diocèses ou des ressors des parlements, mais de celle des circonscriptions fiscales ou celle des pays de coutumes (bailliages et sénéchaussées)[12],[13].

Pour ce qui concerne le territoire délimité au XVIIIe siècle par les géographes Guillaume Delisle et Robert de Vaugondy ou l'historien Jean-Joseph Expilly[14] comme constitutif de la « province » de Gascogne[15] et qui deviendra les départements du Gers, des Landes, des Hautes-Pyrénées et pour partie des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne et de l'Ariège, les circonscriptions citées dans cette liste sont les suivantes : Bordelois, Bazadois, Agénois, Condomois, Armagnac, Chalosse, Pays de Marsan et Landes qui allaient constituer quatre départements, Pays basque et Béarn, un département, Bigorre et Quatre-Vallées un département, Couserans et Foix un département, Languedoc, Comminges, Nébouzan et Rivière-Verdun sept départements[12].

Parmi les territoires cités, le Bordelais, le Bazadais et l'Agenais sont partagés avec l'ancienne province de Guyenne, le Languedoc, le Comté de Foix et le Béarn sont extérieurs à la Gascogne et seules la Soule et le Labourd parmi les « Basques » sont en Gascogne à laquelle Jean-Joseph Expilly adjoint en outre le Tursan et une partie de l'Albret[15]. Ce n'est donc pas la Gascogne proprement dite, laquelle, au sein du gouvernement militaire de Guyenne et Gascogne, n'a pas en soi de réalité administrative, qui est prise en considération dans ce découpage, mais les « provinces » qui la constituent et qui sont parfois à cheval sur d'autres territoires.

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Les principales ressources économiques sont la sylviculture (feuillus et résineux), l'agriculture : viticulture (vignoble de Bordeaux et vignoble du sud-ouest, Armagnac, etc.) ; élevage ovin, bovin et volailles ; maïs, blé et orge ; cultures légumières et fruitières (vallées de la Garonne et de l'Adour), la pêche (façade Atlantique, estuaire de la Gironde) et ostréiculture (bassin d'Arcachon), le tourisme : stations balnéaires de la Côte d'Argent, tourisme vert, tourisme culturel, thermalisme, religieux Lourdes, stations de sports d'hiver, les hydrocarbures (gaz de Lacq, pétrole de Parentis-en-Born), industries chimiques du bassin de Pau et du bordelais, les garnisons militaires (Tarbes, Pau, Mont-de-Marsan, etc.), l'industrie aéronautique (Pau, Tarbes, Tarnos, Aire-sur-Adour, Bordeaux, Marmande), l'industrie du bois et de l'emballage, l'industrie agro-alimentaire, l'industrie métallurgique (Tarnos, Lannemezan, Saint-André-de-Cubzac).

Culture[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Gascogne évoque une province définie par une langue - ou un accent[16]. Le toponyme Gascogne est issu du bas latin Guasconia, Wasconia, nom mentionné pour la première fois par les Wisigoths, provenant lui-même du nom du peuple des Vascones. Le passage du [v] initial à [w], passé par la suite à [gʷ] puis [g], traduit une influence germanique sur la consonne initiale.

À proprement parler, les Vascons[17] sont avant tout une tribu puissante de langue proto-basque vivant à l'époque antique au sud des Pyrénées, dans les actuelles Navarre et Aragon. Mais des liens culturels, politiques et commerciaux existent en grand nombre avec l'autre versant[18], la future Gascogne, et tend à montrer une sorte de koiné euskarienne (ni celte, ni ibère) existant sur ce que sont aujourd'hui les Pays basques, la Navarre, la Gascogne, le val d'Aran et une partie de l'Aragon[19]. Comme indice d'un fond linguistique commun qui a laissé son empreinte sur le latin véhiculaire commun, on peut mentionner le passage initial du [f] latin de termes comme farina, fagus, etc. à [h], amuï par la suite en [ø] en castillan (harina, haya) et en gascon (hari(n)a, hao), alors qu'il se maintient [f] en portugais, catalan et languedocien. L'ethnonyme Vascon serait basé sur une racine pré-indo-européenne *eusk- / *ausk- (que l'on retrouverait aussi dans le nom du peuple aquitain des Auscii cf. Auch). Elle constitue à la fois la base des termes vascon, basque et gascon.

Recul du basque médiéval en Gascogne.

Région culturelle et linguistique de France et d'Espagne - parfois délimitée par l'océan Atlantique, la rive gauche de la Garonne et les Pyrénées excepté le Pays basque français[20], il existe cependant au Pays basque des zones linguistiques gasconnes dans le Bas-Adour (Bayonne, Biarritz, Anglet, Boucau), dans la zone "charnègue" (Guiche, Came, Urt, Bidache...)[21], dans certaines communes proches du Béarn situées sur la limite linguistique (Arancou, Bergouey-Viellenave, Gestas...) ainsi que Labastide-Clairence, enclave gasconophone en territoire bascophone. Le mot Gascogne a pu aussi désigner, sous sa forme latine Gasconia, le Pays basque (Wasconia)[22].

Usage actuel du nom[modifier | modifier le code]

Contrairement à celui d'autres provinces comme la Bretagne ou la Normandie par exemple, le nom de la Gascogne a disparu avec la province qu'il désignait et n'a été repris pour désigner aucun des départements ou régions de France. Il tend néanmoins à faire sa réapparition depuis quelques années comme appellation touristique pour désigner limitativement son cœur historique oriental, le département du Gers. On trouve également sa trace dans l'appellation des nouvelles structures intercommunales comme les communautés de communes du Cap de Gascogne, Cœur de Gascogne, Garonne et Gascogne, des Coteaux et des Landes de Gascogne, Cœur d'Astarac en Gascogne, de la Gascogne Toulousaine, des Hautes Vallées de Gascogne, Astarac Arros en Gascogne, des Coteaux de Gascogne ou d'aménagement du territoire comme les Pays Garonne Quercy Gascogne, Portes de Gascogne ou Val de Garonne-Gascogne mais aussi d'institutions comme la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne.

Le nom trouve également une résonance historique dans les Cadets de Gascogne, l'Escadron de chasse 1/91 Gascogne, le paquebot La Gascogne, ou la Delahaye type 135 Dubos « Gascogne ». Il est naturellement une référence géographique dans le nom du golfe de Gascogne, des landes de Gascogne ou du parc naturel régional des Landes de Gascogne mais c'est aussi un toponyme parisien, le square de la Gascogne. Dans le domaine industriel il est utilisé pour désigner des entreprises implantées dans la région comme les Papeteries de Gascogne du Groupe Gascogne ou la société de distribution Guyenne et Gascogne ou encore les appellations viticoles comme les Côtes de Gascogne ou le Floc de Gascogne. Des associations culturelles comme le Cercle de Gascogne ou sportives comme l'Entente Sud Gascogne ont adopté le nom de leur région que l'on trouve aussi dans le titre d'un film Le Fils de Gascogne et dans le nom d'une station de Radio France, France Bleu Gascogne. Enfin, la biologie et la zoologie ne sont pas en reste avec l'Ophrys de Gascogne, les quatre « Bleu de Gascogne » : le Grand bleu de Gascogne, le Basset bleu de Gascogne, le Petit bleu de Gascogne, le Griffon bleu de Gascogne, le Braque français, type Gascogne et la Poule de Gascogne.

Langue[modifier | modifier le code]

Carte de l'aire d'influence du gascon.
Le gascon, dialecte occitan.

La langue régionale est le gascon[1], variété dialectale de l'occitan. Il est cependant considéré parfois comme une langue romane indépendante : en particulier, langue et toponymie gasconnes portent la trace d'un substrat vasco-aquitan (ancêtre du basque)[1],[23], parlé avant l'arrivée du latin; l'usage de ce dernier se répandit progressivement à partir de la Guerre des Gaules. Plusieurs parlers et dialectes gascons sont distinguables d'Ouest en Est et du Sud au Nord.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Quelques villes et la traduction de leur nom en Gascon :

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Armes de la Gascogne

Blason[modifier | modifier le code]

Les armes de la Gascogne se blasonnent en écartelé, en 1 et 4 d'azur au lion d'argent et en 2 et 3 de gueules à la gerbe de blé d'or liée d'azur. Ce sont des armes créées par Louis XIV pour compléter son armorial, la province n'ayant jamais eu d'armes propres (la soumission de Bernard d'Armagnac au duc d'Aquitaine est antérieure à l'introduction des blasons). Le lion évoque celui des Armagnac et des Mauléon. L'écartelé évoque une province frontalière.

Gascons illustres[modifier | modifier le code]

Figures historiques[modifier | modifier le code]

Personnalités contemporaines[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pierre Bec, La langue occitane, P.U.F. Que sais-je ?, Paris, 6e édition, 1995
  2. Patrice Brun, Pascal Ruby, L'Âge de Fer en France p.26-27. La Découverte, Paris, 2008
  3. Charles Dartigue, Histoire de la Gascogne, P.U.F. Que sais-je ?, Paris, 1951
  4. a, b, c, d, e, f et g Renée Mussot-Goulard, Histoire de la Gascogne, Paris, Presses universitaires de France, 1996, collection « Que sais-je », 127 p. (ISBN 2-13-047519-1) Notice BnF n° 366878343
  5. Jules César, Commentaires sur la guerre des Gaules, Livre III
  6. Jules César, Commentaires sur la guerre des Gaules, Livre VIII
  7. Lampégie avait épousé Abou Nessa Munuzza (Mounouz), général et émir de Narbonne, Maure qui aspirait à se libérer de la tutelle d’Abd el Rahman et qui, trahi, fut tué par les soldats d'Abd el Rahman à Llivia, non loin de Puigcerda; Lampégie dut à sa grande beauté d’aller finir ses jours dans le harem du sultan de Damas. Celle-ci avait été courtisée par Hildebrand, frère cadet de Charles Martiaux (Marcellus) mais son père Eudes d'Aquitaine, qui voulait ouvrir une porte de sa principauté vers la Méditerranée, préféra la marier à Munuza ; cela renforça encore la haine des Pippinides envers les Mérovingiens d'Aquitaine.
  8. Roi des Francs après un coup d'État fait avec la complicité papale qu'il récompensa par la mise au pas des Lombards et la création des États Pontificaux en 754
  9. Ascendant de Eudes d'Oisy, châtelain de Cambrai nommé par Charlemagne en compensation de la perte de son héritage et des services rendus par son grand-père
  10. Histoire de l'Europe et de la Méditerranée,HISTOIRE DE LA GASCOGNE
  11. Olivier Guyotjeannin, Atlas de l'Histoire de France IXe-XVe siècle, éditions Autrement, Paris, 2005
  12. a, b et c « Lettres-patentes du roi du 26 février 1790 » dans Lois, et actes du gouvernement. Tome Ier, août 1789 — septembre 1790, Paris, Imprimerie nationale, 1806, New York Public Library (numérisation), 16 septembre 2009]
  13. Les lettres-patentes donnent l'impression qu'il s'agit d'une division du royaume en « provinces » qui seraient au nombre de quatre-vingt-neuf. Cette liste a suscité des critiques d'universitaires actuels (cf. Romanet, Berlet), en particulier qu'il serait illusoire de vouloir intégrer toutes les « provinces » dans un ensemble cohérent, rationnel, systématique, structuré et surtout parfaitement juxtaposé :

    « On demeure confondu quand on voit avec quelle assurance les géographes-historiens enseignent, depuis un siècle, que la France était divisée en un nombre fixé de provinces méthodiquement classées et délimitées »

    — Armand Brette, « Le mot "Province" »

  14. Plus récemment, Emmanuel Leroy-Ladurie évoque « la Gascogne d'Ancien Régime d'Anne Zink » dans sa préface à l'ouvrage de l'historienne, Pays ou circonscriptions : les collectivités territoriales de la France du Sud-Ouest sous l'Ancien régime, Publications de la Sorbonne, col. « Histoire moderne », 2000, 374 p. (ISBN 9782859443894), Notice BnF n° 37186352, Extraits en ligne
  15. a et b « Gascogne » dans Jean-Joseph Expilly Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, tome 3, Paris, Desaint et Saillant, 1764, Bibliothèque municipale de Lyon (numérisation) 2012 (ISBN 3-262-00045-0) Notice BnF n° 36979851
  16. Renée Mussot-Goulard, Histoire de la Gascogne, P.U.F. Que sais-je ?, Paris, 1996 p.3
  17. mentionnés par le géographe antique Strabon Géographie Livre III, 4, 10, éditeur les Belles Lettres, Paris, 2003
  18. César, dans son récit mentionne des renforts venus d'Espagne lors des combats contre les Romains en Aquitanie : César Guerre des Gaules Livre III, 23, éditeur les Belles Lettres, Paris, 2007
  19. Txomin Peillen, Parlons euskara: la langue des Basques, Paris, L’Harmattan,‎ 1995, 271 p. (ISBN 2-7384-3391-X et 978 90 272 8567 6)
  20. Définition de la Gascogne dans le dictionnaire encyclopédique, Auzou 2004, noms communs, noms propres, de Emmanuel Le Roy Ladurie et un collectif d'auteurs, ISBN 2-7338-0723-4
  21. Plusieurs communes gasconophones qui faisaient partie des provinces du Labourd ou de Basse-Navarre sont maintenant situées dans l'ouest du département des Pyrénées-Atlantiques: Bidache, Guiche, Came, Urt, Bassussarry, Montory, Mouguerre. Voir l'article: Guiche, Came, Urt, Bidache, Bassussarry, Montory, Mouguerre... sont-ils vraiment gascons ?
  22. Raúl GONZÁLEZ ARÉVALO, La costa del Reino de Granada en la documentación náutica italiana (siglos XIV-XVI)
  23. Gerhard Rohlfs Le Gascon Études de philologie pyrénéenne, éditeur Marrimpouey Jeune, Pau, 1977

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]