Prune

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prune (homonymie).
Fruits ronds, verts ou tirant sur le jaune, dans un plat gris en céramique
Prunes Reine-claude (Prunus domestica subsp. italica)
Fruits ovales, bleu foncé tirant sur le violet, dans un arbre
Quetsches (Prunus domestica subsp. insititia)
Fruits ronds jaune d'or dans un arbre
Mirabelles (Prunus domestica subsp. syriaca)
Un fruit rond rouge orangé accroché à une branche
Prune japonaise (Prunus salicina)

La prune est un fruit à noyau, à chair comestible sucrée et juteuse. Elle est produite par certaines espèces d'arbres classées dans le genre botanique Prunus. En français, la « prune » fait principalement référence aux prunes européennes comme la reine-claude, les mirabelles, les quetsches ou encore le pruneau d'Agen qui poussent toutes sur des arbres issus du Prunier domestique (Prunus domestica L.) et surtout du Prunier de Damas. Il y a aussi des variétés de prunes américano-japonaises, souvent hybridées avec une espèce asiatique, le Prunier japonais (Prunus salicina). Les efforts des horticulteurs ont ainsi permis d'obtenir plus de 400 variétés de prunes de par le monde.

Description[modifier | modifier le code]

Étymologie : le terme de "prune" vient du latin pruna, pluriel neutre de prunum « prune, prunelle ».

Il s'agit d'un fruit à noyau (sur le plan botanique, c'est une drupe), à peau fine, voire transparente dans certaines variétés, à chair sucrée et juteuse. Sa forme est généralement sphérique, plus ou moins oblongue, sa couleur varie du jaune clair au violet foncé (couleur prune). On observe souvent sur la prune un petit voile blanc ou translucide, qui reflète la lumière. C'est la "pruine". Il s'agit de paillettes de cire que le fruit produit pour se protéger des agressions extérieures, notamment de la chaleur. Sa présence est donc un signe de qualité. Mais, certaines espèces de prunes n'en ont pas.

Production par pays[modifier | modifier le code]

La Chine est de loin le premier producteur mondial de prunes, au sens large, c'est-à-dire fruits de Prunus domestica et de Prunus salicina réunis, ainsi que leurs hybrides.

Production de prunes, en 2008-2009, tonnes (t)
d'après la FAO[1]
Pays 2008 2009
Chine 5 223 001 5 373 015
Serbie 606 767 662 631
États-Unis d'Amérique 493 055 561 366
Roumanie 475 290 533 691
Turquie 248 185 245 782
Espagne 198 904 200 100
Italie 183 955 194 100
Bosnie-Herzégovine 132 623 155 767
France 161 048 150 000
Ukraine 135 500 136 700

En France, les chiffres donnés par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), sont inférieurs aux données de la Fédération Nationale des Producteurs de Fruits (FNPF). Pour celle-ci[2], la France, avec une production de 235 000 t de prunes (tendance 2002-2007) est le deuxième producteur en Europe derrière la Roumanie (550 000  t).

Si l'on compte 400 variétés de prunes, il en existe en France trois principales : les charnues reines-claudes (29 %), les petites mirabelles (15 %) et les quetsches ovales (5 %). La « reine des prunes » tient son nom de Claude de France, car Soliman le Magnifique lui offrit les premiers pruniers[3].

Les prunes sont récoltées dans trois bassins de production sur une superficie de 18 000 hectares :
- les prunes d'ente qui une fois séchées donnent les pruneaux, sont cultivées dans le Sud-Ouest, sur une superficie de 11 500 hectares, pour une production annuelle de 150 000 - 160 000 tonnes
- les prunes de table reine-claude, sont aussi produites dans le Sud-Ouest, avec les deux tiers des surfaces présentes dans la région Midi-Pyrénées, pour une surface cultivée de 2000 ha et une production d'environ 22 000 tonnes
- les mirabelles et les questches sont cultivées principalement dans l'Est.
Les prunes de table sont consommées fraiches d'abord en juillet pour la Golden Japan et Allo. Puis viennent différentes reines-claudes, Président et les américano-japonaises. Les mirabelles sont habituellement cueillies en août.

Il existe deux labels rouges en France : la reine-claude Doret en Midi-Pyrénées et la mirabelle de Lorraine.

Valeur nutritionnelle[modifier | modifier le code]

Les prunes crues sont une bonne source de vitamine A et de vitamine K et une très bonne source de vitamine C.

Prune Reine-Claude, fraîche
(teneur pour 100 g d'aliment comestible, d'après ANSES[4])

eau : 81,9 g cendres totales :  g fibres : 2,3 g valeur énergétique : 180 kJ
protéines : 0,8 g lipides : 0,1 g glucides : 9,6 g sucres simples : 9,6 g
oligo-éléments
potassium : 243 mg magnésium : 7,33 mg phosphore : 25,7 mg calcium : 5,3 mg
sodium : 0,75 mg cuivre : 0,08 mg fer : 0,3 mg zinc : 0,1 mg
vitamines
vitamine C : 5,4 mg vitamine B1 : 50 µg vitamine B2 : 40 µg vitamine B3 : 60 µg
vitamine B5 : 200 µg vitamine B6 : 50 µg vitamine B9 : 10 µg vitamine B12 : 0 µg
vitamine A : 35,0 UI rétinol : 0 µg vitamine E : 55 µg Bêta-carotène : 95 µg

Leur richesse en fibres alimentaires leur assure des vertus laxatives.

Composition phénolique[modifier | modifier le code]

Les prunes fraiches contiennent des acides chlorogéniques, des flavanols et leurs oligomères (procyanidols), des hétérosides d'anthocyanidols (ou anthocyanosides ou anthocyanes, pigments colorés) et des hétérosides de flavonols.

  • Les anthocyanosides sont des pigments naturels responsables de la coloration rouge, pourpre ou bleue des fruits. On les trouve aussi dans les myrtilles ou les cerises. Le murissement des fruits se traduit par un accroissement de la concentration de pigments anthocyanosides[6] et des sucres ainsi qu'une diminution de la concentration des acides. Les pigments anthocyanosidiques diminuent la perméabilité des capillaires et augmentent leur résistance[7] et comme beaucoup de composés phénoliques, se sont des piégeurs de radicaux libres.
  • Les flavonols (quercétol et kaempférol) et leurs hétérosides sont des métabolites secondaires des plantes que l'on rencontre aussi à teneur semblable dans le cassis ou les myrtilles. Le quercétol est un anti-inflammatoire et un excellent antioxydant. Une activité antiproliférative d'extraits de prunes (et de pêches) contre des lignées de cellules cancéreuses du sein a été mise en évidence in vitro, récemment[8]. Le composé bio-actif responsable de cette activité est le quercétol 3-glucoside.
Composition phénolique de la prune fraîche (Prunus domestica), d'après Phenol-Explorer[9]
ACIDES PHENOLS, en mg/100 g MF
ACIDES CHLOROGENIQUES (acide hydroxycinnamiques + acide quinique)
Acides caféylquiniques ACQ, Acides férulylquinique AFQ,
Acides p-coumarylquiniques APQ
3-ACQ : 75,88 4-ACQ : 1,40 5-ACQ :8,40
3-AFQ : 1,85 5-AFQ : 0,05 3-APQ : 1,49
FLAVONOIDES, en mg/100 g MF
FLAVANOLS
(+)-catéchol : 4,60
(-)-épicatéchol : 2,22
ANTHOCYANIDOLS
(instables)
Cyanidol, Paenidol
FLAVONOLS
Quercétol
Kaempférol
PROANTHOCYANIDOLS
Oligomères de flavanols, astringence
Procyanidol dimère B1 : 8,84
Procyanidol dimère B2 : 5,20
Procyanidol dimère B3 : 1,00
Procyanidol dimère B4 : 1,02
Procyanidol dimère B5 : 1,59
Procyanidol dimère B7 : 4,69
Procyanidol trimère C1 : 10,01
Procyanidol trimère EEC : 7,73
ANTHOCYANOSIDES
Hétérosides d'anthocyanidols, pigments rouge, bleu
Cyanidol 3-O-glucoside : 8,63
Cyanidol 3-O-rutoside : 33,85
Peonidol 3-O-glucoside : 0,46
Peonidol 3-O-glucoside : 4,85
 
 
 
 
 
HETEROSIDES DE FLAVONOLS
protection contre les UV
quercétol 3-glucoside : 0,54
quercétol 3-O-galactoside : 0,27
quercétol 3-O-rutoside : 5,90
 
 
 
 
 

Il n'y a pas de mesure absolue de l'activité antioxydante des aliments mais diverses méthodes qui lorsqu'elles sont appliquées à des listes de produits, permettent de faire des comparaisons. Ainsi, le Nutrient Data Laboratory de Beltsville[10] donne dans sa table de 2010, le classement suivant pour le score ORAC :

Activité antioxydante ORAC de quelques fruits
total ORAC μmol TE/100 g, d'après USDA database
Produit T-ORAC
Raisins secs
dorés seedless
10 450
Pruneau 8 059
Prune, black diamond,
crue avec peau
7581
Fraise crue 4302
Lyciet, goji, crue 3290
Nectarine, crue 919

Les prunes fraîches ont une excellente activité antioxydante, certes moindre que les pruneaux ou les petits fruits noirs (sureau, cassis) mais meilleure que celle des pêches, poires, pommes ou oranges[11].

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Alimentaire

Les utilisations de la prune sont nombreuses. On la consomme en fruit cru de table, mais aussi en dessert, en gâteaux, en accompagnement de viandes et de plats, en confiture, et en fruit séché (pruneau). On peut la conserver en bocaux pour la consommer plus tard.

On en tire aussi une liqueur, l'eau-de-vie de prune, aussi appelée « la prune » ou « la gnôle ». La fabrication d'alcool fort par les particuliers est aujourd'hui très réglementée.

  • Médicinale

La prune a des vertus laxatives, d'autant plus prononcées qu'elle est immature.

Prénom[modifier | modifier le code]

Prune est aussi un prénom révolutionnaire, présent dans le calendrier républicain. Après la période révolutionnaire, il n’est pas utilisé avant les années 1970. Depuis, il est attribué une centaine de fois par an. Il se fête le 18 août (1er fructidor)[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. faostat
  2. FNPF
  3. Régal n°42-septembre/octobre 2011 p.114
  4. anses
  5. pour les références, voir acide chlorogénique
  6. Valentina Usenika, Damijana Kastelecb, Robert Veberiča and Franci Štampar, « Quality changes during ripening of plums (Prunus domestica L.) », Food Chemistry, vol. 111, no 4,‎ 2008, p. 830-836
  7. Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales,‎ 2009, 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)
  8. GIULIANA NORATTO, WESTON PORTER, DAVID BYRNE, AND LUIS CISNEROS-ZEVALLOS, « Identifying Peach and Plum Polyphenols with Chemopreventive Potential against Estrogen-Independent Breast Cancer Cells », Journal of agricultural and food chemistry, vol. 57,‎ 2009, p. 5219-5226
  9. Phenol-explorer
  10. Nutrient Data Laboratory, « USDA Database for Oxygen Radical Absorbance Capactity (ORAC) of Selected Foods, release 2 », Nutient Data,‎ 2010
  11. le tableau référence la variété de prune Black Diamond d'un Prunus salicina
  12. Marie-Odile Mergnac, Les prénoms du calendrier révolutionnaire, Paris : Archives et culture, 2006, (ISBN 2-35077-003-6), p. 54.

Liens externes[modifier | modifier le code]