Abdelatif Benazzi

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Abdelatif Benazzi

Description de l'image  Mondial Ping - Ping star - Abdelatif Benazzi 02.jpg.
Fiche d'identité
Nom complet Abdelatif Benazzi en 2013
Naissance 20 août 1968 (1968-08-20) (45 ans)
à Oujda (Maroc)
Taille 1,97 m (6 6)
Surnom(s) Abdel
Position deuxième ligne,
troisième ligne centre
Carrière en senior
Période Équipe M (Pts)a
1988-1989
1989-2001
2001-2003
Cahors rugby
SU Agen
Saracens
? (?)
 ? (?)
 ? (?)
Carrière en équipe nationale
Période Équipe M (Pts)b
1990
1990-1999
Drapeau : Maroc Maroc
Drapeau : France France
1 (?)
78 (45)

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.

Abdelatif Benazzi, né le 20 août 1968 à Oujda, est un joueur français de rugby à XV qui a joué en équipe de France évoluant au poste de deuxième ligne ou troisième ligne centre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abdelatif Benazzi est né en 1968 à Oujda au Maroc. Sa famille est un important clan familial issu d’une dynastie noble. Elle possède la plus grande minoterie de la ville.
Abdelatif Benazzi vit une enfance repliée, entouré d’une famille nombreuse. Abdelatif est surnommé « Tabbouz », le grassouillet. Trop grand, trop gros, trop bien nourri, il subit moqueries et humiliations qui font de lui un enfant renfermé.

Après avoir commencé par le football, où il était gardien de but, puis l'athlétisme à l'Union Sportive Oujda en tant que lanceur de poids et de disque, il se tourne vers le rugby à XV.
Il le découvre à l’âge de 14 ans. Considéré comme un sport de voyous, importé par les français, le rugby est un sport peu populaire au Maroc. Au collège, un éducateur, Souilmi, lui apprend les rudiments du rugby. C’est la révélation pour lui. À 16 ans, Benazzi rencontre un Allemand, Reinhart Janik, qui l’initie aux subtilités du rugby au sein du club de Oujda, la meilleure équipe du Maroc. Benazzi est sélectionné en équipe junior marocaine en 1985, puis se fait remarquer dès sa première saison par des clubs français lors de tournées en Europe. À 18 ans, il est le meilleur joueur du pays.

Il rejoint en 1988 le club de Cahors. Il parle à peine le français. Benazzi trouve rapidement sa place sur le terrain et devient le meilleur marqueur d’essais du championnat saison 88-89. Benazzi se fait remarquer. Plusieurs grands clubs l'observent. C’est Agen, champion de France en titre, qui finalement fait signer Benazzi.
Agen est un des meilleurs clubs français, et Benazzi joue aux côtés de son idole, Philippe Sella. Mais Benazzi va connaître l’exclusion en débarquant à Agen pendant l’été 1989. L’accueil y est glacial. Ses nouveaux coéquipiers du pack le rejettent. À l’entraînement, les mêlées tournent au pugilat. On ne lui fait pas jouer les matchs. Il va mettre six mois pour gagner sa place. Au terme de la saison 1989 – 1990, Agen joue la finale du championnat de France au Parc des Princes contre le Racing Club de France. Benazzi entre en jeu en cours de match. Agen est battu.

Une sélection avec l'équipe du Maroc contre l'équipe de Belgique en 1990 faillit l'empêcher de jouer en équipe de France, où il est sélectionné par Jacques Fouroux. Pour sa première sélection dans le XV de France, il est expulsé dès la treizième minute de la rencontre Australie-France disputée à Sydney le 9 juin 1990 et remportée sur le score de 21 à 9 par les wallabies.

Il participe à la Coupe du monde 1991.
En 1993, Benazzi est sélectionné pour une tournée en Afrique du Sud en 1993. Sur le plan sportif, ce voyage est un échec pour lui (pour cause de blessure au genou, il ne joue aucun des tests matchs). Sur le plan personnel, il découvre les ghettos, les townships et rencontre Nelson Mandela.

En 1994, il fait partie de la tournée de l’équipe de France en Nouvelle-Zélande. Double victoire consécutive face aux All-Blacks, performance unique dans l’histoire de l’équipe de France. Il participe à « l’essai du bout du monde » lors du deuxième test-match. Benazzi est repéré à l’international. On lui propose de venir jouer en Australie. Il hésite. La Fédération Française de Rugby met son poids dans la balance. Il reste en France.

En 1995, il participe à la 2e Coupe du Monde organisée en Afrique du Sud. L’équipe de France et Benazzi passent le premier tour en arrachant la victoire contre l’Écosse. Puis ils se qualifient pour les demi-finales en disposant de l’Irlande. Et c’est contre les Springboks que la France va jouer sa place en finale. Le 17 juin 1995, à Durban, sur les bords de l’Océan Indien, la pluie ne cesse de tomber transformant la pelouse en rizière, le match est injouable. Le coup d’envoi est retardé d’une heure et demie. Le match se déroule dans des conditions météorologiques dantesques. Benazzi marque à deux minutes de la fin, l’essai qui ouvre à la France les portes du paradis. Mais l’essai est refusé pour quelques centimètres. La France n’ira pas en finale de la Coupe du Monde.

En novembre 1996, Benazzi est nommé capitaine de l’équipe de France par la volonté du président de la Fédération. Lors du tournoi des cinq nations 1997, la France bat l’Angleterre chez elle à Twickenham lors d’un match à rebondissements. Lors du dernier match, contre l’Écosse au Parc des Princes, Benazzi marque le premier essai français. La France réalise le grand Chelem.

La même année, Benazzi est nommé au Haut Conseil à l’Intégration par Jacques Chirac. Il va y passer trois ans sous la direction de Simone Veil. Mais à partir du deuxième semestre 1997, Benazzi va voir en quelques mois son étoile pâlir. Après une tournée maussade en Australie, l’équipe de France subit une véritable déroute contre l’Afrique du Sud au Parc des Princes en novembre 1997. En tant que Capitaine et « ancien », il est mis au ban des accusés. Et deux mois plus tard en janvier 1998, il se blesse gravement à un genou, il lui faudra plus d’un an pour revenir.

En 1999, après plus de 12 mois de galère physique, il est sélectionné « in-extremis » pour sa troisième Coupe du Monde. Après un début de compétition laborieux, à l’instar de toute l’équipe de France, il joue sa deuxième demi-finale de Coupe du Monde contre des All-Blacks archi-favoris emmenés par Jonah Lomu. Après un match historique et un incroyable retournement de situation, la France bat la Nouvelle-Zélande et se qualifie pour la finale. La finale oppose l’Australie à la France, le 6 novembre 1999. La France perd.

Le 9 mars 2000, il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains de Martine Aubry, alors ministre de l’emploi et de la solidarité. Le 20 mars 2000, Benazzi est reçu à l’Elysée lors de la première visite en France du roi Mohammed VI.

L’Angleterre est son dernier challenge sportif, où il retrouve comme entraîneur au club des Saracens, François Pienaar, le capitaine des Springboks sud-africains, qui l’avait battu en 1995. Benazzi raccroche définitivement les crampons en mai 2003 à l’âge de trente-quatre ans.

Président de l’Association Noor, il mène une action au Maroc visant à l’insertion des enfants par la pratique du sport, notamment par le ballon ovale. Quelque 1 000 jeunes Français et Marocains ont bénéficié de séances d’initiation données par des stars du sport national et international telles que la championne olympique Nawal El Moutawakil, Aziz Bougja, président de la Confédération africaine de rugby, Pascal Gentil, champion de taekwondo, Stéphane Mifsud, champion du monde de plongée et des fameux rugbymen Laurent Benezech, Laurent Cabannes, Olivier Merle et Olivier Roumat. Il s’agit également, selon l’international marocain, de développer les autres activités sportives. « Mais si nous nous focalisons actuellement sur le rugby, c’est parce que l’on pense que le Maroc a toutes les chances de se qualifier à la Coupe du monde, qui sera organisée en France en 2007 », ajoute-t-il.

De tous les internationaux rugbymen français, il a possédé la particularité d'être le premier sélectionné international dans deux pays distincts, le Maroc et la France, et le seul jusqu'à la sélection de Vincent Debaty, alors international belge.

Il a coécrit, en 2005, avec le journaliste sportif Richard Escot, l'ouvrage Benazzi, une vie à l'essai, éd. Flammarion, préfacé par Nelson Mandela. Michel Gardère lui a consacré un livre intitulé Abdelatif Benazzi - l'homme aux trois patries : la France, le Maroc, le rugby, éd. La Table Ronde, 1995.
En 2007, il publie XV leçons pour coacher votre équipe et réussir dans vos entreprises, aux éditions Maxima.

Il a été membre du Haut conseil à l'intégration.

Palmarès[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

En coupe du monde, avec l'équipe de France :

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. legifrance.gouv.fr Décret du 16 mai 2008 paru au Journal officiel de la République française du 17 mai 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Abdelatif Benazzi », in Jeune Afrique, no 2536-2537, du 16 au 29 août 2009, p. 55

Liens externes[modifier | modifier le code]

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