Moïse

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Moïse
Moïse tenant les tables de la loipeint par Guido Reni (1624)Galerie Borghèse
Moïse tenant les tables de la loi
peint par Guido Reni (1624)
Galerie Borghèse
Titre
Premier prophète du judaïsme
Prédécesseur -
Successeur Josué, commandant militaire des Hébreux
Biographie
Nom de naissance משה בן עמרם
Lieu de naissance Égypte
Lieu de décès Mont Nébo
Nature du décès Mort naturelle
Nationalité Israélite de la tribu de Lévi
Père Amram
Mère Jocabed (mère)
Bithiah (mère adoptive)
Fratrie Aaron (frère)
Myriam (sœur)
Conjoint Séphora
Enfant(s) Guershom
Éliézer
Entourage Pharaon, Jethro, Josué
Auteur du Pentateuque
et des Dix Commandements

Moïse (hébreu משה בן עמרם Moché ben Amram, grec Mωϋσῆς ou Μωσῆς, Mō(y)sēs, latin Moyses, arabe موسى Moussa) est, selon la tradition, le premier prophète du judaïsme, qui s'appelle parfois « mosaïsme », ce qui signifie « religion de Moïse ». Moïse est probablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l'islam.

Le personnage de Moïse apparaît dans le Livre de l'Exode, un texte composé de différentes strates d'écritures et dont les premiers éléments semblent dater de la fin du VIIe siècle av. J.-C.. Ce récit semble notamment inspiré de la légende du roi mésopotamien Sargon d'Akkad sauvé des eaux, à l'instar duquel Moïse apparaît, pour la recherche du début du XXIe siècle, comme un personnage fondateur mythique mais dont l'historicité est inaccessible.

Pour les traditions monothéistes juive et chrétienne, Moïse est l'auteur sous inspiration divine du Pentateuque, c'est-à-dire des cinq premiers livres de la Bible, livres qui constituent la Torah juive et sont appelés la « Loi de Moïse » dans le judaïsme. C'est là que sont relatées l'histoire de Moïse lui-même, celle des Patriarches et celle du peuple d'Israël. Moïse y apparaît comme le prophète et le guide qui conduit le peuple hébreu hors d'Égypte, pays où ils vivaient dans la servitude, après que les dix plaies infligées à l'Égypte ont permis la libération du peuple d'Israël. Fils d'Amram, Moïse est le premier personnage à être nommé « homme de Dieu » dans la Bible.

Selon ces traditions, Moïse écrit également « sous la dictée de Dieu » les Dix Commandements et tout un ensemble de lois religieuses, sociales et alimentaires. En plus de cette idée d'une rédaction mosaïque sous la dictée de Dieu connue comme la « Torah écrite », les rabbins attribuent également à Moïse la « Torah orale » que constituent les commentaires de la Loi codifiés dans la Mishna[1].

La tradition de la rédaction mosaïque de la Torah a été remise en question à partir du XVIIe siècle, entre autres par Spinoza, puis au XVIIIe siècle par Jean Astruc, qui ne réfutent pas l'historicité de Moïse pour autant[2]. C'est depuis lors que se développe l’école de la critique biblique, étudiant la Bible comme un objet scientifique.

En islam, Moïse - sous le nom de Moussa - est le prophète le plus présent dans le Coran, cité à cent trente-six reprises. Il fait partie des « grands prophètes », considéré comme l'un des messagers envoyés par Allah et annonce le prophète Mahomet. Les récits mosaïques du Coran s'inspirent du Pentateuque, de l'Aggada et propose des épisodes originaux, insistant sur le parallélisme entre Mahomet et Moïse. Ce dernier est le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu'il reçoit les tables de la Loi ce qui lui vaut le titre de kalîm Allah - « interlocuteur de Dieu ».

Étymologie du nom de Moïse[modifier | modifier le code]

Hiéroglyphe MS (s)

La Bible donne l'origine suivante au nom de Moïse : la fille de Pharaon découvre sur la rive du fleuve un berceau où se trouve un nourrisson. Elle rend le bébé à sa mère, afin que celle-ci continue à l'allaiter. Puis, « quand l’enfant eut grandi, [la mère du nourrisson] le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse (משה, MSH, Mosheh ou Moshé), car, disait-elle, des eaux je l’ai sauvé » (MSYTHW, Mechitihou) (Ex. 2:10.) »[3]

La recherche contemporaine s'accorde sur l'origine égyptienne du nom que laisse transparaître l'explication traditionnelle[4]. Ainsi, « l'étymologie hébraïque populaire, proposée en Exode 2, 10 (« tiré des eaux ») ne peut cacher le caractère égyptien [du] patronyme (…) : Moïse, Môseh en hébreu, correspond à un élément, bien connu par les noms de pharaons tels qu'Ahmosès, Toutmosès, Ramsès... de l'onomastique égyptienne – laquelle s'explique dans un milieu de Sémites/« Asiatiques » installés depuis un certain temps dans le delta oriental, phénomène récurrent dans la longue histoire de l'Égypte »[5].

La racine m-s-s signifie ainsi « engendré par »[6] et « le nom de Moïse, issu de Mosé (mès = enfant, mésy = mettre au monde, etc.), constitue également la déviation du nom très égyptien dont la première partie est constituée d'un nom divin : Thotmès, Ramès, etc »[7].

Récit biblique[modifier | modifier le code]

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Moïse sauvé des eaux, peint par Sébastien Bourdon (vers 1650).

La vie de Moïse décrite dans la Bible se découpe en trois parties de quarante ans.

La fille de Pharaon découvre sur la rive du fleuve un berceau où flotte un nourrisson qu'elle nomme « Moïse ». Plus tard, Moïse constate la misère de son peuple d’origine et tue un contremaître égyptien qui battait un Hébreu. Il n'a d’autre choix que de s’enfuir dans le désert.

Moïse prête main-forte aux filles du prêtre de Madian, Jethro (ou Yitro). Il se marie avec l’une d’elles, Tsippora (Séphora), et mène une vie de berger, « faisant paître ses moutons loin dans le désert ».

Lorsque Moïse atteint l'âge de 80 ans, Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission : « L’ange de l’Éternel lui apparut au milieu d'un buisson alors qu’il faisait paître les moutons de son beau-père. »[8] Il conduit alors les « Enfants d'Israël » hors d’Égypte, jusqu'à la « Terre promise », le pays de Canaan, sur le seuil duquel il meurt, à 120 ans.

Jeunesse de Moïse[modifier | modifier le code]

Moïse défend les filles de Jethro, par Rosso Fiorentino.

Les parents de Moïse, Amram et Jocabed (hébreu Yokheved), sont tous deux issus de la maison de Lévi (qui sera consacrée plus tard au service de Dieu après l'épisode du veau d'or). Amram est le fils de Kehat et le petit-fils de Lévi. Ils sont de la première génération des Hébreux qui naissent en Égypte. Moïse est donc de la deuxième génération qui voit le jour en Égypte. C'est au cours de cette génération que Pharaon donne l'ordre à son peuple d'éliminer les nouveau-nés mâles et de ne laisser vivre que les filles. Le frère de Moïse s'appelle Aaron.

Après sa naissance (le 7 adar selon la tradition[9]), sa mère Yokheved cache l'enfant durant trois mois puis l'abandonne dans une corbeille sur le Nil, près de la rive (le 6 sivan[9]). La fille du pharaon (Bithiah — hébreu Batya — dans le midrash), qui se baignait avec des courtisanes, trouve l'enfant et décide de l'adopter (inspirée dans ce geste par l’ange Gabriel, selon le midrash), bien que soupçonnant immédiatement que l'enfant était hébreu.

Elle demande alors à une jeune fille qui observe la scène de lui trouver une nourrice parmi les Hébreux pour l'élever. Cette jeune fille, Myriam, qui est la sœur aînée de Moïse, lui présente sa mère.

Un célèbre midrash raconte qu'un jour Moïse jouant sur les genoux du pharaon lui dérobe sa couronne. Y voyant un mauvais présage, les mages du monarque suggèrent à celui-ci la mise à mort immédiate de l'enfant. Cependant, Jethro, prêtre de Madian, propose de mettre à l'épreuve ce qui n'était peut-être que jeu d'enfant, et fait placer Moïse devant un plateau de diamants et de braises ardentes. Moïse se précipite vers le plateau de diamants, mais trébuche (à la suite de l'intervention de Gabriel) vers les braises ardentes. Dans sa frayeur, il porte ses doigts à la bouche et se brûle la langue et les lèvres. C'est de là que vient le bégaiement de Moïse. Le bout de sa langue est brûlée vive. Quant à sa bouche, un pansement y est mis. Quand celui-ci est retiré, il perd un morceau important de sa lèvre.

Devenu adulte, Moïse se rend compte des difficiles conditions de vie de ses frères de sang. Voyant un Égyptien frapper un Hébreu, il s'assure qu'il est seul puis tue l'Égyptien et l'enterre (Exode 2, 12.) en silence, et s'approche de l'Hébreu fouetté.

Les jours suivants, constatant que l'affaire s'était ébruitée, il s'enfuit d'Égypte vers le pays de Madian. Parvenu à un puits, il défend des bergères de Madian contre d'autres bergers. Celles-ci lui offrent l'hospitalité en remerciement. Moïse se retrouve donc à Madian, où le prêtre, Jethro (יתרו), aussi appelé Réuel (רעואל), lui donne sa fille Séphora (צפורה) en mariage.

L’appel de Dieu (Exode 3)[modifier | modifier le code]

Moïse et le buisson ardent, par Dirk Bouts.

Alors qu'il est réfugié en Madiân et qu’il garde les troupeaux de son beau-père, Moïse vit une expérience que la Bible décrit comme une vocation : Dieu l’appelle de l’intérieur d’un buisson en feu mais qui ne consume pas. Sa mission consistera à libérer le peuple hébreu de l’esclavage qu’il subit en Égypte.

Pour l’accréditer auprès des Hébreux, Dieu lui révèle son nom, en continuité avec la tradition ancestrale : Abraham, Isaac et Jacob. Ce nom est le tétragramme YHWH, expliqué en Gn 3:14 par la formule אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה (Ehyeh Asher Ehyeh). La traduction de cette formule est variable : « Je suis Celui Qui suis », « Je suis qui Je serai »… Dans la traduction grecque de ce passage, les termes employés ouvrent la porte à une interprétation d’ordre métaphysique : « Je suis l’Étant ».

Moïse commence par s’excuser de sa mission, prévoyant les difficultés d’avoir à affronter Pharaon. Il reçoit alors des moyens et un signe qui ne le dispenseront pas de marcher dans la foi à travers les difficultés : des moyens d’ordre surnaturel, l'Égypte subira 10 fléaux envoyés par Dieu, mais aussi d’ordre naturel, comme l’aide de son frère Aaron ; un signe futur consistant dans l’annonce de son retour sur ce même lieu avec le peuple.

Après cet événement, Moïse abandonne sa situation de berger et retourne en Égypte.

Les dix plaies d’Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dix plaies d’Égypte.

Moïse et son frère Aaron tentent de persuader Pharaon de laisser les Hébreux quitter l’Égypte en le menaçant de terribles fléaux qui chaque fois se réalisent. Pharaon leur oppose ses magiciens (appelés Jannès et Jambrès dans la tradition postérieure) et ne cède qu’après la dixième plaie. (Exode, chapitres 7 à 12.)

  1. Les eaux du Nil deviennent sang ;
  2. Les grenouilles envahissent l’Égypte ;
  3. Les mouches et les moustiques attaquent la population ;
  4. Les vermines apparaissent ;
  5. Une épidémie de peste attaque le bétail ;
  6. Les habitants attrapent des furoncles (lèpre) ;
  7. La grêle détruit les récoltes ;
  8. Les sauterelles dévorent la végétation ;
  9. Les ténèbres règnent pendant trois jours ;
  10. Les premier-nés (hommes et animaux) égyptiens meurent durant la nuit.

L’exode dans le désert et les dix commandements[modifier | modifier le code]

Moïse brisant les Tables de la Loi, par Rembrandt.

Après sa sortie d’Égypte, Dieu fait traverser au peuple la mer des Joncs qui se referme ensuite sur l’armée égyptienne qui tentait de les rattraper.

Article détaillé : Passage de la mer Rouge.

Il conduit ensuite son peuple au pied du mont Sinaï, où Moïse monte recevoir les dix commandements, les Tables de la Loi. Lorsque Moïse descend du mont Sinaï, il voit les Hébreux, sous la conduite de son frère Aaron, adorer un veau d'or (l’adoration d’une idole était interdit par le troisième commandement). Il est pris d'une colère si grande qu’il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher puis ordonne le massacre de trois mille adorateurs du veau d'or (Ex 32, 25-29). Moïse doit alors retourner au sommet du mont Sinaï afin de recevoir de nouvelles tables (« Exode, 34, 18 »).

Au fil des miracles, Dieu affermit l’autorité de Moïse sur le peuple, prouvant ainsi qu’il est bien son envoyé. Pourtant le peuple n’a de cesse de murmurer contre Moïse et contre Dieu, répétant qu’au moins en Égypte il vivait mieux. Ensuite, le peuple arrive devant la Terre promise et Moïse envoie douze espions pour reconnaître le pays (Nb 13). Dix d’entre eux découragent le peuple d’attaquer le pays malgré le soutien de l’Éternel. Dieu se fâche et décide de les faire marcher dans le désert encore quarante années, afin qu’aucun de ceux qui étaient sortis d’Égypte n’entre dans la Terre promise hormis Josué et Caleb, les deux espions favorables à la conquête[10].

Mort de Moïse[modifier | modifier le code]

Selon Nombres, 20, 7-13, Moïse, ayant, pour abreuver le peuple hébreu, frappé de son bâton[11] par deux fois le rocher de Meriba — en attirant l'attention sur lui et Aaron[12] au lieu du Dieu d'Israël, - n’est pas autorisé à entrer en Terre promise[13]. Il est toutefois autorisé à l’embrasser du regard, du haut du mont Nébo où il meurt à 120 ans (Deutéronome, 34, 1-9). Avant de mourir, il nomme Josué comme successeur pour conquérir la Terre promise. La tradition talmudique, interprétant le début du livre de Josué, fixe au 7 Adar l'anniversaire de cette mort, que le Seder Olam Rabba[14] date de l'année 2488 de la Création du Monde.

Littérature biblique[modifier | modifier le code]

Moïse est le personnage le plus attesté et le plus cité dans l'ensemble des textes bibliques, apparaissant à 765 reprises dans la bible hébraïque - dont 290 fois dans le seul Livre de l'Exode[15] - et à 79 reprises dans le Nouveau Testament[16]. Il y apparait essentiellement comme le médiateur de la révélation, le législateur fondamental et l'auteur du Pentateuque[15].

Attestations vétérotestamentaires[modifier | modifier le code]

L'essentiel du Pentateuque - le Livre de l'Exode, le Lévitique, le Livre des Nombres et le Deutéronome - coïncident avec la biographie de Moïse dont le récit de la naissance - qui atteste d'une identité complexe, à la fois membre de la cour de Pharaon et du peuple d’Israël - est présentée dans l’Exode[17] et celui de la mort dans le Deutéronome, aux portes de la Terre promise[18]. Le texte biblique ne raconte rien de sa jeunesse et le présente adulte quand, notable égyptien, il ressent confusément pour la première fois sa solidarité avec le peuple hébreux[17]. Il est par ailleurs notable que, contrairement à Abraham, il n'est pas présenté comme un ancêtre et sa généalogie n'a que peu d'importance, les rédacteurs insistant davantage sur son rôle de médiateur[19].

Dans la Torah et plus particulièrement dans le Pentateuque[20], Moïse possède un statut unique parmi les hommes[b 1]. Il est qualifié de serviteur de l'Éternel[b 2] et le texte insiste à de nombreuses reprises sur sa relation privilégiée avec celui-ci[b 3] dans le dessein de présenter les paroles et décisions de Moïse comme celles de Dieu lui-même[21]. L'interlocuteur privilégié de Dieu est présenté comme prophète[b 4] prêtre[b 5], législateur[b 6] et poète[b 7] ; il est le représentant de Dieu auprès des hébreux[b 8] et de Pharaon[b 9] rédempteur et meneur du peuple d’Israël[b 10], fondateur de son administration [b 11] et du culte divin[b 12].

Champion de Yahweh contre l’idolâtrie et l'apostasie[b 13], Moïse est l'intercesseur auprès de Dieu en faveur de son peuple[b 14] qui pourtant trahit sa confiance voire lui témoigne de l'hostilité[b 15]. S'il lui arrive de se voir reproché son manque de foi[b 16], il n'en est pas moins l'« homme de Dieu »[b 17] capable de prodigieux miracles[b 18]. En relation avec sa fonction de médiateur de la révélation, Moïse est également présenté sous une apparence extra-humaine[b 19] : le Livre de L'Exode le décrit transfiguré après sa rencontre avec Dieu sur la montagne, son visage irradiant, marqué d'une aura divine[b 20].

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les auteurs du Nouveau Testament ne disposent pas, à l'époque de leur rédaction, de Bible telle que nous la connaissons mais connaissent la Torah par la tradition orale, les commentaires au sein des synagogues et les diverses traditions connues aujourd'hui sous le nom de « récits intertestamentaires »[22]. Les récits néotestamentaires vont ainsi souvent au-delà des récits proposés[21] par le Pentateuque[b 21], témoignant de traces de légendes de traditions extrabibliques[b 22] à une époque où la tradition juive continue elle-même d'ailleurs à actualiser la figure du prophète biblique[22]. Ils sont néanmoins largement en conformité avec les récits bibliques anciens[21], Moïse apparaissant comme le législateur d'Israël[b 23], l'auteur du Pentateuque[b 24] et le premier des prophètes[23].

Pour le Nouveau Testament, Moïse est d'ailleurs celui qui prophétise[21] la venue de Jésus de Nazareth comme Messie[b 25] qui est présenté comme un second Moïse[b 26], incompris et rejeté comme son prédécesseur[b 27] mais qui peut se montrer, comme dans l'évangile de Matthieu dans l'épisode du Sermon sur la montagne, supérieur au premier des prophètes[b 28], proposant une compréhension de la Loi de Moïse acceptable pour les disciples de Jésus tant d'origine juive que d'origine païenne[23]. Le récit biblique et traditionnel de l'enfance de Moïse sert de modèle à celle de Jésus[24] et l'adieu de Jésus sur la montagne de Galilée[b 29] est à mettre en parallèle avec la fin de Moïse sur le mont Nebo[b 30]. Moïse fait en personne une apparition lors de l'épisode de la Transfiguration de Jésus, en compagnie d'Élie au vu des apôtres Pierre, Jacques et Jean, pour s’entretenir avec Jésus de l'« exode qu'il allait accomplir à Jérusalem »[25], à savoir sa Passion et son ascension, préludant un nouvel exode pour ses disciples[23].

Moïse apparait à neuf reprises dans les épîtres pauliniennes dites « authentiques » lorsque Paul de Tarse évoque la « Loi de Moïse »[b 31], loi qu'il a « écrite » et « proclamée »[b 32]. Pour Paul, les prodiges de l'exode mosaïque sont des symboles préfigurant la réalité chrétienne et le baptême dans « le Christ Jésus »[b 33]. Selon lui, le croyant ne fait plus que s'inspirer de la Loi, plutôt que de se fonder sur elle à laquelle se substitue la foi dans le Christ dont l'apôtre exerce lui-même une mission supérieure à celle de Moïse[b 34].

Les traditions vétérotestamentaires sur Moïse sont enfin utilisées à de multiples occasions dans le Nouveau Testament[21] en matière de typologie exégétique[b 35] : dans l'interprétation de nombreux exégètes comme Origène et à l'instar d'autres personnages (ou de certains évènements) de la Bible hébraïque, Moïse annonce la venue du Christ[26]. Si certains Pères de l’Église, comme Eusèbe de Césarée, ont été amenés à considérer le christianisme comme supérieur au judaïsme - qui n'aurait pas compris la religion des patriarches à laquelle la Loi de Moïse se serait substituée[27] -, Moïse incarne néanmoins, pour la plupart des auteurs chrétiens, le témoin des origines juives du christianisme dont l'histoire oscille entre continuité et rupture avec celles-ci[28].

Traditions extra-bibliques[modifier | modifier le code]

Littérature hellénisée[modifier | modifier le code]

À l'époque de Jésus de Nazareth, la « Bible » n'existe ni comme objet, ni comme terme : seul existe un ensemble littéraire, connu depuis le IIe siècle av. J.-C. comme « la Loi », constitué des cinq livres attribués à Moïse, ainsi qu'en attestent les fragments retrouvés sur un des rouleaux de Qumrân[29]. À partir de cette époque circulent ainsi dans l'ensemble du monde judaïque, à côté d'une série d'autres livres séparés, deux « biographies de Moïse » - l'une en hébreu l'autre en grec - accueillant l'intégralité de la Loi, sans se faire concurrence[30], les « cinq volumes » étant désignés comme une œuvre unique[31] non sans proposer une pluralité de versions[32]. La version grecque du Pentateuque semble arrêtée à partir du IIe siècle av. J.-C. tandis que la version hébraïque connait encore des évolutions et des variations à l'époque de Jésus[33].

À la même époque, l'auteur juif Philon d'Alexandrie, premier à donner la liste des « cinq livres » que conservent les bibles chrétiennes, propose une Vie de Moïse (bios) qu'il traite distinctement de la Loi (nomos) de Moïse qu'il proclame « prophète »[34] « législateur », « roi » et pansôphos - « détenteur de toute la sagesse » - décrivant un être « divin » assimilé au logos, détenteur de la fonction de « grand-prêtres des cieux »[35]. Même si la postérité n'a retenu que la version biblique, Moïse a cependant fait l'objet de traitements littéraires variés dans les siècles précédant Philon[36].

Aux débuts de l'Empire lagide, à la fin du IVe siècle av. J.-C., dans son Histoire d’Égypte, l'écrivain grec Hécatée d'Abdère fait - dans une notice ethnographique concernant les juifs intitulée Peri Ioudaiôn - le récit des exploits de Moïse, personnage central de la nation implantée en Iouda dont il est, tant sur le plan politique que le plan religieux, le fondateur, le guide et l'organisateur[37]. C'est là le premier témoignage sensiblement développé proposé par un auteur grec à propos des juifs, même si sa datation voire l'authenticité des fragments parvenus sont débattues[38].

Dans les fragments de l’œuvre d'un certain Eupolémos, Moïse est désigné comme le « premier sage » (prôtos sophos), créateur de l'alphabet transmis aux Phéniciens puis aux Grecs, se référant peut-être à l'ancienne tradition des Sept Sages censés précéder les philosophes et parmi lesquels on trouve Solon et Thalès[39]. Durant la même période - dans une fourchette indéterminée variant entre le IIIe et le Ier siècle av. J.-C. - des traditions juives hellénistiques chez Ézéchiel « le Tragique » et Démétrius « le Chronographe ». Le premier, vraisemblablement originaire de Ptolémaïs aurait, selon Clément d'Alexandrie rédigé un essai sur différents problèmes de chronologie biblique intitulé Sur les rois de Judée, où il traite de Moïse et de Salomon. Le second, probablement originaire d'Alexandrie, propose un récit de la vie de Moïse sous forme de tragédie. Plutôt fidèle au récit biblique, il présente néanmoins un épisode supplémentaire décrivant un rêve de Moïse sur le trône divin[40].

Vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., le philosophe juif Aristobule de Panéas professe que Moïse a été le maitre d'Orphée et a précédé « Pythagore, considéré comme l'inventeur de la philosophie, Socrate et Platon dans toutes leurs investigations relatives à la Création ». À la même époque, l’historien juif Artapan d'Alexandrie mentionne Moïse dans une forme de roman historique présentant une série d'épreuves et de complots dont il sort systématiquement vainqueur[41]. Ce dernier, identifié au dieu égyptien Thot/Hermès, se voit attribuer l'invention de la culture et de l'alphabet ainsi qu'il est élevé au rang d'« homme divin » (theios anêr) en tant qu'« interprète des lettres sacrées »[42] tandis qu'il est présenté comme père de la culture égyptienne - ensuite transmise aux Grecs - et non comme législateur d'Israël[41].

À l'époque de Sylla, Lucius Cornelius Alexander dit Polyhistor en raison de sa grande production littéraire, compose un ouvrage intitulé Sur les Juifs qui n'est plus connu qu'au travers du témoignage d'Eusèbe de Césarée, où il semble s'attacher au Moïse législateur[43]. Au Ier siècle, Flavius Josèphe propose une véritable « biographie » héroïque de Moïse qui se caractérise par des analogies à certains héros de la mythologie gréco-romaine comme Romulus, Œdipe ou encore Persée. Il semble que Josèphe ait utilisé diverses sources bibliques mais aussi aggadiques ou encore des mythes païens, sans qu'il soit réellement possible de démêler les influences respectives. On y retrouve l’annonce de la naissance de Moïse, son abandon, ses exploits militaires avant l'épisode de sa disparition[44]. On trouve également l'attestation d'une probable Assomption de Moïse le décrivant comme un héros supraterrestre dont la mission de médiateur lui est confiée avant même la création du monde, ainsi qu'une œuvre apocalyptique en grec, mais d'origine sémitique, datée du début du Ier siècle av. J.-C. connue sous le nom de Testament de Moïse qui condamne les « nations » réduites au rang de faire-valoir d’Israël. Pour le rédacteur de ce texte, Moïse a été voulu dès le « commencement de monde », « imaginé et inventé » à ce moment comme « médiateur de l'Alliance »[35].

Moïse dans l’islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moussa.

Moïse - appelé Moussa (arabe : موسى) dans le Coran - fait partie des « grands prophètes » avec Adem (Adam), Nūḥ (Noé), Ibrahim (Abraham) et Îsâ (Jésus), prophètes qui ont façonné l'histoire religieuse de l'humanité[45], parmi les multiples prophètes qui ont précédé Mahomet, le « sceau des prophètes ». La Torah de Moïse annonce le prophète Mahomet[46] et Moïse est de loin le plus cité des prophètes par le texte coranique, son nom apparaissant à cent trente-six reprises[47]. Moïse est également le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu’il reçoit les tables de la Loi sur la montagne, un apanage qui lui vaut le titre de kalîm Allah - « interlocuteur de Dieu »[48].

La plupart des récits mosaïques du Coran sont puisés dans le Pentateuque[49] mais trouvent aussi leur origine dans la Aggada ou proposent même des récits originaux[46]. Les différences se marquent avec les récits judaïques, revisités à la lumière de la prédication de Mahomet et à la réalité historique du cadre de celle-ci, se référant notamment aux tensions entre Mecquois païens et musulmans, insistant sur l'appel au monothéisme[46]. À la différence du récit biblique, l'histoire coranique de Moïse est présentée comme une série de décisions divines au caractère inexorable, soulignant l'appui divin aux prophètes et aux croyants, notamment contre leurs adversaires mécréants[46]. Autre divergence notable avec le Pentateuque qui raconte l'histoire de tout un peuple, le Coran construit son récit autour de la figure centrale de Moïse dont la sacralité permet de désigner la communauté qui le reconnait comme élue et non l'inverse : les croyants sont choisis par Dieu et non un peuple en tant que tel, dans un argument qui vise probablement les juifs de Médine se prévalant de leur ascendance[46].

Le Coran fait nettement le parallèle entre la vie de Moïse et celle de Mahomet[47] et la figure du patriarche fonctionne comme un modèle à divers niveaux religieux et politiques[45], notamment en tant que vainqueur du Pharaon[50]. À l'instar de Moïse, Mahomet est rejeté des siens, forcé d'abandonner son pays d'origine pour un exode comparable à l'hégire. Comme le patriarche, le Prophète crée autour de son message une communauté dont il assure la défense et la cohésion, tandis qu'il la tient écartée du polythéisme[47]. Le Coran compare explicitement les chefs mecquois avec le Pharaon et son conseil ou encore les munâfiqun - les « hypocrites » - qui s'opposent à Mahomet avec les agitateurs au sein du peuple israélite durant la marche dans le désert[47]. Le Coran présente ainsi la résistance des juifs de Médine comme une reproduction de la résistance à l’œuvre divine qu'ils avaient déjà opposé à l'époque de Moïse[47].

Les récits coraniques concernant Moïse, amples et riches, ont suscité de nombreux commentaires mystiques, essentiellement dans les rangs les plus spiritualistes de l'islam, le face à face avec Dieu sous l'apparence du buisson ardent étant la quintessence de la rencontre mystique[46]. On en trouve ainsi par exemple chez Ja'far al-Sâdiq, Mansur al-Hallaj ou encore Abū l-Qāsim al-Qushayrī[45]. L'image de l'opposition entre Moïse et Pharaon reste vivace et tout homme puissant à l'attitude inique est perçu comme un « Pharaon » auquel « tout croyant peut se sentir investi de la mission de lui rappeler la dimension éthique du monothéisme coranique »[45]. Les légendes populaires musulmanes rapportent sur Moïse et les prophètes, au-delà du Coran, des anecdotes détaillées, souvent inspirées du midrash[46].

Figures mosaïques[modifier | modifier le code]

Premier prophète et intime de Yahweh[modifier | modifier le code]

Moïse inaugure la série des prophètes d'Israël mais occupe une place singulière par la nature de sa rencontre avec Yahweh[51]. Cette singularité est d'ailleurs soulignée dans la Torah qui se conclut par l'affirmation selon laquelle « il ne s'est plus jamais levé en Israël un prophète pareil à Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face »[b 36] après avoir insisté sur l'intimité particulière entre Yahweh et son prophète élevant ce dernier au-dessus des autres[52]. Moïse annonce d'ailleurs lui-même la venue d'autres prophètes « comme [lui] »[b 37]. Son parcours est mis en parallèle avec celui des deux grands prophètes de l'Exil, Jérémie et Ézéchiel qui sont présentés dans un même schéma littéraire : l'élu reçoit un premier appel de Dieu auquel il est réticent en objectant sa jeunesse ou son incompétence et ses faiblesses ; Dieu refuse alors ces objections et promet son assistance qu'il manifeste par un signe, le « buisson ardent » concernant Moïse[51].

Moïse est le personnage de la Bible auquel Yahweh révèle son nom - ou plutôt en donne une transcription[53] - et en explique la signification : celui-ci, répondant à une objection de Moïse qui ne sait pas qui l'envoie libérer les hébreux, explique dans une formulation paradoxale (et difficile à rendre en français) « je suis qui je suis » ou « je serai qui je serai »[b 38] dans un jeu de mot avec le nom propre du Dieu d’Israël : l'expression hébraïque « heyèh asher heyèh »[54] joue avec la graphie hébraïque de « Yahweh »[51] mais rappelle également la promesse déjà faites à Moïse[b 39] : « je suis/serai avec toi »[53]. L'explication donnée à Moïse témoigne aussi de la volonté divine d'accompagner constamment son peuple[52].

Libérateur du peuple juif[modifier | modifier le code]

Moïse se rend en Égypte accompagné de Dieu qui entend manifester sa puissance et libérer le peuple hébreu[52]. La « sortie d'Égypte » est considérée par de nombreux textes hébraïques comme l'acte constitutif de la foi d'Israël[55]. Moïse doute de la réussite de sa mission et les obstacles sont nombreux, qu'il surmonte en compagnie de son frère Aaron et avec l'aide divine. La première rencontre entre Moïse, Aaron et Pharaon échoue, ce dernier refusant de reconnaitre l'autorité de Yahweh et augmentant les corvées des Hébreux. Les rencontres suivantes tournent à la confrontation où Moïse - tantôt prophète et tantôt thaumaturge selon les versions, laïque ou sacerdotale, présentées dans le Livre de l'Exode[56] - démontre la supériorité du Dieu d’Israël sur Pharaon et les dieux égyptiens en infligeant les plaies d'Égypte dont résulte la libération des Israélites[55].

Toujours en Égypte, Moïse fonde le rituel de la Pâque juive - consommation d'agneau et de pain azyme- qui commémore la libération de l’esclavage égyptien[57]. Mais la libération à proprement parler intervient lors du passage de la « mer des Roseaux » ou « mer des Joncs » : grâce à l'intercession de Moïse, Dieu ouvre un passage à travers les flots dans un acte créateur - qui n'est pas sans rappeler le récit de la Création de la Genèse[b 40] - par lequel celui-ci donne naissance à son peuple[55]. Le traversée de l'ouest - qui figure le couchant et la mort - vers l'est - le levant et la vie - symbolise le passage entre la mort et la vie par lequel Moïse fait accéder son peuple à la liberté[57].

Moïse fait encore là, dans sa fonction de premier « libérateur », figure d'archétype et le midrash attend à la fin des temps un libérateur eschatologique qui agirait comme lui[58].

Législateur[modifier | modifier le code]

La liberté d'Israël est encore à construire et à organiser[59] : c'est un processus « législatif » qui va conférer au peuple son identité, l'édification de réglementation des normes de coexistence qui nécessitent une figure de « législateur »[60].

Une nouvelle Alliance est scellée entre Yahweh et Israël, dont Moïse est le médiateur : ce dernier prépare le peuple à la rencontre au cours de laquelle Dieu s'adresse directement aux Hébreux, dans le fracas des éclairs et du tonnerre, pour transmettre les Dix commandements ; ceux-ci figurent dans deux endroits de la Bible hébraïque, dans une version sacerdotale[b 41] et une version laïque[b 42] qui se distinguent surtout pas leurs interprétations respectives du shabat[59].

Après l'intervention divine, le peuple demande à Moïse de continuer de porter la parole divine[b 43], l'établissant en tant que le législateur nécessaire. Toutes les autres collections de lois qui figurent dans la Torah sont ainsi réputées transmises par Yahweh à Moïse qui les communique au peuple[61], bien qu'elles diffèrent notablement par leur chronologie et leur ampleur[60]. Toutes placées sous son autorité, elles sont regroupées dans la partie centrale de la Torah. Elles sont constituées du code de l'Alliance dans l'Exode[b 44] - constituant le recueil de lois les plus anciennes-, des prescriptions sacerdotales et rituelles du Lévitique[b 45] ainsi que du code dit « de sainteté »[b 46] - insistant sur la sanctification de la communauté -, et enfin du code deutéronomique[b 47] qui remplace sous Josias le code d'alliance[59].

Figure royale[modifier | modifier le code]

Le parcours de Moïse est largement inspiré par certaines conventions de l’idéologie royale[62]. Dans toute l'histoire du Proche-Orient antique, les actes législatifs fondateurs sont toujours reçus des dieux ou d'un dieu tutélaire par les rois, ce qui n'est pas le cas de la Loi d’Israël : après la disparition de la royauté en Juda et l'Exil[63], c'est Moïse qui revêt la figure archétypale du législateur[64]. Néanmoins, le récit biblique tend à conférer une dimension royale à ce dernier dont l'histoire est construite sur le modèle du roi Sargon d'Akkad - vraisemblablement pour faire de Moïse un personnage aussi important que le roi fondateur de l’empire assyrien[65] - et rappelle l'histoire de Cyrus le Grand telle que la rapporte Hérodote[66], dans des récits fabuleux qui pouvaient être connus à Babylone lors de la période exilique[60]. Moïse devient ainsi l'intermédiaire primordial entre Dieu et le peuple[67] à la place du souverain qui n'existe plus[63]. On retrouve le reflet de cette image royale dans le « testament » de Moïse[b 48] dont la composition est inspirée, tant dans son vocabulaire que dans sa structure, par les traités de vassalité assyriens avec lesquels les suzerains orientaux obtenaient l’allégeance de leurs vassaux[68].

Moïse occupe dans le récit biblique une autre fonction typiquement royale, celle de la fondation du sanctuaire divin dans le désert : Moïse préside en effet à la création de la « Demeure »[b 49] où réside Yahweh, qui préfigure peut-être le Temple de Jérusalem[69]. À l'instar d'un roi, Moïse est installé comme un vicaire divin[69].

On peut noter, enfin, que le nom lui-même de « Moïse » est un nom « royal », octroyé par une princesse égyptienne ; il est envisageable que l’auditoire du récit mosaïque n'ignorait pas que de nombreux noms pharaoniques étaient construits à partir de la racine m-s-s (« engendré par », cf. supra)[6].

Au-delà de l'aspect royal, on peut noter des éléments de quasi-divinisation du personnage qui marquent comment ce dernier est pour toujours le médiateur par excellence entre Israël et son dieu : ainsi, dès le récit de l’exode Moïse est par deux fois appelé « elohim »[b 50] par Yahweh lui-même[70].

Médiateur[modifier | modifier le code]

À l'instar de la fonction centrale du roi qui est d’être le médiateur entre le peuple et les dieux[71], les récits bibliques mentionnent avec une grande constance le rôle d'intercesseur que joue Moïse et qu'il trouve d'ailleurs régulièrement lourd à porter[72]. En effet, l'établissement d'une alliance n'implique pas la parfaite entente des partenaires qui l'ont contractée[69] et le récit biblique est émaillés d'incidente et de conflits qui débutent avec l'épisode du Veau d'or[b 51] et la destruction des Tables de la Loi par Moïse lui-même. Yahweh envisage alors de supprimer le peuple qui ne doit son salut qu'à l'intervention de Moïse qui doit cependant lui-même intervenir avec les lévites et massacre trois mille adorateurs de l'idole, au terme de quoi l'alliance est renouée et la loi à nouveau gravée[69].

Depuis le moment de la théophanie au Sinaï au cours de laquelle Moïse est devenu définitivement le médiateur entre Yahweh et le peuple d'Israël[71], il doit régulièrement intervenir en faveur de ce dernier pendant la traversée du désert - qui connait plusieurs épisodes de rébellion contre Moïse, Aaron et même Yahweh - notamment lorsque le peuple se refuse à conquérir le pays promis : il le sauve à nouveau d'un destin collectif funeste par une longue intercession[73]. Cependant, le refus sera puni cette fois d'un report de quarante ans de l'arrivée en Terre promise et en l'extinction de la génération des adultes dans le désert[b 52], au nombre desquels Moïse lui-même[73]. Ce dernier n'hésite d'ailleurs pas lui-même à interpeller Yahweh avec vivacité[72] lorsqu'il s'agit de nourrir le peuple. Ces épisodes de rébellions traduisent vraisemblablement les tensions qui traversait le judaïsme à l'époque perse, en proie alors à une crise identitaire et structurelle[73].

Historicité de Moïse[modifier | modifier le code]

Moïse est vraisemblablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l'islam[74]. Cette importance a attiré depuis longtemps les artistes et les savants qui, pour ces derniers, se sont engagés dans la difficile quête du Moïse historique particulièrement au cours du XXe siècle[17]. Il n'existe cependant aucune trace historique de son existence en dehors de la tradition, ce qui en fait une figure mémorielle et non historique[75].

Mais, si l'existence de Moïse est hors de portée de l'historiographie, les récits qui en sont rapportés ne se trouvent pas moins enracinés dans les débuts de l'histoire du proto-Israël. Rien n'interdit même qu'ils soient liés à une personnalité du nom de « Moïse »[76]. Néanmoins, en tout état de cause, l'importance du « Moïse de l'histoire » est à relativiser dans la mesure où c'est le « Moïse des textes bibliques » qui est à l'origine du judaïsme, dans une figure multiple qui reflète la diversité de celui-ci[19].

La « Vie de Moïse » est relatée dans le Pentateuque, un récit rédigé en plusieurs étapes, par stratifications, qui résulte de mise en commun de différentes interprétations du fondateur du judaïsme[55]. Le récit est marqué, entre autres, par une influence assyrienne dont témoigne le récit de la naissance de Moïse calquée sur celle légendaire du roi Sargon d'Akkad[77], fondateur à la fin du IIIe millénaire des dynasties mésopotamiennes[68] et dont des versions écrites existent à partir du VIIIe ou VIIe siècle av. J.-C.[78]. Il est ainsi vraisemblable que les premiers récits concernant Moïse, en lui conférant une dimension royale et une stature aussi importante que le roi mésopotamien, soient une réplique à la propagande assyrienne et rédigés à la cour du roi Josias, vers la fin du VIIe siècle av. J.-C.[68], proposant peut-être alors une véritable « Vie de Moïse » de type biographique[78]. Ces récits initiaux - probablement destinés à l'origine à célébrer Josias lui-même[79] comme le réalisateur du pacte stipulé par Moïse entre Yahweh et son peuple - s'étoffent sur plusieurs générations[80], essentiellement au cours de l'Exil à Babylone, synthétisant les interprétations des prêtres et des anciens fonctionnaires royaux, regroupant en Moïse toutes les institutions disparues d'Israël et de Juda, tant sacerdotales que royales[68]. Le récit reçoit sa forme finale au cours du Ve siècle av. J.-C. intégrant dans ses descriptions des indications géographiques propres à cette époque, rendant dès lors inutilisables les noms de lieux à toute tentative de reconstitution des évènements et de leurs acteurs historiques présents derrières ces récits[81], ce qui n'implique pour autant pas que le récit ne repose sur aucun élément historique dont le souvenir aurait perduré à travers les siècles[82].

La recherche de la fin du XXe et du début du XXIe siècle[83] considère ainsi généralement que le personnage de Moïse est une figure reconstruite[84] dont le personnage lui-même et la réalité de son historicité échappent à l'historien[85], restant « sans doute à jamais une énigme historique »[86] ses traces étant inatteignables[87], et présentant une figure de héros « primordiale », c'est-à-dire « mythique »[88], ainsi qu'il en va de nombreux héros fondateurs de l'Antiquité[85] traduisant ce qu'André Paul envisage comme un prototype d'« historiographie militante »[89].

Néanmoins les spéculations de toutes sortes restent possibles et certains auteurs ont cru pouvoir identifier Moïse à divers personnages égyptiens ou sémites de la cour égyptienne, comme un certain Ben Azèn, haut fonctionnaire de la cour de Ramsès II[90]. On a proposé un majordome de Séthi II (1200-1194) nommé Beya qui, « vagabond d'un pays du Nord » devenu chancelier d'Égypte, intrigue avec Taousert, la femme principale du Pharaon après la mort de celui-ci et provoque une guerre civile à la tête d'une armée de « Cananéens ». Néanmoins, des découvertes récentes qui montrent que ce Beya n'a pas quitté le royaume invalident cette identification. On a également proposé un fils de Séthi II nommé Mesesaya, vice-roi de la province de Koush qui se serait rebellé contre son père avant d'être forcé à fuir ; mais les quelques parallélismes avec le récit biblique à l'appui de cette théorie - notamment le fait que l'épouse de Moïse est d'origine koushite - semblent hasardeux et sont invérifiables[91]. Plus hasardeuses encore les théories qui voulaient faire de Moïse un disciple du « monothéisme » d'Akhenaton, voire proposant d'identifier le patriarche à ce pharaon du XIVe siècle av. J.-C. lui-même tandis que le monothéisme juif apparait aux alentours du VIe siècle av. J.-C.[19].

Il n'en demeure pas moins que - comme dans la littérature égyptienne - le souvenir de l'expulsion des Hyksôs d'Égypte au XVIe siècle av. J.-C. ou celle des pillards « Asiates » sous le règne de Sethnakht (~1185) peuvent avoir laissé la trace d'une « mémoire d'exode » et que le récit biblique combine une série de souvenirs des évènements opposant les populations sémites aux rois égyptiens. La construction du personnage de Moïse doit ainsi peut-être partiellement au souvenir de différents hauts-fonctionnaires sémites présents à la cour des pharaons[90].

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

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Moïse par José de Ribera (1638)

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Le recueil Poèmes antiques et modernes d’Alfred de Vigny, Moïse dans le livre mystique, écrit en 1822
  • Thomas Mann a consacré une nouvelle à Moïse, La Loi, dans laquelle il donne une description pleine d'ironie du célèbre prophète.

En peinture[modifier | modifier le code]

En sculpture[modifier | modifier le code]

Détail de la statue de Moïse par Michel-Ange
  • La plus connue est la sculpture de Michel-Ange (vers 1515) faisant partie du monument funéraire du pape Jules II, dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome. Cette œuvre a fait l’objet d'une analyse par Sigmund Freud. La statue représente Moïse portant des cornes, tout comme celle de la fontaine de Moïse (1585), également à Rome. Ces œuvres ont été commandées par différents papes et respectent les choix éditoriaux de la Vulgate, traduction officielle de l'Église catholique. La Vulgate précise que Moïse porte des cornes pendant l'épisode du Veau d'or. À l'inverse, ce sont des rayons qui apparaissent sur le tableau de Ribera (1638). Cette représentation fait débat sur une possible mauvaise interprétation des textes bibliques sur une aura ou des rayons[92]. Thomas Römer, par exemple, estime que la traduction de la Vulgate est la bonne et que les cornes de Moïse expriment son statut particulier[93].

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Le Pentateuque en question, p. 12-14
  2. Thomas Römer, « La formation du Pentateuque : Histoire de la recherche », dans Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan (éds.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ 2009 (ISBN 978-2-8309-1368-2), pp.141-142
  3. Exode 2:10.
  4. L'hypothèse apparaît déjà chez Freud. Cf. Jan Assmann, Moses the Egyptian. The Memory of Egypt in Western Monotheism, Harvard University Press, 1977. Voir Recension en ligne, 1998 par Jacques Le Brun, EPHE.
  5. André Lemaire, « Moïse et l'Exode au regard de l'histoire entre Nil et Jourdain », in Clio, novembre 2010, moise_et_l_exode_au_regard_de_l_histoire_entre_nil_et_jourdain.asp article en ligne
  6. a et b Thomas Römer, « Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill,‎ 2010 (ISBN 978-9004-1795-30), p. 189
  7. Christiane Desroches Noblecourt, Ramsès II : La véritable histoire, Paris, Pygmalion,‎ 1996 (ISBN 9782857044819), p. 250
  8. Exode 3,2
  9. a et b Talmud de Babylone Sotah 12b
  10. Nombres 14.
  11. Le bâton de Moïse.
  12. Nombres 20, 10
  13. Nombres 20, 12
  14. cité par Sylvie Anne Goldberg, La Clepsydre, Albin Michel, 2000, p. 343
  15. a et b (en) Cornelius Houtman, « Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the Bible, Brill,‎ 1999 (ISBN 90-04-11119-0), p. 593
  16. Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l'origine d'Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ mars-avril 2010, p. 41 (ISSN 0154-9049)
  17. a, b et c Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 113
  18. Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 116
  19. a, b et c Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 122
  20. Sauf indication contraire, les références bibliques de cette section sont présentées par (en) Cornelius Houtman, « Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the Bible, Brill,‎ 1999 (ISBN 90-04-11119-0), p. 593-594
  21. a, b, c, d et e (en) Cornelius Houtman, « Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the Bible, Brill,‎ 1999 (ISBN 90-04-11119-0), p. 594
  22. a et b Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l'origine d'Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ mars-avril 2010, p. 40 (ISSN 0154-9049)
  23. a, b et c Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l'origine d'Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ mars-avril 2010, p. 41 (ISSN 0154-9049)
  24. voir par exemple Ex 4. 19-20 et Mt 2. 20-21 cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  25. l'épisode se retrouve dans les trois synoptiques ; voir par exemple Lc 9. 2, cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  26. Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 74
  27. Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 75
  28. Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 76
  29. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 79
  30. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 75
  31. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 87
  32. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 92
  33. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 83-84
  34. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 88
  35. a et b André Paul, « Dans les livres apocryphes juifs », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l'origine d'Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ mars-avril 2010, p. 38 (ISSN 0154-9049)
  36. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 108
  37. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 114
  38. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du IVe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio / L'histoire et ses problèmes »,‎ 2012 (ISBN 978-2-13-056396-9), p. 79
  39. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 120
  40. Sabrina Inowlocki-Meister, « Le Moïse des auteurs juifs hellénistiques et sa réappropriation dans la littérature apologétique chrétienne : le cas de Clément d’Alexandrie », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, vol. 10, Leiden, Brill, coll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture »,‎ 2010 (ISBN 978-90-04-17953-0), p. 106
  41. a et b André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 122
  42. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 121
  43. Sabrina Inowlocki-Meister, « Le Moïse des auteurs juifs hellénistiques et sa réappropriation dans la littérature apologétique chrétienne : le cas de Clément d’Alexandrie », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, vol. 10, Leiden, Brill, coll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture »,‎ 2010 (ISBN 978-90-04-17953-0), p. 110-111
  44. René Bloch, « Moïse chez Flavius Josèphe : un exemple juif de littérature héroïque », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, vol. 10, Leiden, Brill, coll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture »,‎ 2010 (ISBN 978-90-04-17953-0), p. 85,100
  45. a, b, c et d Pierre Lory, « Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont,‎ 2007 (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 563
  46. a, b, c, d, e, f et g Pierre Lory, « Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont,‎ 2007 (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 562
  47. a, b, c, d et e Pierre Lory, « Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont,‎ 2007 (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 558
  48. Pierre Lory, « Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont,‎ 2007 (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 560
  49. Pierre Lory, « Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont,‎ 2007 (ISBN 978-2-221-09956-8), p. 559
  50. Jacqueline Chabbi, « La construction de la figure prophétique », Le Monde des Religions, no 43 « Mahomet cet inconnu »,‎ septembre-octobre 2010, p. 34-36 (ISSN 1763-3346)
  51. a, b et c Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 38
  52. a, b et c Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 39
  53. a et b Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 114
  54. Le français suit la traduction en grec de la Septante - « Ego eimi ho On » - reprise par la Bible latine - « Ego sum qui sum ». Mais le verbe, utilisé à l’inaccompli-présent, provient de la racine verbale hayah (« être ») et on fait classiquement dériver yahweh de eheyeh ; voir notamment Gaëll Guibert, De l'existant à la racine "Être" : recherche d'archétypes de la signification, éd. Publibook, 2011, p. 232-235. Ceci dit, l'étymologie elle-même est débattue, la racine de yahwh pouvant provenir de y-h-w qui signifie « souffler », cf. Thomas Römer, Dieu obscur : Cruauté, sexe et violence dans l'Ancien Testament, éd. Labor et Fides, 2009, p. 28-29
  55. a, b, c et d Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 117
  56. Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 40
  57. a et b Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 41
  58. Frédéric Manns, Le Judéo-christianisme : Mémoire ou prophétie ?, Paris, Beauchesne,‎ 2000 (ISBN 9782701014029), p. 200
  59. a, b et c Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 46
  60. a, b et c Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-2274-7478-9), p. 472
  61. Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 115
  62. Thomas Römer, « Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill,‎ 2010 (ISBN 978-9004-1795-30), p. 198
  63. a et b Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 47
  64. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-2274-7478-9), p. 470
  65. Thomas Römer, « Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Laiden-Boston, Brill,‎ 2010 (ISBN 978-9004-1795-30), p. 190
  66. I, 108-121, cité par M. Liverani, op. cit. 2008, p. 472
  67. Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 119
  68. a, b, c et d Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 118
  69. a, b, c et d Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 50
  70. Thomas Römer, « Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill,‎ 2010 (ISBN 978-9004-1795-30), p. 197
  71. a et b Thomas Römer, « Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill,‎ 2010 (ISBN 978-9004-1795-30), p. 192
  72. a et b Jacques Briend, « Moïse, portrait d'un législateur », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 126
  73. a, b et c Thomas Römer, Moïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard,‎ 2002 (ISBN 2-07-076480-X), p. 51
  74. Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 112
  75. (en) Jan Assmann, Moses the Egyptian : The Memory of Egypt in Western Monotheism, Harvard University Press,‎ 1998 (ISBN 0-674-58739-1), p. 2
  76. voir (de) Erhard Blum, « Der historische Mose und die Frühgeschichte Israels », Hebrew Bible and Ancient Israel, Mohr Siebeck, no 1 « Moses »,‎ mars 2012, p. 37–63 (ISSN 2192-2276)
  77. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 104
  78. a et b Christophe Nihan et Thomas Römer, « Le débat actuel sur le Pentateuque », dans Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ 2009 (ISBN 978-2-8309-1368-2), p. 163
  79. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible, Gallimard, coll. « Folio Histoire »,‎ 2006 (ISBN 978-2070345533), p. 313
  80. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-2274-7478-9), p. 245
  81. Thomas Römer, « Ramsès II, le pharaon de l'Exode ? », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 110
  82. Jean-Daniel Macchi, « Exode », dans Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan (éds.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides,‎ 2009 (1re éd. 2004) (ISBN 978-2-8309-1368-2), p. 260
  83. Même la recherche traditionnelle qui prétend souvent désormais prendre en compte la critique historique mais qui, si elle s'accorde à nier l'authenticité des Patriarches ou pour assumer que les récits sur Moïse sont tardifs, peine à détacher le personnage d'une lecture qui fixe, suivant le fil du récit biblique, un âge des Patriarches au début de l'histoire d'Israël plutôt que d'en faire l'analyse à l'époque de sa rédaction ; cf. Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-2274-7478-9), p. 504
  84. (de) Erhard Blum, « Der historische Mose und die Frühgeschichte Israels », Hebrew Bible and Ancient Israel, Mohr Siebeck, no 1 « Moses »,‎ mars 2012, p. 37 (ISSN 2192-2276)
  85. a et b Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 120
  86. Jean-Marie Husser, « L'approche historique des documents fondateurs : La Bible », dans Religions et modernité : Actes de l’université d’automne de Guebwiller, 27-30 octobre 2003, direction de l'Enseignement scolaire en collaboration avec le CRDP de Versailles, coll. « Les Actes de la DESCO »,‎ 2003, p. 45
  87. Philippe Abadie, « Moïse, héros d'un peuple sans terre », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l'origine d'Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ mars-avril 2010, p. 34 (ISSN 0154-9049)
  88. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 125
  89. André Paul, Autrement, la Bible : Mythe, politique et société, Bayard,‎ 2012 (ISBN 978-2-227-48356-9), p. 105
  90. a et b Thomas Römer, « Ramsès II, le pharaon de l'Exode ? », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 111
  91. Thomas Römer, « Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 121
  92. Thomas Römer, Les cornes de Moïse, in Évangile et Liberté, no 190, juillet 2005, article en ligne.
  93. cf. leçon inaugurale de Thomas Römer au Collège de France (prononcée le 5 février 2009, visible en vidéo sur le site du Collège de France et publiée chez Fayard sous le titre Les Cornes de Moïse : Faire entrer la Bible dans l'histoire).
Références bibliques
  1. Dt 34. 10-12, %3A23 Si 44 . 23, Si 45. 5
  2. Ex 14. 31, Nb 12. 7-8, Dt 34. 5
  3. Ex 19. 9,19, Ex 20. 18-21, Ex 24. 18, Ex 33. 11,18-23Nb 12. 7-8, Dt 5. 20-28, Ps 103. 7, Si 45. 5
  4. Dt 18. 15-18,Dt 34. 10, Os 2. 14
  5. Ps 99. 6, voir Jg 18. 30
  6. Ex 24. 3-4,7,8, Ex 34. 27-28, 24-26 Dt 31. 9, 24-26, Jos 1. 7, Jos 8. 31,32, Jos 22. 5, 1 R 2. 3
  7. Ex 15, Dt 32-33, Ps 90
  8. Ex 3. 5-16, Ex 11. 2, Ex 12. 3
  9. Ex 3. 18, Ex 5. 16, Ex 6. 29, Ex 7. 10
  10. Jos 24. 5,1 S 12. 8, Isa 63. 11, Os 12. 14
  11. Ex 18. 13-26, Nb 1-2, Nb 26, Dt 1. 9-18
  12. Ex 3. 15,12-13, Ex 16. 21-30, Ex 40. 17-33, Lv 16. 8-9
  13. Ex 32, Nb 25
  14. Ex 32. 7-14,30-32, Ex 33. 12-23, Ex 34. 9, Nb 11. 2, Nb 12. 13, Nb 14. 13-19, J 15. 1
  15. Ex 2. 14, Ex 5. 21, Ex 14. 10-12, Ex 5. 24, Ex 16. 2-3…)
  16. Nb 14. 13-19, Dt 32. 51, Ps 106. 32-33
  17. Dt 33. 1, Jos 14. 6,Ps 90. 1
  18. Ex 7. 10,Ex 12. 30, Ex 14. 15, Ex 15. 27
  19. Dt 34. 5, Si 45. 2
  20. Ex 34. 29-35
  21. voir par exempleHb 11. 22-28
  22. Ac 7. 22, 1 Co 10. 4, 2 Tm 3. 8 ou encore Jude 9
  23. Mt 8. 4, Mt 19. 7-8, Mt 23. 2 ; Mc 7. 10, Mc 10. 3-4; Mc 12. 9 ; Lc 2. 22 ; Jn 7. 19,22-23, ; Jn 8. 5 ; Ac 6. 11-14
  24. Mt 22. 24 ; Mc 22. 26 ; Lc 16. 29-31 ; Jn 1. 17 ; Rm 10. 5,19 ;Hb 7. 14 ;…
  25. Lc 24. 27,44 ; Jn 1. 45, Jn 5. 45-46 ; Ac 26. 22, Ac 28. 23
  26. Ac 3. 22, Ac 7. 37
  27. Ac 7. 17-44
  28. Mt 5. 21,27,31,33,38,43, cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  29. Mt 28. 16-20 cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  30. Dt 34 cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  31. 1 Co 9. 9, cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  32. Rm 9. 15 et Rm 10. 5-19cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  33. Rm 6. 3, cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  34. 2 Co 3. 7-18, cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  35. Jn 3. 14, Jn 6. 32-58 ; 1 Co 10. 1-13 ; 2 Co 3. 7-8 ; He 3. 1-6 ; He 9. 16-28, He 12. 18-24 ; Ap 15. 2
  36. Dt 34. 10-12, cité par Jacques Briend, « Moïse, portrait d'un législateur », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l'Égypte, Paris, Bayard,‎ 2008 (ISBN 978-2-227-47767-4), p. 129
  37. Dt 18. 15, cité par T. Römer, op. cit., 2002, p. 38
  38. Ex 3. 15
  39. Ex 3. 12
  40. Gn 1
  41. Ex 20
  42. Dt 5
  43. Ex 20. 19 et Dt 5. 27
  44. Ex 21-23
  45. Lv 1-16
  46. Lv 17-26
  47. Dt 12-26
  48. Dt 1-30
  49. Ex 25-40, cité par T. Römer, op. cit. 2002, p. 50
  50. Ex 4. 16 et Ex 7. 1
  51. Ex 32
  52. Nb 13-14

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes
  • Sigmund Freud, L’Homme Moïse et la religion monothéiste, Gallimard, 1986 (réédition)
Sources récentes
  • Martin Buber, Moïse, Presses universitaires de France, 1957
  • Marthe Robert, D'Œdipe à Moïse : Freud et la conscience juive, Calmann-Lévy, 1974
  • Henri Cazelles, À la recherche de Moïse, Cerf, 1979
  • Henri Cazelles, Autour de l’Exode, Sources bibliques, Gabalda, 1987
  • Ernest-Marie Laperrousaz, La Protohistoire d’Israël. De l’exode à la monarchie, Le Cerf, 1990
  • (en) Cornelis Houtman, « Moses », dans Karel van der Toorn, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (dir.), Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Leyde, Boston et Cologne, Brill,‎ 1999 (ISBN 90-04-11119-0), p. 593-598
  • Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Turnhout, Brepols,‎ 2002 (ISBN 2-503-51310-7)
  • Thomas Römer, Moïse, « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, coll. « Découvertes »,‎ 2002 (ISBN 978-2070764808)
  • Jan Assmann, Le Prix du monothéisme, Aubier, Paris, 2007
  • Jacques Gruot, Moïse, une approche littérale, Yvelinédition, 2009, (ISBN 9782846682275)
  • Charles Szlakmann, Moïse, Paris, Gallimard, coll. « Folio Biographies »,‎ 2009, 280 p. (ISBN 978-2-07-035681-2)
  • Albert de Pury (éd.) et Thomas Römer (éd.), Le Pentateuque en question : les origines et la composition des cinq premiers livres de la Bible à la lumière des recherches récentes, Labor et Fides,‎ 2002, 429 p. (ISBN 978-2-8309-1046-9) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]