Wolfgang Amadeus Mozart

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Wolfgang Amadeus Mozart

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait composite posthume de Mozart
peint par Barbara Krafft en 1819.
Nom de naissance Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart
Naissance 27 janvier 1756
Salzbourg
Archidiocèse de Salzbourg
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Décès 5 décembre 1791 (à 35 ans)
Vienne
Drapeau de l'Autriche Archiduché d’Autriche
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Activité principale Compositeur
Style Classique
Années d'activité 1762-1791
Maîtres Johann Schobert, Johann Christian Bach
Ascendants Leopold Mozart
Anna Maria Pertl
Conjoint Constanze Weber
Descendants Raimund Léopold Mozart
Karl Thomas Mozart
Johann Léopold Mozart
Theresia Mozart
Anna Mozart
Franz Xaver Wolfgang Mozart

Œuvres principales

Liste des œuvres de Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart Signature.svg
Signature de Mozart

Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart[1], ou Wolfgang Amadeus Mozart[2] (né à Salzbourg, principauté du Saint-Empire romain germanique, le 27 janvier 1756[3], mort à Vienne le 5 décembre 1791[3]), est un compositeur. Mort à trente-cinq ans, il laisse une œuvre importante (six cent vingt-six œuvres sont répertoriées dans le catalogue Köchel), qui embrasse tous les genres musicaux de son époque. Selon le témoignage de ses contemporains, il était, au piano comme au violon, un virtuose.

On reconnaît généralement qu'il a porté à un point de perfection le concerto, la symphonie, et la sonate, qui devinrent après lui les principales formes de la musique classique, et qu'il fut un des plus grands maîtres de l'opéra. Son succès ne s'est jamais démenti. Son nom est passé dans le langage courant comme synonyme de génie, de virtuosité et de maîtrise parfaite.

Biographie

Son enfance (1756-1773)

L'enfant prodige

Maison natale de Mozart devenue un musée sur la vie du compositeur.
Mozart enfant, huile anonyme de 1763, probablement due à Pietro Antonio Lorenzoni.

Né au numéro 9 de la Getreidegasse à Salzbourg, qui est alors la capitale d'une principauté ecclésiastique du Saint-Empire romain germanique (Cercle de Bavière), Mozart est le fils du musicien (violoniste), compositeur et pédagogue (une méthode du violon), Léopold Mozart, né et originaire d'Augsbourg, ville de Bavière, qui occupe alors la fonction de vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg, et de Anna Maria Pertl, son épouse[4].

Wolfgang est le cadet de sept enfants. En raison du manque d'hygiène de l'époque et de mauvaises conditions sanitaires, trois enfants sont morts en bas âge avant la naissance de sa sœur Maria Anna (surnommée « Nannerl », née en 1751), et deux autres sont encore morts entre la naissance de cette sœur aînée et la sienne[5].

Il est baptisé le lendemain de sa naissance dans une chapelle de la cathédrale Saint-Rupert de Salzbourg. Son acte de baptême porte les prénoms de Joannes Chrysost[omus][6] Wolfgangus[7] Theophilus. Theophilus, signifiant « aimé de Dieu », a des équivalents allemands (Gottlieb, prénom que son père lui attribue un mois après sa naissance), italien et latin (Amedeo prénom adopté lors de son voyage en Italie en décembre 1769)[8]. Wolfgang se fera appeler généralement "Wolfgang Amadè Mozart" mais s’amuse tout au long de sa vie à déguiser et à déformer ses différents noms (en) en de Mozartini, Gangflow (Wolfgang à l’envers), Trazom, etc[9]. Mais on ne le voit jamais signer Amadeus si on dépouille la correspondance. Ce prénom ne sera employé qu'après sa mort.

Dès l'âge de trois ans, Mozart révèle des dons prodigieux pour la musique : il a l'oreille absolue et certainement une mémoire eidétique[10]. Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l'orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l'âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV.2, 4 et 5, allegro KV.3 inscrits dans le Nannerl Notenbuch (en), « cahier de musique pour Nannerl »)[11]. À quatorze ans, il aurait ainsi parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, œuvre religieuse complexe, non publiée, mais connue, qui dure environ quinze minutes, en ne l'ayant écouté qu’une seule fois[12]. Une autre version évoque deux écoutes, Mozart regardant la deuxième fois, la partition de la première. Mozart ne reçoit pas d'autre éducation que celle de son père.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
David MOZART (1621-1685) : maçon
 
 
 
 
 
 
 
Franz MOZART (1649-1693?) : maçon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maria NEGELER (1622-1697)
 
 
 
 
 
 
 
Johann Georg MOZART (1679-1736) : relieur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Anna HAERRER (1622-1697)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Leopold MOZART (1719-1787) : compositeur, professeur de musique et violoniste
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20
 
 
 
 
 
 
 
Christian SULZER (1663-1744)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21
 
 
 
 
 
 
 
Anna Maria SULZER (1696–1766)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Michael BAUR
 
 
 
 
 
 
 
Maria Dorothea BAUR (1672-1742)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Anna KHIEN
 
 
 
 
 
 
 
Wolfgang Amadeus MOZART
(1756-1791)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bartholomaeus PERTL
 
 
 
 
 
 
 
Johannes PERTL (1607-1698)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ursula SCHMIDT
 
 
 
 
 
 
 
Nicolaus PERTL (1667–1724) : sous-préfet
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26
 
 
 
 
 
 
 
Magdalena ZACHNER (1632-1681)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27
 
 
 
 
 
 
 
Anna Maria PERTL (1720-1778)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jakob ALTMANN
 
 
 
 
 
 
 
Dominik ALTMANN (1635-1702)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maria OELLER
 
 
 
 
 
 
 
Eva Rosina ALTMANN (1681–1755)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hans Wolfgang ZALNER
 
 
 
 
 
 
 
Anna Sophia ZALNER (1651-1685)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Regina POECKL
 
 
 
 
 
 

Source : Genealogy.Links.org

Le voyageur

Leopold, Wolfgang au clavecin et Maria Anna (dite Nannerl) Mozart en 1764.
Mozart (au clavier) en 1770 avec le violoniste Thomas Linley, autre enfant prodige, détail d'une toile anonyme du XVIIIe siècle (collection privée)

Entre 1762 et 1766, le jeune Mozart entreprend le Grand Tour lors d'un long périple musical avec son père, employé par le prince-archevêque Schrattenbach, ainsi qu'avec sa sœur aînée Maria-Anna qu'il appelle Nannerl. Ils vont d'abord à Munich, puis à Vienne, avant de s'engager, le 9 juin 1763, dans une longue tournée en Europe, qui les emmène de nouveau à Munich, puis à Augsbourg, Mannheim, Francfort, Bruxelles, Paris, Versailles, Londres, La Haye, Amsterdam, Dijon, Lyon, Genève et Lausanne. Les exhibitions du jeune musicien impressionnaient les auditeurs et lui permettaient de capter de nouvelles influences musicales. Il fait ainsi la rencontre de deux musiciens qui vont le marquer définitivement : Johann Schobert à Paris, et Johann Christian Bach, fils cadet de Jean-Sébastien Bach, à Londres. Ce dernier lui fait découvrir le pianoforte, inventé au début du siècle, et l'opéra italien ; il lui apprend également à construire une symphonie. C'est également à Londres que le naturaliste Daines Barrington tente de montrer que Wolfgang n'est qu'une sorte de singe savant exhibé par son père devant la noblesse européenne et qu'il s'agit d'une supercherie mais ses tests sur l'enfant révèlent qu'il s'agit bien d'un prodige[13]. Dans ses exhibitions, le jeune Mozart démontre ses qualités exceptionnelles de virtuose non seulement au clavecin, et plus tard au pianoforte, mais aussi au violon et à l'orgue. Il lui sera d'ailleurs proposé à Versailles un emploi de musicien à l'orgue qu'il n'acceptera pas. Mozart recherchera en vain un emploi de chef d'orchestre, kapellmeister, à Vienne. Lui-même s'intitule kapellmeister.

En 1767, à l'âge de onze ans, Mozart compose son premier opéra Apollo et Hyacinthus (K.38), une comédie latine destinée à être interprétée par les élèves du lycée dépendant de l'université de Salzbourg. De retour en Autriche, il se rend régulièrement à Vienne, et, durant l'été 1768, compose deux autres opéras : Bastien et Bastienne et La finta semplice ; il n'a alors que douze ans. L'année suivante, le prince-archevêque le nomme maître de concert. Son père obtient un congé, sans solde, ce qui lui permet de faire découvrir l'Italie à son fils (Mozart s'y rendra régulièrement jusqu'en 1773) ; il y étudie l'opéra, forme musicale dans laquelle il excellera à notre goût (Le nozze di Figaro (les Noces de Figaro), Don Giovanni, Così fan tutte (Ainsi font-elles toutes), Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)…) et grâce à son travail sur les harmonies vocales et sa maîtrise de la polyphonie, il apportera une touche personnelle de sensibilité à ce genre. En Italie, il se lie au savant Padre Martini, devient membre de l'Accademia Filarmonica de Bologne – qui pourtant n'admettait en principe que des membres âgés de plus de vingt ans. Le pape Clément XIV le nomme Cavaliere del lo speron d'oro (Chevalier de l'éperon d’or).

Le 16 décembre 1771, le prince-archevêque Schrattenbach décède. Le Prince-archevêque Colloredo devient son nouvel employeur.

Au service du prince-archevêque Colloredo (1773-1781)

Portrait de Mozart par Lange et, selon sa femme Constance, le plus ressemblant de Mozart

Le prince-archevêque Colloredo, à la différence de son prédécesseur, tolère moins les voyages de la famille Mozart. Mais le jeune musicien se résigne mal à rester dans sa ville natale. En outre, son nouvel employeur lui impose la forme des pièces qu'il doit composer pour les cérémonies religieuses. À dix-sept ans, il a du mal à accepter ces contraintes, et ses relations avec le prince-archevêque se dégradent au cours des trois années qui suivent.

C'est à cette époque qu'il fait la connaissance, à Vienne, de son illustre aîné Joseph Haydn, avec qui il entretiendra tout au long de sa vie une correspondance et une amitié teintée d'admiration, réciproque. Mozart lui donnera le surnom affectueux de "papa Haydn", resté aujourd'hui encore vivace.

Joseph Haydn à Léopold Mozart qui le rapporte  :

« Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom, il a du goût, et en outre la plus grande science de la composition. »

Wolfgang Amadeus Mozart à propos de Joseph Haydn :

« Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon âme. »

En 1776, Mozart qui a alors vingt ans, décide de quitter Salzbourg. Mais le prince-archevêque refuse de laisser partir son père, et lui impose de démissionner de son poste de maître de concert. Après une année de préparatifs, il part avec sa mère, tout d'abord à Munich, où il n'obtient pas de poste, puis à Augsbourg, et enfin à Mannheim, où il se lie d'amitié avec de nombreux musiciens. Toutefois, ses démarches pour obtenir un poste restent, là aussi, infructueuses. C'est à Mannheim également qu'il tombe éperdument amoureux de la cantatrice Aloysia Weber, ce qui suscite la colère de son père, qui lui demande de ne pas oublier sa carrière. Couvert de dettes, Mozart comprend qu'il doit reprendre ses recherches, et part pour Paris, au mois de mars 1778.

Signature de Wolfgang Amadeus Mozart au bas de l'acte de sépulture de sa mère Anna Marie Pertl le 3 juillet 1778 dans le registre paroissial de l'église Saint-Eustache à Paris.

À Paris, Mozart espère trouver de l'aide auprès de Melchior Grimm, qui s'était occupé de sa tournée lorsqu'il avait sept ans, mais sans succès, pour des raisons données par l'homme de lettres, un manque de savoir-faire pour se mettre en valeur. Grimm met fin, déçu, au séjour de son jeune protégé. Mozart ne trouve pas non plus de poste qui lui convienne, et a même du mal à se faire payer ses leçons d'un noble qui le traite avec condescendance, comportement des nobles en général qui marquera Mozart. Lors de ce séjour, sa mère Anna Maria tombe malade et meurt le 3 juillet 1778 rue du Gros-Chenet (actuellement au 8 rue du Sentier où se trouve une plaque commémorative) à Paris. Elle est inhumée sur place après une messe à l'église Saint-Eustache en présence de son fils qui signe sur le registre paroissial de cette église[14].

Mozart rentre alors à Salzbourg, où son père réussit à convaincre le prince-archevêque de le reprendre à son service. Sur le trajet de son retour, il passe par Munich, où voit la famille Weber. Mais Mozart apprend qu'Aloysia aime un autre homme. Après tous ces malheureux événements, il arrive, déprimé, à Salzbourg le 29 janvier 1779, où il retrouve son ancien poste de Konzertmeister auquel Colloredo ajoute la fonction d'organiste de la Cour pour 450 florins par an.

Portrait appelé le « Mozart de Bologne », peint en 1777 à Salzbourg par un inconnu, pour le père Martini, qui l'avait commandé pour sa galerie de portraits de compositeurs[15]. Léopold Mozart écrira à propos du portrait, dans une lettre adressée au père Martini, datée du 22 décembre 1777 : « C'est une œuvre d'art de valeur médiocre, mais je peux vous assurer que du point de vue de la ressemblance, elle est parfaite. »[16]

En novembre 1780, il reçoit une commande pour l'opéra de Munich, et il part donc, comme son contrat l'y autorise. La création, le 29 janvier 1781, de Idomeneo, Rè di Creta (Idoménée, roi de Crète), opéra seria, est accueillie très favorablement par le public. De retour à Salzbourg, Mozart doit suivre son employeur à Vienne, où le prince-archevêque le traite publiquement, après des remarques du jeune musicien jugées impertinentes, de « voyou » et de « crétin » avant de le congédier le 9 mai 1781[17]. Mozart s'installe alors dans la capitale autrichienne, dans la pension de madame Weber, comme compositeur indépendant.

Mozart visita trois fois la ville de Mayence jusqu'en 1790[18].

Vienne (1781-1791)

L'indépendance

Mozart, désormais débarrassé de l'autorité de son père et de son employeur, peut enfin composer plus librement. En 1782, l'empereur Joseph II lui commande un opéra. Ce sera Die Entführung aus dem Serail (L'Enlèvement au sérail), en langue allemande, qui incitera Gluck, compositeur et directeur des concerts publics à Vienne, à féliciter Mozart et sera l'opéra de Mozart le plus joué à Vienne. Joseph II est enchanté, voilà l'opéra allemand dont il rêve.

Mozart a fait la connaissance de la troisième fille de madame Weber, Constance, et décide de l'épouser sans attendre le consentement écrit de son père qui en sera furieux. Le mariage est célébré le 4 août 1782, dans la cathédrale Saint-Étienne. Peu après, le baron van Swieten, directeur de la bibliothèque impériale, lui fait découvrir deux compositeurs qui sont alors tombés dans l'oubli : Bach et Haendel. Mozart, homme de théâtre tout comme Haendel, admire les effets musicaux créés par ce dernier pour accentuer le caractère dramatique de ses œuvres. Il est en outre fasciné par l'art du contrepoint de Bach, qui influence directement sa Grande messe en ut mineur KV 427, et nombre de ses œuvres par la suite. La même année, il commence une série de six quatuors dédiés à son ami Joseph Haydn, qui se terminera en 1785.

Le 14 décembre 1784, Mozart entre en franc-maçonnerie dans la Loge de la Bienfaisance, et accède au grade de maître, le 13 janvier 1785[19]. Très épris des idéaux de la maçonnerie, il écrit par la suite plusieurs œuvres pour ses frères maçons, dont Die Maurerfreude (La Joie des maçons, K 471) en février 1785, la Maurerische Trauermusik (Musique funèbre maçonnique, K 477) en novembre 1785, et surtout, en 1791, La Flûte enchantée (dit opéra maçonnique) KV 620, qui serait une transcription de l'initiation à la franc-maçonnerie avec ses épreuves, son maître de cérémonie, la répétition de thèmes avec trois notes et une musique évoquant l'idéal maçonnique.

En 1786, Mozart fait la connaissance du librettiste Lorenzo da Ponte, « poète impérial » à Vienne avec un rang directorial comparable à celui de Salieri directeur musical du Théâtre d'opéra impérial et kappelmeister. Da Ponte alors en cours, contrairement à Mozart, convainc l'empereur d'autoriser la création d'un opéra basé sur Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, alors qu'il avait fait auparavant interdire la pièce, jugée subversive. Mozart met en musique le livret de Lorenzo da Ponte, et la première de Le nozze di Figaro (Les Noces de Figaro) a lieu le 1er mai 1786 à Vienne. Son succès n'empêche pas son retrait rapide de l'affiche, l’œuvre mécontentant la noblesse viennoise. Mozart part alors à Prague, où Le nozze connaît un grand succès. En hommage à cette ville, il compose la Symphonie no 38 en ré majeur.

Il reçoit alors du directeur du théâtre de Prague, ville qui lui a fait fête, la commande d'un opéra pour la saison suivante. Mozart fait à nouveau appel à Lorenzo da Ponte librettiste à succès, pour créer le livret de Don Giovanni. Il s'inspire d'un opéra buffa italien de Gazzaniga produit à Venise sur un livret de Bertati quelques mois auparavant[20]. Le 28 mai 1787, son père, Léopold, meurt. Il avait rompu avec lui. Ce décès bouleverse Mozart, et va influencer la composition de son opéra alors en chantier. Don Giovanni est créé au théâtre des États de Prague le 28 octobre 1787 avec un grand succès, mais qui ne se confirmera cependant pas à Vienne. Mozart note Don Giovanni comme un opéra buffa, sans doute en raison du genre d'opéra, dans son catalogue[21], mais cet opéra sera publié et produit comme dramma giocoso, mêlant le comique et le tragique.

Le 7 décembre 1787, Joseph II satisfait de Mozart, le nomme musicien de la chambre impériale et royale au traitement confortable de 800 florins par an. Il le charge de la musique de danse. Mozart tentera en vain d'obtenir le poste de Konzertmeister impérial, la fonction de Gluck. À ce traitement, Mozart ajoute ses cours privés à la noblesse ou à la bourgeoisie de Vienne, le fruit des concerts par souscription qu'il organise et qu'il dirige et des gratifications pour chacun de ses opéras. Des opéras qui ne connaissent pas un grand succès selon Robbins Landon, la Cour et le public préférant l'opéra napolitain de Paisiello et Martin y Soler notamment, bien qu'il s'inspire de ce style dans la trilogie mais à sa manière. C'est cette manière qui actuellement ravit les amateurs. Même Goethe qui admire Mozart, lui préfère Cimarosa. Après la mort de son protecteur Joseph II, lui succède Léopold II, qui ne semble pas apprécier Mozart, il perd sa situation, puis les faveurs de la noblesse, sans doute à cause du procès pour dettes intenté par le prince Lichnowsky à l'issue d'un voyage effectué en commun.

Les difficultés, la maladie et la fin prématurée

Mozart en 1789, portrait exécuté à la pointe d'argent par Doris Stock (76 x 62 mm). Cette représentation de Mozart est l'une des rares qui lui ressemble vraiment.

De nombreux portraits dits de Mozart semblent avoir été effectués de seconde main, sans voir le musicien probablement ou bien postérieurement et sont donc douteux quant à leur valeur de ressemblance. Tous diffèrent. Le portrait le plus ressemblant serait celui de Doris Stock ; le dessin de Lange est également cité et "considéré par les spécialistes comme étant le plus ressemblant"[22].

Durant les dernières années de sa vie, Mozart est souvent malade, et chroniquement endetté, ceci malgré de nombreux succès très bien rétribués, car il mène grand train de vie. Il compose beaucoup : sonates, concertos, symphonies, opéras (dont Così fan tutte, sa dernière collaboration avec Lorenzo da Ponte). L'année 1790, qui voit le décès de l'empereur Joseph II (son successeur Léopold II n'est pas favorable aux francs-maçons) et le départ de Joseph Haydn pour Londres, est peu productive."[23]

En 1791, Emanuel Schikaneder, franc-maçon comme lui, mais d'une autre loge, directeur d'un petit théâtre populaire de la banlieue de Vienne, le Freihaustheater auf der Wieden, sollicite sa participation à un opéra populaire en allemand. Il en écrit le livret, et Mozart écrit la musique de son avant-dernier opéra, Die Zauberflöte (La Flûte enchantée). Sa création le 30 septembre dans le théâtre privé de Schikaneder est un triomphe. Ce dernier a prévu de mettre en scène plusieurs opéras populaires de langue allemande inspirés de Lulu ou la Flûte enchantée et Les Garçons judicieux, tirés du recueil de contes intitulé Dschinnistan, de Wieland et Johann August Liebeskind (1786-1789). Le livret de La Flûte enchantée (Die Zauberflöte) représente un opéra féérique, mi-chanté, mi-parlé. D'après des recherches récentes rapportées par le dernier Avant-scène opéra consacré à la Flute enchantée, les airs de l'opéra émaneraient, d'après des archives retrouvées, de compositeurs divers collaborant avec Schikaneder et pas seulement de Mozart, mais toute la musique aurait été attribuée à ce dernier. Il s'agirait d'une production collective selon la genèse de Die Zauberflöte et le Theater auf der Wieden, L'Avant-Scène Opéra, no 196, 2000, p. 110. qui se serait poursuivie dans un autre opéra féérique Der Stein der Wiese. La Flûte enchantée passe pour avoir créé un "style d'opéra allemand complètement formé fondé sur l'étrange mélange et d'humour vernaculaire qui caractérise le texte"[24]

En juillet, un inconnu lui aurait commandé un Requiem (KV 626), qui devait rester anonyme. On sait aujourd'hui qu'il était commandité par le comte Franz von Walsegg, et on suppose que celui-ci souhaitait soit faire deviner à ses amis le nom de l'auteur, soit s'en attribuer la paternité. On a retrouvé le contrat entre le comte et Mozart selon le Dictionnaire Dermoncourt. Celui-ci, affaibli par la maladie et les privations, doit, en outre, faire face à une surcharge de travail, car il a reçu (début août) la commande d'un opéra (La Clemenza di Tito, KV 621) pour le couronnement du roi de Bohême Léopold II, qu'il doit composer[25] en trois semaines. L'opéra est mal accueilli, l'impératrice qualifie l’œuvre de « porcheria tedesca » et de « musique très mauvaise » ; quant à la cour, elle lui est hostile dès le départ (elle avait « une aversion fortement préconçue pour la composition de Mozart ») et n'aimait que l'opéra italien[26].

Mozart meurt le 5 décembre 1791, cinq minutes avant une heure du matin[27], à l'âge de trente-cinq ans, sans avoir pu achever ce Requiem (qui sera terminé à la demande de Constance par un de ses élèves, Franz Xavier Süssmayer) ainsi que par Eybler, Freystadler et probablement l'abbé Stadler d'après Robbbins Landon[28]. Les raisons de sa mort restent inconnues. Il était alors obèse et alité. Elles ont fait l'objet de nombreuses publications et près de cent quarante causes possibles ont ainsi été citées par Lucien Karhausen, chercheur et psychiatre germanique[29] : grippe, hémorragie cérébrale, trichinose, obésité, syndrome maniaco-dépressif, fièvre rhumatismale aiguë par streptocoque[30], empoisonnement au mercure par Salieri jaloux (hypothèse peu vraisemblable[31]), par les francs-maçons furieux de voir leurs rites révélés dans La Flûte enchantée ou par prise de la « liqueur de Van Swieten »[32], hypothèse également peu vraisemblable et très peu évoquée qui met en cause Van Sweeten père, médecin et ami de l'empereur François Ier d' Autriche. Pour Robbins Landon, les deux hypothèses vraisemblables sont que Mozart est mort « d'une fièvre rhumatismale ou selon un autre diagnostic d'une insuffisance rénale »[33].

La légende, reprise dans le film Amadeus de Milos Forman, (film inspiré du célèbre ouvrage sur Mozart de Hildesheimer) qui veut que Mozart ait composé ce Requiem en prémonition de sa mort prochaine relève plus de l'imagerie romantique que de la réalité. Mozart reçoit un enterrement de troisième classe, usuel pour la bourgeoisie moyenne à cette époque. Sa femme Constance laisse Gottfried van Swieten, ami et mécène du compositeur, organiser les funérailles : le service funèbre se déroule, sans messe ni musique[34], dans la chapelle du Crucifix, une chapelle latérale de la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne[35]. Le corbillard conduit la dépouille à la tombée de la nuit au cimetière Saint Marx, dans la banlieue de Vienne, dans un des seize caveaux d'un « tombeau communautaire simple », conformément aux règles d'inhumation viennoises, dit un seul auteur. Il fut en fait enterré, de l'avis général des ouvrages de référence, dans une fosse commune ordinaire; une fosse pouvant contenir seize corps avec des couches de terre par rangées de quatre selon le Dictionnaire Mozart[36], au tarif le moins cher, 8 florins et 36 kreutzers, comme la majorité des classes moyennes[37]. Etre enterré dans une fosse commune n'avait rien d'inhabituel. L'Empereur avait imposé une loi en ce sens, pour éviter que les Viennois ne se rendent aux cimetières et ramène en ville des maladies. Mozart n'eut pas de croix, ce qui a choqué à l'époque les admirateurs du compositeur. Une légende non fondée veut que Joseph Rothmayer, un des fossoyeurs, note l'emplacement du corps en entourant le linceul d’un fil de fer et, lors du remembrement du cimetière en 1801, récupère le crâne supposé de Mozart pour le confier à un anatomiste viennois, qui en fera don au Mozarteum de Salzbourg et sera l'objet d'études anatomo-pathologiques[38]. Des analyses ADN récentes n'ont pas pu authentifier le crâne comme étant celui de Mozart. Si ni la famille ni les amis, sauf Salieri, Sussmayr, Deiber et van Swieten franc-maçon comme Mozart, cinq personnes en tout, n'accompagnent le cercueil à son inhumation, cela pourrait être en raison d'un décret impérial qui interdisait aux convois funèbres l'accès aux faubourg en raison d'épidémies, dont le choléra[39]. Il est établi que devant l'inaction de la veuve de Mozart, plusieurs personnes ont ensuite cherché à retrouver ses restes dans le cimetière, en vain, les fosses communes étant régulièrement remaniées pour accueillir de nouveaux corps.

Il faut ajouter pour mieux comprendre la situation de la fin de vie de Wolfgang Amadé Mozart, que, probablement joueur, très seul en raison de son caractère difficile, « demeuré enfant » selon sa sœur Nannerl, condamné par la Cour de Basse-Autriche à Vienne le 12 novembre 1791 et saisi pour une dette de 1435 florins 32 kreuzers, à la demande du prince Karl von Lichnowski[40], pourtant son ami, il est décédé dans la pauvreté, quoique disposant d'un traitement confortable de musicien impérial de 800 florins par an, depuis 1787 grâce à la bienveillance de Joseph II. Le souverain appréciait Mozart, mais toutefois préférait, comme le public, les Italiens. Mozart ne connut pas le grand succès de son temps pour cette raison, à la différence de Gluck qui bénéficia en 1787, quelques années plus tôt, d'obsèques solennelles et d'un enterrement dans une belle tombe avec une pierre distinctive à son nom, le tout Vienne musical étant présent. À Salzbourg, Léopold Mozart, le père et Michel Haydn frère du grand Haydn, ami de Mozart, ont été l'objet d'obsèques plus relevées avec tombe individuelle, cortège officiel. On peut donc s'interroger sur la personnalité de Mozart et son probable rejet par l'aristocratie comme le fait le musicologue Robbins Landon au XXe siècle. D'autres musiciens que lui ont eu droit en effet à un traitement différent pour leurs obsèques, y compris avant 1791. Robbins Landon a recherché les raisons pour lesquelles Mozart n'avait pas été accepté par la société de Vienne, voire rejeté ; peut-être dit-il parce qu'il affichait ostensiblement son appartenance aux loges, alors qu'après 1789, le point de vue de l'aristocratie change à cet égard. Il y a aussi la condamnation à une peine de prison et saisie pour dettes, à la demande d'un prince actif à Vienne, découverte assez récemment par Robbins Landon et la manière dont Mozart traite la noblesse, qu'il déteste (Correspondance), dans plusieurs de ses opéras. « Mozart était lui-même son pire ennemi » écrit Robbins Landon[41]

Un service commémoratif a lieu à Prague le 14 décembre, cette fois devant des milliers de personnes. Emanuel Schikaneder en organise un préalablement le 10 décembre 1791 à Vienne, au cours duquel le début du Requiem (Introitus et Kyrie) pourrait avoir été joué, la partie composée par Mozart lui-même[42].

Famille

Constanze Mozart
portrait de Lange

Mozart épousa Constanze Weber (1763-1842) le 4 août 1782. Ils eurent six enfants en près de neuf ans :

  • Raimund Léopold Mozart (17 juin 1783 - 19 août 1783)
  • Karl Thomas Mozart (21 septembre 1784 - 31 octobre 1858)
  • Johann Léopold Mozart (18 octobre 1786 - 15 novembre 1786)
  • Theresia Mozart (27 décembre 1787 - 29 juin 1788)
  • Anna Mozart (mort-née le 16 novembre 1789)
  • Franz Xaver Wolfgang Mozart (26 juillet 1791 - 29 juillet 1844).

Seuls deux des enfants, Karl Thomas et Franz Xaver Wolfgang, survécurent, passé la petite enfance. En raison de ses fréquentes grossesses, Constance est réputée pour avoir été faible et souvent confinée dans son lit ou en cure, n'ayant pas conscience du génie de son mari ; cette thèse est détaillée par le musicologue Alfred Einstein[43][réf. insuffisante] qui met en cause, dans son ouvrage Mozart l'homme et l'œuvre, sa responsabilité dans la triste fin de Mozart, avec des termes très forts ; une appréciation tempérée par un jugement du biographe Otto Jahn : « On trouve Constance ... souffrant de l'insouciance d'un homme de génie qui demeura un enfant jusqu'à la fin de ses jours »[44].

Son œuvre

Le style

Style galant et style savant

Mozart est, avec Haydn et Beethoven, l’un des principaux représentants du style classique « viennois ». Cela ne suffit certes pas à le définir. Dans une époque dominée par le style galant, Mozart réalise la synthèse avec des complexités contrapuntiques propres au baroque tardif, et avec des formes novatrices influencées notamment par les fils Bach ou par Haydn. Si Mozart est le meilleur représentant du style classique, son style va toutefois bien au-delà : il est l’un des plus personnels et des plus immédiatement reconnaissables à l’oreille.

Né dans une famille de musiciens, tôt habitué à voyager et à rencontrer des instrumentistes et compositeurs d’horizons et nationalités différents, Mozart devient dès l’enfance un imitateur de génie et s’approprie tout ce qu’il entend. Il suit cette méthode tout au long de sa vie, notamment quand il s’agit de se familiariser avec le contrepoint, ce « style savant » (ou « sévère ») si difficile à assimiler à l’époque où on lui oppose le style galant dans lequel Mozart baigne depuis l’enfance. Mozart commence par transcrire plusieurs fugues de Bach pour trio à cordes, sur une commande de Van Swieten (KV 404a), puis se consacre réellement à composer des fugues, non sans difficultés : celle entamée pour le final de la sonate pour violon KV 402 reste inachevée ; tandis que celles du prélude et fugue KV 394 composé en 1782 ou de la suite dans le style de Haendel KV 399 sont d’une extrême complexité, qui traduit les difficultés rencontrées par Mozart dans l’étude du contrepoint. Pourtant, celui-ci nourrit la messe en ut mineur KV 427 entamée à la même époque. Dans les mois suivants, on retrouve des fugues pour vents (sérénade KV 388), pour piano (Fugue en do mineur pour 2 pianos KV 426, par la suite transcrite pour orchestre dans l’adagio et fugue KV 546), et plus tard pour orgue (KV 594 et KV 608). Puis, dans les années suivantes, Mozart abandonne la simple imitation, mais des œuvres bénéficient de ce travail : le final du quatuor en sol majeur (KV 387) ou le final de la Symphonie « Jupiter » (KV 551), deux mouvements où la superposition des lignes atteint une maîtrise inégalée.

Un génie audacieux et diversifié

Le livret des Noces de Figaro pour la création à Prague, en 1786

Il est impossible de définir Mozart par un genre précis. Opéra, symphonie, concerto, musique de chambre, musique sacrée… Mozart est un touche-à-tout qui s’approprie chaque genre, chaque forme, chaque instrument pour mieux le réinventer. Si les traits principaux du style classique sont bien présents dans ses œuvres (clarté de la structure et de ses articulations, équilibre de la formation, harmonie simple), si son don inné pour la mélodie est une évidence, Mozart en joue pour mieux faire ressortir tel motif, telle dissonance, surprendre par des audaces peu prisées de ses contemporains : quelques œuvres, à l’époque confidentielles, en portent la marque (comme la fantaisie en ut mineur KV 475 ou le quatuor « Dissonance » KV 465, dont l’introduction justifie le nom).

Mozart n’était pas pour autant un révolutionnaire. Il est l’auteur d’une abondante production de divertimentos, menuets et airs très conformes aux conventions de l’époque, sans jamais se laisser enfermer dans un registre. Lorsqu’il compose ses opéras, c’est chaque fois avec une alternance entre opera buffa (les Noces de Figaro, Così fan tutte…) inspirés de l'opéra napolitain qui connait alors un grand succès et opera seria (Idomeneo…). Et son avant-dernier opéra rompt avec chacun de ces deux styles puisqu’il s’agit d’un Singspiel, une opérette allemande chargée de symbolisme et, à vrai dire, inclassable : la Flûte enchantée qui prend place dans une série d'opéras populaires créés par Schikaneder, directeur de troupe.

Cultivé, curieux, sans cesse à l’écoute des inventions musicales ou artistiques de son époque, Mozart a su jusqu’au bout faire évoluer son style au gré des découvertes. On sent facilement l’influence débutante du Sturm und Drang allemand dans les dernières années mozartiennes (et pas seulement dans Don Giovanni ou dans le Requiem inachevé, qui reprend des thèmes du remarquable requiem de Michael Haydn son ami. Le propre du génie mozartien est là  : avoir su s’inspirer de ses contemporains sans jamais suivre d’autre modèle que le sien propre.

La force et la grâce, la puissance et l’émotion, le pathétique, l’humour, l’élégance la plus exquise sont réunis dans son œuvre pour faire de Mozart le compositeur le plus accompli de sa génération avec Haydn.

On peut dire de sa musique qu'elle a poussé la forme classique, la musique du XVIIIe siècle, à son paroxysme, avant l'avènement du romantisme, son génie est d'avoir mis toute la tendresse, toute la musicalité dans cette forme dite « classique ».

L’influence

Mozart a de toute évidence eu une grande importance sur l’histoire de la musique, et ce directement auprès de ses contemporains. Il clôt une période plus qu'il en ouvre une autre. Même son aîné, Haydn, ami et admirateur de Mozart, en subit l’influence dans ses dernières symphonies et messes, et dans ses deux oratorios.

Les successeurs de Mozart n’y échappent pas. Beethoven, qu’il a probablement croisé dans sa jeunesse. Schubert, davantage, qui grandit à Vienne à l’époque même où le génie de Mozart est enfin unanimement reconnu, quelques années après sa mort. D’autres compositeurs, moins à l’avant-garde du romantisme, restent plus proches de l’esprit mozartien classique, notamment son élève Johann Nepomuk Hummel ou Ludwig Spohr. Les opéras de Gioachino Rossini doivent à Mozart en tant qu'auteur d'opéras buffa d'inspiration napolitaine, et ce n’est pas un hasard si l'italien choisit de mettre en musique Le Barbier de Séville de Beaumarchais, premier volet des mésaventures de Figaro ayant déjà fait l'objet d'un opéra de Paisiello (célèbre en son temps) que Mozart a connu à Vienne. Enfin, Mendelssohn, Chopin, Brahms, et même Busoni assument l’héritage de Mozart dans une grande partie de leurs œuvres, souvent à la même hauteur que celui de Bach alors peu joué..

Aujourd’hui, il est incontestablement le plus populaire des classiques.

Catalogue Köchel (KV)

Article détaillé : Catalogue Köchel.

Quelques décennies après la mort de Mozart, plusieurs tentatives ont été faites afin d’inventorier ses compositions. Toutefois, c’est seulement en 1862 que Ludwig von Köchel, musicologue, complètera un catalogue chronologique de 626 œuvres, qui fait, aujourd’hui encore, figure de référence. Sa sixième édition recense désormais 893 œuvres.

Œuvres majeures

Œuvres sacrées

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Vesperae de dominica, Confitebor (info)

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Opéras

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Don Giovanni, Ouverture (info)

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Symphonies

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Symphonie n° 40, Molto Allegro (info)

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Concertos

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Concerto pour piano n° 25, Andante (info)

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Concerto pour clarinette, adagio (info)

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Sinfonia concertante pour violon et alto, Presto (info)

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Musique pour clavier

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Rondo Alla Turka (info)

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  • Sonates pour piano :
    • Sonate pour piano no 1 en do majeur, K. 279 (1775)
    • Sonate pour piano no 2 en fa majeur, K. 280 (1775)
    • Sonate pour piano no 3 en si bémol majeur, K. 281 (1775)
    • Sonate pour piano no 4 en mi bémol majeur, K. 282 (1775)
    • Sonate pour piano no 5 en sol majeur, K. 283 (1775)
    • Sonate pour piano no  6 en ré majeur dite « Durnitz », K. 284
    • Sonate pour piano no 7 en ut majeur, K. 309 (1777)
    • Sonate pour piano no 8 en la mineur, K. 310 (1777)
    • Sonate pour piano no 9 en ré majeur, K. 311 (1778, Paris)
    • Sonate pour piano no 10 en ut majeur, K. 330
    • Sonate pour piano no 11 en la majeur dite « Alla turca », K. 331 (1781-83, Munich ou Vienne)
    • Sonate pour piano no 12 en fa majeur, K. 332 (1783)
    • Sonate pour piano no 13 en si bémol majeur, K. 333 (1785)
    • Sonate pour piano no 14 en ut mineur, K. 457 (1783)
    • Sonate pour piano no 15 en fa majeur, K. 533/494 (1786-1788)
    • Sonate pour piano no 16 en do majeur dite « Facile », K. 545 (1788)
    • Sonate pour piano no 17 en si bémol majeur, K. 570 (1789)
    • Sonate pour piano no 18 en ré majeur, K. 576 (1789)
  • Autres pièces pour piano :
    • Douze variations sur « Ah ! vous dirai-je, Maman », K. 265
    • Prélude et fugue en ut majeur, K. 394
    • Fantaisie en ut mineur, K. 475
    • Fantaisie en ré mineur, K. 397
    • Rondo en ré majeur, K. 485
    • Rondo en la mineur, K. 511
    • Adagio en si mineur, K. 540
  • Pièces pour orgue :
    • Adagio et allegro en fa mineur pour orgue mécanique, K. 594
    • Fantaisie en fa mineur pour orgue mécanique, K. 608
    • Andante en fa majeur, K. 616
    • Marche en do majeur, K. 408/1

Musique de chambre

  • Pour cordes :
    • 6 quintettes à corde
    • Sonate pour violon et piano en ut majeur, K. 296
    • Quatuors dédiés à Haydn :
      • Quatuor en sol majeur, K. 387 (1782, Vienne)
      • Quatuor en ré mineur, K. 421 (1783, Vienne)
      • Quatuor en mi bémol majeur, K. 428 (1783, Vienne)
      • Quatuor en si bémol majeur dit « La chasse », K. 458 (1784, Vienne)
      • Quatuor en la majeur K. 464 (1785, Vienne)
      • Quatuor en do majeur dit « Les dissonances », K. 465 (1785, Vienne)
    • Quatuors avec piano :
      • Quatuor avec piano no 1 en sol mineur, K. 478 (1785)
      • Quatuor avec piano no 2 en mi bémol majeur, K. 493 (1786)
    • Sérénade Eine Kleine Nachtmusik (Une petite musique de nuit), K. 525 (1787, Vienne)
    • Adagio et fugue en ut mineur, K. 546
  • Pour ensemble mixte :
    • Trio en mi bémol majeur pour piano, clarinette et alto dit « Les quilles », K. 498 (1786, Vienne)
    • Quintette avec clarinette en la majeur, K. 581 (1789, Vienne)
    • Quintette pour cor et cordes en mi bémol majeur, K. 407
    • Quatuor pour hautbois et cordes en fa majeur, K. 370 (1781)
    • Quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur, K. 452
    • Adagio et rondo pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto et violoncelle en do majeur, K. 617

Écrits

Mozart ne peut pas être considéré comme écrivain. Toutefois, son abondante correspondance, qui a fait l’objet d’éditions partielles puis complètes, n’est pas seulement une source importante pour la compréhension du compositeur et de son époque, mais également une œuvre d’une qualité littéraire certaine bien qu'elle soit avant tout utilitaire et dépourvue de commentaires sur la musique et la vie musicale et culturelle de son temps.

  • Wolfgang Amadeus Mozart, Correspondance, édition de la Fondation Internationale Mozarteum, réunie et annotée par A. Bauer, O. Deutsch et J. Eibl, trad. par Geneviève Geffray. Flammarion, Paris, 1986-1999, 7 vol. ISBN 978-2-08-067782-2 (édition complète, sous coffret).
  • Mozart, Lettres des jours ordinaires 1756-1791, choisies, présentées et annotées par Annie Paradis, traduites par Bernard Lortholary. Fayard 2005.

Notes

L’Autriche considère Mozart comme l’un de ses enfants les plus illustres bien qu'historiquement il soit né dans le Saint-Empire romain germanique et natif de la principauté ecclésiastique de Salzbourg incluse alors dans l'État de Bavière (Cercle impérial de Bavière) : son effigie figure sur les pièces d'un euro autrichiennes.

Par conséquent, Mozart ne peut strictement être dit qu'allemand, dans un sens général, et se considère d'ailleurs comme tel dans sa correspondance, mais pas dans un sens administratif, l'ensemble politique du Saint-Empire romain germanique ne donnant aucune postérité étatique. Mozart est donc avant tout un Salzbourgeois, et un sujet de langue allemande dépendant politiquement de la Bavière, et in extenso du Saint-Empire romain germanique, auquel participe et même domine l'Autriche (et plus particulièrement les empereurs de la famille des Habsbourg), au même titre que la Bavière et la Prusse. Salzbourg est définitivement autrichienne en 1816, et Mozart n'est donc un Autrichien qu'a posteriori.

Bibliographie

- Anglais -
  • David Cairns, Mozart and His Operas, Londres, Alan Lane, An Imprint of Penguin Books, 2006, 290p. (ISBN 978-0-7139-9491-9 et 978-0-713-99491-9).
  • Jane Glover, Mozart's Women, His Family, His Friends, His Music, Londres, Pan Books, An Imprint of Macmillan, 2005, 407 p. (ISBN 978-0-330-41858-4)


- Français -

Filmographie

Biographies filmées

Téléfilm et série

Scène

Théâtre

Comédie musicale

Notes et références

  1. Prononciation française [mɔzaːʁ]. Voir Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
  2. À partir de 1810 s'mpose le nom d’Amadeus Mozart Source : (en) Volkmar Braunbehrens, Mozart in orchestra concerts of the 19th century, Freiburger Universitätsblätter, Heft 101, septembre 1988
  3. a et b (fr) « Mozart Wolfgang Amadeus » (consulté en 29 mai 2008)
  4. Michel Parouty, Mozart, aimé des dieux, Gallimard,‎ 2006 (lire en ligne), p. 14
  5. Michel Parouty, op. cit., p. 15
  6. Jean Chrysostome est le saint fêté le jour de sa naissance le 27 janvier.
  7. Wolfgang (littéralement « Loup qui avance ») est le nom de son grand-père maternel, connu comme chanteur et chef de chœur.
  8. Philippe Autexier, Les œuvres témoins de Mozart, Éd. A. Leduc,‎ 1982, p. 108
  9. (en) Otto Erich Deutsch, Mozart: A Documentary Biography, Stanford University Press,‎ 1965 (ISBN 978-0-8047-0233-1), p. 9
  10. (en) E.O. Deutsch, Mozart: A documentary biography, Simon and Schuster,‎ 1990, p. 21
  11. Deutsch, op. cit., p. 455
  12. . Merci Mozart !
  13. (en) Daines Barrington, « Account of a very remarkable young Musician », Philosophical Transactions of the Royal Society, vol. 60,‎ 1 janvier 1770, p. 54 (DOI 10.1098/rstl.1770.0008)
  14. Mozart est nommé Wolfgang Amédée (sic) Mozart dans le registre paroissial de l'église Saint-Eustache à Paris, l'acte de sépulture indiquant : En ce jour, Marie-Anne Pertl, âgée de 57 ans, femme de Léopold Mozart, maître de chapelle à Salzbourg, Bavière, qui mourut hier rue du Gros-chenet, a été enterrée dans le cimetière en la présence de Wolfgang Amédée Mozart, son fils, et de François Heine, trompette dans la cavalerie légère de la Garde royale, un ami. Cité par Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Plon, 1872, page 893.
  15. Actuellement, le portrait se trouve au Civico Museo Bibliografico Musicale de Bologne.
  16. « Malerisch hat es wenig wert, aber was die Ähnlichkeit anbetrifft, so versichere ich Ihnen, daß es ihm ganz und gar ähnlich sieht. »
  17. "Mozart, aimé des Dieux" de Michel Parouty, extrait d'une correspondance, p. 132
  18. (en) « Mozart's stay in Mainz », sur mozartways.com (consulté le 2 avril 2009)
  19. Article « Mozart, Wolfgang Amadeus » in Éric Saunier, sous la direction, Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Librairie générale française, La Pochotèque, 2008 (2000), page 590.
  20. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 331, Robert Laffont, 2005
  21. Howard Chandler Robbins Landon (dir.), (traduit de l'anglais par Dennis Collins), Dictionnaire Mozart, éd. Lattès, 653 p., 1990 (ISBN 2-7096-0 956-8 et 978-2709609562,p. 205)
  22. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 689, Robert Laffont, 1091 p., 2005.
  23. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt, 1091 p. Robert Laffont, 2005, p. 689
  24. Howard Chandler Robbins Landon (dir.), (traduit de l'anglais par Dennis Collins), Dictionnaire Mozart, 653 p., éd. Fayard, p. 206)
  25. Howard Chandler Robbins Landon (dir.), (traduit de l'anglais par Dennis Collins), Dictionnaire Mozart, éd. Lattès, 653 p., 1990 (ISBN 2-7096-0 956-8 et 978-2709609562,p. 205)
  26. H.C. Robbins Landon, Mozart connu et inconnu, éd. Arcades de Gallimard, 1995, 333 p., p. 303.
  27. Howard Chandler Robbins Landon (dir.), (traduit de l'anglais par Dennis Collins), Dictionnaire Mozart, éd. Lattès, 1990 (ISBN 2-7096-0 956-8 et 978-2709609562)
  28. Mozart connu et inconnu de H. C. Robbins Landon, p. 334, p. 255-277, Arcades de Gallimard, 1995.
  29. (en) L. R. Karhausen, « Mozart's 140 causes of death and 27 mental disorders », British Medical Journal, vol. 341,‎ 10 décembre 2010 (DOI 10.1136/bmj.c6789)
  30. (en) Anton Neumayr, Music and Medicine : Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Medi-Ed Press,‎ 1994, 447 p.
  31. Pierre-François Puech, Mozart, une enquête hors du commun, Maison Rhodanienne,‎ 1993, p. 67-68
  32. Ariane Bavelier, « Mozart aurait été empoisonné par une liqueur », sur Le Figaro,‎ 28 décembre 2012
  33. Une journée particulière 12 novembre 1791, JClattès, 167 p. 1993, p. 156.
  34. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 976, Robert Laffont, 2005
  35. Jean-Louis Michaux, L'Autopsie de Mozart : abattu par le déshonneur, L'Âge d'Homme,‎ 2006 (lire en ligne), p. 218-219
  36. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 976, Robert Lafont, 1091 p., 2005.
  37. Musicologie
  38. (en) Bernard Puech et col, « Did Mozart have a chronic extradural haematoma ? », Injury, vol. 20, no 6,‎ novembre 1989, p. 327-330 (lire en ligne)
  39. Georges Masson, Mozart, un Européen au Siècle des Lumières
  40. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 457, Robert Laffont, 2005
  41. Mozart connu et inconnu, Robbins Landon, Arcades, 333 p., 1995, p. 81.
  42. Dictionnaire Mozart de Dermoncourt p. 769, Robert Laffont, 2005
  43. Mozart sa vie son œuvre, Delalande, 1954.
  44. H. C. Robbins Landon, 1791 La dernière année de Mozart, 1988, J. Cl. Lattès, 259 p., p. 193
  45. http://www.italianopera.org/articoli/newmanBETULIA.html

Voir aussi

Articles connexes

  • Alte Mozart-Ausgabe, première édition complète de la musique de Wolfgang Amadeus Mozart (1877-1883)
  • Neue Mozart-Ausgabe, seconde édition complète de la musique de Wolfgang Amadeus Mozart (1955-1991)

Liens externes

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