Roman Polanski

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Roman Polanski

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Roman Polanski au festival de Cannes 2013.

Nom de naissance Raymond Thierry Liebling
Naissance 18 août 1933 (81 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de Pologne Polonais
Drapeau de France Français
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur de cinéma
metteur en scène
Comédien
Films notables Répulsion
Le Bal des vampires
Rosemary's Baby
Chinatown
Le Locataire
Tess
Le Pianiste

Roman Polanski (né Raymond Thierry Liebling le 18 août 1933 à Paris) est un réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais, également comédien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d'opéra[1],[2]. Il a notamment réalisé Répulsion, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire, Tess, Pirates, Le Pianiste, Oliver Twist et plus récemment The Ghost Writer et Carnage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance : de Paris au ghetto de Cracovie[modifier | modifier le code]

Raymond (ou Rajmund) Thierry[3] Liebling[4],[5] est né le 18 août 1933 à Paris[3], d'un père juif polonais, peintre de son état, Ryszard Liebling, et d'une mère d'origine russe, Bula Katz Przedborska.

Son père fait changer le nom civil de la famille en « Polański ». Le jeune Raymond, pour des raisons de prononciation, est rapidement appelé « Roman (ou Romek) » Polański[6],[7]. Il vit en France jusqu'à l'âge de trois ans avant que sa famille ne reparte pour la Pologne. Il passe alors son enfance à Cracovie, un endroit jusqu'alors sûr, d'où venait son père. Sa sœur Annette, née d'une précédente union de sa mère, lui fait découvrir le cinéma[7].

Après l'invasion de l’ouest de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, il est contraint de vivre dans le ghetto de Cracovie. Il évite la déportation, contrairement à ses parents et à sa sœur. Sa mère, enceinte, meurt à Auschwitz. Échappé du ghetto, il se réfugie à la campagne chez des fermiers avant de revenir à Cracovie où, devenu vagabond, il détourne la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide clandestine d'habitants et d'autres enfants, et grâce au marché noir. Il a alors 10 ans. Il ne revoit son père qu'en 1945, lors du retour de celui-ci du camp de Mauthausen[7].

Débuts artistiques[modifier | modifier le code]

Après la guerre, dans les camps de scouts, il découvre, adolescent, sa vocation d'artiste et de comédien, prise peu au sérieux par son père. Polanski explique que son goût pour « les blagues et les farces [l'a] beaucoup aidé dans les moments difficiles[8] ». En 1946, il intègre la troupe de la Joyeuse Bande, destinée à enregistrer des spectacles radiophoniques à coloration communiste pour les enfants. Deux ans plus tard, après une audition, il est choisi pour le rôle principal du Fils du régiment. Il y interprète un jeune paysan, coqueluche de l'Armée rouge et prisonnier des Allemands durant la guerre. La pièce devient, au fil des représentations, un triomphe national[7].

Ce succès lui ouvre les portes d'une carrière de comédien. En 1949, il rate son Certificat de maturité (bac polonais), mais entre à l’École des beaux-arts grâce à ses talents de dessinateur. Il en est renvoyé un an plus tard[7]. En 1953, il rencontre Andrzej Wajda, jeune auteur encore méconnu, qui le dirige dans Génération et devient son ami[7]. Il considère alors Wajda comme « le premier metteur en scène polonais » ayant réussi à réaliser des films qui s'éloignent de la « grande hypocrisie » du cinéma d'état de l'époque[9].

En 1955, Polański est reçu au concours de l'École nationale de cinéma de Łódź où il réalise huit courts métrages remarqués à l'international. À cette époque, naît son amitié avec Jerzy Skolimowski, lui aussi étudiant à Łódź, ainsi qu'avec le jazzman Krzysztof Komeda qui compose la musique de la plupart de ses films jusqu'à sa mort en 1969[9]. Le jazz est très important pour le groupe de jeunes dont il fait partie car il constitue une sorte de « rébellion » en Pologne. Il leur permet de se sentir plus modernes et « éloignés de la culture officielle[9]. » Il commence à faire l'acteur dans ses films d'école, car les budgets de ces films sont très faibles et qu'il pense pouvoir « faire mieux que certains acteurs[9] ».

En 1958, il gagne plusieurs récompenses pour Deux hommes et une armoire. À cette période, il épouse l'actrice principale de la majorité de ses films courts : Barbara Kwiatkowska dont il divorce en 1961.

Le Couteau dans l'eau : naissance, découverte et succès d’un jeune réalisateur polonais[modifier | modifier le code]

En 1962, il réalise son premier long métrage, le seul tourné dans sa langue maternelle : Le Couteau dans l'eau, coécrit avec Jerzy Skolimowski. Il y met en scène les rapports de forces entre un journaliste sportif brutal et un étudiant arrogant sur un voilier. Le film est mal accueilli en Pologne bien qu'il ne soit pas un réquisitoire explicite du mode de vie socialiste[10]. Mais il fait planer un climat d'insécurité et laisse en suspens l'idée de tension sociale et de lutte de classes que les régimes communistes prétendent avoir abolie[11]. On reproche au metteur en scène de ne pas faire un cinéma au service de l'État et de signer ainsi son passeport pour l'Occident[10]. Le film lui ouvre en effet les portes de l'Ouest : après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de Venise, Le Couteau dans l'eau est projeté officiellement au Festival de New York, fait la une du Time magazine et reçoit une nomination à l'Oscar du meilleur film étranger, qui lui échappe au profit de 8 1/2 de Federico Fellini[10].

Polanski s'installe à Paris où il rencontre son ami Gérard Brach. À ses cotés, il écrit plusieurs scénarios qu'il tente de vendre, sans succès. C'est une époque qu'il qualifie par la suite de « vaches maigres[9]. »[12]. Il s'établit ensuite à Londres où il connait « une des périodes les plus heureuses de [sa] vie », réjoui de découvrir l'industrie du cinéma britannique qu'il intègre facilement, nonobstant sa méconnaissance d'alors de la langue anglaise[9]. Il met finalement en scène son second long métrage, un thriller produit par Gene Gutowski et coécrit avec Brach, ayant pour thème la schizophrénie : Répulsion, avec Catherine Deneuve. L'année suivante, il se rend en Irlande afin d'y tourner une comédie noire et misanthrope, proche du théâtre de l'absurde : Cul-de-sac, interprétée par Donald Pleasence et Françoise Dorléac. Ces deux œuvres lui permettent de remporter respectivement un Ours d’argent et un Ours d’or au Festival de Berlin en 1965 et 1966. En 1967, le réalisateur retrouve Gutowski, Brach et Komeda pour écrire, produire et réaliser la comédie horrifique Le Bal des vampires, son premier film en couleur et en CinémaScope. Cette réalisation se veut une parodie burlesque des productions de la Hammer[13]. Polanski y tient le haut de l'affiche avec la comédienne américaine Sharon Tate qu'il épouse le 20 janvier 1968.

Rosemary's Baby[modifier | modifier le code]

Polanski est repéré par le producteur américain Robert Evans[NB 1] qui lui confie, sous l'escarcelle de la Paramount, la réalisation de son premier film hollywoodien : le thriller fantastique Rosemary's Baby adapté du best-seller éponyme d'Ira Levin. Mia Farrow y interprète, au côté de John Cassavetes une jeune femme victime d'une secte de sorciers octogénaires adorateurs de Satan qui fait d'elle la mère de l’Antéchrist. Ce film d'épouvante se hisse au sommet du box-office de 1968, lance la mode des thrillers sataniques (L'Exorciste, La Malédiction…) et se voit reconnu par la critique comme l'un des grands chefs-d'œuvre du cinéma fantastique dans sa manière de suggérer l'horreur et de jouer de l'angoisse surnaturelle dans la banalité quotidienne[14]. Deux fois nommé aux Oscars en 1969, Rosemary's Baby vaut à Ruth Gordon, la voisine maléfique, la statuette du meilleur second rôle féminin.

Au faîte de sa gloire, Polanski est néanmoins ébranlé par un nouveau drame dans sa vie : alors qu'il est en pleine préparation d'un film au Royaume-Uni, sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, trois de leurs amis proches, et un ami du jeune gardien de la propriété sont assassinés dans la demeure du couple, à Los Angeles sur Cielo Drive, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte appelée « la Famille » et tueur en série notoire.

Des années noires à Chinatown[modifier | modifier le code]

Malgré la dépression qu'il traverse[15], Polanski se plonge dans le travail et part pour la Grande-Bretagne tourner une adaptation grandiloquente et violente de William Shakespeare : Macbeth, produite en partie par Hugh Hefner et la filiale de production du groupe Playboy. Le film est mal compris et se solde par un échec. En 1972, il part en Italie réaliser une comédie grinçante à l'humour absurde avec Marcello Mastroianni : Quoi ?. Malgré le plébiscite de la presse, le film est un nouvel échec.

En 1974, il s'attelle à la mise en scène de l'opéra d'Alban Berg, Lulu, pour le festival de Spolète en Italie. La même année, revenu à Hollywood, il goûte à la plus belle réussite critique et publique de sa carrière grâce à une commande qu'il s'approprie totalement : Chinatown, drame policier conçu comme un hommage au film noir américain[16]. Le film marque ses retrouvailles avec son ami producteur Bob Evans qui réalise aussi l'un de ses plus grands succès. Chinatown qui a coûté six millions de dollars en rapporte trente aux États-Unis. Le visage au nez pansé de Jack Nicholson, interprétant J.J. Gittes, un détective privé fanfaron, devient un mythe de cinéma[16]. Le rôle de la femme fatale est attribué à Faye Dunaway[NB 2]. Les deux stars principales se font voler la vedette par le rôle secondaire de Noah Cross accordé au cinéaste John Huston[16]. Grand vainqueur des Golden Globes en 1975, le film reçoit onze nominations aux Oscars. Mais seul le trophée du meilleur scénario original, écrit par Robert Towne, vient récompenser Chinatown, les votants ayant préféré se tourner vers le deuxième opus de la série des Parrain réalisée par Francis Ford Coppola.

Polanski revient ensuite à Paris où il concrétise un projet d'adaptation du roman de Roland Topor, Le Locataire chimérique. Le Locataire, qu'il fait éclairer par Sven Nykvist, chef opérateur attitré d'Ingmar Bergman, puis qu'il réalise et joue aux côtés d'Isabelle Adjani et de Shelley Winters, voit le jour en 1976. Cependant, même si l'étrangeté paranoïaque et cauchemardesque du récit séduit les critiques qui considèrent cette œuvre comme l'une de ses plus abouties[17], cette fable sur l'aliénation urbaine et l'anomie, d'une fantaisie noire proche du délire, ne rencontre pas le succès escompté. Il s'agit par ailleurs du dernier film que le cinéaste consacre à son univers malsain et inquiétant, chargé de visions étranges. Son cinéma s'oriente vers le grand spectacle dans divers genres[17]. Polanski assure également, en 1976, la direction scénique du Rigoletto de Giuseppe Verdi pour l'Opéra de Munich.

1979-1999[modifier | modifier le code]

Définitivement établi en France, le metteur en scène s'engage dans une entreprise de grande ampleur dont Claude Berri est le principal producteur : en mémoire de sa défunte épouse Sharon Tate, il réalise un mélodrame rural et romantique, Tess. Il s'agit de l'adaptation du roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville, qui évoque les malheurs d'une jeune paysanne sous l'ère victorienne. Le rôle-titre est confié à Nastassja Kinski[NB 3],[18],[19],[20]. Succès critique et public, le film croule sous une avalanche de prix dont trois Césars en 1980 (ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie pour Ghislain Cloquet et Geoffrey Unsworth) et trois Oscars en 1981 (meilleure photographie, meilleurs décors et meilleurs costumes). Polanski passe également par le théâtre avec Amadeus de Peter Shaffer, qu'il met en scène et interprète au côté de François Périer. Il publie en 1984, aux éditions Robert Laffont, son autobiographie : Roman par Polanski.

Il s'attaque par la suite au projet Pirates (financé par le producteur tunisien Tarak Ben Ammar) en hommage aux films d'aventures hollywoodiens des années 1930 qui ont bercé son enfance : ceux entre autres de Michael Curtiz avec Errol Flynn. En plus d'un tournage cauchemardesque, Pirates est un gouffre financier. Il devient un film qui échappe à son réalisateur et qu'il finit par renier. Fiasco commercial, le film, pour un budget de quarante millions de dollars, en rapporte cinq. À la suite de cet échec, Polanski délaisse les plateaux pour les planches et s'impose dans une adaptation théâtrale du classique de Franz Kafka, La Métamorphose. Il accepte cependant une commande de la Warner qui lui laisse une entière liberté sur le sujet et le scénario[21]. Il écrit alors avec Brach et réalise Frantic en 1988, un thriller parisien avec Harrison Ford qui lui vaut de renouer un temps avec le succès mais Lunes de fiel, La Jeune Fille et la Mort et La Neuvième Porte, globalement peu épargnés par la critique, sont des revers au box office. Il a également été engagé dans la mise en scène d'une grosse production intitulée The Double en 1996, avec John Travolta et Isabelle Adjani[22]. Mais, à la suite de différends avec la star américaine et les producteurs internationaux, le projet est abandonné alors que les contrats des techniciens sont signés et les décors construits aux studios de Boulogne[22].

Le 30 août 1989, il épouse en troisièmes noces sa nouvelle actrice fétiche de trente-trois ans sa cadette, Emmanuelle Seigner. Ils ont deux enfants : Morgane (née en 1993) et Elvis (né en 1998).

En 1998, il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France dans la catégorie Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel (créée en 1985).

Dans les années 1990, son travail au théâtre et à l'opéra est prolifique : il dirige pour la scène de l'Opéra Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d'Offenbach en 1992 avec José van Dam et Natalie Dessay. Quatre ans plus tard, il met en scène Fanny Ardant dans la pièce de Terrence McNally, Maria Callas, la leçon de chant qui lui vaut une nomination aux Molières. En 1997, il supervise la création d'une comédie musicale adaptée du Bal des vampires qui démarre à Vienne et entame une tournée triomphale de Stuttgart à Hambourg.

Roman Polanski avec Adrien Brody au Festival de Cannes 2002

Le Pianiste, rebond et consécration internationale[modifier | modifier le code]

Il revient sur le devant de la scène en 2002 grâce au triomphe critique et public du Pianiste, une grosse production franco-germano-britannico-polonaise d'une grande intensité dramatique, adaptée de l'autobiographie du pianiste et compositeur polonais Władysław Szpilman. Il y évoque, de manière très personnelle, l’occupation de la Pologne et du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet qu’il s’était toujours refusé à filmer au point de décliner, dix ans auparavant, l’offre de Steven Spielberg de mettre en scène La Liste de Schindler. Le Pianiste remporte la Palme d'or du Festival de Cannes 2002 et sept Césars en 2003 dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Adrien Brody. Le film reçoit ensuite sept nominations aux Oscars dont celle du meilleur film. Il gagne trois statuettes lors de la 75e Cérémonie : meilleur réalisateur pour Polanski, meilleur acteur pour Brody et meilleure adaptation pour Ronald Harwood. Malgré les demandes, le cinéaste ne se rend pas à Los Angeles où l'annonce de sa victoire provoque une ovation debout dans l'assistance[23]. Remettant le prix, Harrison Ford, acteur de Frantic, s'engage à lui transmettre personnellement le trophée, ce qu'il fait publiquement, cinq mois plus tard, au Festival du cinéma américain de Deauville[24].

Polanski et l'écrivain espagnol Diego Moldes, Madrid, en 2005.

Le tumulte des années 2000[modifier | modifier le code]

Roman Polanski, en 2007.

En 2003, le cinéaste met en scène Hedda Gabler, le drame d'Henrik Ibsen, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle-titre, au Théâtre Marigny. Puis il supervise à Stuttgart une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires. Il retrouve ensuite les coproducteurs et scénariste du film précédant : Alain Sarde, Robert Benmussa et Ronald Harwood ainsi que tous les chefs techniciens (Paweł Edelman pour la photographie, Allan Starski pour le décor, Anna B. Sheppard pour les costumes ou encore Hervé de Luze pour le montage) afin de produire et de réaliser en 2005 une nouvelle reconstitution historique adaptée de l'œuvre de Charles Dickens : Oliver Twist. Mais le film est un échec. En 2006, après avoir gagné un procès en diffamation contre le magazine Vanity Fair, il dirige Thierry Frémont au Théâtre Hébertot dans Doute (écrit par John Patrick Shanley). La même année, il entreprend de financer et de réaliser le péplum Pompeii, d'après le roman de Robert Harris, avec Orlando Bloom et Scarlett Johansson dans les rôles principaux. Mais il abandonne le projet à la suite de problèmes d'emploi du temps, de financement et de retards de production dus à la grève des scénaristes à Hollywood, entamée à l'été 2007 et terminée en 2008.

Il tourne finalement une autre adaptation de Robert Harris : The Ghost Writer, avec Ewan McGregor et Pierce Brosnan, un thriller politique sur fond de dénonciation de la guerre d'Irak.

En 2008, il fait l'objet d'un documentaire réalisé par Maria Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired, qui tend à démontrer la manière dont il fut privé d'une procédure judiciaire équitable lors de sa mise en accusation pour viol sur mineure 31 ans plus tôt.

Le 27 septembre 2009, alors qu'il se rend à un festival de cinéma en Suisse, il est arrêté par la police suisse à Zurich, rattrapé par l'affaire de 1978. Il est libéré par les autorités suisses le 12 juillet 2010.

Années 2010[modifier | modifier le code]

De sa cellule puis de son chalet de Gstaad où il est astreint à résidence durant plusieurs mois, il achève la postproduction de The Ghost Writer, pour lequel il se voit décerner l'Ours d'argent de la meilleure mise en scène au Festival de Berlin 2010 ainsi que les Césars du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation en 2011. Durant son assignation à résidence, il avait également parachevé Carnage, adapté de la pièce Le Dieu du carnage de Yasmina Reza qu'il réalise en France avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly dans les rôles principaux[25],[26]. Ce film lui vaut le César de la meilleure adaptation, en 2012, pour la deuxième année consécutive. Polanski signe ensuite une adaptation, tournée en français, de la pièce de David Ives, La Vénus à la fourrure, inspirée du roman homonyme de Leopold von Sacher Masoch, avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. Ce huis clos à deux personnages se déroule intégralement dans un théâtre et met en scène l'inversion du rapport de forces entre un metteur en scène hautain et une comédienne apparemment stupide[27]. Après avoir été sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2013, La Vénus à la fourrure permet à Roman Polanski de remporter un quatrième César de la meilleure réalisation. Le cinéaste prépare actuellement D, projet anglo-saxon inspiré de l'affaire Dreyfus[28]. Il met parallèlement en scène une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires, dont les premières représentations auront lieu en octobre 2014 au Théâtre Mogador à Paris[8].

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Un article Roman Polansky sexual abuse case existe en anglais.

Depuis l'année 1977, Roman Polanski est poursuivi pour une affaire de crime sexuel sur une mineure de 13 ans. L'adolescente a déclaré avoir subi un viol sous l'emprise de l'alcool et de drogue. La victime, Samantha Gailey (future épouse Geimer), a été sélectionnée pour une séance photos commandée par l'édition française du magazine Vogue. Durant la séance, dans la propriété californienne de Jack Nicholson qui était absent[29], Roman Polanski lui a fait ingérer du champagne et lui a administré un sédatif, le méthaqualone, avant de la contraindre à un rapport anal[29].

Polanski est alors incarcéré 47 jours pour passer des expertises psychiatriques, puis il est libéré sous caution. Il a plaidé coupable pour rapports sexuels illégaux avec un mineur[30] en échange de l'abandon des charges plus graves de viol, de sodomie et de fourniture d'alcool et de drogue à mineur, en accord avec le juge. Mais avant l'audience devant fixer la peine, alors qu'il est libre sous caution, Polanski fuit vers la Grande-Bretagne avant de se réfugier en France, dont il possède la nationalité depuis plus d'un an[31]. Comme d'autres États, la France refuse généralement l'extradition de ses citoyens[32]. Sous le coup d'un mandat d'arrêt américain lancé en 1978, il ne revient jamais sur le sol américain. Certains ont estimé qu'il aurait pu être jugé en France[33],[34], mais la porte-parole du procureur de Los Angeles fait observer que ce n'est pas possible dans la mesure où Polanski a déjà été reconnu coupable des faits par la justice californienne, se heurtant ainsi au principe non bis in idem.

La justice américaine va alors tenter de mettre la main sur Polanski lors de ses déplacements à l'étranger. Des demandes d'extraditions sont adressées aux pays avec lesquels les États-Unis ont signé une convention d'extradition : en mai 1978 au Royaume-Uni, en décembre 1986 au Canada, en 1988 en Allemagne, au Brésil, au Danemark et en Suède, en octobre 2005 en Thaïlande et en 2007 en Israël. Cependant toutes ces tentatives ont été vaines[35].

En 1993, Roman Polanski se serait engagé à verser à Samantha Geimer une indemnité de 500 000 dollars dans un délai de deux ans. Polanski ne tient pas cet engagement dans le délai convenu[36] et la somme qu'il a finalement versée à Samantha Geimer demeure inconnue[37]. La victime souhaite alors retourner à l'anonymat et exprime son désir d'abandonner les poursuites contre le cinéaste, ce qui semble indiquer que le différend portant sur l'indemnisation a été résolu[38]. Celle-ci est sortie du silence à deux reprises : en 2003 pour écrire à l'Académie des Oscars et dire aux votants qu'il fallait juger l'artiste et non l'homme en lui-même[39] à propos du film Le Pianiste et en 2008 en apparaissant à la première du documentaire de Maria Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired, réitérant pour l'occasion son souhait de délaisser toute procédure à l'encontre du réalisateur pour éviter de revivre ce traumatisme et pour protéger ses enfants[40]. Polanski ne lui a jamais adressé de message public en retour[40]. Samantha Geimer révèle en 2013 que le réalisateur lui a envoyé une lettre d'excuses privée datant de plusieurs années[41].

Le 27 septembre 2009, alors qu'il se rend à un festival de cinéma en Suisse afin d'y recevoir un prix pour l'ensemble de sa carrière, il est arrêté par la police à Zurich sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis en 2005[42],[43]. Très rapidement, celui-ci reçoit le soutien personnel d'une centaine de représentants du monde politique[44] et artistique[45],[46] (notamment en France et en Pologne, les deux pays dont il a la nationalité), puis aux États-Unis[45].

La plupart des grands journaux américains approuvent cette arrestation[47], s'étonnant du soutien manifesté au réalisateur, étonnement partagé par une partie de la population américaine[48]. Ces soutiens soulèvent également des oppositions et indignations dans l'opinion publique et la presse française[49],[50],[51]. Un journal américain s'interroge sur le coût de cette arrestation. Ainsi, dans son édition du 28 septembre 2009, le Los Angeles Times juge-t-il curieux que le district attorney du comté de Los Angeles, alors que l'État de Californie est en proie à des difficultés financières et à une surpopulation carcérale, cherche à boucler Polanski pour une affaire vieille de 32 ans et alors même que la victime a exprimé le souhait que les poursuites cessent[52],[53]. Néanmoins, dans l'ensemble, les journaux américains rappellent que la pédophilie est un crime grave et que Polanski a fui la justice[47]. La conseillère fédérale suisse responsable du département de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf défend quant à elle l'arrestation comme conforme au traité d'extradition helvético-américain[54] et comme manifestation de l'égalité devant la loi. Elle affirme par ailleurs que l'arrestation ne résulte d'aucune pression politique américaine[55]. Dans l'ensemble, la classe politique suisse approuve l'arrestation de Polanski[56].

Les États-Unis et la Suisse ont signé ensemble une convention d'extradition en 1990 qui est entrée en vigueur en 1997[57]. Roman Polanski s'oppose à son extradition. L'article 22 du traité d'extradition prévoit qu'il « s'applique pour tous les faits commis avant ou après son entrée en vigueur » sauf lorsque la procédure d'extradition a été lancée avant son entrée en vigueur, auquel cas un traité de 1900 doit être appliqué[58].

Le 25 novembre 2009, le Tribunal pénal fédéral accepte sa libération conditionnelle contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (environ 3 millions d'euros) et une assignation à résidence avec port d'un bracelet électronique à son chalet de Gstaad en Suisse[59].

Le 22 avril 2010, la cour d’appel du 2e district de Californie a rejeté sa demande de pouvoir être jugé par contumace, ouvrant la voie à son extradition vers les États-Unis. La demande d’abandon des poursuites présentée par la victime a également été rejetée[60].

Le 2 mai 2010, Roman Polanski sort de son silence dans une lettre ouverte publiée sur le site de Bernard-Henri Lévy, La règle du jeu, intitulée, « Je ne peux plus me taire »[61].

Le 14 mai 2010, l'actrice britannique Charlotte Lewis, que Polanski avait dirigée dans Pirates, accuse également le cinéaste d'avoir abusé d'elle « de la pire des façons » lorsqu'elle avait 16 ans[62]. Un des avocats de Roman Polanski, Me Georges Kiejman, a menacé de poursuivre Charlotte Lewis en justice pour ses allégations[63].

Le 7 juin 2010, La règle du jeu, le site de Bernard-Henri Lévy, rend publique une liste de noms de signataires de la pétition en soutien à Roman Polanski lancée au lendemain de l'arrestation du cinéaste en Suisse. Parmi plus de 400 noms, figurent Isabelle Adjani, Paul Auster, Pascal Bruckner, Patrice Duhamel, Isabelle Huppert, Milan Kundera, Yann Moix, Salman Rushdie, Barbet Schroeder, Mathilde Seigner, Jean-Pierre Thiollet, Danièle Thompson et Henri Tisot[64].

Le 10 juin 2010, en faveur de la libération du cinéaste, Dominique Sels, qui avait réagi dans Libération dès le 6 octobre 2009[65], publie San Fernando Valley, impressions[66], où elle écarte l’outil d’analyse habituel connu sous le nom de domination masculine, pour interroger « l’emprise maternelle, qui a l’antériorité biologique et qui n’est parfois pas plus enviable »[NB 4], par exemple quand il s’agit de prendre les filles pour des objets[67]. Elle replace aussi ce fait divers ancien, donc enveloppé d’incertitudes, dans le contexte des années 1970, libertaires et xénophobes[NB 5].

Roman Polanski en 2011, au Festival du film de Zurich : le cinéaste recevait à cette occasion le prix pour l'ensemble de sa carrière qui aurait du lui être décerné à l'époque de son arrestation deux ans plus tôt[68].

Le 12 juillet 2010, la ministre suisse de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf fait volte-face pour déclarer que le cinéaste « ne sera pas extradé vers les États-Unis et les mesures de restriction de sa liberté sont levées ». Polanski retrouve la liberté[69],[70]. Les autorités américaines ont fait appel de la décision. Elles avaient auparavant refusé de faire parvenir aux autorités suisses un procès-verbal d'une audition du procureur de l'époque, arguant du caractère confidentiel de la pièce, et amenant l'Office fédéral de la justice à refuser l'extradition.

Interpol rappelle aux États membres de l'organisation qu'une notice rouge concernant Roman Polanski est toujours en vigueur, et qu'il est toujours considéré comme fugitif[71],[72]. Désormais, les trois pays où Polanski peut circuler librement sont donc la France, la Pologne et la Suisse.

En octobre 2013 alors que sort en salles La Vénus à la fourrure, Samantha Geimer, qui souhaite que toute poursuite judiciaire soit abandonnée, assure en France la promotion de son livre La Fille[41]. Elle y revient sur la traque dont elle a fait l'objet après les faits et dit correspondre ponctuellement par mail avec le cinéaste depuis 2009[73],[74]. Elle affirme par ailleurs lui avoir pardonné[41].

Style et thèmes[modifier | modifier le code]

Parcours international[modifier | modifier le code]

Par son cosmopolitisme, sa maîtrise des langues[NB 6] et son parcours, Polanski est un réalisateur atypique à l'univers pluriel et cohérent[75]. La critique évoque chez lui une capacité à se renouveler tout en restant fidèle à certaines préoccupations esthétiques et thématiques[13]. La diversité des genres qu'il aborde et qu'il s'amuse parfois à confondre (thriller, film historique, drame psychologique, film noir, comédie, film fantastique), la maîtrise technique de ses films et ses audaces formelles en font une figure majeure du 7e art[13]. Ses courts métrages et Le Couteau dans l'eau sont contemporains du cinéma européen moderne dont il partage certains thèmes et motifs tout en revendiquant un style singulier, marqué par un sens aigu de la narration et une atmosphère malsaine[76]. Polanski apparaît avec l'émergence des nouveaux cinéastes d'Europe centrale dans les années 1960 parmi lesquels Andrzej Wajda et Jerzy Skolimowski, ses collègues et amis de l'école de Łódź[77].

Néanmoins, il outrepasse le cadre du cinéma polonais et prend part à d'autres courants de la cinématographie mondiale : avec Répulsion, Cul-de-sac et Le Bal des vampires, il participe au renouveau de l'industrie britannique[76]. Il devient ensuite l'une des têtes de proue du Nouvel Hollywood grâce à Rosemary's Baby et Chinatown[76]. Avec Macbeth, Quoi ? et Le Locataire, il montre son esprit d'indépendance et son attachement au cinéma d'auteur européen[76]. Définitivement établi en France pour raisons judiciaires à partir de Tess, il profite de son prestige international pour collaborer avec plusieurs majors américaines et européennes. Il met sur pied des projets anglophones ambitieux et très coûteux dans lesquels il dirige de grandes stars (Harrison Ford, Sigourney Weaver, Johnny Depp, Jodie Foster...). Polanski bénéficie alors, en toute liberté et à distance, du confort de production d'Hollywood ou de modèles équivalents[76].

Gilles Jacob distingue « deux Polanski », « Le réalisateur audacieux des premiers films et des courts métrages. Et l'autre celui des grands films à vocation populaire [...]. L'un, inventeur de surprises, de formes cinématographiques, de trouvailles bizarres (les pommes de terre qui germent dans le frigo de Répulsion, les œufs de Cul-de-sac), l'autre, plus accompli peut-être, mais plus attendu aussi. »[78].

Œuvre et esthétique[modifier | modifier le code]

Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric au Festival de Cannes 2013 lors de la présentation de La Vénus à la fourrure.

Pessimiste et reliée aux traumatismes de l'enfance, son œuvre révèle une profonde unité car elle se veut une exploration du mal sous toutes ses facettes : persécution de l'innocence, corruption de l'homme face au pouvoir, triomphe des personnages machiavéliques, occultisme, agression, régression mentale, ambiguïté sexuelle[79]… Elle illustre les passions excessives et les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine ainsi que les méandres de l'oppression psychologique[79]. Le réalisateur crée un univers cérébral et tortueux dans lequel se côtoient un ton absurde, ironique et paranoïaque et plusieurs visions fantastiques[79]. Dans ses fictions marquées par l'inquiétante étrangeté, l'individu, à la fois victime de ses actions, du monde extérieur et de son entourage, peut basculer à tout moment dans la folie, la mort ou l'autodestruction[79]. Dès le début de sa carrière, il alterne adaptations littéraires ou théâtrales et scénarios originaux. Après la disparition de Gérard Brach, son ami et co-scénariste attitré, il ne signe plus que des adaptations. Sa vision du monde est rapprochée de Franz Kafka et son style de la Mitteleuropa pour son mélange de bizarrerie, de bouffonnerie et de noirceur[80]. Toutefois, l'empreinte du cinéma classique hollywoodien et des comédies noires anglaises des années 1950 est également notable[80].

Ses longs métrages se distinguent par un découpage minutieux, une économie des mouvements de caméra et une composition sophistiquée (distorsion des perspectives, cadrages étouffants, lumière stylisée, disproportion entre les objets du décor et la position des acteurs etc.)[76]. La bande sonore se veut plate et s'attache à reconstituer des détails apparemment sans importance au détriment d'une mise en relief plus globale[76].

On retrouve, dans ses films, un goût de la difformité, du grotesque et de l'humour noir[76]. En plus de Kafka, des analogies sont établies avec Samuel Beckett, Witold Gombrowicz, Bruno Schulz, Jérôme Bosch, Pierre Bruegel l'Ancien, Vincent van Gogh, Fritz Lang, Federico Fellini, Orson Welles et Billy Wilder qu'il considère comme des influences majeures[76],[81],[82],[83]. La critique cite également l'empreinte du Limier de Joseph L. Mankiewicz sur La Vénus à la fourrure[NB 7],[84]. Polanski évoque par ailleurs la découverte déterminante, dans sa jeunesse, de Huit heures de sursis de Carol Reed, Hamlet de Laurence Olivier et la peinture de Jan van Eyck[85]. S'il parle d'Orson Welles comme d'un « héros de cinéma »[86], il dit en revanche avoir été peu inspiré par Alfred Hitchcock sauf pour Répulsion car Psychose avait à l'époque lancé la mode des thrillers schizophréniques[87].

À partir de Chinatown, ses mises en scène passent à un classicisme apaisé mais gardent le climat sombre ou inquiétant, le pessimisme fondamental et le perfectionnisme plastique des débuts[75]. Selon lui, Le Pianiste marque une rupture par sa volonté d'abandonner tous les « effets de cinéma » antérieurs[88]. Polanski a alors souhaité raconter une histoire difficile sur ton sobre et épuré, exigeant que « le réalisateur s'efface pour garder la bonne distance. »[88]. Pour les images du film, il a puisé dans ses souvenirs d'enfance et son expérience traumatique du ghetto afin d'être au plus près de la réalité[88]. Aujourd'hui, il considère Le Pianiste comme son film le plus abouti[89]. Pirates et Oliver Twist s'inscrivent, quant à eux, dans un cadre à part comme hommage nostalgique au cinéma hollywoodien d'antan, avec un message presque optimiste[90].

Grand découvreur de talents (Nastassja Kinski, Emmanuelle Seigner, Adrian Brody...), Polanski est également connu pour montrer ses acteurs sous un jour nouveau : le jeu des vedettes qu'il dirige révèle souvent une facette inattendue ou plus opaque[75].

Thématique[modifier | modifier le code]

Parmi les thèmes privilégiés du réalisateur, on retrouve essentiellement :

  • La perversion, le malsain
  • L'étrange, le dissonant
  • L'élégance
  • Le corps et la puissance physique.

La cruauté du destin de ses personnages est mise en œuvre avec un plaisir pervers dans un contexte culturel se voulant relevé, élitaire ou sophistiqué, ce qui accentue précisément l'impression de malaise. Ses films se situent souvent dans un univers clos et théâtralisé dont la représentation est déréalisée par l'intervention de la violence ou de l'irrationnel (l'appartement dans Répulsion, Rosemary's Baby, Le Locataire, Lunes de fiel et Carnage, l'auberge d'Europe centrale et le château médiéval dans Le Bal des vampires, le manoir entre ciel, terre et mer de Cul-de-sac, le voilier du Couteau dans l'eau, la villégiature en haut de falaise dans La Jeune Fille et la mort, le ghetto de Varsovie dans Le Pianiste, la maison insulaire de The Ghost Writer, la salle de théâtre dans La Vénus à la fourrure…). La frontière entre réalité, hallucination, monde quotidien et cauchemar est abolie[76].

Lorsqu'il est amené à filmer la nature, Polanski cherche à lui donner une dimension picturale et fait en sorte qu'elle rappelle la campagne polonaise de son enfance (Tess, Oliver Twist)[75],[76]. Par ses derniers films dans lesquels il réduit ostensiblement ses budgets colossaux (Carnage, La Vénus à la fourrure), il appelle de ses vœux à une nouvelle fusion entre théâtre et cinéma afin de retrouver des histoires plus simples et émouvantes, sans les artifices, la complexité ou l'extrême violence des productions majoritaires[91].

Les principales caractéristiques de son œuvre sont donc[92] :

  • Les intrigues fantastiques
  • Les appartements maléfiques et les huis clos
  • La folie
  • Le cauchemardesque et le délire
  • Le complot
  • La paranoïa
  • L'anomie
  • L'aliénation
  • La barbarie
  • Le point de vue des victimes et des dominés dans l'Histoire
  • La perte de l'innocence
  • L'enfance bafouée
  • La dialectique maître-esclave
  • L'ambiguïté du mal et du rapport entre victime et bourreau
  • La relation au monde extérieur ou à autrui vécue comme une effraction ou une violation
  • L'humour noir
  • Le tragique absurde
  • Un jeu sur les noms ou la manière de nommer
  • Un goût prononcé pour le baroque
  • Le satanisme

Méthodes de travail[modifier | modifier le code]

Polanski est connu pour être un cinéaste très énergique et minutieux, obsessionnellement attentif au moindre détail[76]. Contrairement à plusieurs de ses confrères, il revendique une parfaite connaissance des caméras, de l'optique et du son : ses compétences dépassent souvent celles de ses techniciens dont il serait en mesure d'occuper la fonction[76]. Ses savoirs ont été acquis lors de sa formation en école de cinéma où il dut tourner à tous les postes sur les courts métrages de ses camarades[76]. Il eut également pour exercice d'analyser et de reproduire les plans de classiques du cinéma[76]. Le cinéaste vante régulièrement l'enseignement de ses professeurs de Łódź qui l'encourageaient à approfondir ses compétences pratiques[76]. Par ailleurs, ceux-ci l'incitaient à trouver instinctivement les compositions révélatrices de son style[93]. Polanski explique que certains cours étaient obligatoires sous peine de renvoi et que les leçons de photographie étaient primordiales[88]. L'idée fondamentale qu'il a retenue est que le cinéma, « est une longue série de photos qui défilent au rythme de 24 images par seconde. Ce qu'on voit sur l'écran n'est rien d'autre qu'une photo, suivie d'une autre photo, etc. Ce n'est pas la réalité. Il faut toujours garder ça à l'esprit. »[88]. Revendiquant, en ce sens, une approche extrêmement cadrée de la mise en scène, il a toujours refusé d'être rapproché de la Nouvelle Vague française[NB 8] dont il déplore le manque de professionnalisme et la méconnaissance technique[80],[94],[95].

À l'exception du Pianiste et Oliver Twist qu'il a tout de même supervisés, Polanski a rédigé seul ou co-écrit le scénario de tous ses longs métrages, estimant que la phase d'écriture constitue une partie de la mise en scène[88]. S'il n'est pas crédité comme auteur au générique de Chinatown en raison des accords entre syndicats professionnels américains, il a toutefois décidé des axes dramatiques majeurs du film (la scène d'amour entre les protagonistes, le dénouement tragique), entrant en conflit avec le scénariste attitré Robert Towne[88]. Comme ancien élève des Beaux-Arts, Polanski fonctionne par croquis ou dessins humoristiques pour visualiser scènes et personnages à l'instar de Fellini[87].

Adepte du cinéma de studio, notamment pour l'importance qu'il donne au décor, Polanski utilise plusieurs trucages de pointe et des incrustations numériques dans ses dernières réalisations[75]. Il fait souvent appel aux progrès des industries techniques comme ce fut le cas pour l'utilisation de la Louma sur Le Locataire ou de la technologie Dolby System sur Tess qui n'était pas encore maîtrisée en France[96].

Extrêmement exigeant et désireux de garder le contrôle absolu sur ses films, de l'écriture à la distribution, en passant par le montage et le mixage, Polanski demande à ses comédiens et ses collaborateurs un engagement total : il se démarque par une manière très physique d'occuper le lieu de tournage et par une direction d'acteurs autoritaire qui lui a valu des frictions notables avec John Cassavetes, Jack Nicholson, Faye Dunaway, Johnny Depp ou encore Ewan McGregor[75],[97]. Il évite tant que possible les storyboards[88]. Généralement, il prépare ses interprètes en incarnant devant eux tous les rôles et établit, quand il le peut, son découpage de plans aux répétitions, lorsqu'il les voit évoluer sur le plateau[88],[83]. Emmanuelle Seigner explique qu'il met beaucoup de temps à composer ses plans et règle de manière millimétrique ses cadres, sur le modèle de Fritz Lang et Orson Welles[98]. Elle ajoute qu'il inscrit le corps de l'acteur dans ses images avec « une redoutable précision, déterminant avec fermeté la place de la tête, la courbure du cou ou le positionnement des doigts. Pourtant, dans le même temps, il laisse une liberté absolue dans le jeu. »[98].

Particularités[modifier | modifier le code]

Roman Polanski et Emmanuelle Seigner à la 36e cérémonie des César en 2011

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Court métrage[modifier | modifier le code]

Long métrage[modifier | modifier le code]

Prochainement
  • D qui a pour sujet l'affaire Dreyfus[103].

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Roman Polanski, Roman Polanski's What?, Londres, Lorrimer. 106 pages, 1973 (ISBN 978-0-85647-033-2) et What?, New York, Third Press, 91 pages, 1973 (ISBN 978-0-89388-121-4)
  • (en) Three Film Scripts, Cul-de-sac [scénario original de Roman Polanski et Gérard Brach], Repulsion [scénario original de Roman Polanski et de Gérard Brach], Knife in the Water [Le Couteau dans l'eau, scénario original de Jerzy Skolimowski, Jakub Goldberg et Roman Polanski], introduction et traduction par Boleslaw Sulik, New York, Fitzhenry and Whiteside, 1975. 275 pages (ISBN 978-0-06-430062-9)
  • Le Locataire (scénario adapté par Gérard Brach et Roman Polanski, d'après le roman de Roland Topor : Le Locataire chimérique), Paris, L'Avant-Scène, 1976.
  • Roman par Polanski, Paris, Robert Laffont, 496 pages, 1984 (ISBN 978-2-221-00803-4)

Récompenses, nominations et honneurs[modifier | modifier le code]

Un Oscar du meilleur réalisateur, deux Golden Globes, une Palme d'or au festival de Cannes, trois Bafta, un Ours d'or au festival de Berlin et huit Césars… : Roman Polanski est l'un des cinéastes vivants les plus récompensés.[réf. souhaitée]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Oscars[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film Le Pianiste
1963 Meilleur film étranger Le Couteau dans l'eau
1975
Meilleur réalisateur
Chinatown
1981 Tess
2003 Le Pianiste x
1969 Meilleure adaptation Rosemary's Baby

Golden Globes[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1975
Meilleur film dramatique
Chinatown x
2003 Le Pianiste
1963
Meilleur film étranger
Le Couteau dans l'eau
1981 Tess x
1975
Meilleur réalisateur
Chinatown x
1981 Tess
1969 Meilleur scénario Rosemary's Baby

BAFTA[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film Le Pianiste x
1975
Meilleur réalisateur
Chinatown x
2003 Le Pianiste x

Césars[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1980
Meilleur film
Tess x
2003 Le Pianiste x
2011 The Ghost Writer
2014 La Vénus à la fourrure
1980
Meilleur réalisateur
Tess x
2003 Le Pianiste x
2011 The Ghost Writer x
2014 La Vénus à la fourrure x
2011
Meilleure adaptation
The Ghost Writer x
2012 Carnage x
2014 La Vénus à la fourrure

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1976
Palme d'or
Le Locataire
2002 Le Pianiste x
2013 La Vénus à la fourrure

Festival de Berlin[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1965
Ours d'or
Répulsion
1966 Cul de sac x
2010 The Ghost Writer
1965 Grand Prix du Jury Répulsion x
2010 Meilleur réalisateur The Ghost Writer x

Festival de Venise[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1962
Lion d'or
Le Couteau dans l'eau
2011 Carnage
1962 Prix FIPRESCI de la Critique internationale Le Couteau dans l'eau x

European Film Awards[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003
Meilleur film
Le Pianiste
2010 The Ghost Writer x
2003
Meilleur réalisateur
Le Pianiste
2010
The Ghost Writer
x
Meilleur scénario x

Goyas[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film européen Le Pianiste x

David di Donatello[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film étranger Le Pianiste x
1969 Meilleur réalisateur étranger Rosemary's Baby x

Bodils[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1975 Meilleur film non européen Chinatown x

Kinema Junpo Awards[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film étranger Le Pianiste x

Lions du cinéma tchèque[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur film étranger Le Pianiste x

Aigles du cinéma polonais[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003
Meilleur film
Le Pianiste
x
Meilleur réalisateur x

National Society of Film Critics Awards[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleur réalisateur Le Pianiste x

Los Angeles Film Critics Association Awards[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1981 Meilleur réalisateur Tess x

Boston Society of Film Critics Awards[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1981
Meilleur réalisateur
Tess x
2003 Le Pianiste x

Rubans d'argent de la critique italienne[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003
Meilleur film étranger
Le Pianiste
x
Meilleur réalisateur étranger x

Prix Lumières[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2011
Meilleur film
The Ghost Writer
Meilleur réalisateur x
Meilleur scénario
x
2014
La Vénus à la fourrure
x

Étoiles d'or du cinéma français[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003
Meilleur film
Le Pianiste
2011 The Ghost Writer
2003
Meilleur réalisateur
Le Pianiste x
2011 The Ghost Writer x

Prix du Syndicat de la critique française[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1970 Meilleur film étranger Rosemary's Baby x

Courts métrages[modifier | modifier le code]

  • 1958 : Golden Gate Award du Festival de San Francisco - Deux hommes et une armoire
  • 1958 : Médaille de Bronze du Festival de Bruxelles - Deux hommes et une armoire
  • 1958 : Diplôme d'honneur du 5e Festival du Film d'Oberhausen (Allemagne) - Deux hommes et une armoire
  • 1961 : Mention spéciale du Festival de Tours - Le Gros et le Maigre
  • 1962 : Grand Prix des Journées Internationales du Court métrage de Tours - Les Mammifères
  • 1963 : Prix du meilleur court métrage du Festival de Melbourne - Le Gros et le Maigre
  • 1963 : Dragon d'or du meilleur film au Festival de Cracovie - Les Mammifères

Divers[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Molières[modifier | modifier le code]

Année Récompense Pièce Reçue ?
1988 Meilleur comédien La Métamorphose
1997 Meilleur metteur en scène Maria Callas, la leçon de chant

Divers[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Robert Evans marque les années triomphales de la Paramount dans les années 1970 grâce au premier opus de la saga des Parrain réalisée par Francis Ford Coppola ou à Love Story d'Arthur Hiller, qu'il a tous deux financés. Un documentaire sorti en salles en 2005 lui a d'ailleurs été consacré : The Kid stays in the picture (en). Le travail d'Evans consistait à laisser une très grande liberté au metteur en scène, contrairement à l'ensemble des majors américaines. Polanski s'en est expliqué dans plusieurs entretiens, notamment dans celui accordé à la chaîne franco-allemande Arte en décembre 2006. Evans a d'ailleurs supporté ses colères sur le plateau, l'a soutenu dans ses altercations avec John Cassavetes et a accepté des prolongations de tournage jusqu'à se brouiller personnellement avec Mia Farrow, engagée sur un autre projet avec son mari de l'époque Frank Sinatra, projet qu'elle abandonne finalement pour finir le film et qui sera l'une des causes de leur divorce (épisode relaté par Evans lui-même dans The Kid stays in the picture).
  2. Les relations entre le metteur en scène et Faye Dunaway sont désastreuses durant le tournage car l'actrice a du mal à supporter son exigence extrême, son perfectionnisme et son dirigisme. Le rapport avec Nicholson est plus amical à l'exception d'un épisode de tension au cours duquel l'acteur refuse de rejoindre le plateau car il souhaite regarder un match de baseball à la télévision. Durant la dispute consécutive, dans la loge de la star, Polanski finit par casser le téléviseur. Par la suite, le cinéaste et le comédien restent très liés.
  3. Le cinéaste avait entretenu une idylle, à partir de 1976, avec Nastassja Kinski. La comédienne avait alors 15 ans. Tous deux ont un temps démenti leur relation.
  4. Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, éditions de la Chambre au Loup, 2010, p. 48 : « L’emprise maternelle n’est pas plus enviable que la domination sociale masculine. L’emprise maternelle a l’antériorité biologique, elle est prioritaire. Des mères y possèdent leurs filles et leur transmettent un destin périmé. »
  5. Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, éditions de la Chambre au Loup, 2010, p. 97 : « les années soixante-dix cultivent l’amour libre, cette scène s’est refermée aujourd’hui. Le plaisir explose, on l’honore, on s’incline devant lui, on l’admet en des lieux où il n’a pas à se tenir ; comme si une rétroactivité pouvait s’appliquer, on veut se rattraper. Ils sont chantés, célébrés, encouragés, les ébats amoureux des adolescentes mineures ; l’humanité y vit soudain le plaisir par procuration. »
  6. Outre le polonais et le français, Polanski parle couramment l'anglais, l'italien, l'espagnol et le russe. Ses courts et son premier long métrage Le Couteau dans l'eau ont été tournés en polonais. Quoi ? a été tourné en italien et La Vénus à la fourrure en français bien que la pièce dont il est adapté soit en langue anglaise. Toutes ses autres réalisations ont été tournées en anglais.
  7. Les deux films sont des adaptations théâtrales et des huis-clos à deux personnages, centrés sur le rapport de forces, le jeu, la duplicité et la manipulation.
  8. Dans ses mémoires, Polanski déclare : « On réalisait des films pour presque rien, et le plus souvent fort mal, sous la responsabilité de jeunes amateurs sans expérience. [...] Le snobisme intellectuel jouait aussi son rôle. Répugnant à passer pour des béotiens, les critiques encensaient des films "cérébraux" qui n’étaient pas seulement mal ficelés et lents, mais encore prétentieux et soporifiques. Je ne fis jamais partie de cette "Nouvelle Vague" et ne désirais pas en être. Je me voulais trop professionnel - et j'étais trop perfectionniste. Si je jugeai charmant Les Quatre Cents Coups de Truffaut et séduisant À bout de souffle de Godard, les autres films, en dehors des premières œuvres de Claude Chabrol, m’effaraient par leur amateurisme et leur pauvreté technique. Assister à leur projection était pour moi une torture insupportable. ». En 2013, il explique aux Inrocks ce qui le sépare de la Nouvelle Vague : « J'ai été formé par un autre modèle, plus hollywoodien. L'école de Łódź était inspirée par le cinéma soviétique, et le cinéma soviétique venait d'Hollywood. Avant de tomber définitivement dans l’absurdité totale, les Soviétiques envoyaient leurs réalisateurs à Hollywood pour apprendre les techniques américaines afin de construire leur propre industrie cinématographique. En apprenant mon métier, j'ai acquis par capillarité des gènes hollywoodiens. Quand je suis venu pour la première fois à Hollywood pour tourner Rosemary's Baby, je me sentais parfaitement à l’aise. ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Roman Polański », sur culture.pl, le 16 août 2013.
  2. « Nombreuses réactions à l'arrestation de Roman Polanski » (naturalisé français en 1976), sur L'Express, le 27 septembre 2009 (consulté le 1er octobre 2009).
  3. a et b Extrait de naissance (Paris) : n° 12/3144/1933, sur Les gens du cinéma.com, le 27 avril 2014.
  4. (pl) « Roman Polański i Emmanuelle Seigner », sur znanepary.pl, le 26 décembre 2012.
  5. (et) Rita Makarova (membre de l'Association Pologne-Estonie), « Nädala juubilar Roman Polanski 80 » (Trad. : Roman Polanski, jubilaire de la semaine, 80 ans), sur Kesknädal, le 14 août 2013.
  6. (en) Roman Polanski Biography (1933-), FilmReference.com
  7. a, b, c, d, e et f Biographie : Roman Polanski 1933/1962, Roman-Polanski.net
  8. a et b Emmanuelle Jardonnet, « Polanski revient à son Bal des vampires, version comédie musicale », Le Monde,‎ 18 mars 2014 (lire en ligne)
  9. a, b, c, d, e et f « Interview de Roman Polanski », entretien réalisé par Alain Keit, et Marcos Uzal dans Jacques Déniel, Alain Keit et Marcos Uzal, Jerzy Skolimowski : Signes particuliers, Yellow Now,‎ 2013, 256 p. (ISBN 978-2-87340-321-8), p. 45-46
  10. a, b et c Article consacré à Roman Polanski sur le site Cinétrange.com, consulté le 8 juillet 2011.
  11. Critique du Couteau dans l'eau sur Télérama.fr, consulté le 8 juillet 2011.
  12. [vidéo], Dailymotion « Interview de Roman Polanski à propos de La Neuvième Porte », consulté le 8 juillet 2011.
  13. a, b et c Article consacré à Roman Polanski dans Le Dictionnaire du cinéma : les réalisateurs (1895-1995) dirigé par Jean Tulard, éditions Robert Laffont, 1995, Paris, page 694
  14. Claude Beylie dans la fiche consacrée à Rosemary's Baby in Les Films clés du cinéma, éditions Larousse, 1996, Paris
  15. Biographie de Roman Polanski sur son site pédagogique
  16. a, b et c Critique de Chinatown sur Télérama.fr, consulté le 8 juillet 2011.
  17. a et b Article consacré à Roman Polanski sur FilmDeCulte.com, consulté le 8 juillet 2011.
  18. Roman Polanski: Wanted and Desired de Marina Zenovich, HBO, 2008.
  19. Le Matin, « Nastassja Kinski souffle sa 50e bougie », consulté le 29 janvier 2011.
  20. Barbera Leaming, Polanski, A Biography: The Filmmaker as Voyeur, New York: Simon and Schuster (1981), p. 155.
  21. Roman Polanski et Gérard Brach à propos de leur collaboration - Entretien avec Thierry Ardisson - Ina,12 février 1988 [vidéo]
  22. a et b Objectif cinéma.fr, « The Double de Roman Polanski, la guerre des étoiles aux studios de Boulogne », consulté le 17 décembre 2010.
  23. [vidéo], Youtube « Roman Polanski winning the Oscar for Directing », consulté le 6 mars 2011.
  24. (uk), BBC News « Polanski gets finally Oscar », consulté le 17 avril 2011.
  25. Roman Polanski : il adapte une pièce de Yasmina Reza - Première, 25 janvier 2010
  26. Roman Polanski : il réunit Jodie Foster, Kate Winslet, Matt Dillon et Christoph Waltz pour son Dieu du Carnage - Première, 19 octobre 2010
  27. Mathieu Amalric remplace Louis Garrel chez Polanski - AlloCiné, 17 janvier 2013
  28. Emmanuelle Seigner et Louis Garrel dans La Vénus à la fourrure de Polanski - AlloCiné, 20 septembre 2012
  29. a et b Affaire Polanski, le témoignage original complet de la victime traduit en français - HaOui.com, traduction du témoignage original complet de la victime, Samantha Geimer (née Gailey), devant le Grand Jury de Los Angeles en mars 1977, et lien vers le document original en anglais au format pdf.
  30. (en) « engaging in unlawful sexual intercourse with a minor », Stephanie A. Lewis, The Washington Post, 10 août 1977 [lire en ligne]
  31. Nombreuses réactions à l'arrestation de Roman Polanski - L'Express, 27 septembre 2009
  32. Il existe cependant des exceptions dans le cadre d'accords bilatéraux, voir le bulletin officiel du Ministère de la Justice no 99.
  33. French judicial authorities could decide to try the case in France, Jura Koncius, « A Roman in Paris », The Washington Post, 3 février 1978, citant un porte-parole du ministère français de la Justice. [lire en ligne]
  34. « Il aurait fallu que les États-Unis "dénoncent les faits" » — Hervé Témime, avocat français de Polanski, cité par Charlotte Pudlowski dans La France ne peut rien pour Roman Polanski Sur le plan juridique - Slate.fr, 29 septembre 2009
  35. Pour les États-Unis, Polanski, c'est trente ans de cavale… - Le Monde, 29 septembre 2009
  36. Le cinéaste s'était engagé à payer 500 000 dollars pour éviter une condamnation - Le Point, 3 octobre 2009.
  37. (en) Roman Polanski said he'd pay to end victim's lawsuit - Los Angeles Times, 3 octobre 2009
  38. Polanski avait passé un accord secret avec sa victime - Libération, 3 octobre 2009
  39. Affaire Polanski : le témoignage de Samantha Geimer, violée à 13 ans : « Je n'ai pas de rancœur envers lui » - Le Point, 28 septembre 2009
  40. a et b L'Affaire Polanski commentée par Marie Colmant sur l'Édition spéciale de Canal+ - YouTube [vidéo]
  41. a, b et c Dounia Malki, « Samantha Geimer : "Roman Polanski ne voulait pas me faire de mal" », Marie-Claire,‎ 15 octobre 2013 (lire en ligne)
  42. La procédure qui attend Roman Polanski - Le Temps, 28 septembre 2009
  43. Le cinéaste Roman Polanski arrêté à Zürich - Le Monde, 27 septembre 2009
  44. Mitterrand et Kouchner critiqués à droite pour leur soutien à Polanski - Libération, 29 septembre 2009
  45. a et b Pétition pour Polanski signée par Allen, Scorsese et Lynch - Le Nouvel Observateur, 3 octobre 2009.
  46. Le texte et les signatures de la pétition du monde du cinéma en faveur de Roman Polanski - Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), 28 septembre 2009
  47. a et b L'affaire Polanski divise l'Europe et l'Amérique - Le Devoir, 30 septembre 2009
  48. « Pourquoi, en France, vous le soutenez, Polanski ? » - Libération, 29 septembre 2009
  49. Arrestation de Polanski: des voix discordantes troublent le concert de soutiens - La Tribune de Genève, 29 septembre 2009
  50. Quelques mots sur l'affaire Polanski - Blog de Maître Éolas, 29 septembre 2009
  51. Affaire Polanski : dits et non-dits - Blog sur le site du Figaro, 29 septembre 2009
  52. (en) Polanski an odd priority for DA - Patrick Goldstein, Los Angeles Times, 28 septembre 2009
  53. En matière pénale, une fois que la plainte a été transmise au Procureur (ou District Attorney en l'occurrence), le ou la plaignante ne peuvent plus faire « marche arrière » ; il n'appartient qu'au Procureur de décider s'il y a poursuite ou classement sans suite.
  54. [PDF] Traité d'extradition helvético-américain
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  56. La classe politique suisse approuve l'arrestation de Roman Polanski - AFP
  57. Mobilisation internationale après l'arrestation du cinéaste franco-polonais à Zurich - swissinfo.ch, 28 septembre 2009
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  66. Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, éditions de la Chambre au Loup, 2010 : Impressions sur Roman Polanski - Critique de Jean-Max Méjean, Le Nouvel Observateur, 12 juillet 2010
  67. Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, éditions de la Chambre au Loup, 2010 : critique de Frédéric Pagès - Le Canard enchaîné, 4 août 2010 [PDF]
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  99. G. Jacob, Ibid, chapitre 54 « Till l'espiègle (un cas d'école) », page 292
  100. Fiche sur Barton Fink - AlloCiné
  101. « Venise/Polémique Victoire Thivisol. » - Ina [vidéo]
  102. Propos filmés et recueillis par des médias du monde entier et diffusés en France par Le Grand Journal de Michel Denisot le 15 mai 2007.
  103. Article du Figaro sur le prochain film du réalisateur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Belmans, Roman Polanski, coll. Cinéma d'aujourd'hui, Paris, Seghers, 1971.
  • Stéphane Bonnotte, Frédéric Zamochnikoff, Polanski entre deux mondes, Paris, Michel Lafon, 2004.
  • Pierre-André Boutang, Polanski par Polanski, Paris, Le Chêne, 1986.
  • Florence Colombani, Roman Polanski : vie et destin de l'artiste, Paris, Philippe Rey, 2010.
  • Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, Éditions de la Chambre au Loup, 2010 ; Kindle, 2011.
  • Alexandre Tylski, Roman Polanski, ses premiers films polonais, Aléas, 2004.
  • Alexandre Tylski, Roman Polanski : l'art de l'adaptation, Paris, L'Harmattan, 2006.
  • Alexandre Tylski, Roman Polanski, Gremese, Rome, 2006.
  • Alexandre Tylski, Roman Polanski, une signature cinématographique, Aléas, 2008.
  • Alexandre Tylski, "Roman Polanski, l’aventurier fugitif", avoir-alire, 2008
  • Franck Buioni, Absolute Directors : Rock, cinéma, contre-culture, tome 1, Camion Noir, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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