Ruthénie subcarpathique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

49° 20′ N 20° 14′ E / 49.33, 20.233 ()

La Transcarpatie forme la pointe ouest de l’Ukraine, touchant la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne
Situation de la Transcarpatie sur la carte d’Ukraine.

La Ruthénie (ou Ruthénie (sub)carpat(h)ique, Ukraine (sub)carpat(h)ique, Transcarpat(h)ie), est une petite région de l’Europe centrale appartenant à l’Ukraine occidentale. Elle est peuplée de groupes ethniques très divers (aux côtés des Ukrainiens dits ici Ruthènes et Houtsoules, vivent aussi des Slovaques, des Hongrois, des Roumains, des Juifs et des Roms).

Depuis 1945, la Ruthénie forme l’oblast de Transcarpatie en Ukraine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1918[modifier | modifier le code]

Peuplée de Daces et de Bastarnes dans l’Antiquité, puis de Daco-Romans et de Goths dans l’Antiquité tardive, cette zone de passage est englobée dans la zone de peuplement slave à partir du VIe siècle ; s’y ajoutent au Xe siècle des Iasses et des Magyars. Dévastée par la grande invasion tatare de 1223, la région, alors dépeuplée, se repeuple ultérieurement de Ruthènes et de Valaques dont la synthèse donne le peuplement actuel[1]. Ensuite, elle a successivement appartenu :

À la fin de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les frontières revendiquées par l’Ukraine occidentale en 1918-1919 (républiques Houtsoule et d’Ukraine occidentale.

À l’issue de la Première Guerre mondiale, une République Houtsoule y fut proclamée, mais les troupes de la Hongrie bolchévique de Bela Kun la conquirent en avril 1919. Lorsque Béla Kun fut vaincu, la même année, la République Houtsoule, ou Russynie, rejoignit la République tchéco-slovaque, ce qui fut entériné par les traités de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919) et de Trianon (4 juin 1920).

La Première République tchécoslovaque (1918-1938)[modifier | modifier le code]

Voyez d’ici-là l’article anglais en:Ruthenians and Ukrainians in Czechoslovakia (1918-1938).

Annexion du Sud de la Ruthénie subcarpatique par la Hongrie (novembre 1938)[modifier | modifier le code]

Après l’annexion des Sudètes par l’Allemagne nazie à la suite des accords de Munich (30 septembre 1938) intervient, le 2 novembre 1938, le premier arbitrage de Vienne, qualifié de « Diktat » ou de "Petit Trianon" dans l’historiographie nationale slovaque. Cet accord entre l’Allemagne, l’Italie et la Hongrie, attribue à cette dernière le Sud de la Slovaquie et le Sud-Ouest de la Ruthénie subcarpatique, régions majoritairement peuplées de Hongrois.

État autonome (octobre 1938 - mars 1939)[modifier | modifier le code]

Le député ruthène au parlement tchécoslovaque, par ailleurs prêtre gréco-catholique, Augustin Volochyne, est alors installé à la tête du territoire autonome ruthène, demeurant loyal envers la République tchécoslovaque, majoritairement peuplé de Ruthènes et dont la capitale régionale est Oujhorod (en ukrainien/ruthène : Ужгород ; en hongrois : Ungvár).

Cet État autonome de 20 000 km2, peuplé de 800 000 habitants, ne dure pas longtemps. La Slovaquie se déclare indépendante le 14 mars 1939 et le lendemain, l’Allemagne occupe ce qui subsiste de la Tchécoslovaquie, transformé en protectorat. Le 15 mars 1939, une république d’Ukraine carpatique est proclamée, avec Augustin Volochyne à sa tête, mais elle est aussitôt envahie par la Hongrie, qui l’annexe le 23 mars 1939.

Avec la Bukovine, cette région fait partie du « couloir d’évacuation » qui permettra au gouvernement polonais, au trésor de la banque nationale, aux troupes survivantes et à l’état-major de fuir vers la Roumanie, après l’invasion germano-soviétique en septembre 1939. La flotte roumaine transporta ensuite les Polonais vers Alexandrie, en territoire britannique.

Annexion à l’Ukraine soviétique[modifier | modifier le code]

Le traité soviéto-tchécoslovaque du 29 juin 1945 (« Traité au sujet de l’Ukraine subcarpatique » et « Protocole annexé au traité conclu entre l’URSS et la République tchécoslovaque au sujet de l’Ukraine subcarpatique », force la Tchécoslovaquie à renoncer à la Ruthénie subcarpatique au profit de l’Ukraine soviétique, les Ruthènes étant considérés comme des Ukrainiens par l’URSS. Toutefois le véritable intérêt soviétique était plutôt militaire; cette annexion offrant aux Soviétiques une frontière avec la Hongrie recherchée depuis la guerre soviéto-polonaise. Le 10 février 1947, le traité de Paris annule formellement le Premier arbitrage de Vienne qui avait attribué ce territoire à la Hongrie.

Depuis 1945, la Ruthénie forme l’oblast de Transcarpatie.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Littérature sur le sujet[modifier | modifier le code]

  • Henri Baerlein, In Czechoslovakia's hinterland, Hutchinson, 1938, ASIN B00085K1BA
  • Stefan A. Fent, Greetings from the Old Country to all of the American Russian people ! (Pozdravlenije iz staroho Kraja vsemu Amerikanskomu Karpatorusskomu Narodu!), 1935, ASIN B0008C9LY6
  • Frantisek Nemec & Vladimir Moudry, The Soviet Seizure of Subcarpathian Ruthenia, Hyperion Press, Toronto, 1955 (Reprint edition: November 1, 1980), ISBN 0-8305-0085-5
  • Christian Ganzer, Die Karpato-Ukraine 1938/39 - Spielball im internationalen Interessenkonflikt am Vorabend des Zweiten Weltkrieges, Hamburg, 2001 (Die Ostreihe - Neue Folge. Heft 12).
  • Albert S. Kotowski, Ukrainisches Piemont ? Die Karpartenukraine am Vorabend des Zweiten Weltkrieges. In: Jahrbücher für Geschichte Osteuropas 49 (2001), Heft 1. S. 67-95.
  • Kamil Krofta, Carpathian Ruthenia and the Czechoslovak Republic, 1934, ASIN B0007JY0OG
  • Paul R. Magocsi, The Ruthenian decision to unite with Czechoslovakia, Harvard Ukrainian Research Institute, 1975, ASIN B0006WVY9I
  • Paul R. Magocsi, The Shaping of a National Identity. Subcarpathian Rus, 1848-1948, Cambridge, Massachusetts, London, 1978, ISBN 0-674-80579-8
  • Vincent Shandor, Carpatho-Ukraine in the Twentieth Century. A Political and Legal History, Cambridge, Mass., Harvard U.P. for the Ukrainian Research Institute, Harvard University, 1997, ISBN 0-916458-86-5
  • Peter Stercho, Carpatho-Ukraine in International Affairs 1938-1939, Notre Dame, 1959
  • Michael Winch, Republic for a day: An eye-witness account of the Carpatho-Ukraine incident, University Microfilms, 1973, ASIN B0006W7NUW

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Paul Robert Magocsi (en) de l’université de Toronto (Canada).
  2. Hans Erich Stier (dir.), Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte, 1985 (ISBN 3-14-100919-8).