Tchèque

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue tchèque. Pour le peuple tchèque, voir Tchèques. Pour race de poule, voir Poule Tchèque.
Tchèque
Čeština
Pays République tchèque, minorités aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en Slovaquie et en Autriche
Nombre de locuteurs 11 millions
Nom des locuteurs tchécophones
Typologie SVO accentuelle
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la République tchèque République tchèque
Régi par Institut de la langue tchèque
Codes de langue
ISO 639-1 cs
ISO 639-2 ces, cze
ISO 639-3 ces
IETF cs
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Článek 1

Všichni lidé rodí se svobodní a sobě rovní co do důstojnosti a práv. Jsou nadáni rozumem a svědomím a mají spolu jednat v duchu bratrství.

Le tchèque (« čeština » en langue tchèque) fait partie des langues slaves occidentales, avec le kachoube, le polonais, le slovaque et le sorabe, branche de la famille des langues indo-européennes. Il est principalement parlé en République tchèque, ce qui représente environ onze millions de locuteurs.

Le tchèque est très proche du slovaque et, à un moindre degré, du polonais et du ruthène. La plupart des adultes tchèques et slovaques sont capables de se comprendre mutuellement sans difficulté. En effet, ils ont été, à l'époque de la Tchécoslovaquie, en contact permanent avec les deux langues par l'intermédiaire de la radio et de la télévision nationales. Les écoles également proposaient aux enfants des contes dans la seconde langue pour les familiariser. Chacun était bilingue jusqu'à la partition de la Tchécoslovaquie le 1er janvier 1993. Aujourd'hui encore, Tchèques et Slovaques ont des programmes de télévision communs. Malgré cela, les plus jeunes qui n'ont pas connu l'époque de la Tchécoslovaquie peuvent éprouver des difficultés de compréhension lors de l'emploi de certains mots très différents, ou d'une expression orale trop rapide. Cependant, le tchèque pouvait encore s'employer dans une communication officielle avec les autorités slovaques et tous les documents de la République tchèque doivent être acceptés grâce à la loi 270/1995 et la loi additionnelle 318/2009.

En raison de sa complexité, le tchèque est considéré comme difficile à apprendre. Cette complexité provient principalement d'une grande variété dans la morphologie et dans la syntaxe. Comme dans toutes les langues slaves (à l'exception du bulgare moderne et du macédonien moderne), les mots (les noms, pronoms, et adjectifs) se déclinent selon leur rôle dans la phrase. Sous cet aspect, la grammaire du tchèque et des langues slaves est plus proche des origines indo-européennes que les autres langues indo-européennes, dans lesquelles les déclinaisons se sont appauvries (comme en allemand), ou même ont pratiquement disparu (comme en français).

Histoire de la langue tchèque[modifier | modifier le code]

Le tchèque se développe à la fin du premier millénaire, à partir du protoslave. Quelques traits du vieux slave survivent dans le vieux tchèque, comme le jery, la nasalisation (ę et ǫ), la palatalisation ou le système de conjugaison avec quatre temps du passé (aoriste, aspect accompli/inaccompli, plus-que-parfait). Ces traits subsistent jusqu'à la fin du XVe siècle.

On a peu de témoignages écrits de la plus ancienne période car peu de gens savaient lire et écrire. Le latin remplit alors le rôle de langue littéraire avec, parfois, le vieux slave. Le premier témoignage écrit du tchèque consiste en deux phrases de la charte fondatrice du chapitre de Litoměřice en 1057 : Pavel dal jest Ploškovicích zemu. Vlach dal jest Dolas zemu Bogu i svjatemu Scepanu se dvema dušníkoma Bogucos a Sedlatu.www.fi.muni.cz

Au Moyen Âge, le tchèque commence à se distinguer du vieux slave. Entre les XIIe et XIIIe siècles, la transformation du son g en h apparaît. Ainsi le vieux slave glova (« tête ») qui a donné głowa en polonais, голова golova en russe et ukrainien, donne hlava en tchèque. Le XIIIe siècle voit l'apparition du ř à partir du r mou du vieux slave.

Au XIVe siècle, le tchèque pénètre dans la littérature et l'administration. Les premiers livres en tchèque apparaissent. Charles IV du Saint-Empire fait traduire la Bible en tchèque. Au niveau phonétique, sans doute du fait de l'importante immigration allemande et du fait que la cour devient germanophone, le f fait son entrée dans la langue tchèque alors qu'il est absent du vieux slave et était, dans les mots latins lexicalisés en tchèque pour des raisons religieuses, remplacé par les lettres p ou b.

Entre les XIVe et XVe siècles, une réforme de l'orthographe introduit dans le tchèque les signes diacritiques. Jan Hus, sans qu'il soit certain qu'il en fût l'auteur, est l'ardent défenseur de cette innovation. À partir du XVe siècle, les Tchèques ne prononcent plus différemment le y (dit « i dur » dans les langues slaves, relativement proche du son français u) et le i (dit « i mou »). Prononcé i, l'orthographe conserve cependant le y.

La littérature tchèque écrite connaît un important développement après la découverte de l'imprimerie au XVIe siècle. La bible de Kralice devient alors un exemple de tchèque littéraire. Après 1620 le tchèque connaît un certain déclin, à cause de l'émigration forcée des intellectuels non catholiques comme Comenius ou Pavel Stránský. Peu à peu, l'allemand prend le pas, et tend à devenir la langue de l'éducation et de la science.

Grâce aux efforts des membres de la renaissance nationale tchèque, la langue tchèque est de nouveau exaltée aux XVIIIe et XIXe siècles. L'école fait d'importants efforts pour en refaire une langue littéraire. La langue se détache d'archaïsmes datant de la bible de Kralice. C'est à cette époque que le tchèque littéraire obtient sa forme actuelle.

Écriture[modifier | modifier le code]

L'alphabet tchèque est issu de l'alphabet latin, auquel ont été ajoutées des lettres modifiées par des signes diacritiques, notamment sur certaines consonnes comme c, s, z, r et qu'on a enrichi du digramme « ch ».

L'orthographe du tchèque est étymologique et phonétique. La grande majorité des lettres se prononcent.

Ordre alphabétique et valeur des graphèmes[modifier | modifier le code]

La transcription suit les usages de l'alphabet phonétique international.

A B C Č D E F G H CH I J K L M N O P Q R Ř S Š T U V W X Y Z Ž
a b c č d e f g h ch i j k l m n o p q r ř s š t u v w x y z ž

[a] [b] [ʦ] [ʧ] [d] [ɛ] [f] [ɡ] [h] [x] [ɪ] [j] [k] [l] [m] [n] [o] [p] [kv] [r] [] [s] [ʃ] [t] [u] [v] [v] [ks] [I] [z] [ʒ]

Les lettres « i » et « y » notent toutes les deux le phonème [i], en indiquant le caractère respectivement dur (articulation vélaire) ou mou (articulation palatale) de la consonne qui précède (cf. « Système sonore », infra); cette distinction affecte peu le timbre vocalique lui-même. Toutefois, ce procédé orthographique n'est valide que pour les consonnes dentales t-d ou alvéolaire n et, de surcroît, n'est pas observé de manière systématique dans les mots d'emprunt. Il s'ensuit que le choix entre « i » et « y » constitue une difficulté orthographique. Dans les mots d'origines étrangères, di se prononce comme [dj]. La consonne d n'est pas molle. Par exemple, dietní se prononce [dj-e-tni:].

De la même façon s'opposent les lettres e et ě notant [e]. Par exemple, « tě » représente « tˇe », soit [t'e].

Dans tous les autres cas, la mouillure est représentée par l'ajout du signe háček (« ˇ » dit caronaccent circonflexe inversé) sur « t », « d » et « n » : « ť », « ď », « ň » (majuscules « Ť » « Ď » « Ň »); ces dernières ne sont pas traitées comme des lettres de l'alphabet à part entière.

Dans les lettres surmontées du háček représentées dans l'alphabet, ce signe ne marque pas le trait phonétique de mouillure (on verra plus bas qu'elles sont toutefois assimilées à des molles dans les déclinaisons):

  • « č » (/ʧ/) comme dans « tchèque »
  • « ř » (//) entre rch et rj comme dans « Dvořák » écouter
  • « š » (/ʃ/) comme dans « chameau »
  • « ž » (/ʒ/) comme dans « jouer »

Enfin, l'alphabet n'accorde pas de place propre aux lettres voyelles accentuées, qui représentent des sons vocaliques longs :

  • /aː/ est représenté par la lettre á
  • /ɛː/ est représenté par la lettre é
  • /iː/ est représenté par les lettres í et ý : díl « partie » - dým (fumée)
  • /oː/ est représenté par la lettre ó
  • /uː/ est représenté par les lettres ů et ú : dům (maison) - úhel (angle) (ú s'emploie à l'initiale des morphèmes, dans le mot ocún (colchique), dans certains mots préfixés comme trojúhelník (triangle) et dans les mots étrangers))

Système sonore[modifier | modifier le code]

Les traits pertinents qui rendent aisément reconnaissable le tchèque sont la différence entre voyelles longues et courtes, la différence entre consonnes dures et molles (malgré son faible rendement) et les consonnes notée « ř » et « h », l'accent fixe initial. On classe ci-dessous les phonèmes suivant la dichotomie traditionnelle consonnes vs. voyelles, bien qu'elle soit difficile à mettre en œuvre en tchèque (cf. les diphtongues et les sonnantes).

Voyelles[modifier | modifier le code]

Les voyelles tchèques sont soit courtes, soit longues, ce qui affecte peu leur timbre :

Czech vowel chart.png

Cette différence de longueur permet d’opposer des mots (elle est phonologiquement pertinente), comme le montrent les paires minimales suivantes :

  • sad [sat] ~ sát [saːt]
  • bal [bal] ~ bál [baːl]
  • kaž [kaʃ] ~ káš [kaːʃ]
  • lek [lɛk] ~ lék [lɛːk]
  • len [lɛn] ~ lén [lɛːn]
  • sled [slɛt] ~ slét [slɛːt]
  • bor [bɔr] ~ bór [bɔːr]
  • chor [xɔr] ~ chór [xɔːr]
  • mot [mɔt] ~ mód [mɔːt]
  • sir [sɪr] ~ sýr [siːr]
  • Žid [ʒɪt] ~ žít [ʒiːt]
  • kil [kɪl] ~ kýl [kiːl]
  • dul [dul] ~ důl [duːl]
  • nuž [nuʃ] ~ nůž [nuːʃ]
  • ruš [ruʃ] ~ růž [ruːʃ]

La nature de cette opposition partage les spécialistes :

  • certains estiment qu’il faut compter dix voyelles ; le trait de longueur serait qualitatif (donc fondé sur une différence de timbre ?) ;
  • d’autres estiment que c’est essentiellement une opposition de quantité: les longues sont réputées d’une durée approximativement deux fois supérieure aux courtes ;
  • le schéma ci-dessus, qui fait ressortir le caractère sensiblement plus palatal de [i], suggère un traitement propre pour les voyelles antérieures d’aperture minimale : cela ferait six voyelles en tout.

En tout état de cause, cette longueur n’est pas un simple redoublement de voyelles: il n’y a pas de sens d’interpréter /á/ comme /a/ suivi d’un autre /a/, c’est-à-dire de décomposer les syllabes longues en deux mores) : en effet, l'accent de mot frappant une voyelle longue s’applique sans distinction de mores (a contrario du serbe, du croate ou du grec ancien)[1].

Diphtongues[modifier | modifier le code]

Il y a trois diphtongues en tchèque :

  • /aʊ̯/ représenté par au (presque uniquement dans les mots d’origine étrangère) ;
  • /eʊ̯/ représenté par eu (uniquement dans les mots d’origine étrangère) ;
  • /oʊ̯/ représenté par ou ; selon la morphologie du mot, ou est un digramme représentant la diphtongue /oʊ̯/, comme dans mouka (deux syllabes : mouk-a) « farine », ou bien représente deux graphèmes appartenant à deux parties de mots comme dans nedouk (trois syllabes : ne-do-uk) « demi-savant ».

Consonnes[modifier | modifier le code]

Point d'articulation Consonne labiale Consonne coronale Consonne dorsale Consonne glottale
Mode d'articulation Consonne bilabiale La­bio‐
den­tal
Consonne alvéolaire Consonne post-alvéolaire Consonne palatale Consonne vélaire Glot­tale
Nasale    m    (ɱ)    n     ɲ    (ŋ)  
Occlusive p b   t d c ɟ k ɡ (ʔ)
Fricative   f v s z ʃ ʒ   x (ɣ) (h) ɦ
Spirante                j    
Roulée        r *
Spirante latérale    l        

La lettre « ř » représente un phonème réputé spécifique au tchèque. Mazon décrit ce « ř si caractéristique du tchèque »[2]. Il combine les vibrations de la langue d’un « r » roulé et le bruit de friction de la chuintante « j ». C’est une consonne dorsoalvéolaire roulée dont la variante principale est voisée, qui se transcrit comme // (ou /ɼ/ dans le système API d’avant 1989).

La fricative voisée /ɦ/ est produite par resserrement du chenal buccal au niveau du larynx lors de l’émission de la voix. (Elle ne doit pas être confondue avec la fricative sourde — dite « expirée » — de l’anglais « holiday »). Elle est notée « h » devant une voyelle.

Le digramme « ch » /x/, mais également « h » ailleurs que devant une voyelle, note le correspondant sourd de la précédente. Sa réalisation est comparable à l’allemand « Ach! », mais plus douce[2].

En outre, comme on l’a dit, il existe une corrélation de mouillure pour les dentales occlusives et sonnantes ; les consonnes molles sont très nettement palatalisées :

  • « ď » (/ɟ/) est proche du français « dieu » ;
  • « ň » (/ɲ/) est proche de « rossignol » ;
  • « ť » (/c/) est proche de « tiare ».

Les sonnantes [r], [m] et [l] peuvent fonctionner comme sommet de syllabe (à l’instar de voyelles) et permet des mots autrement dépourvus de voyelles comme zmrzl « il a gelé » ; ztvrdl « il a durci » ; scvrkl « il a rétréci » ; čtvrthrst « quart de poignée » ; blb « imbécile » ; vlk « loup » ; smrt « la mort » ; sedm « sept ». Cette propriété est illustrée dans un virelangue célèbre : Strč prst skrz krk « mets ton doigt en travers de la gorge ».

Le tchèque considère le [m], le [r] et le [l] comme des semi-voyelles. Lorsqu’elles jouent ce rôle, elles sont toujours dures. Par exemple, la règle de l’adjonction de voyelles euphoniques, devant un mot commençant par deux consonnes, ne s’applique pas si le mot commence par l’un de ces deux phonèmes : ve kterém « dans lequel » mais v kleci « dans la cage ».

À la fin des mots et devant sourdes, les consonnes sonores (voisées) sont assourdies : lev « lion » se prononce comme s’il était écrit « lef » et batoh « sac » se prononce comme « batoch ».

Initiale des mots[modifier | modifier le code]

Plusieurs phénomènes interviennent à l'initiale des mots.

On constate l'insertion d'un coup de glotte devant voyelles. Ce coup de glotte est traité comme une consonne sourde, et entraîne par conséquent l'assourdissement des consonnes voisées (sonores) qui précèdent : pod oknem [potʔoknem] « sous la fenêtre ». La prononciation [podoknem], jugée plus relâchée, se rencontre lorsque le débit est plus rapide.

Dans la langue familière, devant l'initiale o- se développe parfois la prothèse [v]: ainsi okno se dit souvent vokno.

Ces phénomènes permettent de distinguer l'initiale absolue du mot de l'initiale du groupe plus large, incluant les particules atones (clitiques), qui porte l'accent.

Accent[modifier | modifier le code]

L'accent est toujours porté sur la première syllabe du mot. Il existe des exceptions.

Les prépositions monosyllabiques forment une unité avec le mot suivant si celui-ci n'est pas plus long que trois syllabes. L'accent est alors placé sur la préposition : par exemple ˈPraha (Prague) → ˈdo Prahy (vers Prague). Cette règle n'est pas appliquée pour les longs mots, par exemple : ˈna ˈkoloˌ.

Des mots monosyllabiques (par exemple : mi (moi), ti (tu), to (ça), se, si (même), jsem (suis), jsi (es), etc.) sont des clitiques. Ils n'ont pas d'accent et forment une unité avec les mots précédents. Un clitique ne peut pas être le premier mot d'une phrase. Un autre mot doit le précéder. Par exemple : ˈNapsal jsem ti ˈten ˈdopis, Je t'ai écrit cette lettre.

Les mots de plus deux syllabes ont d'autres accents. Placés sur les syllabes impaires, ils sont beaucoup moins marqués que le premier accent, dont ils constituent une sorte d'« écho ». Par exemple : ˈnej.krás.ˌněj.ší (le plus beau).

L'accent n'influence pas la longueur des voyelles. Ceci offre quatre possibilités, caractéristiques du rythme en tchèque :

  • voyelle courte accentuée
  • voyelle courte inaccentuée
  • voyelle longue accentuée
  • voyelle longue inaccentuée

Morphologie[modifier | modifier le code]

La langue comporte des noms (podstatné jméno), des adjectifs (přídavné jméno), des pronoms (zájmeno), des numéraux (číslovka), des verbes (sloveso), des adverbes (příslovce), des prépositions (předložka), des conjonctions (spojka), des particules, (částice) et des interjections (citoslovce). En revanche, il n'existe pas d'article en tchèque mais il est toujours possible d'utiliser un pronom démonstratif à la place, ce qui donne une certaine emphase.

Les noms, adjectifs, pronoms et numéraux se déclinent. Les verbes se conjuguent. Les adverbes, prépositions, conjonctions, particules et interjections sont invariables.

Déclinaisons[modifier | modifier le code]

Classification des cas[modifier | modifier le code]

La langue tchèque comporte sept cas que les enfants à l'école mémorisent ainsi :

Exemple de déclinaisons des pronoms interrogatifs
Rang Cas Pronom interrogatif
1. Nominatif kdo / co? (qui / quoi ?)
2. Génitif bez koho / čeho? (sans qui / quoi ?)
3. Datif komu / čemu? (à qui / à quoi ?)
4. Accusatif vidím koho / co? (je vois qui / quoi ?)
5. Vocatif volám (j'appelle)
6. Locatif o kom / čem? (à propos de qui / quoi ?)
7. Instrumental s kým / čím? (avec qui / quoi ?)

Cependant, le slaviste français Claude Kastler propose un tableau modernisé des déclinaisons dans son manuel La langue tchèque[3].

Il exclut le vocatif des déclinaisons et considère le locatif comme une forme particulière du datif, adoptée par certains mots après les prépositions : na, v, při, o, po. Pour les besoins de mémorisation, il adopte la classification suivante :

  1. Nominatif (lié au vocatif)
  2. Accusatif
  3. Génitif
  4. Datif (lié au locatif)
  5. Instrumental

Cette présentation, qui reflète les phénomènes de syncrétismes (coïncidences formelles) réunissant certaines formes de nominatif, d'accusatif et de génitif, n'est autre que celle utilisée de longue date par les spécialistes de grammaire comparée slave et fut acclimatée dans la description francophone des idiomes modernes slaves par les russisants. Elle est suivie par de nombreux manuels de tchèque pour les étrangers, ou encore dans l'unique grammaire en tchèque du tchèque pour les étrangers, Čeština jazyk cizí d'Ivan Poldauf et Karel Šprunk. C'est celle-ci qui est adoptée dans cet article.

Le vocatif est utilisé à l'écrit et dans les situations de communication orales quand on s'adresse à une personne : ahoj Marku! (« salut Marc ! »), mais il tend à se simplifier et l'on dira couramment Vážený pane Novák (« cher monsieur Novák ») au lieu de Vážený pane Nováku [4]. Il est possible d'utiliser le vocatif pour des objets en procédant à une personnification.

En plus de ces sept cas, les déclinaisons se distinguent par le nombre (singulier et pluriel), les trois genres (masculin, féminin, neutre) ou plutôt quatre puisque le masculin a deux formes type : le masculin animé (hommes ou animaux) et le masculin inanimé (objet). La déclinaison diffère également en fonction de la dernière consonne (« dure » ou « molle ») de la racine du mot. Les déclinaisons standards sont donc d'une grande complexité grammaticale.

Facteurs contraignant le choix du cas[modifier | modifier le code]

  • La préposition précédente. Certaines prépositions (předložky) forcent l'utilisation d'un cas particulier.
    • génitif : během (pendant), podle/dle (selon), vedle (à côté), kolem (autour), okolo (autour), do (dans), od(e) (de), z(e) (de), bez(e) (sans), místo (à la place de).
    • datif : k(e) (vers), proti (contre), díky (grâce à), naproti (à l'opposé de).
    • accusatif : skrz(e) (à travers), pro (pour), na (sur).
    • locatif : o (au sujet de), na (sur), při (dans), v (dans), po (après).
    • instrumental : za (derrière), před (devant), mezi (entre), pod(e) (sous), s(e) (avec), nad(e) (au-dessus).
  • Le verbe précédent. Certains verbes forcent également des cas précis. De la même manière, certains verbes français demandent l'utilisation d'une préposition.
    • zeptat se = demander
    • zeptat se někoho (génitif) = demander à quelqu’un
    • pomoct = aider
    • pomoct někomu (datif) = aider quelqu’un
  • Le genre et le nombre

Différentes déclinaisons exemplaires[modifier | modifier le code]

Pour chaque genre, il existe une déclinaison exemplaire « dure » et « molle ». En plus de cette paire, il faut quelques déclinaisons atypiques. Elles sont le plus souvent non-productives, et utilisées pour des termes « archaïques ». Il existe par exemple le féminin en « _ost » et le neutre quasi-invariant en « _í ». Les grammaires tchèques proposent des déclinaisons exemplaires, qui servent de modèles à la déclinaison des autres mots.

  • Masculin animé
    • pán (student), syn, voják
    • muž, cizinec, rodič
    • předseda, paňáca (rikša)
    • soudce
    • génius
    • hajný (qui se décline comme l'adjectif mladý)
    • průvodčí (qui se décline comme l'adjectif jarní)
  • Masculin inanimé
    • hrad, les
    • stroj
    • cyklus
  • Féminin
    • žena, Máňa, lidičky
    • růže (nůše / tabule / židle)
    • píseň (skříň)
    • kost (místnost), lidé
    • idea
    • hajná (qui se décline comme l'adjectif mladý)
    • průvodčí (qui se décline comme l'adjectif jarní)
  • Neutre
    • město, středisko (hledisko), jablko (brko), pončo
    • moře, bojiště, vejce
    • kuře
    • stavení (nádraží)
    • rámě
    • muzeum
    • drama
    • vstupné (qui se décline comme l'adjectif mladý)
    • telecí (qui se décline comme l'adjectif jarní)

En outre, le tchèque possède un système parallèle de déclinaisons propre à la langue parlée, qui s'ajoute à cet ensemble complexe.

Déclinaison des substantifs[modifier | modifier le code]

Masculin animé[modifier | modifier le code]

La plupart des substantifs masculins se terminent par une consonne.

Singulier Nominatif pán muž předseda soudce
Vocatif pane! diváku! muži! předsedo! soudce!
Accusatif pána muže předsedu soudce
Génitif pána muže předsedy soudce
Datif pánovi, pánu mužovi, muži předsedovi soudci, soudcovi
Locatif pánovi, pánu mužovi, muži předsedovi soudci, soudcovi
Instrumental pánem mužem předsedou soudcem
Pluriel Nominatif pánové, páni mužové, muži předsedové soudci, soudcové
Vocatif pánové! páni! mužové! muži! předsedové! soudci! soudcové!
Accusatif pány muže předsedy soudce
Génitif pánů mužů předsedů soudců
Datif pánům mužům předsedům soudcům
Locatif pánech, divácích mužích předsedech, kolezích soudcích
Instrumental pány muži předsedy soudci

Masculin inanimé[modifier | modifier le code]

Singulier Nominatif hrad stroj
Vocatif hrade! zámku! stroji!
Accusatif hrad stroj
Génitif hradu ; lesa stroje
Datif hradu stroji
Locatif hradu, hradě ; lesu, lese stroji
Instrumental hradem strojem
Pluriel Nominatif hrady stroje
Vocatif hrady! stroje!
Accusatif hrady stroje
Génitif hradů strojů
Datif hradům strojům
Locatif hradech ; zámcích strojích
Instrumental hrady stroji

Féminin[modifier | modifier le code]

La plupart des substantifs féminins se terminent par les voyelles « a » ou « e ».

Singulier Nominatif žena růže píseň kost
Vocatif ženo! růže! písni! kosti!
Accusatif ženu růži píseň kost
Génitif ženy růže písně kosti
Datif ženě ; škole růži písni kosti
Locatif ženě ; škole růži písni kosti
Instrumental ženou růží písní kostí
Pluriel Nominatif ženy růže písně kosti
Vocatif ženy! růže! písně! kosti!
Accusatif ženy růže písně kosti
Génitif žen růží písní kosti
Datif ženám růžím písním kostem
Locatif ženách růžích písních kostech
Instrumental ženami růžemi písněmi kostmi

Neutre[modifier | modifier le code]

La plupart des substantifs neutres se terminent par la voyelle « o ».

Singulier Nominatif město moře kuře stavení
Vocatif město! moře! kuře! stavení!
Accusatif město moře kuře stavení
Génitif města moře kuřete stavení
Datif městu moři kuřeti stavení
Locatif městě, městu moři kuřeti stavení
Instrumental městem mořem kuřetem stavením
Pluriel Nominatif města moře kuřata stavení
Vocatif města! moře! kuřata! stavení!
Accusatif města moře kuřata stavení
Génitif měst moří kuřat stavení
Datif městům mořím kuřatům stavením
Locatif městech mořích kuřatech staveních
Instrumental městy moři kuřaty staveními

Les mots d'origine latine se terminant par -um se déclinent selon le modèle město: muzeum, muzea, muzeu, muzeum … Quelques-uns de ces mots ont été « acclimatés » et ont une déclinaison tchèque habituelle.

Les numéraux se déclinent également. Le numéral « deux », par exemple, se décline de la manière suivante :

Nominatif dva / dvě
Vocatif dva / dvě
Accusatif dva / dvě
Génitif dvou
Datif dvěma
Locatif (o) dvou
Instrumental dvěma

Le pronom « oba », « nous deux », « eux deux », « ces deux choses », vestige du duel indo-européen, a une déclinaison identique à ce numéral. Cette déclinaison a la particularité d'avoir un datif, non pas similaire au locatif, mais à l'instrumental.

Déclinaison des adjectifs[modifier | modifier le code]

Les adjectifs se déclinent selon le genre et le nombre du substantif auquel ils se rapportent :

  • mladý muž (jeune homme) (masculin)
  • mladá žena (jeune femme) (féminin)
  • mladé víno (jeune vin) (neutre)

Il existe aussi des déclinaisons exemplaires d'adjectifs :

  • mladý (dobrý) – base dure
  • jarní – base molle
  • otcův – adjectif d'appartenance masculin
  • matčin – adjectif d'appartenance féminin

Déclinaison en base dure[modifier | modifier le code]

Nombre Cas Masculin
animé
Masculin
inanimé
Féminin Neutre
Singulier Nominatif mladý mladá mladé
Accusatif mladého mladý mladou mladé
Génitif mladého mladé mladého
Datif mladému mladé mladému
Locatif mladém mladé mladém
Instrumental mladým mladou mladým
Vocatif mladý! mladá! mladé!
Pluriel Nominatif mladí mladé mladá
Accusatif mladé mladá
Génitif mladých
Datif mladým
Locatif mladých
Instrumental mladými
Vocatif mladí! mladé! mladá!

Déclinaison en base molle[modifier | modifier le code]

Nombre Cas Masculin
animé
Masculin
inanimé
Féminin Neutre
Singulier Nominatif jarní
Vocatif jarní!
Accusatif jarního jarní
Génitif jarního jarní jarního
Datif jarnímu jarní jarnímu
Locatif jarním jarní jarním
Instrumental jarním jarní jarním
Pluriel Nominatif jarní
Vocatif jarní!
Accusatif jarní
Génitif jarních
Datif jarním
Locatif jarních
Instrumental jarními

Adjectif d'appartenance[modifier | modifier le code]

Les adjectifs d'appartenance se forment à partir des substantifs animés de genre masculin ou féminin, au singulier :

  • otec → otcův
  • matka → matčin
Nombre Cas Masculin
animé
Masculin
inanimé
Féminin Neutre
Singulier Nominatif otcův, matčin otcova, matčina otcovo, matčino
Vocatif otcův, matčin otcova, matčina otcovo, matčino
Accusatif otcova, matčina otcův, matčin otcovu, matčinu otcovo, matčino
Génitif otcova, matčina otcovy, matčiny otcova, matčina
Datif otcovu, matčinu otcově, matčině otcovu, matčinu
Locatif otcově, matčině
Instrumental otcovým, matčiným otcovou, matčinou otcovým, matčiným
Pluriel Nominatif otcovi, matčini otcovy, matčiny otcova, matčina
Vocatif otcovi, matčini otcovy, matčiny otcova, matčina
Accusatif otcovy, matčiny otcova, matčina
Génitif otcových, matčiných
Datif otcovým, matčiným
Locatif otcových, matčiných
Instrumental otcovými, matčinými

Exemples :

  • otcův dům (la maison de mon père)
  • matčino auto (la voiture de ma mère)

Plusieurs pluriels[modifier | modifier le code]

Vestige du duel indo-européen, le tchèque conserve un pronom oba (nous deux ou eux deux) qui se décline. On retrouve la même déclinaison pour les substantifs désignant des parties symétriques du corps humain, comme ruka (la main)[5], noha (la jambe) ou oko (l'œil).

  1. ruka – nominatif singulier
  2. ruce – nominatif et accusatif pluriels
  3. rukou – génitif pluriel
  4. rukou – locatif pluriel
  5. rukama – instrumental pluriel

Le tchèque décline différemment la jambe d'un être humain et le pied d'une table, bien que les deux mots aient le même nominatif singulier : noha (la jambe).

Il comporte en outre deux pluriels suivant le numéral qui précède le substantif. De deux à quatre on utilise le pluriel normal, c'est-à-dire le cas approprié au pluriel. À partir de cinq et au-delà, on utilise le seul génitif pluriel (c.f. la forme française beaucoup de… ou plein de…). Certains termes comme spousta (beaucoup), tolik (tellement) forcent également l'utilisation de ce génitif pluriel.

  • jeden hrad (un château)
  • dva hrady, tři hrady, čtyři hrady (deux, trois, quatre châteaux)
  • pět hradů, šest hradů… (cinq, six châteaux…)

Formes verbales[modifier | modifier le code]

La conjugaison possède plusieurs modes : l'infinitif, l'indicatif, le subjonctif, l'impératif, le gérondif.

Infinitif[modifier | modifier le code]

L'infinitif possède la terminaison -t. Dans le tchèque littéraire, on trouve éventuellement la terminaison -ti; voire -ci pour quelques verbes en « -ct ». Par exemple, « pouvoir » peut se dire : Moct ou Moci.

Indicatif[modifier | modifier le code]

Claude Kastler propose plusieurs temps pour l'indicatif : le personnel, le passé et le futur.

Personnel[modifier | modifier le code]

L'indicatif possède un unique temps simple, intitulé personnel dans la grammaire de Claude Kaster. Il a valeur de présent pour les verbes imperfectifs. Pour les verbes perfectifs, il a le plus souvent valeur de futur, mais également de présent.
Il se fléchit en nombre (singulier / pluriel) et personne (1, 2, 3) :

Personne Singulier Pluriel
1. -m/-i/-u -me
2. -te
3. -á/-í/-e -ají/-(ej)í/-ou

Les verbes tchèques se classent parmi cinq groupes, selon leur terminaison au présent.

Passé[modifier | modifier le code]

Le passé est construit à l'aide :

  • de l'auxiliaire být (« être ») conjugué dont le rôle est d'indiquer la personne et le nombre ;
  • et du participe passé, avec un suffixe en « -l » :
Singulier Pluriel
Masculin Féminin Neutre Masculin
animé
Masculin
inanimé
& Féminin
Neutre
byl
dělal
byla
dělala
bylo
dělalo
byli
dělali
byly
dělaly
byla
dělala

Exemple de conjugaison au passé :

Personne Singulier Pluriel
1. dělal jsem dělali jsme
2. dělal jsi dělali jste
3. dělal dělali

On constate que l'auxiliaire být n'est pas utilisé à la troisième personne.

Futur composé[modifier | modifier le code]

Il existe également un futur composé pour les verbes imperfectifs. Il est constitué du verbe « être » conjugué et de l'infinitif du verbe, nécessairement imperfectif.

Personne Singulier Pluriel
1. budu dělat budeme dělat
2. budeš dělat budete dělat
3. bude dělat budou dělat


Les verbes de mouvement construisent leur futur à l'aide des préfixes po-/pů- qui s'ajoutent au présent :

  • jdu, ponesu, povezu.

Subjonctif[modifier | modifier le code]

Outre les modes infinitif, indicatif et impératif, il faut signaler un conditionnel (parfois désigné « subjonctif » car il n'a pas seulement une valeur hypothétique).

Subjonctif présent[modifier | modifier le code]

Il est formé à l'aide de la particule conjuguée -by et de la forme en -l accordée du verbe.

Personne Singulier Pluriel
1. dělal bych dělali bychom
2. dělal bys dělali byste
3. dělal by dělali by

Subjonctif passé[modifier | modifier le code]

Peu utilisé dans la langue parlée, il tend à être remplacé par le subjonctif présent. Il se compose du verbe « être » au subjonctif, ainsi que de la forme en -l accordée du verbe.

Personne Singulier Pluriel
1. byl bych dělal byli bychom dělali
2. byl bys dělal byli byste dělali
3. byl by dělal byli by dělali

Impératif[modifier | modifier le code]

L'impératif se forme pour la seconde personne du singulier et du pluriel, ainsi que pour la première personne du pluriel.

Pour la seconde personne du singulier, les verbes dont le radical se termine par une seule consonne ont une terminaison en -0, tandis que les verbes dont le radical se termine par deux consonnes ont une terminaison -i/-ej (selon le groupe du verbe).

Pour la seconde personne du pluriel, on ajoute la terminaison -te/-ete/-ejte.

Pour la première personne du pluriel on ajoute la terminaison -me/-eme/-ejme.

Exemples :

  • buď! buďte! buďme!
  • spi! spěte! spěme!
  • dělej! dělejte! dělejme!

L'impératif de la troisième personne s'exprime à l'aide de la conjonction at' .

Gérondif[modifier | modifier le code]

Le gérondif n'est utilisé qu'à l'écrit dans une langue soutenue. Il varie en genre et en nombre avec le sujet.
Les verbes imperfectifs forment leur gérondif à l'aide du suffixe : -ouc. Les verbes perfectifs le forment à l'aide du suffixe : -vš-

Passif[modifier | modifier le code]

Il existe deux formes du passif :

  1. À l'aide du verbe « être » (být) et du prédicatif passif :
    • Město bylo založeno ve 14. století. (La ville a été construite au XIVe siècle)
  2. Le passif pronominal, lorsque le verbe est accompagné de la particule pronominale « se » :
    • Ono se neudělalo. (Ça ne s'est pas fait.)
    • To se vyrábí v Číně. (Ça se construit en Chine.)

Négation enclitique[modifier | modifier le code]

La négation s'exprime à l'aide du préfixe « ne- ». Au futur et au passé, ce préfixe s'ajoute à l'auxiliaire « être » :

  • nedělat
  • nedělám
  • nedělej!
  • nedělal jsem
  • nebudu dělat
  • nedělal bych
  • byl bych neudělal nebo nebyl bych udělal
  • není děláno

Les phrases tchèques accumulent les termes négatifs :

  • Nic nemám. (Je n'ai rien)
  • Nikdy to nikomu neříkej. (Ne le dis jamais à personne)

Groupes verbaux[modifier | modifier le code]

Le tchèque possède cinq classes de verbes. Il existe des exceptions, telles que, jíst, vědět, vidět, mít, chtít et jít.

  1. -e:
    • La base est terminée par une consonne dure, devant la forme en « -l » du passé, se trouve la voyelle « a » :
      • nese – nesl
      • bere – bral
    • La base est terminée par une consonne molle.
      • maže – mazal
      • peče – pekl
      • umře – umřel (tře – třel)
  2. Les verbes formées avec le suffixe -nout à l'infinitif et la terminaison -ne au présent.
    • tiskne – tiskl
    • mine – minul
    • začne – začal
  3. Les verbes dont la terminaison à la troisième personne du présent est -je
    • kryje – kryl
    • kupuje – kupoval
  4. Les verbes dont la terminaison à la troisième personne du présent est la voyelle longue
    • prosí – prosil
    • trpí – trpěl
    • sází – sázel
  5. Les verbes dont la terminaison à la troisième personne du présent est la voyelle longue
    • dělá – dělal

Premier groupe[modifier | modifier le code]

Infinitif nést číst péct třít brát mazat
Français porter lire faire cuire frotter prendre enduire
Présent nesu
neseš
nese

neseme
nesete
nesou
čtu
čteš
čte

čteme
čtete
čtou
peču
pečeš
peče

pečeme
pečete
pečou
třu
třeš
tře

třeme
třete
třou
beru
bereš
bere

bereme
berete
berou
mažu
mažeš
maže

mažeme
mažete
mažou
Forme en -l
(passé)
nesl četl pekl třel bral mazal
Participe
passé
nesen čten pečen třen brán mazán
Impératif nes!
neste!
nesme!
čti!
čtěte!
čtěme!
peč!
pečte!
pečme!
tři!
třete!
třeme!
ber!
berte!
berme!
maž!
mažte!
mažme!
Gérondif
présent
nesa
nesouc
nesouce
čta
čtouc
čtouce
peka/peče
pekouc/pečíc
pekouce/pečíce
tra
trouc
trouce
bera
berouc
berouce
maže
mažíc
mažíce
Gérondif
passé
(do)nes
(do)nesši
(do)nesše
(pře)čet
(pře)četši
(pře)četše
(u)pek
(u)pekši
(u)pekše
(u)třev
(u)třevši
(u)třevše
(se)brav
(se)bravši
(se)bravše
(na)mazav
(na)mazavši
(na)mazavše

La plupart des verbes ont les terminaisons 0/-te/-me à l'impératif. Les verbes avec un radical finissant par deux consonnes ont pour terminaisons à l'impératif : -i/-ete/-eme.

Second groupe[modifier | modifier le code]

Infinitif tisknout minout začít
Français imprimer manquer commencer
Présent tisknu
tiskneš
tiskne

tiskneme
tisknete
tisknou
minu
mineš
mine

mineme
minete
minou
začnu
začneš
začne

začneme
začnete
začnou
Forme en « -l »
(Passé)
tiskl minul začal
Participe
passé
tisknut/tištěn minut začnut
Impératif tiskni!
tiskněte!
tiskněme!
miň!
miňte!
miňme!
začni!
začněte!
začněme!
Gérondif
présent
tiskna
tisknouc
tisknouce
mina
minouc
minouce
Gérondif
passé
(při)tisknuv
(při)tisknuvši
(při)tisknuvše
minuv
minuvši
minuvše
začav
začavši
začavše

Troisième groupe[modifier | modifier le code]

Infinitif krýt kupovat
Français cacher acheter
Présent kryji, kryju
kryješ
kryje

kryjeme
kryjete
kryjí, kryjou
kupuji, kupuju
kupuješ
kupuje

kupujeme
kupujete
kupují, kupujou
Forme en « -l »
(Passé)
kryl kupoval
Participe
passé
kryt kupován
Impératif kryj!
kryjte!
kryjme!
kupuj!
kupujte!
kupujme!
Gérondif
présent
kryje
kryjíc
kryjíce
kupujíce
kupujíc
kupujíce
Gérondif
passé
(za)kryv
(za)kryvši
(za)kryvše
kupovav
kupovavši
kupovavše

Quatrième groupe[modifier | modifier le code]

Infinitif Prosit čistit trpět sázet
Français demander laver souffrir planter
Présent prosím
prosíš
prosí

prosíme
prosíte
prosí
čistím
čistíš
čistí

čistíme
čistíte
čistí
trpím
trpíš
trpí

trpíme
trpíte
trpí
sázím
sázíš
sází

sázíme
sázíte
sázejí, sází
Forme en « -l »
(Passé)
prosil čistil trpěl sázel
Participe
passé
prošen čištěn trpěn sázen
Impératif pros!
proste!
prosme!
čisti!
čistěte!
čistěme!
trp!
trpte!
trpme!
sázej!
sázejte!
sázejme!
Gérondif
présent
prose
prosíc
prosíce
čistě
čistíc
čistíce
trpě
trpíc
trpíce
sázeje
sázejíc
sázejíce
Gérondif
passé
prosiv
prosivši
prosivše
(vy)čistiv
(vy)čistivši
(vy)čistivše
(s)trpěv
(s)trpěvši
(s)trpěvše
(vy)sázev
(vy)sázevši
(vy)sázevše

La plupart des verbes ont les terminaisons -i/-ete/-eme à l'impératif. Les verbes avec un radical finissant par deux consonnes ont pour terminaisons à l'impératif : --i/-ěte/-ěme.

Cinquième groupe[modifier | modifier le code]

Infinitif dělat
Français faire
Présent dělám
děláš
dělá

děláme
děláte
dělají
Forme en « -l » (Passé) dělal
Participe
passé
dělán
Impératif dělej!
dělejte!
dělejme!
Gérondif
présent
dělaje
dělajíc
dělajíce
Gérondif
passé
dělav
dělavši
dělavše

Irréguliers[modifier | modifier le code]

Infinitif být mít jít jíst
sníst
vidět vědět chtít
Français être avoir aller, marcher manger voir savoir vouloir
Présent jsem
jsi
je

jsme
jste
jsou
mám
máš


máme
máte
mají
jdu
jdeš
jde

jdeme
jdete
jdou
jím, sním
jíš, sníš
jí, sní

jíme, sníme
jíte, sníte
jedí, snědí
vidím
vidíš
vidí

vidíme
vidíte
vidí
vím
víš


víme
víte
vědí
chci
chceš
chce

chceme
chcete
chtějí
Participe
passé
byl měl šel, šla, šlo
šli, šli, šla
jedl, snědl viděl věděl chtěl
Passif (-byt) --- (-jit) jeden, sněden viděn věděn chtěn
Impératif buď!
buďte!
buďme!
měj!
mějte!
mějme!
jdi, pojď!
jděte, pojďte!
jděme, pojďte!
jez, sněz!
jezte, snězte!
jezme, snězme!
viz!
vizte!
vizme!
věz!
vězte!
vězme!
chtěj!
chtějte!
chtějme!
Gérondif
présent
jsa
jsouc
jsouce
maje
majíc
majíce
jda
jdouc
jdouce
jeda
jedouc
jedouce
vida
vidouc
vidouce
věda
vědouc
vědouce
chtě/chtěje
chtíc/chtějíc
chtíce/chtějíce
Gérondif
passé
byv
byvši
byvše
(při)šed
(při)šedši
(při)šedše
(vy)jed, sněd
(vy)jedši, snědši
(vy)jedše, snědše
(u)viděv
(u)viděvši
(u)viděvše
(z)věděv
(z)věděvši
(z)věděvše
chtěv
chtěvši
chtěvše

Les verbes suivants ont des futurs irréguliers

  • jít - půjdu, půjdeš, půjde; půjdeme, půjdete, půjdou
  • být - budu, budeš, bude; budeme, budete, budou

Négation irrégulière :

  • být - troisième personne du singulier: není (non pas neje)

Aspects[modifier | modifier le code]

Comme les autres langues slaves, le verbe tchèque possède deux aspects : le perfectif et l'imperfectif.

On signale également des procédés de dérivation jadis décrits comme des aspects bien qu'ils ne fassent que se surajouter à la division principale en perfectif et imperfectif: à valeur itérative, accomplie ou inchoative. En changeant d'aspect le verbe peut subir un changement complet du radical. C'est cette particularité qui est une des difficultés du tchèque pour l'étudiant des pays d'Europe occidentale.

Par exemple :

  • dělat « faire » est un imperfectif simple: dělal jsem to - je l'ai fait.
  • dělávat est un imperfectif à valeur itérative, obtenu par suffixation: dělávál jsem to - je le faisais régulièrement.
  • udělat est un perfectif, obtenu par ajout d'un préverbe: udělal jsem to - je le fis (et ça n'a pas duré).
  • dodělat est un perfectif à valeur accomplie (« faire jusqu'au bout » - préverbe do-) : dodělal jsem to - (ça y est...) j'ai fini de le faire.
  • dodělávat est un imperfectif dérivé du précédent par suffixation: dodělával jsem to - j'ai fini de faire cela (voilà à quoi j'ai été occupé hier).

etc.

Dans ces exemples, la racine du verbe traduit « faire » est partout la même, ce qui n'est pas toujours le cas : brát « prendre » est le correspondant imperfectif de vzít.

La conjugaison tchèque rend sonore la personne, sujet du verbe et rend les pronoms inutiles. Ils existent néanmoins et s'utilisent pour insister :

  • ona to udělala : c'est elle qui l'a fait

par opposition à :

  • udělala to : elle l'a fait

Le verbe « être » peut se sous-entendre. En reprenant notre exemple ci-dessus:

  • jsem to udělal: je l'ai fait (littéralement : suis cela faire+passé)
  • já to udělal: c'est moi qui l'ai fait (littéralement : je cela faire+passé)

Syntaxe[modifier | modifier le code]

La fonction syntaxique des mots est pour l'essentiel indiquée par la déclinaison. L'ordre des mots est donc disponible pour indiquer l'insertion de l'énoncé dans son contexte énonciatif. C'est ce que les grammairiens tchèques appellent la « division actuelle de la phrase » (aktuální větné členění). C'est dans ce sens que l'ordre des mots peut être dit libre : il n'est pas contraint par la syntaxe élémentaire. En revanche, il suit les règles, impérieuses, de la division actuelle.

Division actuelle de la phrase[modifier | modifier le code]

L'énoncé peut être divisé en thème (« ce dont on parle ») et rhème (« ce qu'on dit du thème »), suivant un grand principe général: lorsqu'il y a un thème explicite, alors il précède, en règle générale, le rhème.

Le français assignant quant à lui une fonction syntaxique à l'ordre des mots, rend les effets de la division actuelle tchèque par divers procédés d'emphase (phrases dites « clivées » en c'est... que, par exemple), ou par le choix des déterminants (articles définis / indéfinis) etc.

  • Češi udělali revoluci : « les Tchèques ont fait la révolution »
  • Revoluci udělali Češi : « Ce sont les Tchèques qui ont fait la révolution »
  • Češi revoluci udělali : « Les Tchèques ont vraiment fait la révolution »

De même, on comparera :

  • Včera zemřel slavný herec. « Hier est mort un acteur de renom »
    • slavný herec (« acteur de renom ») est le rhème. La question sous-entendue est : Qui est mort?
  • (Ten) známý herec zemřel včera. « Cet acteur de renom est mort hier »
    • včera (hier) est le rhème. La question sous-entendue est : Quand est-il mort?

Un élément appartenant au rhème d'une phrase peut être inclus au thème de la seconde, comme c'est le cas de král « le roi » qui est introduit dans le rhème jeden král:

  • Byl jednou jeden král. Ten král měl tři dcery. « Il était une fois un roi. Ce roi avait trois filles »

On identifie parfois cette opposition entre thème et rhème avec la différence entre l' « information ancienne » et l' « information nouvelle ». Toutefois, un pronom de reprise - porteur d' « information ancienne » - peut être en position de rhème:

  • To udělal on - « C'est lui qui a fait cela »

Patronymes[modifier | modifier le code]

Le nom de famille d'une femme se met au féminin, Jana Tichá porte le même patronyme que Miloš Tichý. Dans le cas présent, tichý est un adjectif et la forme féminine de cet adjectif est tichá. Quand le nom de famille est un substantif, il est le plus souvent dérivé du masculin par l'ajout de « —ová » : Eva Romanová est la sœur de Pavel Roman. La forme « —ová » est grammaticalement un génitif et implique, au grand dam des féministes, l'idée de possession (Madame Nováková est littéralement l'épouse ou la fille de Monsieur Novák).

Jusqu'à il y a peu[6] cette forme était obligatoire, imposée par la loi tchécoslovaque puis tchèque. On peut voir dans cette obligation, une mesure vexatoire envers les minorités allemandes ou hongroises, forcées, après avoir dominé le pays[7], d'adopter les usages slaves. Par exemple, Kateřina Neumannová est la fille de monsieur Neumann. Désormais, l'épouse tchèque d'un ressortissant étranger ou d'un membre d'une minorité linguistique de la République tchèque peut choisir entre :

  • garder son nom de naissance
  • accoler son nom de naissance avec celui (inchangé) de son époux
  • accoler son nom de naissance avec le nom slavisé de son mari
  • adopter le nom, slavisé ou non, de son époux

En 2006, l'entrée en vigueur de l'équivalent tchèque du Pacte civil de solidarité, puisqu'il permet à la partenaire tchèque d'une ressortissante étrangère d'adopter son nom de famille (comme pour les épouses dans un mariage classique) qui, pour une oreille tchèque sera forcément « masculin », a provoqué une réaction homophobe ou misogyne (en tout état de cause, sexiste). Certains législateurs réactionnaires ont tenté de s'opposer à cette liberté patronymique accordée aux lesbiennes — en vain.

Dialectes et sociolectes[modifier | modifier le code]

Légende:
1 – Groupe tchèque(1a – sous-groupe tchèque du nord-est, 1b – sous-groupe tchèque du centre, 1c – sous-groupe tchèque du sud-ouest, 1d – sous-groupe du tchèque morave
2 – Groupe de la Moravie centrale
3 – Groupe de la Moravie de l'est
4 – Groupe de la Silésie (4a – sous-groupe de la silésie-morave, 4b – sous-groupe de la Silésie polonaise)
5 – dialectes de divers endroits

Dialectes[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs dialectes regroupés en deux ensembles régionaux, qui ne correspondent pas exactement à la Bohême et à la Moravie. Le groupe de la Moravie de l'est comprend un sous-dialecte très influencé par le slovaque. Le groupe de la Silésie polonaise a parfois été considéré comme une langue à part, le silésien. De plus, les régions peuplées avant 1945 par la minorité allemande ont reçu des migrants de toute l'ancienne Tchécoslovaquie et pratiquent une langue sans couleur dialectale.

Il existe également des variantes propres à chaque grande ville. Quelques exemples :

  • Les Pilsenois sont réputés pour leur accent chantant. Ils ajoutent un suffixe pa après les pronoms interrogatifs. Jak se máš ? (comment vas-tu?) devient Jakpa se máš ?
  • Les habitants d'Ostrava n'allongent pas les syllabes.
  • En Moravie nechci (je ne veux pas) devient nechcu.
  • L'argot de Brno comporte des mots comme šalina pour tramvaj (le tramway)
  • En Bohême du sud est, le ť est prononcé j après une voyelle. Par exemple : (zaplaťte > zaplajte)

Sociolecte[modifier | modifier le code]

Il existe un écart important entre le tchèque familier (obecná čeština) et la langue dite « littéraire » (spisovná čeština, qui traduit le terme allemand Schriftsprache). Cette dernière conserve certains archaïsmes hérités de sa normalisation par J. Dobrovský, laquelle s'appuyait largement sur les modèles du XVIe et XVIIe siècles. Durant tout le XXe siècle s'est poursuivi un débat animé entre « puristes » (représentés par le journal Naše řeč, publié par l'Institut de la langue tchèque) et « rénovateurs » (à commencer par les grandes figures du Cercle linguistique de Prague : Vilém Mathesius, Bohuslav Havránek).

Si le tchèque « parlé » (hovorová čeština) a réduit le nombre de déclinaisons, cela revient néanmoins à ajouter toute une batterie de cas à mémoriser en plus de l'énumération ci-dessus. Voici quelques exemples de déclinaisons « populaires » :

  • Le nominatif pluriel des noms masculins animés n'est pas en « í » avec mouillure de la racine, mais en « y ».
  • Le locatif pluriel se fait également sans mouillure de la racine :
    • v čůrcích devient donc v čůrkách.
  • L'instrumental pluriel est le même, quel que soit le genre, la « dureté » de la dernière consonne, etc.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Quelques mots courants[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Transcription en API Prononciation approximative
terre země [ˈzɛmɲɛ] zemnïè
ciel nebe [ˈnɛbɛ] nebe
eau voda [ˈvoda] voda
feu oheň [ˈoɧɛɲ] o-hegn
homme muž [ˈmuʃ] mouch
femme žena [ˈʒɛna] jena
manger jíst [ˈjiːst] yïist
boire pít [ˈpiːt] pïit
grand velký [ˈvɛlkiː] velkéé
petit malý [ˈmaliː] maléé
nuit noc [ˈnoʦ] notss
jour den [ˈdɛn] dène
bonjour dobrý den [ˈdobriː dɛn] dobrïi dène
bonsoir dobrý večer [ˈdobriː vɛʧɛr] dobrïi vetchère
bonne nuit dobrou noc [ˈdobrou noʦ] dobro-ou notss
merci děkuji [ˈɟɛkujɪ] dïèkouyi
s'il-vous-plait prosím [ˈprosiːm] prosïimm

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Garde, Paul, L'accent. Paris: PUF (coll. « SUP, le linguiste »), 1968 : 14-15
  2. a et b Mazon, André, Grammaire de la langue tchèque. Paris, IES, 1952 (3e éd.)
  3. Kastler, Claude, La langue tchèque pratique et raisonnée, Paris: Ophrys, 1995 (seconde édition amendée), ISBN 2-7080-0704-1
  4. Tereza Filinová, « Pátý pád: jde to z kopce? (Le vocatif tombe-t-il en désuétude ?) », Radio Praha,‎ 9 septembre 2007 (consulté le 8 aout 2008)
  5. http://e-skola.sweb.cz/sklonovani_podstatnych_jmen.html Déclinaison du mot Ruka au pluriel
  6. L'entrée dans la communauté européenne a eu pour bénéfice de mettre en relief dans les législations en vigueur, la nécessité du respect des minorités.
  7. Les États de Bohême dépendaient de la couronne d'Autriche et la Slovaquie faisait partie du royaume de Hongrie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

  • Claude Kastler, La langue tchèque pratique et raisonnée, Ophrys, Paris, 1995 (seconde édition amendée), (ISBN 2-7080-0704-1)
  • André Mazon, Grammaire de la langue tchèque, 3e édition, IES, Paris, 1952
  • Yves Millet, Les postverbaux en tchèque, IES, Paris, 1958
  • Patrice Pognan, Analyse morphosyntaxique automatique du discours scientifique tchèque, Dunod, Paris, 1975
  • Olga Spilar, Le Tchèque sans peine, Assimil, Paris, 1994.
  • Jan Šabršula, Problèmes de la stylistique comparée française-tchèque et tchèque-française, SPN, Praha, 1986

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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