Athéisme

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L’athéisme est une attitude[1] ou une doctrine qui ne conçoit pas l’existence ou affirme l’inexistence de quelque dieu, divinité ou entité surnaturelle que ce soit, contrairement, par exemple, au déisme et au théisme qui soutiennent ces existences, ou à l’agnosticisme qui considère que personne ne peut répondre à ces questions. C'est une position philosophique qui peut être formulée ainsi : il n'existe rien dans l'Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent un « dieu », ou « Dieu ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

Usages anciens[modifier | modifier le code]

αθεοι (atheoi) dans la lettre aux Éphésiens (2,12) attribuée à Paul de Tarse - Papyrus 46 du début du IIIe siècle[2].

Dans la Grèce antique, l’adjectif « atheos » (en grec : ἄθεος, composé du ἀ- privatif + « θεός » qui veut dire dieu) signifie « sans-dieu ». Le préfixe « a » indique une absence de dieu revendiquée en Grèce dès le Ve siècle av. J.-C. et prend le sens de « rompre la relation avec les dieux » ou « nier les dieux » à la place de l’ancien sens asebēs (en grec : ἀσεβής), « impie ».

« La plupart [des philosophes] ont dit que les dieux existaient, mais Protagoras était dans le doute, Diagoras de Mélos et Théodore de Cyrène pensaient qu’il n’y en avait aucun. […] Diagoras, appelé άθεος (athée) et plus tard Théodore [de Cyrène] ont ouvertement nié l’existence des dieux. » (Cicéron, De la nature des dieux : I, i, 2 et XXIII, 63).

Le terme est fréquemment utilisé au cours du débat entre les premiers chrétiens et les païens, chaque camp accusant l'autre d'être « atheos » dans le seul sens péjoratif qui existait à l'époque[3], qui n'est pas celui d'incroyance ou d'hérétique, mais d'impiété ou de vanité. Il existait aussi en grec le terme ἀθεότης (atheotēs), « athéisme », que Cicéron transcrivit par le mot latin, atheos.

Avant d’acquérir son sens actuel, le mot « athée » a eu nombre d’usages différents, qui ne sont plus usités. Selon Émile Littré, « les Grecs distinguaient les prénoms athées (par exemple Platon) et les prénoms théophores (par exemple Dionysos) ». Un prénom « athée » est donc simplement un prénom laïc, qui ne se réfère pas à la religion. En 167 après J.-C., à Smyrne, un chrétien nommé Polycarpe de Smyrne, refusant de rendre hommage à l’empereur alors divinisé, se vit proposer le choix entre le bûcher ou crier publiquement « Mort aux athées ». Polycarpe s'exécuta, mais en indiquant clairement que c’étaient ses accusateurs qu’il désignait ainsi.

En français[modifier | modifier le code]

La première occurrence publiée retrouvée du mot athéisme date du XVIe siècle, dans le texte de François de Billon, Le Fort inexpugnable de l’honneur du sexe féminin, en 1555. Il désigne alors l’incroyance d'un peuple. Il dérive du mot athée et du suffixe -isme et qualifie donc « la doctrine de l'athée ».

La première apparition publique retrouveé du mot athée remonte également au XVIe siècle (François Rabelais dans Lettre à Érasme décembre 1532). Le mot est composé du préfixe « a » privatif qui signifie sans et du radical grec théos signifiant dieu et vient de l'acception chez Platon de l'adjectif grec atheos [Αθεος (1re déclinaison)] « qui ne croit pas aux dieux » (les dieux grecs) qui sera repris en latin chrétien par atheos « qui ne croit pas en Dieu » (le dieu biblique)[4].

Définitions[modifier | modifier le code]

Image symbolisant l'athéisme au cœur des sciences.

L’athéisme, dans sa variante matérialiste, ne consiste pas à croire que « Dieu » n'existe pas, mais à ne pas croire, à penser qu'il n'y a rien de tel, à ignorer et à ne pas considérer comme sacrés les propos et écrits faisant état de phénomènes surnaturels et donc, par extension, à ne pas reconnaître l’existence de quelque divinité que ce soit. La pensée athée se revendique comme fondée sur le rationnel. Il existe néanmoins diverses formes d’athéisme en fonction des fondements et de la culture de chaque individu. Il convient en outre de distinguer l'athéisme de l’agnosticisme et de l’anticléricalisme. Caroline Fourest soutient l'hypothèse que chez une majorité d'athées francophones, l'anticléricalisme est nécessaire, pour des raisons historiques, et que ceux-ci se déclarent laïques pour cette raison. C'est-à-dire, dans cette acception, militants de la laïcité[N 1].

Les auteurs ont des difficultés à définir de la meilleure façon possible l'athéisme et à le classer, puisqu'il peut à la fois signifier une simple absence de croyances et un rejet réel et conscient des religions[5]. Plusieurs catégories ont été proposées pour tenter de distinguer ces différentes formes d'athéisme, la plupart le définissant comme « absence de croyances en une ou plusieurs divinités » permettant ainsi de couvrir la variété de ce non-théisme[N 2].

De plus, la diversité des définitions possibles de la divinité engendre des ambiguïtés dans le champ de la notion d'athéisme : une croyance sera compatible ou non avec l'athéisme selon que son objet sera ou pas considéré comme une divinité. Les phénomènes rejetés par les athées pourront aller de la figure de Dieu personnifié, comme celui de la religion chrétienne, à l'existence de toute réalité spirituelle, surnaturelle ou transcendante.

Fondements[modifier | modifier le code]

L'athéisme est une position philosophique qui admet des fondements divers selon les auteurs.

Athéisme scientifique[modifier | modifier le code]

Les progrès de la science, notamment à partir de la révolution copernicienne, puis à l'époque des Lumières, permettent d'expliquer le monde de manière de plus en plus satisfaisante sans recours à aucun dieu de type biblique, comme le montre l'échange célèbre : « Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu ? » (Napoléon) ; « Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse[6]. » (Laplace).

La suite est moins connue : d'autres savants ayant déploré que Laplace fasse l'économie d'une hypothèse qui avait selon eux « le mérite d'expliquer tout », Laplace répondit cette fois-ci à l'empereur : « Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions[N 3] ». À l'époque où les connaissances scientifiques (plus particulièrement celles concernant les sciences de l'univers) en étaient encore à leurs balbutiements, le principe d'économie penchait plutôt en faveur du religieux. C'était le principe même du rasoir d'Occam.

L'observation d'Aristote était la règle : un monde sublunaire peu prévisible régi par des mouvements unidirectionnels (chute des corps pesants, montée de la vapeur d'eau), et un monde céleste, au-delà de la sphère lunaire, parfaitement compréhensible et formé de cycles éternels : la complexité était simplement renvoyée dans « l'autre monde », le monde divin. Inversement, depuis quelques siècles, les progrès dans les sciences ont donné de nombreux éléments permettant d'éviter le recours à l'intervention divine dans la démarche de compréhension du monde, notamment par la réfutation des thèses créationnistes lors de la découverte du Big Bang et de son explication[7].

L'« athéisme scientifique » est la démarche inférant que le rôle de la croyance religieuse dans l'explication du monde est caduc. L'argument voltairien (qui devient alors : « qu'est-ce qui explique que la physique obéisse à telles règles plutôt qu'à d'autres ? ») est renvoyé à un stade ultérieur d'accomplissement de la science, ou bien comme inconnaissable fondamental. L'astrophysicien Stephen Hawking estime que connaître la provenance de ces lois sera « comme connaître la pensée de Dieu ».

Selon Richard Dawkins, la science et le rationalisme sont une autoroute vers l'athéisme[réf. nécessaire].

Athéisme philosophique[modifier | modifier le code]

À quelques nuances près, la réflexion philosophique occidentale tend en général à naturaliser le divin, à le ramener dans le monde, comme chez Spinoza, pour lequel Dieu est un synonyme de la Nature (« Deus sive Natura », Éthique, Livre IV). Elle prépare ainsi la voie à un athéisme fondé sur une doctrine philosophique, l'athéisme philosophique. Il trouve son origine chez le philosophe grec Démocrite[réf. nécessaire], et s'appuie sur des arguments variés, du domaine du relativisme, du rationalisme, du nihilisme, et même de la morale. L'athéisme refuse de postuler l'existence d'entités dont l'existence n'est ni prouvée ni observable, et souligne également l'immoralité éventuelle de cette existence (« La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas »[8], citation que Prosper Mérimée attribua à Stendhal). Nietzsche reprendra la phrase dans Ecce Homo en regrettant que Stendhal en ait eu l'idée avant lui[9]. Il n'existe pas d'arguments rationnels valables pour soutenir la croyance en l'existence d'un dieu quelconque, qu'il soit conçu par l'homme (anthropomorphique) ou qu'il soit une abstraction métaphysique.

À partir de l’Humanisme puis des Lumières, qui s'inspirent de l'Antiquité gréco-romaine, et jusqu’à aujourd'hui, plusieurs philosophes parvinrent à disserter avec liberté sur l'hypothèse de l'existence de Dieu ou des dieux, soit pour la remettre entièrement en cause, soit pour la reformuler. L'œuvre de Spinoza constitue l'une des critiques les plus remarquables du phénomène religieux[10].

L'affaire Galilée est sans doute l'une des sources, si ce n'est la principale, de l'athéisme philosophique du XVIIe siècle et des siècles suivants, car elle remit en cause les fondements et la classification des connaissances posés par la scolastique au XIIIe siècle[N 4].

Dans le Drame de l'humanisme athée (1944, réédité en 1998), Henri de Lubac identifie quatre philosophes qui, selon lui, ont nié le plus radicalement l'existence de Dieu au cours du XIXe siècle : Auguste Comte, avec sa philosophie et sa religion positivistes, dont la loi des trois états conduit à un monde sans religion, et même sans métaphysique ; Ludwig Feuerbach, « L'homme créa Dieu à son image »[11], Dieu comme projection des désirs de l’homme ; Karl Marx, qui conçoit toutes les croyances religieuses comme « opium du peuple » ; et Friedrich Nietzsche, avec ses concepts d'esprit libre, de surhomme et de volonté de puissance. On peut y ajouter Arthur Schopenhauer.

L'athéisme philosophique peut aller d'une critique radicale de la religion jusqu’à une attitude de recherche ou d'interrogation constructive sur l'existence de Dieu, ce qui fait partie de la légitime spéculation philosophique. Le Dictionnaire de l'Académie française (8e (1932) et 9e éditions) définit d'ailleurs seulement l'athéisme comme une « doctrine philosophique qui nie l'existence de Dieu ».

Athéisme spirituel[modifier | modifier le code]

Le spiritualisme et l'athéisme ne sont pas forcément opposés. En effet, les systèmes athées peuvent ne mettre en cause que le caractère transcendant du spirituel, et le conserver sous d'autres formes immanentes. Par exemple, la vision darwiniste d'intelligence planificatrice du marché[évasif]. L'athéisme n'empêche pas la croyance en d'autres formes de pensée abstraite ou d'émotions mystiques[N 5]. Ainsi, des religions, tel le bouddhisme, dont les dogmes[12] ne font pas intervenir la notion de divinité, peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées. Il existe également des personnalités, tel le théologien John Shelby Spong, qui se définissent à la fois comme chrétiennes et comme athées. Le philosophe français André Comte-Sponville a écrit un essais intitulé "L'Esprit de l'Athéisme, introduction à une spiritualité sans Dieu".

Histoire[modifier | modifier le code]

Article principal : Histoire de l'athéisme.

Selon Michel Onfray, philosophe et fondateur de l'université populaire de Caen, « Il n'y a pas d'athéisme au sens contemporain du terme avant le XVIIIe siècle »[N 6] pour cause légale et sociale. Plus avant dans sa conférence d'introduction, il expose que les philosophes antiques que nous nommons aujourd'hui « athées » présentent en fait plusieurs variantes de scepticisme[13]. La trace écrite connue la plus ancienne qui nous prouve que l'athéisme est au moins aussi ancien que le judaïsme se trouve dans la bible (Ancien Testament, psaume 14'). L'athéisme, sous toutes ses formes, est au moins aussi vieux que la croyance dans le domaine historique. Quant aux temps préhistoriques (qui représentent une durée largement supérieure à celle de l'histoire), l'absence de trace écrite rend aléatoire toute supputation sur la nature des éventuelles préoccupations métaphysiques des hommes, et sur la pertinence d'une transposition des notions modernes de croyance religieuse et d'athéisme.

Introduction[modifier | modifier le code]

L'anthropologie, l'ethnographie et plus généralement toutes les sciences de l'Homme exposent, à la plupart des époques connues, l'association systématique de concepts religieux extrêmement variés dans la naissance de toutes les sociétés examinées; le principe religieux et le principe politique ne font alors qu'un[14]. À l'inverse, l'athéisme, qui suppose d'abord une critique, puis éventuellement un rejet de ces concepts religieux, émerge au fil des siècles, dès que ce système religieux ne rend plus compte de la société qui l'a secrété. Pour l'Occident, c'est au XVIIIe siècle[15].

Ces faits donnèrent naissance au protestantisme, mais aussi à des versions de plus en plus dissidentes ou critiques de la doctrine chrétienne dominante[16] (panthéisme, agnosticisme, déisme). De plus, tous ces mouvements protestataires ont été poursuivis, parfois très violemment (Inquisition), au mépris des valeurs de tolérance, pourtant prônées par ces mouvements religieux dominants.

Les guerres de religion entre catholiques et protestants ont motivé de nombreux intellectuels, à la suite de Pierre Bayle, contre la prédominance de la religion dans les affaires humaines, et pour la tolérance religieuse, dont bénéficièrent aussi les athées.

En Grèce Antique[modifier | modifier le code]

Socrate est accusé d'impiété.

Dans les sociétés antiques, ce ne sont pas les croyances qui sont imposées, mais l'observation des cultes publics. Les dieux sont révérés par des rites très précis, des fêtes et des offrandes, mais pas en professant une doctrine sur leur existence ou leur rôle. Les théories rationnelles des philosophes, et leurs métaphysiques, ne sont jamais mises en regard des invraisemblances de la mythologie pour montrer des contradictions. Ces sociétés ne condamnent pas des hérétiques, promoteurs d'une conception hétérodoxe du monde et de son histoire, mais des impies ou des sacrilèges. Il n'est donc pas question d'athéisme dans ces sociétés. Et les philosophes considérés comme athées croyaient probablement aux divinités de leur cités, ainsi qu'aux légendes et aux pouvoirs qui leur ont été accordés. Il n'existe pas de texte connu cherchant à démontrer l'inexistence de Zeus ou d'Athéna, ni l'invraisemblance de leur histoire qui était plus considérée comme un corpus inépuisable et bénéfique de métaphores et de sagesses, que comme une vérité dogmatique, au sens que lui donneront le judaïsme puis le christianisme.

Le philosophe, poète et homme politique grec Critias justifie la religion par le rôle qu'elle joue, il convient qu'elle est une institution historique, utilisée pour inspirer la vertu aux peuples, afin d'établir la civilisation[17]. Le philosophe Diagoras qui, quatre siècles avant J.-C., critiquait de façon sévère la religion et le mysticisme, est souvent envisagé comme le « premier » athée[18]. Les atomistes tels que Démocrite ont tenté d'expliquer le monde de façon strictement matérialiste, sans référence au spirituel ou au mystique : si le monde est constitué d'atomes, ceux-ci se combinent au hasard, donnant parfois des formes stables, voire se reproduisant, mais aucune intervention de Dieu[N 7]. Cette position irrite Platon qui ne fait aucune place aux idées de Démocrite dans ses écrits - pas même pour les réfuter - ni n'y mentionne son nom. D'autres philosophes, avant Socrate, avaient aussi des points de vue sceptiques, comme Prodicus et Protagoras. Au troisième siècle avant J.-C., les philosophes grecs Theodore[19] et Straton de Lampsacus[20] ne croyaient pas non plus aux dieux, ce qui n'est pas équivalent à dire qu'ils ne connaissaient ou n'éprouvaient aucune transcendance[21].

Socrate (-471 à -399) était accusé d'être athée à cause de son impiété parce qu'il posait des questions sur la nature et l'existence des dieux[22]. Bien qu'il ait nié son accusation d'« athée complet »[23], il fut condamné à mort. Euhemere (-330 à -260) présenta l'idée selon laquelle les dieux n'étaient que des dirigeants et des conquérants du passé, et que leurs cultes et les religions n'étaient que la continuation de royaumes anéantis et de structures politiques d'un autre temps[24]. Euhemere fut ensuite critiqué pour avoir « répandu l'athéisme sur l'ensemble des terres en désignant les dieux comme de vieux concepts »[25]. Épicure (-341 à –270) critiquait beaucoup des doctrines religieuses de son temps, et notamment le concept d'existence d'une vie après la mort ou de l'existence physique des déités ; il considérait l'esprit entièrement matériel et mortel. Si les épicuriens ne remettent pas en cause l'existence des dieux, ils nient toute intervention de leur part dans les affaires humaines[26]. Dans la Lettre à Ménécée, Épicure énonce quatre principes à suivre pour mener une vie bienheureuse. Le premier de ces principes est de ne pas craindre les dieux, puisque ceux-ci ne se préoccupent pas des humains.

D'autres encore nient ouvertement l'existence des dieux, tel Théodore l'Athée qui avait démontré, dans ses écrits, leur inexistence. (vers - 320 av. JC). Le poète romain Lucrèce (-99 à –55) indiqua que, s'il y avait des dieux, ces derniers n'étaient pas préoccupés par l'humanité et étaient incapables d'influer sur le monde naturel. Pour cette raison, il pensait que l'humanité n'avait aucune crainte à avoir du surnaturel. Il exposa ses vues épicuriennes du cosmos, des atomes, de l'esprit, de la mortalité, et de la religion dans l'ouvrage De rerum natura (De l'Essence des Choses)[27], ce qui rendit populaire la philosophie épicurienne dans la Rome antique[28].

La signification d'« athée » change pendant l'Antiquité. Les premiers chrétiens furent appelés athées par les non-chrétiens pour leur non croyance dans les dieux romains[29]. Lorsque le christianisme devint religion d'État à Rome, en 381, l'hérésie devint passible de condamnation[30].

Scepticisme du Moyen Âge à la Renaissance[modifier | modifier le code]

François Rabelais, humaniste français du XVIe siècle.

Les vues athées revendiquées étaient rares en Europe pendant le Moyen Âge, surtout lors de l'Inquisition ; la métaphysique, la religion et la théologie étaient alors les matières dominantes portées au quadrivium[31]. Cependant, pendant cette même période, des conceptions nouvelles du Dieu chrétien se sont développées, telles que des vues différentes de la nature, de la transcendance, et de l'intelligibilité de Dieu. Des théologiens tels que David de Dinant ou Amaury de Chartres ont gardé la religion chrétienne tout en adoptant des vues panthéistes.

Les Français Jean de Mirecourt[32] et Nicolas d'Autrecourt, philosophe nominaliste[33], ont privilégié la position selon laquelle la connaissance humaine est limitée aux objets matériels, et que l'essence d'un être divin ne pouvait pas être appréhendée, intuitivement ou rationnellement, par l'intellect humain.

La Renaissance a permis l'expansion de la liberté de pensée et du scepticisme. Par exemple, Léonard de Vinci, indiquait que l'explication venait de l'expérimentation, et opposait ses arguments aux autorités religieuses. D'autres critiques de la religion et de l'Église catholique ont aussi été formulées par les chrétiens Nicolas Machiavel, Bonaventure des Périers, et François Rabelais[34]. Toutefois, l'apologie de Raymond Sebond, de Michel de Montaigne, reste sans équivalent sur le scepticisme de cette époque.

Il était alors question d' « incroyance » pour désigner toute forme de dissidence face à la religion dans sa forme officielle comme en témoigne Lucien Febvre[35].

Entre les XVIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Paul Henri Thiry d'Holbach, dit le baron d'Holbach, symbole de l'athéisme au XVIIIe siècle.

La Renaissance et la Réforme permettent d'assister à une résurgence de la ferveur religieuse, comme en témoignent la prolifération de nouveaux ordres religieux, de confréries, les dévotions populaires dans le monde catholique, et l'apparition de sectes protestantes calvinistes. Cette époque de rivalité interconfessionnelle permit un élargissement des sujets théologiques et l'ouverture aux raisonnements philosophiques, dont la majeure partie sera plus tard utilisée pour promouvoir une vision sceptique du monde religieux. La critique du christianisme est devenue de plus en plus fréquente au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier en France et en Angleterre, avec un « malaise religieux », selon les sources, telles que certains penseurs protestants comme Thomas Hobbes. Ce dernier adopte une philosophie matérialiste et sceptique envers les évènements surnaturels. À la fin du XVIIe siècle, le déisme est ouvertement adopté par les intellectuels, tels que John Toland, et pratiquement tous les philosophes du XVIIIe siècle, en France et en Angleterre.

Portrait de Jean Meslier

Le premier athée connu ayant ouvertement rejeté le déisme de couverture, pour nier l'existence de dieu, était l'allemand Matthias Knutzen[36], qui devance par ses écrits athées de l'an 1674 le prochain auteur athée Jean Meslier, un abbé français, de plus que 50 ans. Knutzen et Meslier ont été suivis par d'autres penseurs ouvertement athées, comme le baron d'Holbach, qui se manifeste à la fin du XVIIIe siècle, au moment où exprimer l'incrédulité en Dieu est devenu une position moins dangereuse[37].

La Révolution française fit sortir l'athéisme des cercles intellectuels et le fit entrer dans la sphère publique. Beaucoup de mesures séculaires ont alors intégré la législation française à cette époque. Certains révolutionnaires de l'époque ont aussi tenté de déchristianiser la France, en promouvant à la fois le déisme (notamment Robespierre et son Culte de l'Être suprême) et l'athéisme (Culte de la raison). Sous l'ère napoléonienne, la sécularisation de la société française a été institutionnalisée. Enfin, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'athéisme prend de l'ampleur sous l'influence de philosophes, à la fois philosophes rationalistes et libres penseurs. Beaucoup de philosophes allemands de cette période ont convaincu de l'absence de dieux et étaient critiques envers la religion ; parmi les plus célèbres Arthur Schopenhauer, Karl Marx, Gerhart Hauptmann ou encore Friedrich Nietzsche[38].

L'athéisme s'exprime au Japon notamment avec le penseur Nakae Chômin.

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Bertrand Russell, mathématicien et philosophe du XXe siècle

L'athéisme au XXe siècle progresse dans de nombreuses sociétés[39]. La pensée athée est reconnue dans une large variété de philosophies, telles que l'existentialisme, l'objectivisme, l'humanisme laïque, le nihilisme, le positivisme logique, le marxisme, le féminisme[40], et le mouvement scientifique et rationaliste au sens large. Cette nouvelle vision a ouvert la voie à la philosophie analytique, au structuralisme, et au naturalisme. Leurs promoteurs, tel Bertrand Russell, ont dénoncé avec force les méfaits et les illusions issus de la croyance en Dieu.

Dans ses premiers travaux, Ludwig Wittgenstein a tenté de séparer métaphysique et langage surnaturel dans le discours rationnel. AJ Ayer a affirmé l'invérifiabilité et la futilité des arguments religieux, et revendique son adhésion aux sciences empiriques. JN Findlay et JJC Smart ont fait valoir que l'existence de Dieu n'est pas logiquement nécessaire[41]. Matérialistes et naturalistes, tel John Dewey, ont examiné le monde naturel, selon eux à la base de tout, et ont nié l'existence de Dieu ou le concept d'immortalité[42].

Le XXe siècle a également été marqué par la reprise de l'athéisme à des fins politiques. Sous l'impulsion d'une interprétation fallacieuse des œuvres de Marx et Engels certains mouvements politiques ont même versé dans l'antithéisme. Après la révolution russe de 1917, les libertés pour les minorités religieuses ont survécu pendant quelques années. La Russie révolutionnaire vivait alors dans un climat de tolérance relative à l'égard du phénomène religieux, bien que le Parti bolchévik luttât activement contre la religion par des moyens rigoureusement pacifiques, définis dès 1905 par Lénine[43]. Sa politique s'appuyait en effet sur la définition du jeune Marx : l'État et la société dans son ensemble « produisent la religion, une conscience renversée du monde, parce qu'ils sont eux-mêmes un monde renversé. »[44]. Le problème religieux ne fut donc pas placé au premier plan, parce qu'il était avant tout perçu comme le produit idéel de l'oppression pratique et matérielle du prolétariat. Dans cette optique, transformer la base sociale et économique du pays revenait à combattre la source même du religieux, sans pratiquer de répression directe et violente à son égard. Le bolchévisme fit alors la promotion, d'une part, d'un État laïque, qui ne se mêle ni de reconnaître ni d'interdire aucun culte[N 8] ; d'autre part, d'un parti idéologiquement athée qui cherche à toucher les masses par l'information scientifique, la presse, la littérature, etc.[N 9]. Sous la politique de terreur rouge lancée par la gouvernement de Lénine, des persécutions antireligieuses ont été menées à grande échelle. Le stalinisme a plus tard relancé une répression farouche à l'encontre des religions. Dans l'URSS de Staline, nombre de lieux confessionnels furent transformés, détruits ou fermés, et le contrôle des populations en ce domaine favorisa une atmosphère de délation à l'égard des croyants. Durant la guerre d'Espagne, de nombreux épisodes de violences antireligieuses et anticléricales, commises par des groupes communistes et des anarchistes, ont eu lieu durant la période dite de la terreur rouge espagnole. L'Union soviétique et les autres États communistes ont promu un antithéisme d'État et se sont opposés aux religions, recourant parfois à la violence contre elles[45]. En 1967, Enver Hoxha alors secrétaire général du Parti du travail d'Albanie, annonça la fermeture de toutes les institutions religieuses dans le pays, déclarant la République populaire d'Albanie « premier État officiellement athée »[46].

En 1966, le magazine Time demandait « Dieu est-il mort? »[N 10] en réponse à la dissolution d'un mouvement religieux chrétien, citant l'estimation que près de la moitié des habitants de la Terre vivent sous un pouvoir détaché du religieux, et des millions d'autres en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud ne sont pas intéressés par le Dieu chrétien[N 11].

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis la chute du mur de Berlin, le nombre de mouvements actifs antireligieux a considérablement diminué[réf. nécessaire]. La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle ont vu la reprise d'un athéisme théorique par certains philosophes comme André Comte-Sponville ou Michel Onfray. Notons que Comte-Sponville insiste sur le fait qu'il n'adhère pas aux croyances du catholicisme, mais n'entend pas renoncer pour autant à une certaine partie de ses valeurs qu'il juge pertinentes[47].

Religions[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Athéisme juif.

L’athéisme juif tire ses racines de la Haskalah, l'équivalent hébraïque de la Révolution des Lumières, dont il partage les sentiments antireligieux et anticléricaux[48]. Il fait référence aux Juifs laïques, qui ont choisi d'abandonner la croyance en Dieu mais qui n'ont pas rejeté leur identité juive ou leur attachement au peuple juif[48].

« La Haskalah et le combat pour l'Émancipation conduisirent l'avant-garde des Juifs allemands à rompre à des degrés divers avec la tradition juive et à adopter un mode de vie et de pensée souvent beaucoup plus laïcisé que ne l'avaient anticipé les premiers apôtres de l’Aufklãrung juive[49] ».

Christianisme[modifier | modifier le code]

Denis Diderot remet en cause les dogmes du christianisme

À l'époque où le christianisme dominait la vie sociale (spirituelle, politique, intellectuelle, scientifique, etc.) d'une grande partie de l'Europe, l'athéisme était généralement considéré comme le rejet de cette religion en particulier. Bien que cela ait été le cas de certains athées humanistes (en opposition notamment aux croisades et à l'Inquisition), l'antichristianisme ne représente qu'une petite frange des athées. Il existe d'ailleurs un lien historique étroit entre christianisme et athéisme, puisque c'est dans les pays de tradition chrétienne que s'est développée le plus largement la pensée athée et la laïcisation des institutions publiques.

La débaptisation n’est nullement nécessaire aux athées puisque ces derniers n'attachent pas d’importance au baptême. Son seul objectif est, pour la personne athée, purement symbolique, et exprime le désir de ne plus se voir recensée parmi les fidèles de l’Église catholique, et marquer ainsi son détachement officiel à cette dernière. En Allemagne, Autriche et Suisse, ou l'État prélève un impôt religieux reversé à certaines Églises, il existe une procédure légale de sortie de l'Église (Kirchenaustritt) permettant à quiconque, ayant été baptisé ou ayant autrement déclaré son appartenance à une Église, d'être libéré de l'impôt religieux.

Islam[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des pays à majorité musulmane, l'islam est intégré au tissu même de l'État et de la société. En revanche certains d'entre eux, comme la Turquie, revendiquent une laïcité forte qui provoque des polémiques nombreuses à chaque fois qu'elle est remise en cause. Cependant, dans ce dernier cas, la laïcité consiste en une séparation des institutions politiques et religieuses et n'a souvent rien à voir avec l'athéisme, très peu de Turcs se déclarant athées[50].

Le Coran condamne les « mécréants », incluant tous les non-musulmans[51] mais aussi les adeptes des autres religions abrahamiques[52], qualifiés d'injustes mais le verset 62 de la sourate 2 Al Baqara du Coran exclut de l'enfer et promet une récompense aux croyants, juifs, chrétiens, sabéens qui croient en Dieu et au Jour dernier et agissent justement[53][réf. insuffisante] :

« Ceux qui ont été chargés de la Thora mais qui ne l'ont pas appliquée sont pareils à l'âne qui porte des livres. Quel mauvais exemple que celui de ceux qui traitent de mensonges les versets d'Allah et Allah ne guide pas les gens injustes. Dis : "Ô vous qui pratiquez le judaïsme! Si vous prétendez être les bien aimés d'Allah à l'exclusion des autres, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques". »

— Sourate 62

« Et quel pire injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, ou qui dément la Vérité quand elle lui parvient ? N'est-ce pas dans l'Enfer une demeure pour les mécréants ? »

— Sourate 29

Il indique ainsi que tous les mécréants sont condamnés à finir dans la Géhenne[54] tant qu'ils persisteront dans leur conviction. Cependant, les lectures de l'athéisme en islam sont multiples et complexes et dépendent de l'interprétation faite du Coran. L'athée est considéré comme une personne dans l'« erreur » la plus profonde, personne qui sortirait de son « erreur » en commençant par respecter, tout au moins, les cinq piliers de l'islam. L'opprobre et les persécutions auxquels sont confrontés les musulmans ayant fait acte d'apostasie et devenus athées sont tels que le phénomène de l'athéisme officiel est inexistant et l'athéisme privé difficile à recenser.

Religions orientales[modifier | modifier le code]

Pour une personne éloignée géographiquement et culturellement de l’Extrême-Orient et du sous-continent indien, la figure de la divinité n’apparaît pas dans les religions de ces régions (bouddhisme, sikhisme, jaïnisme, taoïsme, védanta, etc.) de façon claire et homogène. Certains proposent d’y voir plutôt des philosophies, et les qualifient (le bouddhisme en particulier) d’athées[55].

Les divinités jouent un rôle important dans le taoïsme religieux depuis ses origines. Par contre, le bouddhisme hinayana et le jaïnisme, s'ils admettent l'existence des êtres surnaturels supérieurs aux humains que sont les deva du brahmanisme, ne leur accordent aucun rôle dans le salut. Les bouddhismes mahayanas et vajrayanas accordent, eux, une place importante à des entités surnaturelles (bodhisattvas et bouddhas « transcendants »), en général appelées « déités ». Dans la philosophie mahayana, les différentes déités sont des manifestations de la même nature, qui est aussi celle du pratiquant. La définition de ces systèmes comme athées n’est donc qu’un point de vue possible, qui suppose une certaine analyse philosophique de la part du pratiquant ou de l’observateur.

Du point de vue de la pratique, ces philosophies prennent un caractère religieux notamment avec l'existence d'une hiérarchie pyramidale et l'institutionnalisation du statut de « personne éveillée ». Cela rend la qualification de « religion athée » délicate. Cependant il y a davantage dans ces religions l'affirmation d'un Absolu impersonnel (Tao, nirvāna, brahman, etc.) à la fois transcendant et immanent, que d'un dieu créateur transcendant à la façon théiste, affirmation que ces philosophies considèrent comme un anthropomorphisme.

Politique[modifier | modifier le code]

Coexistence[modifier | modifier le code]

La plupart des athées acceptent la coexistence avec les croyants des différentes religions :

  • soit par respect : idée que les messages attribués à Dieu ou aux dieux synthétisent une réalité anthropologique et sociale, et que même si la cause attribuée, la divinité est absente et fausse, l'effet n'en demeure pas moins réel et par conséquent les valeurs prônées par les religions sont dignes d'intérêt (par exemple, les interdits religieux peuvent trouver leur cause dans des problèmes sanitaires antérieurs et le message chrétien a été conservé par les sociétés occidentales).
  • soit par tolérance : dans un souci de réciprocité afin que sa propre non-croyance soit tolérée ou avec l'idée que les religions disparaîtront d'elles-mêmes sans qu'aucune confrontation ne soit nécessaire.
  • soit par pragmatisme : la religion pourrait être considérée comme un outil social permettant de maintenir l'unité nationale, l'identité nationale, etc.

Régimes d'inspiration marxiste[modifier | modifier le code]

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À l'inverse, l'athéisme fut instauré comme doctrine d'État officielle au XXe siècle notamment dans la République populaire socialiste d'Albanie d'Enver Hoxha, où l'exercice de toute religion était réprimé et où tout symbole religieux était proscrit. Les monuments religieux ont été soit détruits soit volontairement transformés. Cette situation n'est pas directement liée à la philosophie marxiste proprement dite, mais à la pratique totalitaire de régimes d'inspiration marxiste réelle ou prétendue. Par définition, un régime totalitaire (quelles que soient les doctrines dont il se réclame) considère comme subversive toute croyance en une autorité supérieure à celle de l'État ou du Parti dirigeant; son propre système idéologique, qui n'est jamais qualifié de religion, tient lieu de religion officielle. En conséquence, les pratiques religieuses, vues comme des comportements déviants, sont soit purement et simplement proscrites, soit tolérées de façon précaire.

L'Union soviétique et ses états satellites ont également fait de l'athéisme d'État l'un des fondements de leur idéologie. Avec plus ou moins de vigueur. L'« athéisme scientifique » faisait partie des matières obligatoires à l'université. Toutes ces pratiques varièrent en intensité tout au long de l'existence de l'Union soviétique. De 1917 à 1924, le régime eut une politique conciliante envers la pratique privée, alors qu'il sécularisait les biens de l'Église orthodoxe russe. Les dirigeants étaient partagés entre la volonté d'enlever « le bandeau qui masquait la vérité au peuple » et la peur de s'aliéner les masses.

L'accession au pouvoir de Staline mit fin à cette tolérance relative. Jusqu'en 1932, le régime mena une politique répressive, marquée par de multiples destructions d'édifices religieux. Les années trente virent un lent regain de l'organisation religieuse, ralenti par un court regain de répression pendant les Grandes Purges (1937-1938). Le changement de politique fut complet lors de la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), qui inaugura une période de détente idéologique. Un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite, abolie depuis 1925, rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions Spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas. Après-guerre, la politique de promotion de l'athéisme reprit, mais surtout, elle se combina à un durcissement des Églises officielles (les uniates d'Ukraine furent les premiers à en pâtir). Cette divergence entraîna la création d'une hiérarchie officieuse, les « églises souterraines » et « l'islam parallèle » composé des religieux de confréries soufies. En dépit de l'affirmation constante de son athéisme, l'URSS ne cessa d'emprunter à la liturgie orthodoxe. Staline inaugura cette pratique en confiant les funérailles de Lénine (1924) aux bons soins de Krasine, de la secte des « Constructeurs de Dieu ». L'embaumement du défunt avait une forte résonance orthodoxe : il faisait directement référence à l'imputrescibilité du corps du saint.

Les pratiques parallèles comme les cultes officiels furent la cible de Khrouchtchev à compter de 1959, qui se positionnait ainsi en rétablisseur de la tradition léniniste face aux errances staliniennes. L'ère Brejnev fut une accalmie : un compromis fut trouvé qui reposait sur le rôle des religieux à l'extérieur, notamment dans les relations avec les pays arabes. En revanche, Gorbatchev relança une politique répressive sur des bases idéologiques similaires à celles de Khrouchtchev. Après la chute du bloc de l’Est et de l'URSS, les cultes orthodoxe (Russie, Ukraine), catholique (Pologne), et musulman (Asie centrale, Caucase et Tatarstan) reprirent de la vigueur. L'expression de la religiosité s'accrut et des personnes nées dans des familles athées se convertirent. Certains des régimes politiques issus de la chute du bloc de l'est continuent cependant la politique religieuse mise en place par l'URSS, ou du moins, à l'instar de l'Ouzbékistan, en ont conservé les méthodes.

Conception anglo-saxonne[modifier | modifier le code]

Richard Dawkins, militant athée médiatique en Grande-Bretagne

Des philosophes tels que Antony Flew[56] et Michael L. Martin[57] ont décrit les différences entre l'athéisme fort (positif) et l'athéisme faible (négatif). L'athéisme fort est l'affirmation explicite que les divinités sont des inventions humaines. L'athéisme faible inclut toutes les autres formes de non-théisme. D'après cette distinction, toute personne n'étant pas théiste est soit un athée faible soit un athée fort[58]. Les termes « faible » et « fort » sont relativement récents ; cependant, les termes équivalents de « positif » et « négatif » ont été utilisés dans la littérature philosophique[59]. En considérant cette définition de l'athéisme, la plupart des agnostiques peuvent alors se qualifier d'athées faibles.

Tandis que l'agnosticisme peut être vu comme une forme d'athéisme faible[60], la plupart des agnostiques envisagent leur point de vue comme différent de l'athéisme. L'incapacité de connaître la vérité quant à l'absence ou à la présence de dieux supposés incitent les agnostiques à un scepticisme plus poussé que les athées, ces derniers niant l'existence de dieux. La réponse habituelle des athées[61] à cet argument d'une nécessité de scepticisme est que les dogmes religieux non fondés méritent aussi peu de croyances et de reconnaissance que n'importe quel autre dogme infondé, et que l'incapacité à prouver l'existence de dieux n'implique pas un argument de même valeur pour les deux partis[62].

Certains auteurs populaires comme Richard Dawkins préfèrent distinguer théistes, agnostiques, et athées, par la probabilité accordée à la proposition « Dieu existe »[63].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Analyse statistique de l'athéisme.

Diverses estimations du nombre d'athées ont été émises.

Organismes officiels[modifier | modifier le code]

Pourcentage d'athées : Résultat de l'enquête Eurobaromètre 2005

Le World fact book de la CIA estime, en 2007, le nombre de personnes « sans religion » à 11,77 % de la population mondiale, auquel elle rajoute 2,32 % d'athées[64]. Cependant, ces résultats sont à nuancer. Les chiffres de la CIA sont souvent éloignés de la réalité (le nombre de catholiques en France est estimé à 88 % par la CIA, alors que plusieurs sondages indiquent des chiffres autour de 27 % de catholiques croyant en Dieu)[65]. Dans une enquête de l'Eurobaromètre en juin 2005, 52 % des Européens affirment croire en un dieu, et 18 % disent qu'ils ne croient en aucune forme de divinité, d'esprit ou de force supérieure (le plus fort taux étant atteint en France, avec 33 % d'athées). Les personnes indiquant qu'ils croient en un dieu sont minoritaires dans 15 pays de l'Europe des 25. En outre il existerait une corrélation entre la croyance en un dieu et l'âge, une corrélation inverse avec le niveau d'éducation et les femmes auraient plus tendance à croire en un dieu que les hommes (p. 10)[66].

Dans les ouvrages de références, la World Christian Encyclopedia annonce 1 071 millions d'agnostiques et 262 millions d'athées dans le monde en 2000[67]. Selon l'ouvrage de Jean Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, 1994, page 259 : au moment de la publication de l'ouvrage, un quart de la population de l'Union européenne était « non religieuse ». 5 % des Européens étaient athées convaincus.

Enquêtes d'opinions et sondages[modifier | modifier le code]

Pourcentage des athées et agnostiques dans le monde en 2007[68].

Une enquête menée dans 21 pays sur 21 000 personnes et publiée en décembre 2004 annonce que 25 % des Européens de l'Ouest se disent athées contre 12 % dans les pays d'Europe centrale et orientale. Toujours selon cette enquête publiée dans The Wall Street Journal (version européenne), 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49 % des Tchèques et 41 % des Néerlandais se déclarent athées[réf. nécessaire]. L'athéisme progresse nettement aux États-Unis (voir sous-section plus bas)[69] : d'après un sondage Pew Forum d'août 2007, 8 % des Américains sont athées, soit 24 millions de personnes. Il indique aussi que les Américains agnostiques, doutant de l'existence de Dieu, constituent 21 % de la population, soit 63 millions de personnes[70]. Selon une enquête d'avril 2009 de l’American Religious Identification Survey (en), le nombre d'Américains sans religion s'établirait à 15 %[69]. Les athées américains s'organisent en associations, parmi lesquelles la Coalition laïque pour l'Amérique est la plus puissante. Dans les universités, l’Alliance des étudiants laïques possède quelque 146 bureaux sur les campus du pays[69]. La dernière enquête en date au Canada a eu lieu entre le 22 et le 26 mai 2008, et a été réalisée sur un échantillon de 1 000 personnes par La Presse canadienne-Harris Décima. Elle indique que 23 % des Canadiens sont athées. Le pourcentage d'agnostiques s'élève à 6 %[71]. Un précédent sondage de 2001 comptait 16,5 % d'athées dans la population[72].

En France, selon un sondage de l'institut de sondage CSA sur les croyances des Français réalisé en mars 2003, 26 % des personnes interrogées se déclarent « sans religion », et 33 % des personnes estiment que le terme « athée » les définit « très bien » ou « assez bien »[73]. Dans un sondage IFOP du 12 avril 2004[74], 55 % des Français annonçaient croire en un dieu, 44 % affirmaient ne croire en aucun dieu et 1 % ne se prononçaient pas. Un sondage de l'institut Harris Interactive[75], publié par le Financial Times, daté de décembre 2006, dénombre 32 % d'athées et 32 % d'agnostiques en France (sondage réalisé sur les États-Unis, l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni)[76].

Évolution de l'athéisme entre 2005 et 2012[modifier | modifier le code]

Le 22 août 2012, le site de la BBC annonce que la nouvelle étude mondiale sur l'évolution des attitudes par rapport aux croyances et à l'athéisme vient de paraître[77]. Cette étude, menée auprès de 51 927 personnes dans 57 pays sur les cinq continents, par 57 Instituts affiliés au groupe WIN-Gallup International (en), mesure la perception, par les gens eux-mêmes, de leur relation aux croyances — ou non-croyances. Elle est intitulée The Global Religiosity and Atheism Index[N 12].

Une première étude avait été publiée en 2005, avec les mêmes questions posées, auprès du même échantillonnage, et dans les mêmes pays, ce qui donne un outil statistique sur l'évolution des attitudes, sur ces sujets-là, dans le monde[N 13].

Il ressort de ces comparaisons statistiques que, globalement, en 2012 et dans l'ensemble du monde, l'athéisme déclaré représente 13 % de la population étudiée. De plus, les personnes interrogées se déclarant « sans religion » totalisent 23 % (seules, 4 % se déclarent « sans opinion » ou ont refusé de répondre)[78].

En termes de « régions du monde », les « régions » ayant le plus fort pourcentage de personnes se déclarant « sans religion » sont, par ordre décroissant : l'Extrême-Orient (57 %), l'Amérique du Nord (33 %), l'Europe de l'Ouest (32 %), le Proche-Orient et l'Asie du Nord (ex-aequo à 30 %), l'Europe de l'Est (21 %), suivis par le Monde arabe (18 %), l'Amérique latine (13 %), l'Asie du Sud (11 %) et l'Afrique (7 %)[79].

Les « régions » ayant le plus fort pourcentage d'athées sont, par ordre décroissant : l'Asie du Nord (42 %), suivie par l'Europe de l'Ouest (14 %), l'Amérique du Nord (6 %), l'Europe de l'Est (6 %), le Proche-Orient et l'Asie du Sud (ex-aequo à 3 %), et enfin l'Amérique latine, l'Afrique et le Monde arabe (ex-aequo à 2 %)[79].

Dans certains pays, l'athéisme a nettement progressé entre 2005 et 2012 : il a augmenté d'un tiers environ au Japon (de 23 % à 31 %), en Tchéquie (de 20 % à 30 %), en Corée du Sud (de 11 % à 15 %), en Allemagne (de 10 % à 15 %), en Islande (de 6 % à 10 %), et au Canada (de 6 % à 9 %). Toujours entre 2005 et 2012, il a doublé aux Pays-Bas (de 7 % à 14 %), et plus que doublé en France (de 14 % à 29 %) ainsi qu'en Pologne (de 2 % à 5 %). Il a plus que triplé en Argentine (de 2 % à 7 %), et quadruplé en Afrique du Sud (de 1 % à 4 %). Enfin, il a quintuplé aux États-Unis, passant de 1 % à 5 %[80].

En revanche, l'athéisme a reculé de 1 %, passant de 10 % à 9 % en Espagne, de 7 % à 6 % en Finlande, de 4 % à 3 % en Ukraine, ou encore, de 4 % à 3 % en Inde. Les plus forts taux de recul enregistrés se situent en Bosnie-Herzégovine (-5 %), en Malaisie (-4 %), et en Bulgarie (-3 %)[80].

Les pays ayant le plus fort pourcentage d'athées « déclarés » sont : la Chine (47 %), le Japon (31 %), la Tchéquie (30 %), la France (29 %), la Corée du Sud (15 %), l'Allemagne (15 %), les Pays-Bas (14 %), l'Autriche (10 %), l'Islande (10 %), l'Australie (10 %), l'Irlande (10 %), le Canada (9 %), l'Espagne (9 %), la Suisse (9 %), Hong Kong (9 %), la Suède (8 %), la Belgique (8 %), l'Italie (8 %), l'Argentine (7 %), la Russie (6 %), la Finlande (6 %), le Sud-Soudan (6 %), l'Arabie saoudite (5 %), la Moldavie (5 %), les États-Unis (5 %), la Pologne (5 %), et l'Afrique du Sud (4 %)[81].

Dans une section titrée « La religiosité est plus forte chez les pauvres », le Global Index remarque : « Il est intéressant [de noter] que la religiosité décline au fur et à mesure que la prospérité matérielle des individus augmente. Alors que les résultats par nations globales sont complexes, les individus interviewés dans un pays spécifique donnent une image révélatrice. Si l'on regroupe les citoyens des 57 pays en cinq strates, depuis les relativement pauvres jusqu'aux relativement riches par rapport au niveau propre de leur pays, [on voit que] plus l'on est riche, moins l'on se définit comme religieux[82] ».

Enfin, une autre section est intitulée : « La religiosité diminue chez les personnes ayant eu une éducation universitaire ». Il y est affirmé que « Les personnes ayant été à l'université sont 16 % à être moins religieuses que celles qui n'y ont pas été. Plus le niveau d'éducation atteint est élevé, moins les personnes se déclarent religieuses »[83].
Le tableau illustratif montre que, globalement, les personnes n'ayant pas atteint le niveau du secondaire sont 68 % à se déclarer religieuses ; celles ayant bénéficié d'une éducation secondaire ne sont plus que 61 % ; enfin, il n'en reste plus que 52 % parmi celles ayant atteint le niveau de l'enseignement supérieur[83].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Caroline Fourest, les confusions de la laïcité, chronique sur France Culture, le 18 juillet 2008.
  2. La catégorie « non théiste », en français, devrait être manipulée avec précaution pour désigner l'athéisme. En effet, elle désigne aussi toute une catégorie de théologiens, la plupart se réclamant de la théologie du Process, dont probablement aucun n'accepterait d'être classé parmi les athées.
  3. cité par Ian Stewart et Jack Cohen)
  4. Descartes et les principes de la philosophie, 1644
  5. Bertrand Russell (qui se déclarait en pratique athée) écrit dans son ouvrage Science et religion : « L’émotion mystique (...) au sein de laquelle, pour un temps, tout désir personnel est mort et où l’âme devient le miroir de l’immensité de l’univers (...) je ne nie pas la valeur des expériences qui ont donné naissance à la religion. Par suite de leur association à de fausses croyances, elles ont fait autant de mal que de bien ».
  6. Dans L'archipel pré-chrétien, premier tome de La Contre-histoire de la philosophie.
  7. (fr) Le principe unique des néoplatoniciens n'intervient qu'avec Plotin dans ses Enneades, c'est-à-dire au IIIe siècle [voir Lucien Jerphagnon, Lectures de Lucien) ; quand les platoniciens directs évoquent un principe divin, il n'a rien d'universel. C'est un daimon « appliqué » à la situation (voir Pierre Hadot, op. cit.).
  8. L'État ne doit pas se mêler de religion, les sociétés religieuses ne doivent pas être liées au pouvoir d'État. Chacun doit être parfaitement libre de professer n'importe quelle religion ou de n'en reconnaître aucune, c'est-à-dire d'être athée, comme le sont généralement les socialistes. Aucune différence de droits civiques motivée par des croyances religieuses ne doit être tolérée. (Lénine : Œuvres, t.X, article « Socialisme et religion »)
  9. Notre programme est fondé tout entier sur une philosophie scientifique, rigoureusement matérialiste. Pour expliquer notre programme il est donc nécessaire d'expliquer les véritables racines historiques et économiques du brouillard religieux. Notre propagande comprend nécessairement celle de l'athéisme ; et la publication à cette fin d'une littérature scientifique que le régime autocratique et féodal a proscrite et poursuivie sévèrement jusqu'à ce jour doit devenir maintenant une des branches de l'activité de notre Parti. Nous aurons probablement à suivre le conseil qu'Engels donna un jour aux socialistes allemands : traduire et répandre parmi les masses la littérature française du XVIIIe siècle athée et démystifiante.(Lénine : Œuvres, t.X, article « Socialisme et religion »)
  10. TIME Magazine cover online. 8 avril 1966.
  11. Toward a Hidden God, Time Magazine online, 8 avril 1966.
  12. On peut télécharger la version pdf intégrale sur : http://www.wingia.com/web/files/news/14/file/14.pdf
  13. Comme le mentionne l'analyse de cette étude, « il serait merveilleux d'avoir des données d'il y a cent ans, avec lesquelles comparer. Malheureusement, il n'y avait pas de sondages d'opinion globaux à l'époque ». [ It would be wonderful if we had data from a hundred years ago to compare with. Unfortunately there were no global opinion polls at the time.. ]. (Global Index, pdf, p. 7)

Référence[modifier | modifier le code]

  1. « Trésor de la langue française informatisé », sur www.cnrtl.fr
  2. (Ep 2. 12)
  3. Drachmann, AB Atheism in Pagan Antiquity. Ares Publishers « En Grec, atheos et atheotēs (...) atheos était un terme de censure sévère et une condamnation morale (...) il fallut attendre plus tard pour que le terme soit utilisé dans un sens philosophique. »
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Athée » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales .
  5. Il n'y a qu'en Occident et depuis le IVe siècle de l'ère commune que la croyance (réponse du croyant au dogme ou à la doctrine) caractérise la religion. Cf. Louis-Auguste Sabatier, Religions d'autorité, Religions de l'Esprit, Berger Levrault, 1953.
  6. rapporté par Augustus De Morgan, A Budget of Paradoxes, new Dover Edition, éd. de 1954, Vol. II, p. 2 en ligne sur Project Gutenberg
  7. CNRS, « Explications de la victoire de la matière sur l'antimatière »,‎ 2004
  8. H.B par Prosper Mérimée, publié en 1850 citation
  9. Citation de Ecce Homo : « Il m'a ôté de la bouche le meilleur mot d'esprit athée dont j'aurais justement été capable : “La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas.” » dans l'express
  10. Leo Strauss, La critique de la religion chez Spinoza, Le Cerf, coll. « La nuit surveillée »,‎ 1996
  11. Ludwig Feuerbach : Vorlesungen über das Wesen der Religion, XX. Vorlesung, Leipzig, 1851 (Cours sur l'Essence de la religion, XXe cours]
  12. Seul le christianisme a élaboré des dogmes. Cf. Louis Auguste Sabatier, op. cit. mais aussi, plus récemment, une interview de Marie-Emile Boismard, o.p., dans le monde de la Bible, en 1997.
  13. Pierre Hadot, Qu'est-ce que la philosophie Antique ? (ISBN 2-0703-2760-4)
  14. Si des ouvrages de Mircea Eliade ou de Georges Dumézil (en particulier quand il expose en quoi la triade capitoline est un principe politique), l'ouvrage le plus accessible est peut-être La Concurrence des Bonnes Nouvelles de Peter Sloterdijk, 1001 nuits et une prise de connaissance de son tour de pensée peut se faire dans sa Conférence de l'Université de tous les savoirs, le 22 novembre 2000, Finitude et ouverture : vers une éthique de l'espace. Sur les fondements de la société
  15. Michel Onfray, op. cit., tome 3, Les libertins baroques
  16. Sectes et Hérésies depuis l'antiquité, sous la direction de Alain Dierkens, Problèmes d'histoire des religions, ULB
  17. (en) Religion, study of (2007). In Encyclopædia Britannica
  18. (en) Solmsen, Friedrich (1942). Plato's Theology, Cornell University Press. p 25
  19. (fr) Diogene Laërce, Vie des hommes illustres et éminents Philosophes, Garnier Flammarion.
  20. Cicéron, Lettres à Lucullus, 121. Édition Guillaume Budé.
  21. Herméneutique.
  22. (en) Atheism. The Columbia Encyclopedia, Sixième Édition. Columbia University Press (2005).
  23. (en) Brickhouse, Thomas C.; Nicholas D. Smith (2004). Routledge Philosophy Guidebook to Plato and the Trial of Socrates. Routledge, p. 112. ISBN 0-415-15681-5. Il argumenta que son accusation pour athéisme était infondée car l'autre partie du jugement voulait le condamner pour introduction de « nouvelles divinités ».
  24. Fragments of Euhemerus' work in Ennius' Latin translation have been preserved in Patristic writings (e.g. by Lactantius and Eusebius of Caesarea), which all rely on earlier fragments in Diodorus 5,41–46 & 6.1. Testimonies, especially in the context of polemical criticism, are found e.g. in Callimachus, Hymn to Zeus 8
  25. Plutarch, Moralia — Isis and Osiris 23
  26. (en) Ethics and Religion—Atheism, BBC, bbc.co.uk
  27. Lucrèce, De Natura Rerum, Livre I
  28. Jules César (100–44 avant JC), rejeta aussi l'idée d'une vie après la mort (cf. Sallust, La Guerre avec Catilina, discours de César : 51.29 & réponse de Caton : 52.13).
  29. « Athéisme » dans l'Encyclopédie catholique de 1913.
  30. Maycock, A. L. and Ronald Knox (2003). Inquisition from Its Establishment to the Great Schism: An Introductory Study. ISBN 0-7661-7290-2.
  31. Les intellectuels au Moyen Âge, Jacques Le Goff
  32. J. Van Nester, The Epistemology of John of Mirecourt: A Reinterpretation, Cîteaux. Commentarii Cisterciences, 1976.
  33. et donc nullement athée, Colloque Paris-Panthéon Sorbonne, Nicolas d'Autrécourt et la faculté des arts de Paris (1317-1340), 2005.
  34. a b Stein, Gordon (Éd.) (1980). L'histoire de la liberté de pensée et de l'athéisme, Anthologie du Rationalisme et de l'athéisme. New York : Prometheus.
  35. Le problème de l’incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais (1947), Collection Évolution de l'humanité, Albin Michel, Paris. version en ligne
  36. Winfried Schröder, in: Matthias Knutzen: Schriften und Materialien (2010), p. 8. Voir aussi Rececca Moore, The Heritage of Western Humanism, Scepticism and Freethought (2011), qui appelle Knutzen "the first open advocate of a modern atheist perspective" ("le premier avocat ouvert d'une perspective athée moderne") en ligne ici
  37. d'Holbach (1770). Le Système de la nature.
  38. Ray, Matthew Alun (2003), Subjectivité et Irreligion: Athéisme et Agnosticisme par Kant, Schopenhauer, and Nietzsche, Ashgate Publishing, Ltd.
  39. Analyse statistique de l'athéisme.
  40. Overall, Christine. Féminisme et Athéisme, extrait de Martin 2007, p. 233–246.
  41. Smart, J.C.C. (9 mars 2004). Athéisme et Agnosticisme, Encyclopédie de Philosophie de Stanford.
  42. Zdybicka, Zofia J. (2005), Atheism, in Maryniarczyk, Andrzej, Encyclopédie universelle de Philosophie, 1, Polish Thomas Aquinas Association.
  43. Nous réclamons la séparation complète de l'Église et de l'État afin de combattre le brouillard de la religion avec des armes purement et exclusivement idéologiques : notre presse, notre propagande. (Lénine : Œuvres, t.X, article « Socialisme et religion »)
  44. Karl Marx : Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, Œuvres, t.III, p. 383 (éd.Pléiade).
  45. Alexandre Soljenitsyne. The Gulag Archipelago. Harper Perennial Modern Classics. ISBN 0-06-000776-1.
  46. Majeska, George P. (1976). Religion et Athéisme en U.R.S.S. et en Europe de l'Est, Journal Slave et Est Européen, 20(2). p. 204–206.
  47. L'Esprit de l'athéisme, Albin Michel, 1999
  48. a et b Nicholas de Lange, An Introduction to Judaism, Cambridge University Press, 2000, p. 79-81
  49. Yosef Hayim Yerushalmi Le Moïse de Freud, p. 39, ISBN 2-07-073021-2
  50. http://www.istanbulguide.net/istguide/people/religions/ Guide sur la Turquie, partie religion, consulté le 24 décembre 2008.
  51. Voir sourate 29:47, http://www.coran-en-ligne.com/Sourate-029-Al-Ankabut-L-araignee-francais.html
  52. Voir sourate 29:46, http://www.coran-en-ligne.com/Sourate-029-Al-Ankabut-L-araignee-francais.html
  53. Voir sourate 62 : http://www.coran-en-ligne.com/Sourate-062-Al-Jumu-a-Le-vendredi-francais.html
  54. Voir sourate 38:27, http://www.coran-en-ligne.com/Sourate-038-Sad-francais.html
  55. Raimon Panikkar (trad. Jacqueline Rastoin), Le Silence du Bouddha : une introduction à l'athéisme religieux, Broché.
  56. Flew, Antony. « The Presumption of Atheism ». The Presumption of Atheism and other Philosophical Essays on God, Freedom, and Immortality. New York: Barnes and Noble, 1976. p. 14 et suivantes.
  57. Martin, Michael. The Cambridge Companion to Atheism. Cambridge University Press. 2006. ISBN 0-521-84270-0.
  58. Cline, Austin (2006). « Strong Atheism vs. Weak Atheism: What's the Difference? ». about.com. Consulté le 21 octobre 2006.
  59. Flew, Antony. « The Presumption of Atheism ». The Presumption of Atheism and other Philosophical Essays on God, Freedom, and Immortality. New York : Barnes and Noble, 1976. p. 14 et suivantes.
  60. Kenny, Anthony (2006). « Worshipping an Unknown God ». Ratio 19 (4) : 442. doi:10.1111/j.1467-9329.2006.00339.x. (en) « Those who fail to believe in God because they think that the truth-value of ‘God exists’ is uncertain may be called agnostic negative atheists, or agnostics for short. » En français : « Ceux qui ne parviennent pas à croire en Dieu parce qu'ils pensent que la vérité-valeur « Dieu existe » est incertaine peuvent être appelés athées négatifs agnostiques, ou agnostiques tout court. »
  61. Baggini 2003, p. 30–34. (en) « Who seriously claims we should say "I neither believe nor disbelieve that the Pope is a robot', or 'As to whether or not eating this piece of chocolate will turn me into an elephant I am completely agnostic'. In the absence of any good reasons to believe these outlandish claims, we rightly disbelieve them, we don't just suspend judgement. », soit en français « Qui peut déclarer sérieusement que nous devrions dire : « je ne crois ni ne crois pas que le pape soit un robot », ou « quant à savoir si manger ou pas ce morceau de chocolat va me transformer en éléphant, je suis totalement agnostique ». En l'absence de bonnes raisons pour croire à ces déclarations bizarres, nous n'y croyons pas, nous ne faisons pas que suspendre notre jugement ».
  62. Baggini 2003, p. 22. (en) « A lack of proof is no grounds for the suspension of belief. This is because when we have a lack of absolute proof we can still have overwhelming evidence or one explanation which is far superior to the alternatives ». En français: « L'absence de preuve ne peut être une base à l'arrêt de la croyance. La raison en est que lorsque nous manquons de preuves absolues, nous pouvons toujours avoir des preuves indirectes ou aucune explication nettement meilleures que les autres.»
  63. Dawkins, Richard (2006). The God Delusion. Bantam Books, p. 50. ISBN 0-618-68000-4.
  64. Données mondiales sur le World fact book
  65. Sondage publié en janvier 2007 dans Le Monde des religions, indiquant également que 51 % de la population française est catholique en incluant les catholiques agnostiques et athées.
  66. Eurobaromètre n° 225, Social values, Science & Technology, juin 2005, p. 7-11
  67. Religion
  68. (en) Phil Zuckerman: Atheism: Contemporary Rates and Patterns, in: Michael Martin (ed.): The Cambridge Companion to Atheism. Cambridge University Press 2007.
  69. a, b et c Laurie Goodstein, « Athées et fiers de l’être », dans Courrier international du 12 mai 2009, [lire en ligne]
  70. Sondage Pew Forum réalisé sur 35 000 personnes entre mai et août 2007 : AFP, « L'Amérique mystique, religieuse et tolérante », sur http://www.lefigaro.fr/,‎ 24 juin 2008 (consulté le 25 juin 2008)
  71. Sondage La Presse canadienne-Harris Décima réalisé entre le 22 et le 26 mai 2008 auprès de 1 000 personnes : AP, « Le quart des Canadiens disent ne croire en aucun dieu », sur Ledevoir.com,‎ 2 juin 2008 (consulté le 27 juin 2008)
  72. Organisme National Statistique du Canada, « Population selon la religion, par province et territoire (Recensement de 2001) », sur www40.statcan.ca,‎ 28/01/2001 (consulté le 25 février 2009)
  73. Les Français et leurs croyances - Sondage CSA, mars 2003 [PDF].
  74. Les croyances des Français - Sondage Ifop, Le Journal du dimanche, 12 avril 2004.
  75. (en) Religious Views and Beliefs Vary Greatly by Country, According to the Latest Financial Times/Harris Poll - 20 décembre 2006.
  76. Enquête Harris Interactive complète [PDF]
  77. http://www.bbc.co.uk/news/magazine-19262884
  78. « Global Index », pdf, p. 2
  79. a et b « Global Index », pdf, p. 17
  80. a et b « Global Index », pdf, p. 13
  81. [Pour les autres pays recensés, voir le Tableau 2 du « Global Index », pdf, p. 10]
  82. « It is interesting that Religiosity declines as worldly prosperity of individuals rises. While the results for nations as a whole are mixed, individual respondents within a country show a revealing pattern. If citizens of each of the 57 countries are grouped into five groups, from the relatively poor to relatively rich in their own countries, the richer you get, the less religious you define yourself. » (Global Index, pdf, p. 5)
  83. a et b « Global Index », pdf, p. 5

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

Essais contemporains[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Jacques Bouveresse, Peut-on ne pas croire ? Sur la vérité, la croyance et la foi, 2007, Agone, ISBN 2-7489-0068-5
  • Emmanuel Chubilleau et Éric Puisais (dir.), Les Athéismes philosophiques, textes réunis par. Actes du Colloque de Chauvigny, octobre 1999, Kimé, coll. Philosophie Épistémologie, Paris, 2000, 283 p. ISBN 2-84174-217-2
  • Pascal Boyer, Et l'homme créa les dieux, Gallimard, 2003, ISBN 2-07-042695-5
  • Manuel de Diéguez, Essai sur l'avenir poétique de Dieu, 1965, Plon
  • Manuel de Diéguez, De l'idolâtrie, Discours aux clercs et aux derviches, Gallimard, 1964.
  • Manuel de Diéguez, L'idole monothéiste, 1981, P.U.F.
  • Manuel de Diéguez, Et l'homme créa son Dieu, 1980, Fayard
  • Gilles Dorival et Didier Pralon (dir.), Nier les Dieux, nier Dieu : actes du colloque / organisé par le Centre Paul-Albert Février à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme les 1er et 2 avril 1999, Aix-en-Provence : Publications de l'Université de Provence, 2002. ISBN 2-85399-505-4
  • Eddy Dufourmont, « Nakae Chômin a-t-il pu être à la fois un adepte de Rousseau et un matérialiste athée ? Une tentative de resituer sa philosophie à la lumière de ses sources françaises et du Citoyen de Genève », Ebisu, 45, printemps-été 2011, p. 5-25.
  • Laurent Gagnebin, L'athéisme nous interroge (Beauvoir, Camus, Gide, Sartre), éd. Van Dieren, 2009, Présentation en ligne
  • Félix Le Dantec, L'Athéisme, Bibliothèque de Philosophie scientifique, Paris, Flammarion, 1920, 310 p.
  • Henri de Lubac, Le Drame de l'humanisme athée, réédition en 1998, préface de René Rémond, ISBN 2-204-02100-8
  • Georges Minois, Histoire de l'athéisme : Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours, Fayard 1998, 671 pages, ISBN 2-213-60130-5.
  • Émile Perreau-Saussine, « Athéisme et politique » Critique no 728–729 (janvier–février 2008), pages 121–35.
  • Anne Staquet (dir.) Athéisme (dé)voilé aux temps modernes, Éditions de l'Académie Royale de Belgique, Bruxelles, 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Défenseurs[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]