Musique folk

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La musique folk regroupe trois genres musicaux proches, mais distincts :

  • La folk music désignait d'abord dans les pays où la langue anglaise domine (Angleterre, Irlande, Écosse, États-Unis, Canada), la musique populaire plus ou moins traditionnelle.
  • En France en particulier, le mot folk vient de folk-song ou de folk music (et non de folklore), et a ainsi nommé le mouvement folk des années 1960 et 70.
  • Par extension, l'expression peut désigner les musiques folkloriques réactualisées locales (bretonne, irlandaise, écossaise…), voire des musiques anciennes. En francophonie, le folk pris dans le sens de « musique ancienne » est également une contraction de « folklorique », plus généralement « folklo ».

Aux États-Unis et au Canada[modifier | modifier le code]

La folk music[modifier | modifier le code]

La folk music désignait d'abord dans les pays de langue anglaise la musique populaire traditionnelle. Le mot anglais folk, remis en usage par les romantiques, désigne les gens du peuple. Il a même origine que l’allemand Volk qui a le sens plus large de nation. On peut donc le traduire par populaire. Cependant, depuis le début du XXe siècle, les caractéristiques de la musique populaire ont changé : on parle désormais de musique pop, réservant le terme « folk » aux musiques populaires de tradition orale.

Aux États-Unis, les musiciens folk sont les gardiens d'une tradition musicale, parolière et historique, d'une Amérique de pionniers, bâtisseurs et voyageurs. Parmi eux : Woodie Guthrie (qui a écrit, avec This Land Is Your Land (1941), un des grands hymnes de la génération pacifiste), Doc Watson (même si sa musique est plutôt considérée comme du bluegrass à l'image de l'herbe verte du Kentucky), et bien d'autres.

Le mouvement « folk revival », souvent chant de protestation, est l’expression d'un mouvement militant pour les droits de l’homme, la paix et la justice sociale.

Pendant sa renaissance dans les années 1960, le « folksong » devient une expression musicale plus variée, influencée par l'esprit rebelle du rock and roll, mais toujours d’inspiration contestataire, et se développe tout en gardant les mêmes instruments acoustiques et les mêmes textes poétiques plus proches de la réalité. Les grands noms de cette époque sont Joan Baez, Bob Dylan, Leonard Cohen, Phil Ochs et Pete Seeger.

Les chansons traditionnelles décrivent souvent des paysages, des routes, la dureté de la vie d'ouvrier itinérant qu'on appelait (parfois péjorativement) « hobo », avec, parfois, une admiration pour les œuvres que les hommes bâtissaient de leurs mains (le barrage Hoover, les lignes de chemin de fer, entre autres). La génération des musiciens folk de la seconde moitié du XXe siècle sera beaucoup inspirée par les beatniks et certains écrivains comme Jack Kerouac et son roman mythique du voyage: Sur la route (1960). Au Canada, la musique folk a conservé toute son ampleur, notamment dans les prairies de l'Ouest, traditionnellement marquées par l'esprit rural sous influence country. L'histoire des pionniers, plus récente que dans l'Est, est encore très présente dans les esprits. De tels événements attirent désormais un public très diversifié. On peut constater la vitalité de ce genre au cours d'événements marquants comme le Winnipeg Folk's Festival qui, depuis 1973, marque au Manitoba la pérennité de ce genre et attire un public éclectique venu de tout le continent.

En France, en Europe[modifier | modifier le code]

Le mouvement folk[modifier | modifier le code]

On a coutume de faire débuter le mouvement folk en France à Paris en 1964 lors du premier hootenanny au Centre Américain, organisé par Lionel Rocheman. À partir de là tout va aller très vite : John Wright, jeune musicien anglais fraîchement débarqué à Paris, va organiser avec Catherine Perrier les premières rencontres de ce qu’on appellera les folkeux, d’abord au Centre Américain, et ensuite au folk-club Le Bourdon. D’autres clubs vont surgir, tels La vieille herbe, ou La Chanterelle à Lyon…

Le mouvement folk est dans ces années-là aussi bien un mouvement musical (toute une génération redécouvre son patrimoine régional authentique) qu’un mouvement social, et même politique à partir de l'onde de choc de mai 68 : la participation, la démocratisation des modes d’expression ou encore l’autogestion de manifestations culturelles inscrivent ce mouvement en totale opposition au système ambiant du show business.

Dès le milieu des années 1960, Alan Stivell, à l'instar de Horslips en Irlande, de Fairport Convention et Steeleye Span en Angleterre, ajoute aux instruments traditionnels des éléments venus du rock : guitare électrique, basse, batterie et synthétiseur. Très rapidement dans les années 1970, d'autres groupes suivent cette démarche. On parle alors de folk rock. Des groupes comme Machin ont intégré à leurs compositions des structures beaucoup moins linéaires que celles de la musique traditionnelle. Inspiré du courant rock progressif, on les catégorise alors en folk-rock progressif.

Par extension, on a catalogué de « musique folk » celle de groupes français apparus dans les années 1970 comme Malicorne, Maluzerne, Mélusine ou Tri Yann, à la suite d'Alan Stivell, en Bretagne. On parle alors de folk revival (on utilise fréquemment le terme de revivalisme mais reviviscence serait mieux approprié) ; il en a été de même dans d’autres pays européens.

Le terme désigne alors une musique reprenant des chansons traditionnelles ou utilisant des instruments traditionnels (violon, cornemuse, vielle à roue…) dans des compositions originales, mais dans un style traditionnel. Dans les années 1980, avec le fort développement de la musique bretonne, le terme musique folk en est venu à désigner les musiques d’inspiration traditionnelle des autres terroirs, pour exemple les albums de Marie Courcelle et Cisco Herzhaft.

Aujourd'hui encore, des bals folk, et des fest-noz bretons, sont organisés régulièrement partout en France et ailleurs ; soirées ou après-midis où tout le public est amené à danser jusqu'au bout de la nuit dans une ambiance festive et chaleureuse. Plusieurs titres de presse sont entièrement consacrés à la musique folk et au songwriting.

Évolutions[modifier | modifier le code]

Le métissage musical fut apporté en France dans les années 1960 par Hugues Aufray avec des interprétations attachées à d'autres folklores que le folk américain. Les influences latines, sud-américaines, sont nombreuses dans le répertoire d'Hugues Aufray (chants traditionnels et musiques traditionnelles des Andes et de toute l'Amérique latine). Exemple : Des jonquilles aux derniers lilas (Paloma Hirpastay : origine Bolivie). Le Rossignol anglais (Los Garceros qui est un Joropo Vénézuélien d’où vient le fameux couplet chanté en espagnol), L’épervier (El gavilan : un pasajo vénézuélien).

Pour les métissages, Alan Stivell a beaucoup marqué et continue à le faire, les publics et les musiciens, car le mélange d'instruments variés, de genres musicaux et de techniques, a été dès le début (1966) à la base de sa démarche.

À partir du début des années 1980, une poignée d'artistes issus de la scène industrielle ont tenté de créer une nouvelle musique folk européenne. Ce courant nommé néofolk est très influencé par le mouvement folk anglo-saxon, mais s'intéresse à la culture et l'histoire de l'Europe, mêlant des thèmes tant paganistes que romantiques et occultes.

Dans les années 1990, des groupes de metal ont métissé leur musique, utilisant des instruments, mélodies et textes traditionnels. Ce courant est appelé folk metal ou metal-folk.

Au XXIe siècle, le terme musique trad désigne des groupes de musique traditionnelle ou d'inspiration traditionnelle, dont le répertoire est orienté vers les danses traditionnelles.

Les instruments[modifier | modifier le code]

La folk music d'outre atlantique se joue strictement avec des instruments acoustiques, qui sont considérés comme des instruments populaires parce qu'ils étaient confectionnés à leurs origines par des gens simples, et aussi parce qu'il est possible de les porter comme faisaient jadis les pionniers. On donne l'exemple des instruments utilisés dans la musique folk américaine : une guitare, un banjo, une mandoline et un harmonica. En Europe, en revanche, on y adjoint les instruments populaires tels que le piano, la flûte à bec, le violon, le violoncelle, la cornemuse, et la vielle à roue. Plus tard, l'accordéon venu d'Italie, remplacera la cornemuse, et sera à l'origine du style musette.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, la renaissance concernant des pays en voie de développement a pris le nom de musiques du monde.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La musique folk des peuples de France, Roland Pécout, éditions Stock, Paris, 1978
  • Folksong: racines et branches de la musique folk aux États-Unis, Jacques Vassal, éditions A. Michel, Paris, 1977, ISBN 2226004394, 9782226004390
  • The Problem of Classification in Folksong Research: a Short History, Marcello Sorce Keller, Folklore, XCV(1984), no. 1, 100- 104.