Médecine physique et de réadaptation

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Deux enfants atteints de poliomyélite suivent le programme de médecine physique et de réadaptation avec leur physiothérapeute après leur appareillage, aux États-Unis, dans les années 1950.

La médecine physique et de réadaptation (MPR) est une spécialité médicale orientée vers la récupération de capacités fonctionnelles et de qualité de vie des patients atteints de handicap, congénital ou acquis, par accident par exemple. Les médecins qui ont approfondi ces études, souvent appelés « médecins rééducateurs »[1], « physiatres » ou « médecins physiques », sont qualifiés en médecine physique et de réadaptation (MPR). Les rééducateurs sont particulièrement spécialisés dans les techniques de récupération d'une fonction optimale, particulièrement chez les sujets souffrant de lésion musculaire, ostéo-articulaire, cardio-respiratoire ou cérébrale (par exemple après un accident vasculaire cérébral).

Historique et définition de la spécialité médicale[modifier | modifier le code]

La médecine physique tire son nom des moyens physiques (mécaniques, électriques, thermiques…) qu'elle utilisait et y était facilement réduite. On l'appelait également physiothérapie, à ne pas confondre avec la physiotherapy anglo-saxonne, qui est une discipline à part entière mais non médicale[2]. Actuellement, on pourrait la définir comme la discipline qui traite des diagnostics et traitements conservateurs des pathologies handicapantes.

La médecine physique et de réadaptation est impliquée dans différents centres et programmes notamment en milieu universitaire : centre de lutte contre la douleur (CLCD) et consultation de la douleur chronique (CDC), centre de référence des maladies neuromusculaires, centre de référence en fatigue chronique, centre de médecine du sport, consultation pluridisciplinaire du pied diabétique, école du dos. La réadaptation après un traumatisme s'effectue en soins de suite et de réadaptation (SSR) des hôpitaux et établissements spécialisés.

Pourquoi et comment interviennent les médecins rééducateurs[modifier | modifier le code]

Médecine manuelle-ostéopathie, un des modes de pratique de la médecine physique et de réadaptation.

Le premier rôle du médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR) est de concevoir et superviser les programmes de rééducation et de réadaptation des patients victimes d’accidents ou de pathologies graves qui nécessitent une prise en charge multidisciplinaire. Différents professionnels s'y emploient en équipe : ergothérapeutes, kinésithérapeutes, thérapeutes en réadaptation physique (TRP), enseignants en activités physiques adaptées (APA), (neuro)psychologues, logopèdes (orthophonistes), podologues, infirmières, assistantes sociales, orthoprothésistes… Ces équipes collaborent avec beaucoup d'autres disciplines médicales : médecine générale, neurologie, orthopédie-traumatologie, médecine interne… Le rôle du spécialiste en médecine physique est également de gérer les complications de toutes sortes des patients hospitalisés.

Le but de cette spécialité vise à minimiser les conséquences de l’accident ou de la maladie, tant sur le plan fonctionnel et physique que psychologique et social, afin de réintégrer le patient à la place qui lui convient le mieux dans la société et/ou de lui conserver sa place. La médecine physique se pratique en privé et/ou en hôpital, en consultation ambulatoire et/ou en hospitalisation de jour ou complète.

En cabinet privé, le médecin de rééducation traite en majorité les douleurs communes de l'appareil locomoteur, notamment au niveau du rachis ; souvent titulaire d'un DIU de médecine manuelle-ostéopathie, il traite fréquemment par manipulation vertébrale, mais contrairement aux ostéopathes non-médecins ou aux chiropracteurs, sa compétence de médecin lui donne accès à toutes les thérapeutiques adaptées (médicaments, ceintures ou corsets, infiltrations, établissement d'un programme rééducatif pour le kinésithérapeute, suivi psycho-social en partenariat avec le médecin du travail ou le médecin-conseil).

Projets de la rééducation[modifier | modifier le code]

Ils pourraient se résumer par la « règle des 3 R » :

  • la rééducation entend la récupération ad integrum de la fonction ;
  • la revalidation entend des séquelles mais on assiste à une récupération de la fonction au moyen d'orthèses et d'aides techniques ;
  • la réadaptation entend des séquelles majeures, sans récupération possible. Elle nécessite une adaptation de la fonction voire une autre fonction.

Ligne de conduite générale d'une hospitalisation en unité de soins de suite et de réadaptation[modifier | modifier le code]

Entrée, anamnèse et examen clinique, plan de traitement, bilans (physique, fonctionnel, médical…), anamnèse sociale systématique, rééducation et/ou traitement médicamenteux, conservateur ou invasif, réunion pluridisciplinaire, réunion de famille, visite à domicile, journée et/ou week-end thérapeutiques, sortie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] M.P.R. : Des médecins spécialistes au service des personnes handicapées, Paris, Syndicat français de Médecine Physique et de Réadaptation, coll. « le bulletin du SYFMER »,‎ février 2003, 16 p. (lire en ligne)
  2. J. N. Heuleu et O. Dizien, « La médecine physique et de réadaptation. D'où vient-elle ? Où va-t-elle ? », Annales de Réadaptation et de Médecine Physique, vol. 44, no 4,‎ 2001, p. 187-191 (ISSN 0168-6054, DOI 10.1016/S0168-6054(01)00089-7, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Rode et Pierre Volkmann, Handicap, médecine physique et réadaptation, guide pratique, Xavier Montauban SA,‎ 2003 (ISBN 9782914990004, OCLC 70811237)
  • André Thévenon, Anne Blanchard et al., Guide pratique de médecine physique et réadaptation, Masson,‎ 1er mars 2003 (ISBN 2294010701, OCLC 62608999)
  • J.-M. Wirotius, « La médecine physique et de réadaptation : un monde professionnel en pointillés, et demain ? », Journal de Réadaptation Médicale : Pratique et Formation en Médecine Physique et de Réadaptation, vol. 29, no 2,‎ juin 2009, p. 49-50 (ISSN 0242-648X, DOI 10.1016/j.jmr.2009.03.015, lire en ligne)