John Dee

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John Dee, portrait du XVIe siècle, artiste inconnu. Selon Charlotte Fell Smith, ce portrait a été réalisé alors que Dee était âgé de 67 ans. Il a appartenu à son petit-fils Rowland Dee puis plus tard à Elias Ashmole, qui en fit don à l’université d’Oxford

John Dee (13 juillet 1527 – 1608 ou 1609) était un célèbre mathématicien, astronome, astrologue, géographe et occultiste britannique. Il a consacré une grande partie de sa vie à l’étude de l’alchimie, de la divination et de la philosophie hermétique

Le Dr Dee (ou plus exactement M. Dee, ce dernier ayant quitté l’Université avant d’avoir terminé son doctorat) a ouvert la voie à l’étude des sciences et de la magie au moment où l’on commençait à différencier ces deux notions. Réputé comme étant l’un des hommes les plus cultivés de son époque, il a donné des cours à l’université de Paris devant des salles combles alors qu’il n’était âgé que d’une vingtaine d’années. C’était un ardent défenseur des mathématiques, un astronome réputé et un expert en navigation. En effet, il a lui-même formé la plupart des hommes qui dirigèrent les expéditions des Grandes découvertes de l’Angleterre. (on lui doit le terme d’Empire britannique). Dans le même temps, il s’impliqua énormément dans la magie judéo-chrétienne et dans la philosophie hermétique, dédiant le dernier tiers de sa vie à l’étude exclusive de ces dernières. Pour Dee, comme pour ses contemporains, ces différentes recherches n’étaient pas contradictoires mais constituaient des aspects particuliers d’une vision du monde cohérente.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frances Yates divise la vie de Dee en trois parties : chef de file de la Renaissance élisabéthaine (1558-1583), mission continentale (1583-1589), disgrâce et échec (1589-1608)[1].

Dee jeune (1527-1558)[modifier | modifier le code]

Dee est né à Tower Ward, à Londres. Son nom dérive du mot gallois du signifiant noir. Son père, Roland Dee, était marchand, membre officiel de la cour d'Henri VIII. Dee fit sa scolarité à la Chantry School de Chelmsford (devenue de nos jours la King Edward VI Grammar School), puis – de 1543 à 1546 – à St John’s College, Cambridge. On remarqua très vite son potentiel, et il participa à la création du Trinity College. À la fin des années 1540, il voyagea en Europe, étudia à l'Université de Louvain puis à Bruxelles et donna des cours sur Euclide à Paris. Il étudia avec Frisius et devint un ami intime du cartographe Gerardus Mercator. Dee revint en Angleterre, rapportant avec lui une importante collection d’instruments mathématiques et astronomiques. En 1552, il rencontra Gerolamo Cardano à Londres : ils s’associèrent afin d’étudier une machine à mouvement perpétuel ainsi qu’une gemme censée avoir des vertus magiques[2].

En 1554, Dee refusa une chaire de mathématiques à l’université d'Oxford soit parce qu'il souhaitait se consacrer à ses écrits et espérait une place à la cour[3], soit parce qu'il trouvait que l’université insistait plus sur la rhétorique et la grammaire (ces deux dernières associées à la logique formant le Trivium académique) que sur la philosophie et la science (le plus complexe Quadrivium composé de l’arithmétique, de la géométrie, de la musique et de l’astronomie). En 1555, Dee devint membre d'une corporation de commerçants, la Worshipful Company of Mercers, à la suite de son père.

La même année 1555, il fut arrêté et accusé d’avoir « calculé » les horoscopes de la reine Marie et de la princesse Élisabeth ; en ce qui concerne Marie, les accusations furent aggravées, allant jusqu'au chef de trahison. Dee comparut devant la chambre étoilée, la Camera Stellata (tribunal du Palais de Westminster) et réussit à se disculper en partie, à condition de subir un examen religieux pratiqué par le prêtre catholique Edmund Bonner (ce dernier étant tristement célèbre pour son rôle dans la persécution des hérétiques sous le règne de Marie). Il est possible que la manie qu'avait Dee de cultiver le mystère autour de ses activités ait envenimé les choses. Cet épisode sombre ne fut que le plus dramatique d'une série d’attaques et de calomnies auxquelles il n'allait cesser de devoir faire face. Quoi qu'il en soit il réussit une nouvelle fois à se disculper et même à devenir un proche de Bonner.

En 1556, Dee présenta à la reine Marie un projet de création d’une bibliothèque nationale ayant comme vocation la conservation de vieux livres et de manuscrits. Ce projet n’ayant pas été retenu, il décida d’étendre sa propre bibliothèque, de sa maison à Mortlake (un village près de la Tamise dans le Surrey, et actuellement dans le borough londonien de Richmond upon Thames). Il accumula sans cesse des livres et des manuscrits récupérés en Angleterre et sur tout le continent européen. Sa bibliothèque devint un véritable centre d’apprentissage hors des universités, et attira de nombreux érudits et étudiants.

Dee chef de file de la Renaissance élisabéthaine (1558-1583)[modifier | modifier le code]

Quand, en 1558, la reine Élisabeth accéda au trône, Dee devint son conseiller personnel en science et astrologie. Il choisit lui-même la date de son couronnement. Des années 1550 à 1570, il fut conseiller de navigation lors des Grandes Découvertes, et fut le premier à utiliser le terme d’Empire Britannique. En 1577, il publie General and Rare Memorials pertayning to the Perfect Arte of Navigation, une étude dans laquelle Dee décrit sa vision d’un empire maritime et d’une emprise territoriale anglaise sur le Nouveau Monde. Il s’associa avec Humphrey Gilbert et Sir Philip Sidney. On a une carte polaire exécutée par Dee en 1582.[1]

En 1564, Dee écrivit une œuvre hermétique, le Monas Hieroglyphica (La Monade Hiéroglyphique), une interprétation cabalistique complète d’un glyphe qu’il créa lui-même. Ce glyphe était censé exprimer l’unité mystique de toute création. C’est un travail qui a été très apprécié des contemporains de Dee, mais la perte de la tradition orale du cercle de Dee en fait de nos jours une œuvre difficile à interpréter.

En 1570, il publia une Préface Mathématique à la traduction anglaise des Éléments d’Euclide, dans laquelle il souligne l’importance des mathématiques et leur influence dans les arts et la science il recommande Vitruve et sa théorie architecturale, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim et sa philosophie occulte (1533), Albrecht Dürer et sa théorie des proportions (1561). Destinée à un public autre que les Universités, ce texte devint le plus célèbre et le plus fréquemment imprimé. Dee édita cette même année avec Federico Commandino d’Urbino une version traduite de l’arabe du traité perdu d’Euclide sur La Division des surfaces.

Dee s’est marié trois fois et a eu huit enfants, dont l’aîné, Arthur Dee, est devenu lui aussi un alchimiste et un auteur hermétique. John Aubrey, un biographe, donne la description suivante de Dee : « Il était grand et mince. Il portait sa robe comme un artiste, les manches évasées et fendues… un teint blanc et sanguin… une longue barbe blanche comme du lait. Un homme très charmant ».

Dee en mission continentale (1583-1589)[modifier | modifier le code]

Vers 1579, Dee devint de plus en plus insatisfait de son avancée dans l’apprentissage des secrets de la nature. Il se tourna alors davantage vers le surnaturel, afin d’acquérir la connaissance. Il essaya principalement d’entrer en contact avec les anges en utilisant une boule de cristal qui servirait d’intermédiaire entre lui et les anges. Il eut recours à divers médiums : Barnabas Saul (déc. 1581), Edward Kelley (de 1582 à 1589), Albert Łaski, son propre fils Arthur, un certain Bartholomew Hickman (jusqu’en 1607). Le 10 mars 1582, Dee rencontra Sir Edward Kelley (1555-1595), de son vrai nom Talbot. Ce dernier, clerc de notaire douteux, alla chez Dee avec un mystérieux livre sur la transmutation des métaux en or, et avec un échantillon de poudre rouge qu’il prétendait être de la poudre de projection. Ses qualités exceptionnelles de médium ont tôt fait de convaincre Dee d’utiliser ses services. Il mourut en tentant de s’échapper des geôles de l’empereur Rodolphe II après n’avoir pas réussi la transmutation des métaux dont il clamait connaître les secrets. Albert Łaski était un prince polonais.

John Dee, ses deux médiums (Kelley, Albert Łaski), et leurs familles respectives partirent en 1583 pour la Pologne. Ils sont reçus à Prague par l’empereur Rodolphe II de Habsbourg, l’empereur des alchimistes, protecteur de Dürer, Arcimboldo, Tycho Brahé, Kepler et de nombreux autres. Dee revient en 1589, sans Kelley.

Dee en disgrâce et échec (1589-1608)[modifier | modifier le code]

Dee revint à Mortlake six ans plus tard et découvrit que sa bibliothèque avait été ravagée et que la plupart de ses précieux objets avaient été volés. Il demanda l’aide d’Élisabeth, qui, en 1596, le nomma directeur de Christ’s College, à Manchester (aujourd’hui la Manchester Grammar School), où, parfois, il sert de conseiller pour des cas de sorcellerie et de possession démoniaque. Cependant, il était maintenant vu comme un magicien diabolique et se fit détester de ses pairs. En 1598, il retourna dans sa vieille maison de Mortlake[4]. Élisabeth était morte (1603), le roi James I, opposé à tout ce qui est relié au surnaturel[5], ne lui offrit aucune aide. Dee vécut ses derniers jours à Mortlake, dans la misère. Il mourut en 1608 ou 1609. Il n’y a aucune trace de sa tombe ou des registres de l’état-civil.

Accomplissements[modifier | modifier le code]

Pensée[modifier | modifier le code]

Dee était un homme pieux, véritablement chrétien, mais son christianisme était profondément influencé par les doctrines hermétiques platoniciennes et pythagoriennes qui étaient dominantes durant la Renaissance. Il pensait que les nombres étaient à la base de toute chose, et qu’ils étaient la clé du savoir. Il pensait que les créations de Dieu étaient des actes "chiffrés". De l’étude de l’hermétisme, Dee en conclut que l’homme avait en lui un potentiel divin, et que ce potentiel pouvait s’exercer à travers les mathématiques. Sa magie cabalistique angélique (qui était grandement basée sur la numérologie) et son travail sur les mathématiques appliquées (la navigation, par exemple) étaient tout simplement les aspects complémentaires d’une philosophie, et non pas deux activités paradoxales comme on le pense de nos jours. Son but était d’apporter au monde une religion unifiée en rassemblant l’Église catholique et protestante et en capturant l’essence de la théologie pure des anciens.

Une lettre de John Dee, en février 1563, adressée à Sir William Cecil, présente ces thèses :

1 -Tout est une Unité, créée et soutenue par l’Unique à travers ses Lois.
2 - Ces lois sont enseignées par les Nombres-Sons.
3 - Il existe un art combinatoire des lettres hébraïques qui les rend valentes avec le Nombre, de telle façon que de profondes vérités se révèlent concernant la nature de l’Unique et Ses relations avec l’être humain.
4 - L’être humain est d’origine divine. Loin d’avoir été créé à partir de la poussière comme le narre la Genèse, il est en essence un Génie stellaire.
5 - Il est essentiel de régénérer l’essence divine à l’intérieur de l’être humain, et cela peut être réalisé par les pouvoirs de l’intellect divin.
6 - Selon la sainte Qabalah, Dieu se manifeste par les intentions de 10 émanations progressivement denses : et l’être humain, en dédiant son esprit à l’étude de la divine sagesse et en affinant son être entier, et par l’éventuelle communion des anges eux-mêmes, pourra à la fin entrer en présence de Dieu.
7 - Une compréhension attentive des processus naturels, visibles et invisibles, rend l’être humain capable de jouer avec ces processus à travers les pouvoirs de sa volonté, son intelligence et son imagination.
8 - L’Univers est un modèle ordonné de correspondances. Quelle que soit la chose dans l’Univers, elle possède un ordre, une sympathie et une force stellaire avec beaucoup d’autres choses.

La monade hiéroglyphique (1564)[modifier | modifier le code]

Le glyphe de Dee : Monas Hieroglyphica.

Dee écrivit sa Monas hieroglyphica [6] en état de transe en douze jours en janvier 1564. Il prétend donner là une écriture occulte pour expliquer toutes choses. Cette écriture s'explique par de simples figures : point, cercle, droite, croix, deux demi-cercles ; et par de simples opérations : rotations, déstructurations, combinaisons et permutations. Par exemple, le hiéroglyphe de Mercure est fait d'un croissant [figure] tourné vers le haut [opération], d'un cercle, d'une croix. Mercure. La monade hiéroglyphique consiste en la composition, de haut en bas, d'une figure qui synthétise les symboles traditionnels de l'astronomie et de la cosmologie : croissant (la Lune), cercle avec un point central (le Soleil), croix (les quatre Éléments), deux demi-cercles (le signe du Bélier). On trouve les nombres 1 (le point), 2 (la droite), 3 (la croix : deux lignes perpendiculaires se sectionnant sur un point), 4 (les quatre segments de la croix), qui sont les nombres de la Décade (tetraktys) de Pythagore. On trouve aussi les sept "planètes" alors connues : Soleil, Lune, Mercure, Mars, Vénus, Jupiter, Saturne, car le Soleil c'est le cercle et le point, la Lune c'est le croissant, Mercure c'est le croissant plus le cercle plus la croix, etc. Selon C. H. Josten et Pierre Béhar[7] la monade hiéroglyphique revêt un sens alchimique : c'est le symbole du mercure (lié à la pierre philosophale des alchimistes). La "monade hiéroglyphique" a aussi un sens astrologique : elle repose sur le Bélier et figure aussi la Vierge. Elle a encore un sens théosophique, selon Peter French : c'est un accès gnostique vers Dieu. Selon Pierre Béhar[8], la monade hiéroglyphique trouve sa clef dans la kabbale chrétienne et dans La philosophie occulte de Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim (1533), lequel cherchait les symboles géométriques des anges : le Père de la Trinité chrétienne est figuré par le point, le Fils ou Verbe par la croix, le Saint-Esprit ou Âme du monde par la totalité de l'image, c'est un signe magique grâce auquel le mage peut invoquer la divinité elle-même et s'approprier les pouvoirs divins. Dee reprend cette figure sur la page de titre de ses Propoedeumata aphoristica en 1558 et en 1568.

Dee en conversation avec les anges (1581-1607)[modifier | modifier le code]

Du 22 décembre 1581 au 7 octobre 1607, Dee essaya d'entrer en contact avec les anges (dont Michaël, Gabriel, Raphaël, Uriel), grâce à des invocations, pour obtenir des connaissances sur l'avenir, la fin des temps, le sort politique des princes, le nom et les fonctions des anges. Dee était orateur (il adressait des oraisons à Dieu et aux anges), après une période purificatrice faite de prières et de jeûne ; la "Table de Pratique" comprenait la Tabula sancta (un plan de travail en bois, carré, de 914 cm., avec quatre pieds) [2], le Sigilum Dei Aemeth ("Sceau du Dieu Vérité", un grand disque de cire vierge renfermant divers Noms de Dieu ou d'anges) [3] [4] et sept "Insignes de la Création" (caractères peints ou gravés) [5] ; Dee portait l'anneau de PELE [6] ; les anges invoqués se manifestaient alors ; le médium (Kelley, par exemple) regardait la pierre (miroir d'obsidienne ou boule de cristal) [7] et rapportait ce qu'il voyait et entendait, tandis que Dee devenait scripteur (il consignait dans son journal tout ce qui se produisait).

Les premières tentatives (1581) furent des échecs. Mais en 1582 il fut très impressionné par Edward Kelley. Dee engagea Kelley et se dévoua entièrement à l’étude des forces surnaturelles. Ces "Conférences spirituelles", ou "actions" étaient menées dans une intense piété chrétienne. Dee était persuadé du bienfait qu’il pouvait apporter à l’humanité (les motivations de Kelley, quant à elles, restent dures à définir : certains pensent qu’il agissait par pur cynisme). Dee expliquait que la plupart de ses livres lui étaient dictés par les anges, dans un langage Énochien.

En 1583, il rencontra le prince polonais Albert Łaski. Ce dernier invita Dee à l’accompagner en Pologne. Il accepta, soi-disant poussé par les anges. Dee, Kelley, et leurs familles respectives partirent en 1583, mais Laski frisait la banqueroute et était impopulaire dans son pays. Dee et Kelley menèrent une vie de nomades en Europe centrale, ce qui ne les empêcha pas de continuer leurs conférences spirituelles, que Dee reportait méticuleusement. Il eut des audiences privées avec Rodolphe II du Saint-Empire et le roi Stefan afin de les convaincre de l’importance de ses communications angéliques. Aucun des monarques ne le prit au sérieux, le considérant plutôt comme un espion de la reine d'Angleterre, selon certaines sources[9].

Lors d’une de ses conférences spirituelles en Bohême, Kelley apprit à Dee que l’ange Uriel avait ordonné qu’ils partagent leurs femmes. On pense que Kelley, devenant alors un alchimiste dont la réputation dépassait celle de Dee, a utilisé ce moyen afin de mettre fin à ces conférences. L’ordre d’Uriel a fortement troublé Dee, mais ce dernier ne mettant pas en doute la motivation de l’ange, décida d’accepter. Pourtant, il mit un terme à ses conférences, retourna en Angleterre en 1589, et ne revit plus jamais Kelley.

L'alphabet énochien (1584-1607)[modifier | modifier le code]

Une transcription de l'alphabet énochien à partir du livre de John Dee[10]

Des conversations avec les anges sort un alphabet, une écriture occulte. Le terme « énochien » est une invention récente, Dee appelle ce système la « Magie Angélique ». Le travail proprement énochien a commencé le 10 avril 1584. Les manuscrits ont été conservés. La première époque (1581-1583) est la moins connue :

  • Liber mysteriorum primus (Livre premier des mystères) 22 décembre 1581 - 15 mars 1582. [8] [9] D’abord, avec l’aide du médium Barnabas Saul (et l'ange Annael), puis avec l'aide d’Edward Kelley, est révélée la "Table de Pratique", avec la Tabula sancta [10] ; cette table ressemble à celle que décrit Agrippa de Nettesheim dans sa Philosophie occulte (1533). Sur la table repose le Sigillum Dei Aemeth. Et sur ce Sceau repose la boule de cristal. Ce manuscrit contient aussi la description de l’anneau de PELE [11], un anneau en qui doit être en or, et dont l’ange Michael dira : "Sans cet Anneau, tu ne devras rien faire." L’Ange l’identifie au fameux anneau de Salomon que l’on retrouve dans certains textes apocryphes, dont le Testament de Salomon. Mention est faite du mystérieux Livre de Soyga (ou Aldaraia Sive Soyga Vocor), un livre crypté du XVIe siècle, que Dee possédait et rêvait de déchiffrer [12], Uriel déclara qu'il avait été révélé à Adam au Paradis par les anges.
"Année 1581, 22 décembre. À la suite de mes ferventes prières faites à Dieu, pour son réconfort miséricordieux et son enseignement, grâce au ministère de son ange saint et puissant, appelé Anael, (selon son divin plaisir), je priai le révéleur (skryer), du nom de Saul [Barnabas Saul], de regarder dans ma grande boule cristalline, pour savoir si Dieu m'avait envoyé son saint ange Anel, ou pas. Et Saul, en regardant dans cette pierre (ou boule de cristal) pour apercevoir Anael, vit là ce qui répondait à ce nom."
  • Liber mysteriorum secundus (Livre deuxième des mystères). [13] La première page a été détruite, la fin est datée du 21 mars 1582. Dans ce manuscrit est détaillé le véritable tracé du Sigillum Dei Aemeth, et l’explication des noms qu’il contient.
  • Liber mysteriorum tertius (Livre troisième des mystères) 28 avril - 4 mai 1582. [14] Ce manuscrit contient les « Sept Insignes de la Création » [15], sept Talismans complexes devant être peints ou gravés sur la "Table de Pratique". La fin du manuscrit est consacrée à la Tabula collecta [16], formée de sept Tables de Caractères d’où sont tirés les Noms des Anges composant l’Heptarchia Mystica [17]. Dee divise les anges en groupes de sept (heptarchies), avec un roi et un prince dirigeant chaque groupe. [18]
  • Liber mysteriorum quartus (Livre quatrième des mystères) 15 - 21 novembre 1582. [19] La première page a été détruite. Ce manuscrit continue l’exposé de l’Heptarchia Mystica. Les noms des 7 Rois, de leurs 7 Princes avec leurs 42 Ministres y sont détaillés.
  • Liber mysteriorum quintus (Livre cinquième des mystères), contenant le Liber Loagaeth ou Liber Enoch 23 mars - 18 avril 1583. . [20] [21] Ce manuscrit est le plus important. Il révèle l'alphabet énochien, système de caractères rappelant le Livre de Soyga. Loagaeth (prononcé Logah) signifie "Parole de Dieu" ; le Livre Loagaeth est constitué de tables de 49x49 cases. [22] Le Liber Loagaeth est la partie la plus mystérieuse du travail de Dee et Kelley, il contient 49 "invocations" dans une langue inconnue, 95 tables de 49 x 49 cases remplies par des lettres et des nombres, 2 tables semblables non remplies, et 4 tables dessinées faisant deux fois la largeur des autres. Personne n’a encore réussi à traduire ce texte[11], il n’y a pas de répétition apparente de mot, pas de grammaire apparente non plus. Ce serait le seul ouvrage qui n’aurait pas été retranscrit par Dee, mais viendrait directement de la main de l'ange Uriel avec comme mention : "Ce livre est la clé Sacrée qui ouvre la détermination de Dieu pour ce qui est du début de ce monde, son état actuel, sa fin..." Kelley parle à son sujet d’un « livre brun aux lettres de sang non séché, d’un sang au sein duquel la vie brûlerait encore... »
"1a Zuresk od adaph mal zez geno au marlan oh muzpa
1b Oxar varmol pan sampas os al pans orney andsu."
  • Quinti Libri Mysteriorum Appendice (Appendice aux cinq livres des mystères) 20 avril – 23 mai 1583. [23] Contient divers précisions concernant les éléments révélés dans les livres précédents, et les détails de la Tabula sancta.

L'ensemble forme le Mysteriorum Libri Quinque, or Five Books of Mystical Exercises of Dr. John Dee. An Angelic Revelation of Kabbalistic Magic and other Mysteries Occult and Divine revealed to Dr. John Dee and Edward Kelley A.D. 1581 - 1583 (Cinq livres des mystères), collectés par Elias Ashmole. En anglais [24] [25]

Par ailleurs les manuscrits retranscrits par Casaubon [26] sont :

  • Liber sexti mysteriorum (et sancti) parallelus novalisque 28 mai - 4 juillet 1583.
  • Liber peregrinationis primae (sexti Mystici paradromus) 21 septembre 1583 - 13 mars 1584. Le 13 janvier 1584, Uriel annonce le début de la fin des temps pour janvier 1587 : l'Antéchrist paraîtra, les royaumes seront renversés, la Terre sera dévastée. [27]
  • Mensis Mysticus Saobaticus, pars prima ejusdem 10 avril - 30 avril 1584, Cracovie. [28] Dans ce manuscrit se trouve la « Table de Nalvage », mai 1584 [29], ainsi nommée d’après le nom de l’ange qui l’a révélée, mais que Dee appelle simplement la « tablette de Dieu ». Cette table fut retranscrite par Dee en alphabet latin avec la volonté de la traduire en alphabet angélique, ce qu’il ne fit jamais. À la fin de ce manuscrit commence aussi la révélation de 48 Appels en langue énochienne.[30]
  • Libri Mystici Apertorii Cracoviensis Saobatici 7 - 22 mai 1584. Le titre original de ce Livre est Libri septimi Apertorii Cracoviensis, Mystici Saobatici, pars tertia, 1584, avec au-dessous cette note : Liber quartus decimus. Suite du Mensis Mysticus Saobaticus. Ce dernier manuscrit renferme également la liste des 30 Aethyrs (sphères divisant le monde) et leurs 91 Princes (3 princes par sphère, 4 pour la 30°). [31]
« Il y a encore 30 Appels à venir. Ces 30 [Appels] sont les Appels des 91 Princes et Gouverneurs Spirituels, à qui la Terre est livrée comme en partage. Ceux-ci installent et disposent des Rois et Gouvernements de la Terre, et varient la nature des choses, avec la variation de chaque instant. À eux, la Providence de l’Éternel Jugement est déjà ouverte. Ceux-ci sont généralement gouvernés par les 12 Anges des 12 Tribus, qui sont aussi gouvernés par les 7 qui se tiennent devant la Présence Divine. Que celui qui peut voir lève les yeux, et que celui qui peut entendre suive avec attention, car ceci est la Sagesse. Ils sont tous des Esprits de l’Air : pas rejetés, mais dignifiés, et ils résident et ont leurs demeurent dans l’air diversement, et dans divers lieux. Car leurs châteaux ne sont pas semblables, pas plus que leurs pouvoirs ne sont égaux. Comprends donc, que du feu à la terre, il y a 30 lieux ou demeures perpétuelles, une au-dessus et au-dessous d’une autre, là où ses Créatures ont leurs résidences, pour un temps. »
  • Libri Septimi Apertorij Cracoviensis Mystici Saobatici pars quarta 23 mai - 12 juillet 1584. [32] Suite du Libri Mystici Apertorii Cracoviensi Mystici, Sabaotici pars quarta. Mai 1584, Cracovie. Ici figure la correspondance entre les Aethyrs et les régions de la terre. On trouve également dans ce livre la description de deux visions importantes de Kelley : "la vision des quatre Tours de Guet" (exposition symbolique des hiérarchies angéliques de la Table) le 20 juin 1584 [33], et "la vision des quatre Sceaux de la Table de la Terre" (les Sceaux des « quatre Tablettes élémentaires » de la Golden Dawn) le 25 juin 1584, suivie de la révélation de la "Grande Table de la Terre" avec toute la hiérarchie d’anges qu’elle renferme. [34] [35] Également, ce manuscrit contient la traduction en anglais des Appels énochiens déjà délivrés.
  • Libri Cracoviensis Mysticus Apertorius 12 juillet - 15 août 1584. Avec dans le manuscrit original cette note : Sive potius, pars quinta libri 7mi &c. Cracoviensis.
  • Mysteriorum Pragensium liber primus Caesareusque 15 août - 7 oct. 1584. [36] Apparition de trois anges, à Prague.
"Alors que E. K. [Edward Kelley] et moi étions dans mon bureau, après notre conversation sur différentes choses et de mon attente d’une Audience avec l’Empereur [Rodolphe II de Habsbourg], E. K. voit trois petites Créatures allant et venant dans la lumière du soleil, a peu de distance de la chaussée, les Créatures elles-mêmes étant très petites, comme des petites ombres, et le chemin sur lequel elles marchent semble jaune."
  • Mysteriorum Pragensium Confirmatio 14 jan. - 20 mars 1585 Prague. [37] Vision d'un palais circulaire.
"E. K. : Il y a ici une présence avec un voile sur son visage, comme un châle couleur cendres, je ne le reconnais pas encore. Je vois un jardin plein de fruits, de diverses sortes. Au milieu du jardin, il y a un lieu plus élevé que le reste. En ce lieu se dresse un Palais Rond, avec quatre angles et quatre fenêtres, et chaque fenêtre est ronde, et a quatre partitions rondes. Le Palais a quatre portes, la porte de l’Est a une marche, au Sud deux marches, au Nord trois marches, et à la porte de l’Ouest quatre marches. La première porte est blanche, transparente comme du cristal. La porte du Sud est de couleur rouge vif, transparent. La porte du Nord est noire brillant, pas tout à fait visible comme le reste. La porte de l’Ouest est verte, comme une émeraude, de même que la porte du Sud est comme un rubis. Les portes sont toutes de couleur unie. L’intérieur du Palais (à en juger par les portes transparentes) semble tout blanc et vide. Lui qui a sa face recouverte."
  • Mysteriorum Pagensium Confirmatorum liber 20 mars - 6 juin 1585.
  • Unica Actio ; quae Pacciaena vocatur 6 août 1585.
  • Liber Resurectionis 30 avril 1586 - 21 janvier 1587.
  • Actio tertia. Mysteriorum divinorum memorabilia, ab actionis (ex septem) tertiae, descriptae exordio, cui diea 4o Aprilis, Ao 1587, dicata fuit. 4 avril - 23 mai 1587.
  • Actio tertia. Trebonae Generalis. Figure une Tabula recensa ou Tabula reformata, 20 avril 1587 [38], révisée par l'ange Raphaël, perfectionnant la Grande Table de la Terre de juin 1584.

Enfin, on trouve ces manuscrits à part :

  • 48 Claves Angelicae. Écrit en langue énochienne, avec la traduction anglaise en interligne des Appels énochiens.[39]
  • Cracoviae ab Aprilis 13 ad Julii 13 (diversis temporibus) receptae août 1584. À la fin de la page de titre, on a ce nom : Liber 18

Liber Scientiae, Auxilii et Victoriae Terrestris Maij 2, stilo novo, 1585 collectus ex praemissis in lib. 10, et aliis.

  • De Heptarchia Mystica Collectaneorum, Liber primus. Ce manuscrit reprend les éléments du Liber Mysteriorum Quartus concernant l’Heptarchia Mystica.
  • Tabula Bonorum Invocationes. [40] Il s’agit d’un livre de conjurations et de prières en latin que Dee a rédigé d’après les indications des Esprits, et devant servir à l’invocation des hiérarchies de la Grande Table.

L’alphabet énochien ou alphabet angélique ne ressemble à aucune langue connue, il existe deux versions de cet alphabet, la première est faite pour être écrite rapidement à la plume, la deuxième est plus soignée et aurait été donnée plus tard par les anges à Dee.

Pour l'histoire de l'alphabet énochien après Dee

Article détaillé : magie énochienne.

Mythe et faits[modifier | modifier le code]

La légende noire[modifier | modifier le code]

Environ dix ans après la mort de Dee, l’antiquaire Robert Cotton acquit le domaine de Dee et se mit à la recherche de manuscrits et d’artefacts. Il découvrit de nombreux livres, la plupart étant des compte-rendus des communications angéliques. Le fils de Cotton donna ces livres à Méric Casaubon qui les publia en 1659, y ajoutant une longue introduction (A True & Faithful Relation of What passed for many Years between Dr. John Dee (A Mathematician of Great Fame in Q. Eliz. and King James Reigns) and some spirits.). Ce livre étant la première révélation publique des conférences de Dee, il connut un grand succès et fut très vite épuisé. Casaubon, croyant en l’existence des esprits, explique dans son introduction que Dee était l’instrument involontaire des esprits diaboliques alors qu’il pensait s’adresser aux anges. Ce livre a été à l’origine de la réputation sulfureuse qui a poursuivi Dee durant les deux siècles suivants, le faisant passer pour un charlatan, un fanatique ou un malade mental.

Environ à la même période que la publication de ce livre, des membres de l’ordre Rosicrucien affirmèrent que Dee avait été des leurs. Il existe cependant un doute quant à l’existence d’un mouvement Rosicrucien organisé à l’époque de Dee ; et il n’y a aucune preuve qu'il ait appartenu à une quelconque fraternité. La réputation de Dee en tant que magicien et ses expériences avec Edward Kelley ont fait de lui un personnage apprécié des conteurs, des écrivains d’horreur et autres amateur de magie. Les affabulations concernant la vie de Dee sont nombreuses, ce que favorise l'absence de renseignements sur certaines périodes de sa carrière restées très obscures.

La réhabilitation[modifier | modifier le code]

C’est au XXe siècle que le personnage de Dee fut réhabilité, en partie grâce au travail de l’historienne Frances Yates, qui apporta une nouvelle façon d’appréhender le rôle de la magie et le développement de la science moderne à la Renaissance. Dee jouit à l'heure actuelle d'une réputation d'homme d'étude sérieux; il est considéré comme l’une des personnalités les plus cultivées de son époque.

Sa bibliothèque personnelle était la plus importante du pays, et était tenue pour l’une des plus intéressantes d’Europe, peut-être était elle à peine moins importante que celle de Jacques-Auguste de Thou. Dee, en plus d’être astrologue, scientifique et conseiller géographique de la Reine, fut le précurseur de la colonisation de l’Amérique du Nord et de l’élargissement de l’empire Britannique au-delà de l’Atlantique Nord.

Dee fut un partisan acharné des sciences de la navigation et de la cartographie. Il collabora avec Gerardus Mercator, et possédait une importante collection de cartes, globes et d’instruments astronomiques. Il inventa des instruments et des techniques de navigation spécifiques pour les régions polaires. En tant que conseiller personnel des expéditions, il choisit lui-même les navigateurs qu’il forma.

L’importance des mathématiques dans sa vision des choses fait de lui un personnage plus moderne que Francis Bacon, bien que l’on pense que Bacon ait volontairement fait l’impasse sur les mathématiques compte tenu du climat de soupçon qui entourait l'occultisme sous Jacques Ier. Il faut cependant souligner que le paradigme mathématique de Dee est radicalement différent de celui des mathématiciens modernes.

Il semble évident que la plus grande préoccupation de Dee fut de promouvoir les mathématiques hors des universités. Sa Préface Mathématique à Euclide était destinée à un public n’ayant pas eu accès à l’université, et fut très populaire parmi les mechanics (« mécaniciens »), une nouvelle classe d’artisans inventeurs qui deviendront nos ingénieurs modernes. Sa préface était composée de principes mathématiques.

Dee était ami de Tycho Brahe et connaissait les travaux de Copernic. La plupart de ses calculs astronomiques étaient basés sur des présomptions Coperniciennes, mais il n’épousa jamais véritablement la thèse de l’héliocentrisme. Il a appliqué les théories de Copernic au problème de la réforme du calendrier. Ses recommandations n’ont toutefois pas été prises en compte pour des raisons politiques.

On l’a souvent associé au Manuscrit de Voynich[12]. Wilfrid M. Voynich, qui acheta le manuscrit en 1912, a suggéré que Dee avait été possesseur du manuscrit, et qu’il l’avait vendu à Rodolphe II. Cependant, les rapports que Dee entretenait avec ce dernier étaient moins importants que ce que l’on pensait, et les journaux de Dee ne font aucunement référence à une telle transaction.

Objets divers[modifier | modifier le code]

Le British Museum possède de nombreux objets lui ayant appartenu.[41] Ces objets ont pour la plupart, été utilisés lors des conférences spirituelles :

  • Le Speculum, ou le miroir de Dee (un objet de culte aztèque fait d’obsidienne, dont la forme est semblable à celle d’un miroir à main, rapporté en Europe en 1520), qui était détenu par Horace Walpole
  • Un petit sceau en cire, censé soutenir les jambes de sa « table d’exercice » (la table sur laquelle il pratiquait la vision de sa boule de cristal)
  • Le grand et fameux "Sceau de Dieu", utilisé pour soutenir la boule de cristal.
  • Une amulette en or, sur laquelle est gravée la représentation d’une des visions de Kelley.
  • Un globe de cristal de six centimètres de diamètre. Cet objet est longtemps resté insignifiant dans la collection de minéraux. La provenance de cet objet est plus douteuse que les autres.
  • Un couteau dont le bout de la lame est doré et qui aurait été "trempé dans le Grand Elixir".

En décembre 2004, une boule de cristal ayant appartenu à Dee et une explication de son utilisation écrite par Nicholas Culpeper dans les années 1600 ont été volés au Science Museum ; mais furent retrouvés peu après.

John Dee et Edward Kelly invoquant un esprit

Dee dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Jean Ray, dans une des aventures de Harry Dickson : "Le Studio Rouge" : on parle de John Dee et surtout de son miroir noir :" pierre noire au moyen duquel John Dee évoquait les esprits". Le studio rouge est paru dans le tome 9 des aventures de Harry Dickson édité par la bibliothèque marabout, éditions Gérard & C° en 1970.
  • Ian Fleming a créé James Bond en utilisant des traits de John Dee et sa fameuse signature 007.
  • William Shakespeare a façonné le personnage de Prospero d’après John Dee (voir étude de Calder).
  • Gustav Meyrink fait intervenir John Dee dans son roman L'Ange à la Fenêtre d'Occident (1927)
  • Peter Ackroyd, dans son roman The House of Doctor Dee (1994) raconte l’histoire d’un homme qui hérite d’une maison qui fut habitée par Dee. ISBN 0-14-017117-7
  • Armin Shimerman dans plusieurs de ses livres, ajoute une grande part de science-fiction dans des nouvelles dont Dee est le héros.
  • Dee apparaît comme un personnage secondaire dans The Queen’s Fool (2004), de Philippa Gregory.
  • Dans la nouvelle de H. P. Lovecraft L'Abomination de Dunwich (1929), c’est John Dee qui est à l’origine de la traduction anglaise du Necronomicon.
  • Dee, Kelley, et Giordano Bruno sont les protagonistes de la série Ægypt de John Crowley.
  • Dans Le Pendule de Foucault, Umberto Eco fait de Dee le personnage central du « Plan ».
  • Dee est à l’origine de l’intrigue d’un film de Derek Jarman, Jubilee.
  • John Dee est aussi le nom d’un super-vilain chez DC Comics, Doctor Destiny, qui, comme le véritable Dee, utilise la magie et la science et peut contrôler les rêves.
  • Dans le graphic novel Marvel 1602 de Neil Gaiman, la position de Dee en tant que conseiller de la reine Élisabeth a été prise par Docteur Strange.
  • Dans Gloriana ou la reine inassouvie de Michael Moorcock, Dee apparaît dans une cour proche de celle de la reine Élisabeth.
  • Le personnage était également trop tentant pour un compilateur comme Jacques Bergier pour ne pas apparaître dans l’une de ses constructions parascientifiques : un chapitre est consacré à John Dee dans Les livres maudits (1971. Chap. Le livre d’Enoch).
  • Dee est le personnage principal de Deathscent de Robin Jarvis, dont l’histoire se passe dans une version fantastique de l’Angleterre élisabéthaine.
  • Dans son livre Praga Magica[13], Angello Maria Ripellino lui consacre quelques chapitres très documentés sur le séjour pragois de Dee et Kelley dans la Prague magique et précise « mon image de John Dee est légendaire et vue sous l'angle de la Bohême ».
  • Dans la littérature tchèque, Dee apparait le plus souvent comme un emberlificoteur, ainsi dans Král Rudolf (Le Roi Rodolphe) de Jiří Karásek, Dee et son fils tentent d'empoisonner l'empereur Rodolphe II[14].
  • Dans Borges et les orangs outans éternels de E. Verissimo, Borges fait mention de John Dee et de l'œuvre de celui-ci.
  • Dee et Kelley apparaissent dans le comics "Spawn-Violator", écrit par Alan Moore. Dee apparait également dans le comics "Promethea", du même Alan Moore.
  • Dee apparait également dans Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel, de Michael Scott, où il joue le rôle d'un magicien très puissant et serviteur des Ténébreux, des dieux prônant la destruction de la race humaine.
  • Le Labyrinthe de la Rose, de Titiana Hardie, un secret passé de générations en générations seulement aux filles
  • Dee est l'un des personnages principaux de 1666, volume 5 de la bande dessinée "L'Histoire Secrète", scénario de Jean-Pierre Pecau, dessin de Léo Pilipovic
  • Dans l’opéra anglais Dr DEE créé par le metteur en scène Rufus Norris et le musicien et compositeur Damon Albarn
  • "L'appât", dans ce roman de José Carlos Somoza, paru en France en 2011 chez Actes Sud, l'auteur imagine des personnages développant un pouvoir de possession au travers d'un décryptage de l'œuvre cachée de Shakespeare inspirée de John Dee.
  • Dans le jeu de rôle Vampire La Mascarade, John Dee est l'un des vampires les plus influents et puissant de Londres, ennemi du légendaire prince Ventrue Mithras, et membre du clan Tremere.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de John Dee[modifier | modifier le code]

  • (en) Dee, John, John Dee on Astronomy: Propaedeumata Aphoristica (1558, 2e éd. 1568) edited by Wayne Shumaker, Berkeley: University of California Press, 1978. ISBN 0-520-03376-0.
  • (en) Dee, John, The Mathematicall Praeface to the Elements of Geometrie of Euclid of Megara (1570). édi. par Allan G. Debus, New York: Science History Publications, 1975. ISBN 0-88202-020-X.
  • (en) Dee, John, Quinti Libri Mysteriorum (1581-1583). British Library, MS Sloane 3188. Disponible chez Elias Ashmole, MS Sloane 3677.
  • (en) Dee, John, John Dee’s five books of mystery: original sourcebook of Enochian magic: from the collected works known as 'Mysteriorum libri quinque' / Joseph H. Peterson, Editor. Boston: Weiser Books. ISBN 1-57863-178-5. [42]
  • (en) Casaubon, M. (1659, repr. 1992) A True and Faithful Relation of What Passed for many Yeers Between Dr. John Dee... and Some Spirits. [43] New York: Magickal Childe. ISBN 0-939708-01-9. Une partie des minutes des entretiens de John Dee avec les anges, grâce à un médium (dont John Kelly) : .
  • (en) Dee, John, The Private Diary and Catalogue of his Library of Manuscripts, edited by James O. Halliwell, Royal Historical Society Publications, Camden Series, vol. no 29, Londres, 1842.
  • (en) Dee, John, Autobiographical Tracts, édi. James Crossley, Manchester, Chetham Society Publications, vol. 24, 1851.


  • monade hiéroglyphique :
    • Monas hieroglyphica (1564), trad. par J. Gillot de Givry (1925) : La Monade hiéroglyphique [6] [44]
    • Propaedeumata aphoristica (première édition 1558, seconde édition modifiée 1568), 52° aphorisme. On Astronomy. Propaedeumata aphoristica, édition par Wayne Shumaker, Berkley: University of California Press, 1979.
  • magie énochienne (surtout à partir du 10 avril 1584) :
    • (le premier manuscrit) Liber mysteriorum primus (Livre premier des mystères) 22 décembre 1581 - 15 mars 1582. [45] (en) [46]
    • Liber mysteriorum secundus 19 mars 1582. [47]
    • Liber mysteriorum tertius (Livre troisième des mystères) 28 avril - 4 mai 1582. [48]
    • Liber mysteriorum quartus (Livre quatrième des mystères) 15 - 21 novembre 1582. [49]
    • (le manuscrit le plus important) Liber Loagaeth ou Liber Enoch, in 'Liber mysteriorum quintus (Livre cinquième des mystères) 23 mars - 18 avril 1583. [50] et Liber mysteriorum sextus
    • Heptarchie mystique in Liber mysteriorum tertius [51], 'Liber mysteriorum quartus [52], Quinti libri mysteriorum et Compendium Heptarchiae Mysticae [53], De Heptarchia Mystica Collectaneorum, Liber primus
    • Table de Nalvage, avril 1584, Cracovie. [54], in Mensis Mysticus Saobaticus, pars prima ejusdem
    • 48 Appels en langue énochienne, avril 1584. [55] in Tabula Bonorum Angelorum Invocationes, A true and Faithful Relation of what passed for many years between Dr John Dee and some spirits, etc.
    • Vision de la Terre de Guet 20 juin 1584. [56]
    • (le manuscrit le plus connu) : Vision des quatre Sceaux de la Table de la Terre (ou Quatre tablettes élémentaires) 25 juin 1584. [57] [58], in Libri Septimi Apetorii Cracoviensis Mystici, Saobatici Pars Quarta, mai 1584, Cracovie. [59]
  • En français : Les Cinq Livres des Mystères, suivis de L'Heptarchie Mystique, par John Dee et Edward Kelly. Textes introduits, traduits et annotés par Éric Gazano. Enochiana Volume I. Éditions ESH, Bruxelles, 2014. ISBN 978-2-8053-0017-2.

Études sur John Dee[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frances Yates, La Philosophie occulte à l'époque élisabéthaine (1979), trad., Dervy-Livres, 1987, p. 117-136.
  2. De Vita Propria (Ma biographie), Gerolamo Cardano, traduction anglaise de Jean Stoner, New York, 2002, p. viii
  3. Fell Smith, Charlotte, 1909, John Dee: 1527 - 1608, Londres, éd. Constable and Company
  4. John Dee, Diary for the years 1595-1601, éd. John Bailey, 1880.
  5. James I d'Angleterre, Daemonologie (1587), in The Damned Art, éd. S. Anglo, Londres, 1977, p. 156-181.
  6. a et b http://hdelboy.club.fr/monade_dee.html
  7. C. H. Josten, A Translation of John Dee's 'Monas hieroglyphica', Ambix, 12 (1964), p. 84-219 : p. 110.
  8. Pierre Béhar, Les langues occultes de la Renaissance, Desjonquières, 1996, p. 91-120.
  9. Et l'alchimie n'aurait, dans ce cas été qu'une « couverture » suppose Angello Maria Ripellino dans Praga Magica, Plon, coll. « Terre humaine », Paris, 1993. p. 140
  10. http://www.esotericarchives.com/dee/sl3188.htm Extrait du livre de Dee
  11. Malgré tout, le mathématicien anglais David Langford prétend avoir réussi à décrypter ces planches grâce au code de Bacon et à l'informatique. Necronomicon, J'ai lu, coll. «Aventure mystérieuse » n°A400, Paris, 1983, p. 101 à 126. Le mathématicien montrerait que le manuscrit n'était qu'une médiocre compilation de différents grimoires, comme Les Trois Livre de la Philosophie Occulte de Cornelius Agrippa, La Goérie, c'est-à-dire le traité d'Alkindi connu aussi sous le nom de Livre essentiel de l'âme
  12. Par exemple Jacques Bergier, « Les livres maudits » (1971).
  13. Angello Maria Ripellino, Praga Magica, Plon, coll. « Terre humaine », Paris, 1993. p. 136-144
  14. source : Angello Maria Ripellino, Praga Magica, Plon, coll. « Terre humaine », Paris, 1993.