Adolf Loos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Loos.
Adolf Loos

Adolf Loos, né le à Brünn et mort le à Vienne, est un architecte autrichien, défenseur du dépouillement intégral dans l’architecture moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

S'il n'a jamais rencontré Louis Sullivan, Adolf Loos est profondément influencé par l'École de Chicago dès le début du siècle, après un voyage aux États-Unis. De retour en Autriche, il s'oppose au courant de la Sécession viennoise (courant architectural autrichien proche de l'Art nouveau) et à d'autres mouvements, dont le Deutscher Werkbund. Il ne fera jamais partie d'un mouvement bien défini, étant plutôt le précurseur d'un nouveau mouvement de pensée lancé par Otto Wagner, qui prône l'utilisation juste des éléments de l'architecture sans faux-semblant. Il va à l'encontre de la Sezession, jugée décadente car « décorative ». Loos considère l'ornement comme un artifice complet, qui engendre la laideur. L'ornementation architecturale doit être issue du matériau et non être « plaquée » dessus.

Sa vision sociale et humaniste de l'architecture va marquer toute l'architecture du XXe siècle, notamment grâce à son écrit le plus fameux : Ornement et crime (1908), qui sera publié par Le Corbusier dans sa revue L'Esprit Nouveau. Il est à ce titre considéré comme un des grands précurseurs de l'architecture moderne.

Looshaus, la « Maison sans sourcils », Michaelerplatz, Vienne.

Adolf Loos est considéré comme un homme hors de son temps, notamment lors du projet conçu sur la Michaelerplatz à Vienne : la Looshaus, initialement la maison de couture Goldman & Salatch, fut la source d'une polémique car la sobriété détonnante de sa façade dans le centre historique de Vienne, en face du palais impérial, choquait la bourgeoisie traditionaliste de l'époque, conditionnée par un éclectisme décoratif qui est notamment celui du Ring viennois.

Adolf Loos a conçu de nombreuses villas à Vienne et ailleurs :

En 1920, il est nommé directeur du Département d'urbanisme à Vienne. Il propose alors plusieurs projets de cités ouvrières. L'immeuble à Gradin est un des thèmes récurrents de son travail. Il est aussi à l'origine du Raumplan, plan en trois dimensions avec des pièces de hauteurs variables selon les besoins. Il prend en compte avec attention les séparations jour/nuit, lieux publics/privés, qu'il articule par des escaliers. Loos développe une monumentalité qui n'est pas académique, et préfigure le brutalisme de la fin du XXe siècle.

Entrée de la maison Tzara à Paris.

Il a influencé Richard Neutra, Rudolf Schindler et a découvert Oskar Kokoschka.

Claire Beck, sa troisième épouse, photographe et écrivain, est l'auteur de l'ouvrage Adolf Loos – A Private Portrait[1] dédié à Adolf Loos.

Projets majeurs[modifier | modifier le code]

  • Café Muséum, Vienne, 1899
  • Looshaus, immeuble de la Michaelerplatz, Vienne, 1909-1911
  • Maison Steiner, Vienne, 1910
  • Maison Rufer, Vienne, 1922
  • « The Chicago Tribune Column » (la Colonne du Chicago Tribune), projet de concours, Chicago, 1922
  • Maison Tristan Tzara, Paris, 1925-1926
  • Villa Moller, Vienne, 1927-1928
  • Villa Müller, Prague, 1928-1930
  • Maison Moissi (projet) 1923, au Lido de Venise

Écrits d'Adolf Loos[modifier | modifier le code]

Citations d'Adolf Loos[modifier | modifier le code]

  • "L'architecte est un maçon qui a appris le latin"
  • "L'homme le mieux habillé, le costume le plus moderne est celui qui attire le moins l'attention"

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Adolf Loos: A Private Portrait article du 24 janvier 2013, Christopher Long, sur www.west86th.bgc.bard.edu, W86th Book Reviews.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :