Arnaud Desplechin

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Arnaud Desplechin

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Arnaud Desplechin lors du Festival de Cannes 2008

Naissance (53 ans)
Roubaix
Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession Réalisateur
Films notables Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle),
Esther Kahn
Rois et Reine
Un conte de Noël

Arnaud Desplechin, né le à Roubaix dans le département du Nord en France, est un cinéaste français. Réalisateur de neuf long-métrages associés au genre du cinéma d'auteur, il reçoit de nombreux prix cinématographiques liés à la catégorie « Art et Essai » dont le Prix Louis-Delluc en 2004.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arnaud Desplechin est le fils de Robert, représentant de commerce et de Mado Desplechin, mère au foyer devenue formatrice pour adultes[1], habitant Croix près de Roubaix. Il a un frère, Fabrice Desplechin, diplomate et acteur dans plusieurs de ses films, et deux sœurs : la romancière Marie Desplechin et la scénariste Raphaëlle Valbrune-Desplechin[1]. Il a vécu avec la comédienne Marianne Denicourt au début des années 1990. Uni ensuite pendant une décennie à l'actrice Hélène Fillières[réf. nécessaire], il est le compagnon de Florence Seyvos avec laquelle il a un fils né en 2006[1].

Décidé à faire du cinéma depuis sa jeunesse[2], Arnaud Desplechin suit les cours de cinéma de l'Université Paris III (dont ceux de Serge Daney et Pascal Kané) puis intègre en 1981 l'IDHEC (l'ancêtre de La Fémis) à sa deuxième tentative[3], et en sort diplômé de la section « Réalisation et prises de vue » en 1984. Il rencontre à l'IDHEC plusieurs de ses futurs collaborateurs dont Pascale Ferran, Noémie Lvovsky et Éric Rochant[2],[1]. Pendant cette période où Desplechin éprouve des difficultés à achever ses films de scolarité[3], il ne termine que deux courts-métrages, inspirés de l'univers du romancier belge Jean Ray[4] : Le Polichinelle et la Machine à coder, en 1983 puis Le Couronnement du monde, en 1984. Il découvre alors le travail d'un autre passionné de Jean Ray, le réalisateur Alain Resnais, dont Desplechin dira plus tard qu'il est « le cinéaste qui [l']a touché le plus violemment[4] » au cours de ses études.

Après son diplôme, Arnaud Desplechin travaille comme directeur de la photographie sur Comme les doigts de la main (1984), French Lovers (1985) et Présence féminine (1987) d'Éric Rochant, ainsi que sur La Photo (I fotografia) de Nico Papatakis (1986). Il participe aussi au scénario d’Un monde sans pitié (1989) d'Éric Rochant.

En 1990, Arnaud Desplechin commence à travailler sur le moyen-métrage La Vie des morts. Le film réunit plusieurs acteurs appelés à devenir des habitués ses œuvres, parmi lesquels Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger et Thibault de Montalembert, et marque également la première collaboration entre Desplechin et le directeur de la photographie Éric Gautier. L'intrigue tourne autour d'une réunion de famille dans une maison de province, après la tentative de suicide de l'un des cousins. La Vie des morts est présenté pour la première fois au Festival Premiers plans d'Angers en , où il reçoit plusieurs prix[5], avant d'être sélectionné pour la Semaine de la critique au Festival de Cannes dérogeant ainsi de manière exceptionnelle à sa règle d'exclusivité[6]. Le prix Jean-Vigo du court-métrage lui est décerné la même année.

La même année, Pascal Caucheteux crée sa société Why Not Productions, et finance La Sentinelle, le premier projet de long-métrage de Desplechin. Le film est coécrit avec Pascale Ferran, Emmanuel Salinger et Noémie Lvovsky. Le jeune cinéaste reprend une partie de l'équipe de La Vie des morts, et collabore pour la première fois avec Mathieu Amalric et László Szabó. Son frère, Fabrice Desplechin, est également présent dans la distribution. Le film, dont le thème rappelle Muriel, ou le temps d'un retour de Resnais, traite des fantômes d'une guerre passée, ici la Guerre froide et les conflits européens. Le film est bien reçu par la critique et sélectionné dans les festivals. Il est notamment en compétition à Cannes en 1992[7] et est nommé aux Césars pour le meilleur premier film, le meilleur scénario original et le meilleur espoir masculin, que remporte Emmanuel Salinger, avant d'obtenir également le Prix Michel-Simon 1993.

Fin 1994, Arnaud Desplechin démarre le tournage de son deuxième long métrage, coécrit avec Emmanuel Bourdieu, Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle). C'est Mathieu Amalric qui interprète cette fois l'alter ego de Desplechin, un universitaire nommé Paul Dédalus, écartelé entre plusieurs femmes : Sylvia (Marianne Denicourt), Esther (Emmanuelle Devos), et Valérie (Jeanne Balibar). La sélection du film au Festival de Cannes et ses nominations aux César en 1996, ainsi que son succès critique assoient Desplechin comme un auteur important des années 1990. Les critiques cinématographiques parlent alors de « génération Desplechin[7] » pour décrire le jeune cinéma français et la vague de nouveaux acteurs qu'il a révélés.

En 1997, Arnaud Desplechin est à l'initiative, avec Pascale Ferran, du Manifeste des 66 cinéastes appelant à la désobéissance civile contre les lois Debré qui qualifient pénalement l'hébergement d'étrangers en situation irrégulière.

En 2000, il coécrit avec Emmanuel Bourdieu un scénario adapté d'une nouvelle d'Arthur Symons. Esther Kahn est tourné en anglais et s'attache au passage à l'âge adulte, à travers la découverte du théâtre et de l'amour d'une jeune fille anglaise issue d'une famille juive. Le film est reçu comme un hommage à l'œuvre de François Truffaut parce qu'il traite d'une éducation, comme L'Enfant sauvage (1969), qu'il est tourné en anglais, comme Fahrenheit 451 (1966) et Les Deux Anglaises et le Continent (1971), et aussi parce qu'il utilise des formes filmiques de la Nouvelle Vague et plus particulièrement du cinéma de Truffaut comme les fermetures à l'iris ou les nappes de musique. Le film est également en compétition pour la palme d'or — une troisième sélection pour Desplechin — du festival de Cannes[7].

Trois ans plus tard, Desplechin prépare un diptyque autour de l'adaptation de Dans la compagnie des hommes d'Edward Bond avec Nicolas Saada. Le premier film doit s'appeler Répétitions de « Dans la compagnie des hommes » et être composé à 70 % de vidéo tournée pendant les répétitions et à 30 % d'images du film lui-même, et le second film En jouant « Dans la compagnie des hommes » et être composé d'images vidéo et d'images argentiques dans les proportions inverses du premier film. Entre la réalisation de chacun des deux films, Desplechin prévoit d'en tourner un troisième, alors titré Rois sans arroi, reine sans arène[8]. Finalement, le tournage du troisième film est reporté à 2004, et Arnaud Desplechin termine successivement, après avoir présenté une version préliminaire de son travail au festival de Cannes en 2003, les films Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » qui est majoritairement en argentique, puis Unplugged, en jouant « Dans la compagnie des hommes » qui reprend les répétitions tournées en DV. Dans Léo, Sami Bouajila interprète le personnage de Léonard Jurieu, fils adoptif d'un industriel, fabricant d'armes, joué par Jean-Paul Roussillon, qui en décidant de s'affranchir de son père pour mener ses propres affaires va le ruiner. Desplechin mêle la trame d'Edward Bond avec celle de Hamlet, en introduisant notamment dans l'histoire le personnage d'Ophélie, interprétée par Anna Mouglalis. Léo sort dans une seule salle, au Cinéma du Panthéon à Paris, le , après avoir été diffusé sur ARTE la veille. Unplugged ne sera pas visible avant la sortie en DVD du film.

Cette même année, Desplechin achève Rois et Reine, coécrit avec Roger Bohbot. Le film trace deux récits, l'un burlesque et l'autre tragique, respectivement centrés sur un homme et une femme qui se sont aimés : Ismaël, un musicien excentrique et névrosé interprété par Mathieu Amalric — devenu son acteur fétiche et alter ego à l'écran[1],[9] —, et Nora, une bourgeoise ambitieuse, dont le rôle est tenu par Emmanuelle Devos. Tandis qu'Ismaël se débat avec ses problèmes fiscaux dans un hôpital psychiatrique, Nora doit assister à la mort brutale de son père et l'aider à mourir, tout en se remémorant les circonstances éprouvantes du décès par balle de son premier mari. Le film marque aussi la deuxième collaboration de Desplechin avec Jean-Paul Roussillon, Hippolyte Girardot, et la première avec Catherine Deneuve, qui joue ici une psychiatre chargée du cas d'Ismaël. Le film est acclamé par la critique et connaît un important succès public. Rois et Reine reçoit plusieurs nominations et de nombreux prix, dont le prix Louis-Delluc en 2004, et le César du meilleur acteur pour Mathieu Amalric l'année suivante. Desplechin est pris à partie à la sortie du film par Marianne Denicourt qui l'accuse d'avoir utilisé des éléments de sa vie privée pour écrire Rois et Reine[10]. En 2005, elle publie Mauvais génie, écrit en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon, où elle décrit sa rencontre avec un réalisateur sans scrupules nommé Arnold Duplancher. Elle attaque finalement Desplechin en justice en 2006, pour atteinte à la vie privée, lui réclamant 200 000 euros de dommages-intérêts. Elle est déboutée le [11].

Desplechin commence, en 2007, deux films ayant trait à la famille. Le premier, L'Aimée, voit Desplechin filmer son père, son frère Fabrice et ses neveux dans la maison familiale de Roubaix à la veille de la vente de celle-ci. Ils évoquent le souvenir de la grand-mère d'Arnaud Desplechin, morte deux ans après la naissance de son père. C'est la deuxième incursion dans le documentaire du cinéaste après l'expérience autour de Dans la compagnie des hommes. Le film est présenté à la Mostra de Venise en , dans la section « Horizons documentaires », où il reçoit de la province autonome de Trente le prix du meilleur documentaire, avant de sortir le au Cinéma du Panthéon.

Le second film, Un conte de Noël, reprend en l'enrichissant le canevas de La Vie des morts, en montrant une réunion de famille à Roubaix, autour de la mère, Junon (Catherine Deneuve), atteinte d'un cancer, que peut seule sauver une greffe de son fils Henri (Mathieu Amalric), « banni » de la famille des années plus tôt par sa sœur Elizabeth (Anne Consigny). Un Conte de Noël a été présenté en compétition au 61e festival de Cannes, mais le réalisateur repart pour la quatrième fois sans distinction[7].

En 2012, il tourne aux États-Unis une adaptation du livre Psychothérapie d'un Indien des plaines publié par l'ethnopsychanalyste Georges Devereux en 1951, intitulée Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des plaines), avec dans les rôles principaux les acteurs Mathieu Amalric et Benicio del Toro. Le livre relate l'intégralité de la psychanalyse de l'Indien Jimmy Picard avec Georges Devereux après la Seconde Guerre mondiale[12]. Le film est sélectionné en compétition officielle du 66e festival de Cannes constituant ainsi la cinquième œuvre du réalisateur à concourir sur la Croisette[7].

En octobre 2013, Arnaud Desplechin prend position dans l'affaire Leonarda Dibrani en défendant la jeune femme et les manifestations lycéennes qui la soutiennent et en dénonçant la décision du chef de l'État François Hollande de ne pas remettre en cause l'expulsion de Leonarda dans une tribune publiée dans le quotidien Libération[13],[14].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Courts métrages
Longs métrages

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Arnaud Desplechin recevant un prix
Arnaud Desplechin en 2009.

Arnaud Desplechin a vu ses films sélectionnés dans de nombreux festivals de cinéma depuis le début de sa carrière. Tous ses films entre La Vie des morts en 1991 et Léo, en jouant« dans la Compagnie des hommes… » en 2003, ainsi que Un conte de Noël en 2008 ont été présentés en compétition ou dans des sélections parallèles du Festival de Cannes. Rois et Reine et L'Aimée ont été présentés pour la première fois à la Mostra de Venise. Voici la liste des principales récompenses décernées à l'œuvre de Desplechin :

Audience[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant est établi à partir de la base de données Lumière. La base de données inclut l'ensemble des entrées dans l'Union européenne depuis 1996[15],[note 1].

Film Année de production Entrées en Europe
Rois et Reine 2004 698 939
Un conte de Noël 2008 674 236
Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) 1996 267 909
Esther Kahn 2000 170 585
L'Aimée 2007 16 835

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Sentinelle étant sorti en 1992 alors que les statistiques de la base Lumière ne commencent qu'en 1996.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Arnaud Desplechin, cow-boy et indien par Sabrina Champenois dans Libération du 9 septembre 2013.
  2. a et b Arnaud Desplechin : “J’ai peur qu’un jour le cinéma se muséifie” par Mathilde Blottière dans Télérama du 5 septembre 2013.
  3. a et b Le Travail du deuil, Entretien avec Arnaud Desplechin par Olivier de Bruyn & Olivier Kohn dans Positif, juin 1992.
  4. a et b Thierry Jousse & Frédéric Strauss, Entretien avec Arnaud Desplechin dans Les Cahiers du cinéma de juin 1992
  5. [PDF]Palmarès de la 3e édition du Festival Premiers plans d'Angers (1991)
  6. Festival Premier Plans : l'Eldorado du premier film par Jérémie Couston dans Télérama du 21 janvier 2012.
  7. a, b, c, d et e James Gray et Arnaud Desplechin, les deux perdants magnifiques par Louis Guichard et Laurent Rigoulet dans Télérama no 3305 du 18 mai 2013.
  8. Emmanuel Burdeau & Jean-Michel Frodon, Et, en plus, il y avait un sous-marin, entretien avec Arnaud Desplechin, Les Cahiers du cinéma de février 2004
  9. Mathieu Amalric vu par Arnaud Desplechin propos recueillis par Mathilde Blottière dans Télérama du 12 septembre 2013.
  10. Marianne Denicourt « Faire du cinéma, c'est toujours un acte d'amour » dans L'Express du 20 juin 2005.
  11. « Rois et reine », d'Arnaud Desplechin, devant la justice dane Le Monde du 5 avril 2006
  12. Laurent Rigoulet, « L'été indien de Desplechin », Télérama, no 3271,‎ 22 septembre 2012 (lire en ligne)
  13. Sylvain Bourmeau, « Affaire Leonarda : « une lepénisation des esprits », estime Arnaud Desplechin », Libération,‎ 20 octobre 2013 (lire en ligne)
  14. Arnaud Desplechin, « François Hollande vient de commettre une faute grave », Libération,‎ 20 octobre 2013 (lire en ligne)
  15. « Base de données Lumiere » (consulté le 13 mai 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]