Jean Népomucène

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Statue de Jean Népomucène sur le pont Charles de Prague.
Le martyre de Jean Népomucène, Petersckirche, Vienne (début du XVIIIe siècle)
Asamkirche (Munich), église dédiée à saint Jean Népomucène

Jean Népomucène1340 à Pomuk, actuelle Nepomuk, Bohême - † 20 mars 1393), prêtre catholique et martyr. Les sources disponibles sur ce nom pourraient se référer à deux personnes distinctes. Il est fêté le 20 mars[1].
Jean Népomucène est l’un des saints les plus vénérés, vu la multiple protection qu’il accordait : il est le patron des bateliers, des ponts, des prêtres, de tous les hommes qui avaient quelque chose de commun avec l’eau.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1373, un certain Jean Népomucène, fils de berger, fut ordonné prêtre et entra dans la chancellerie archiépiscopale. Il gravit peu à peu les échelons et en 1390, fut promu archidiacre de Sasz et chanoine de la cathédrale Saint-Guy de Prague. En 1393, l'archevêque Jan z Jenštejna en fit son vicaire général.

Il entra rapidement en conflit avec le roi Venceslas IV de Bohême. Celui-ci interdit à l'Abbaye de Kladruby d'élire un nouvel abbé. Son plan était de faire de l'église abbatiale une cathédrale, et d'en donner le siège à l'un de ses favoris. Jean Népomucène s'y opposa vivement. Quand l'abbé en titre mourut, les moines tinrent une élection. Furieux, Venceslas fit jeter le vicaire général et le nouvel abbé en prison. Après avoir été torturé par le feu, Jean Népomucène fut jeté dans la Vltava. La mort de Jean Népomucène entraîne l'union seigneuriale, une rébellion des nobles tchèques, qui dure de 1394 à 1402.

Selon la Chronica regum Romanorum de Thomas Ebendorfer († 1464) et les Annales Bohemorum (1541), Jean était le confesseur de la reine Sophie qui devient la femme de Wenceslas IV en 1389. Jean avait critiqué le roi et refusé de trahir les confessions de la reine, que Wenceslas soupçonnait d'adultère. Il fut torturé et jeté dans la Moldau (ou Vltava), en 1393.

Les jésuites, fer de lance de la Contre-Réforme, promurent son culte en Europe centrale pour concurrencer celui porté par un autre pragois, Jan Hus, prêcheur très populaire, brûlé vif pour ses idées réformatrices en 1415.

Béatification et canonisation[modifier | modifier le code]

Jean Népomucène fut béatifié en 1721, puis canonisé par le pape Benoît XIII en 1729, comme martyr du secret de la confession. On le fête le 20 mars ou le 16 mai, notamment dans une petite chapelle lui étant dédiée à la rue de la Corderie à Montignies-sur-Sambre en Belgique. Il est le patron de la Bohême.

En France, une statue est visible sur un pont de 1753 traversant le Durgeon dans le petit village de Chemilly, une autre à Lutterbach (Haut-Rhin) où il protège la localité contre les crues de la Doller voisine tandis qu'en Lorraine, à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), on trouve une statue de Jean Népomucène au sommet de la tour de droite de l'église baroque Saint-Jacques, tandis qu'à Saint-Quirin (Moselle) une statue du saint orne une fontaine faisant face à l'église priorale.

En Suisse, une statue en grès rouge a été offerte par le prince-évêques de Bâle Jean Münch de Münchensteinen à la ville de Saint-Ursanne, dans le Doubs en 1731. La statue originale se trouve actuellement dans le musée lapidaire. Une reproduction faite par Laurent Boillat en 1973 a pris la place de l'original et veille sur les passants du pont de Saint Jean Népomucène.

Le tombeau en argent de saint Jean Népomucène se situe dans la cathédrale Saint-Guy de Prague. Il fut achevé en 1736 sur un projet de Fischer von Erlach. En Belgique, le pont Saint-Jean, à Bruges, est aussi doté de la statue de Saint Jean Népomucène.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Sur le pont Charles, saint Jean Népomucène est une curiosité touristique. Une légende raconte que toucher du doigt les plaques en bronze au pied de la statue apporte chance et bonheur. Si l’on en juge par le lustre éclatant des plaques, nombreuses sont les mains qui s’y sont posées...

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste de Marne, La vie de Jean Népomucène Paris, 1741.
  • Paule Lerou, « Le culte de saint Jean Népomucène », Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée, Année 1991, Volume 103, Numéro 1, pp. 273-295.
  • Jean-Claude Rebetez, Saint-Ursanne hors du temps, Centre d'impression Le Pays à Porrentruy, 2010.

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