Concile de Constance

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47° 39′ 48″ N 9° 10′ 37″ E / 47.66333, 9.17694 ()

Évêques débattant avec le Pape au Concile de Constance.

Le concile de Constance (quarante-cinq sessions du 5 novembre 1414 au 22 avril 1418[1]) est, pour l'Église catholique romaine, le XVIe concile œcuménique, convoqué par l'empereur Sigismond Ier et l'antipape Jean XXIII. Présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident.

Le contexte[modifier | modifier le code]

À la suite du concile de Pise de 1409, l'Église catholique se retrouvait avec trois papes à sa tête : Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII. Dans la confusion générale, l'Empereur choisit de se substituer au Sacré Collège défaillant, comme certains canonistes lui en conféraient le droit. Jean XXIII, successeur d'Alexandre V, lui en fournit l'occasion : il fut vaincu par le roi de Naples, Ladislas Ier, partisan de Grégoire XII, et dut se réfugier à la cour impériale. Sigismond accepta à condition qu'un concile fût tenu dans une ville d'Empire. Il put donc annoncer que le 1er novembre 1414, le concile se réunirait à Constance.

Le concile[modifier | modifier le code]

Sigismond s'assura ensuite du succès du futur concile. Devant la résistance de Jean XXIII et de ses partisans italiens, il modifia le mode de scrutin. Le vote par nation remplaça le vote par tête, ne laissant à l'Italie qu'une seule voix. Comprenant son échec, Jean XXIII s'enfuit le . Les Pères conciliaires adoptèrent le 6 avril le décret Hæc sancta, affirmant la supériorité du concile sur le pape. Jean XXIII fut arrêté et déposé. Grégoire XII, après avoir reconvoqué le concile par la voix de son légat, démissionna par procurateur le au sein du concile. Sigismond fit avancer ses troupes en Espagne et au Portugal, écrasant les partisans de Benoît XIII.

Lors de ce concile eut aussi lieu le procès de John Wyclif et de Jan Hus qui furent condamnés pour hérésie[1].

Avant de procéder à une nouvelle élection, les Pères conciliaires s'assurèrent de leur indépendance en votant le le décret Frequens. Celui-ci disposait que le concile se réunirait de nouveau en 1423, puis en 1430, puis tous les dix ans à compter de cette date. Dès lors, le concile n'était plus soumis au bon vouloir du pape. Ceci fait, le concile élut le 11 novembre, jour de la saint Martin, le Romain Oddone Colonna, qui prit le nom de Martin V. Le nouveau pape présida alors le concile qui siégea jusqu'au 22 avril 1418[2]. Martin V, rejetant les appels de la France à gagner Avignon, et ceux de l'Empereur à choisir une ville d'Empire, choisit de partir pour Rome, où il fit une entrée triomphale le 22 septembre 1420.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le concile de Constance, par son décret Frequens, prévoit la tenue périodique d'un concile. Il sera donc à l'origine du concile de Bâle (1431 - 1449) qui soutiendra le conciliarisme.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gervais Dumeige, Textes doctrinaux du magistère de l'Eglise sur la foi catholique, Editions de l'Orante,‎ 2000 (lire en ligne), p. 250-251
  2. Dictionnaire des papes. Yvon Gobry. Pygmalion. Page 384.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Gill, Constance et Bâle-Florence, L'Orante, coll. « Histoire des conciles œcuméniques », t.IX, 1965
  • Y.-M. Hilaire (s. dir.), Histoire de la papauté. 2000 ans de mission et de tribulations, Seuil, coll. « Points histoire », 2003
  • Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 2-213-618577)