Boïens

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Les peuples germains au Ier siècle , selon La Germanie de Tacite, Les Boïens eux, se trouvent sur la rive gauche de l'Elbe supérieure, au nord des Marcomans

Les Boïens (Boii en latin, Βόϊοι en grec) formaient l'une des plus importantes tribus celtes de l'âge de fer. Leur présence est attestée, en différentes époques, en Gaule Cisalpine (au nord de l'Italie), en Pannonie (région de l'Europe Centrale comprenant l'actuelle Hongrie ainsi qu'une partie des pays frontaliers), en Bohème et en Gaule transalpine. De surcroît, des recherches archéologiques ont démontré qu'au IIe siècle av. J.-C., des Celtes (probablement Boïens) vivant en Bohème se sont installés en Silésie, au Sud de la Pologne.

La première mention qu'il est fait d'eux dans les récits historiques remonte aux invasions gauloises (vers -390), invasions dont ils profitent pour envahir le Nord de l'Italie et faire de la cité étrusque de Felsina leur capitale. Après de nombreux conflits avec leurs voisins romains, les Boïens sont définitivement défaits près de Mutina (actuelle Modène) et leur territoire devient alors une province de la Gaule Cisalpine.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Leur nom semble signifier « les terribles » ; en allemand, ils sont aussi désignés par le terme de Boier ou boer (en néerlandais) qui signifie « paysan » ou « fermier ».

Le nom de l'actuelle Bohême proviendrait de boio et du proto-germanique haimaz, « domicile », et signifierait donc « domicile des Boïens ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Il a largement essaimé et on le retrouve en Gaule dans la région de Sancerre et dans tout le bas-Allier, ainsi qu'aux alentours d'Arcachon. Strabon a écrit « Les Boiens, à leur tour, s'étant vu chasser par les Romains de leurs demeures, se transportèrent dans la vallée de l'Ister (Danube) ; ils vécurent là mêlés aux Taurisques et en lutte perpétuelle avec les Daces jusqu'à ce que ceux-ci les eussent exterminés, et les terres qu'ils occupaient et qui faisaient partie de l'Illyrie se trouvèrent alors abandonnées comme de vagues pâturages aux troupeaux des nations voisines. »[1] La langue des Boïens n'est pas connue.

En Gaule[modifier | modifier le code]

Il semble qu'on puisse distinguer au moins deux groupes :

  • les Boii entre l’Elaver (Allier) et la Liger (Loire), dont le territoire répond à une partie du Bourbonnais. Tiennent leur origine du fait que la tribu des Boïens, ayant accompagné la migration des Helvètes et battus par César en -58, au nombre de 32 000 guerriers, ont été confiés aux Eduens (Bourgogne) qui les installent dans cette région. C'est sur ce territoire qu'est située Gorgobina, ville qui, selon Jules César, résiste à Vercingétorix pendant la Guerre des Gaules[2].
  • les Boïates de l'Aquitaine, dont le territoire est le ci-devant pays de Buch en Gascogne, doivent être une autre branche (arrivée avec la migration teutone de -110 ?).
Mouvements migratoires des Boïens

En Italie[modifier | modifier le code]

Au début du IVe siècle av. J.-C., une partie du peuple boïen émigre en Italie, où il s'installe dans la région de Bologne en Émilie-Romagne.
Ces Boïens y construisirent un ensemble de cités dont la capitale était Felsina. Les Boii avaient au nord les Lingons, au sud l'Apennin qui les séparait de l'Étrurie. Ils furent soumis par les Romains en -193. Plusieurs nécropoles ont été fouillées au Monte Bibele, à Monterenzio Vecchio et à Casalecchio di Reno.

En Germanie[modifier | modifier le code]

Les Boii donnèrent leur nom à la Bohême (Boiohemum), d'où ils furent chassés par les Marcomans ; puis ils vinrent occuper la Bavière et/ou la Pannonie[réf. nécessaire], ou ils s'assimilèrent à des occupants germains pour former un nouveau peuple : les Bavarii ou Boioaria. Les Tolisboii ou de Galatie étaient sans doute aussi des Boii.

Boiorix (roi des Boïens) un des chefs cimbres est un nom dérivé de Boïen ainsi que Boiodorum (fort des Boïens, auj. Passau) en Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Strabon, Géographie, V, 6
  2. César, B.G. VII, 9 et 12

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Albert Grenier, Les Gaulois, Petite bibliothèque Payot, Paris, 1970, (ISBN 2-228-88838-9)
  • Stephan Fichtl, Les Peuples gaulois, IIIe-Ier siècles av. J.-C., éditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2-87772-290-2)
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000, (ISBN 2-7028-6261-6)

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Boïens » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)