La Métamorphose

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La Métamorphose
Couverture de la première édition de La MétamorphoseDessin d'Ottomar Starke
Couverture de la première édition de La Métamorphose
Dessin d'Ottomar Starke

Auteur Franz Kafka
Genre Nouvelle fantastique
Version originale
Titre original Die Verwandlung
Éditeur original Kurt Wolff Verlag
Langue originale Allemand
Pays d'origine Flag of Austria-Hungary 1869-1918.svg Autriche-Hongrie
Lieu de parution original Leipzig
Date de parution originale 1915
Version française
Traducteur Alexandre Vialatte
Éditeur Gallimard
Date de parution 1938

La Métamorphose (Die Verwandlung) est une nouvelle allégorique écrite par Franz Kafka, publiée en 1915. Il s'agit d'une de ses œuvres les plus célèbres avec Le Procès. On suit l'histoire de Gregor Samsa, un vendeur qui se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte ». Ce récit a souvent été interprété comme un conte sexuel symbolique. C'est pourquoi il a été fréquemment associé à l'existentialisme par les critiques.

La Métamorphose est ouverte à une multitude d'interprétations ; le livre de Stanley Corngold (The Commentator's Despair) en dénombre plus de cent trente. Les plus évidentes évoquent le traitement social d'individus différents. D'autres abordent la solitude et le désespoir qu'engendre une mise à l'écart.

Résumé [modifier]

Un matin, Gregor Samsa, commis voyageur, se lève pour aller au travail mais se rend compte que durant la nuit il s'est métamorphosé en « un monstrueux insecte », une sorte de cafard. Il tente cependant de commencer les activités d'une journée normale, mais, couché sur le dos, ne parvient pas à sortir de son lit. Le fondé de pouvoir de son employeur arrive pour s'enquérir de la raison du retard insolite de Gregor. Après de longs et pénibles efforts, Gregor réussit à ouvrir sa porte et à passer la tête dans l'entrebâillement. Le fondé de pouvoir, qui s'impatientait de ne pas recevoir d'explication, s'enfuit, saisi d'horreur. La famille de Gregor reste interdite. Nul n'a l'air de comprendre que Gregor, malgré son apparence d'insecte, comprend et pense comme un humain. Sa famille l'enferme, de peur qu'on sache qu'ils hébergent un tel monstre à leur logis. Son père le prend en haine. Sa mère voudrait encore en avoir pitié mais s'évanouit lorsqu'elle le voit. Surmontant son dégoût, sa sœur Grete vient le nourrir chaque jour et nettoyer sa chambre. Gregor se cache alors pour qu'elle ne puisse le voir, pour ne pas la faire souffrir. Mais il aurait souhaité au contraire se montrer pour recevoir un peu d'amour. Comme Gregor ne peut plus travailler pour subvenir aux besoins de la famille, une partie de l'appartement est louée. Un soir, Gregor sort de la chambre, attiré par la musique que sa sœur joue au violon ; les locataires le voient et décident de s'en aller sans payer. Face à cette situation sans avenir, la sœur propose de se débarrasser de l'insecte ; tous sont d'accord, car ils pensent avoir fait tout ce qu'ils pouvaient. Mais Gregor, désespéré, ne se nourrit plus, on le retrouve mort desséché un matin. À peine attristée, surtout soulagée, la famille se réjouit de pouvoir prendre un nouveau départ, et sort enfin de l'appartement.

Analyse [modifier]

Ce texte est l'aboutissement d'une réflexion initiée dans la Lettre au père, réquisitoire adressé à son géniteur à propos de leur relation paradoxale, qui mêlait mépris et admiration, bons et mauvais sentiments, répulsion et attirance. En hypothèse l'auteur s'apparenterait donc à Gregor, en conflit permanent avec son père du fait de leurs différences.

La métamorphose principale décrite dans ce récit n'est pas tant celle de Gregor. Sa transformation en insecte est réalisée dès les premières lignes de l'histoire, sans être explicitée. À l'inverse, elle entraine la métamorphose du reste de la famille Samsa, au fur et à mesure de la dégradation de la condition de Gregor. Ainsi, le père, à l'origine faible et somnolent, devient vigoureux, tandis que la sœur, affectueuse et casanière, se prend ensuite en main et précipite finalement le rejet de Gregor.

Publication [modifier]

Le texte a d'abord été publié en 1915 à Leipzig dans le numéro d'octobre de la revue Weiße Blätter dirigée par René Schickele. En décembre 1915, la première édition a été publiée sous forme de livre dans la collection Der jüngste Tag, chez Kurt Wolff Verlag, Leipzig (la couverture originale indique « 1916 »).

  • Édition bilingue, Gallimard, « collection folio bilingue » n° 14, 1991, traduction française, préface et notes de Claude David.