La Métamorphose
| La Métamorphose | |
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Couverture de la première édition de La Métamorphose
Dessin d'Ottomar Starke |
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| Auteur | Franz Kafka |
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| Genre | Nouvelle fantastique |
| Version originale | |
| Titre original | Die Verwandlung |
| Éditeur original | Kurt Wolff Verlag |
| Langue originale | Allemand |
| Pays d'origine | |
| Lieu de parution original | Leipzig |
| Date de parution originale | 1915 |
| Version française | |
| Traducteur | Alexandre Vialatte |
| Éditeur | Gallimard |
| Date de parution | 1938 |
La Métamorphose (Die Verwandlung) est une nouvelle allégorique écrite par Franz Kafka, publiée en 1915. Il s'agit d'une de ses œuvres les plus célèbres avec Le Procès. On suit l'histoire de Gregor Samsa, un vendeur qui se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte ». Ce récit a souvent été interprété comme un conte sexuel symbolique. C'est pourquoi il a été fréquemment associé à l'existentialisme par les critiques.
La Métamorphose est ouverte à une multitude d'interprétations ; le livre de Stanley Corngold (The Commentator's Despair) en dénombre plus de cent trente. Les plus évidentes évoquent le traitement social d'individus différents. D'autres abordent la solitude et le désespoir qu'engendre une mise à l'écart.
Sommaire |
[modifier] L'histoire
Un matin, Gregor Samsa, voyageur de commerce, se lève pour aller au travail mais se rend vite compte qu'un changement est intervenu dans son corps : durant la nuit il s'est métamorphosé en « un monstrueux insecte », une sorte de scarabée. Ne comprenant pas ce qu'il lui arrive, il commence les activités d'une journée normale. Mais il ne peut pas : il est plus lent et se fatigue beaucoup. Plus tard, le fondé de pouvoir de la société, arrive pour s'enquérir de la raison du retard de Gregor au travail. Après de longs et pénibles efforts, Gregor réussit à ouvrir la porte et à passer la tête dans l'entrebâillement. Le gérant, qui s'impatientait de ne pas recevoir d'explication claire, manifeste son dégoût et s'enfuit ; la famille de Gregor reste interdite. Personne n'a l'air de comprendre que Gregor, malgré son apparence d'insecte, comprend et pense comme un humain. Sa famille l'enferme, de crainte qu'il ne se sauve ou qu'on le découvre. Mais sa mère, ne supportant pas que son fils meure de faim, demande à la sœur, Grete, de le nourrir chaque jour. Cela représente beaucoup d'efforts pour elle, bien que Gregor se cache afin qu'elle ne puisse le voir. Il le fait pour ne pas la faire souffrir, car il aurait souhaité au contraire se montrer pour recevoir un peu d'amour. Elle lui range aussi sa chambre, mais malgré tous ces efforts, Gregor n'est pas heureux. Ne pouvant travailler pour subvenir aux besoins de la famille, une solution est trouvée : une partie de l'appartement est louée. Un jour, Gregor sort de la chambre, attiré par la musique que sa sœur joue au violon ; les locataires le voient et décident de s'en aller sans payer. Après cela, face à cette situation sans avenir, la sœur propose de s'en débarrasser ; tout le monde est d'accord, car ils pensent qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour lui. Gregor est enfermé dans sa chambre ; il meurt au petit matin. Le lendemain, à peine attristée mais surtout soulagée, la famille se réjouit de pouvoir prendre un nouveau départ, et sort enfin de l'appartement.
[modifier] Analyse
Ce texte est l'aboutissement d'une réflexion initiée dans la Lettre au père, réquisitoire adressé à son géniteur à propos de leur relation paradoxale, qui mêlait mépris et admiration, bons et mauvais sentiments, répulsion et attirance. En hypothèse l'auteur s'apparenterait donc à Gregor, en conflit permanent avec son père du fait de leurs différences.
La métamorphose principale décrite dans ce récit n'est pas tant celle de Gregor. Sa transformation en insecte est réalisée dès les premières lignes de l'histoire, sans être explicitée. À l'inverse, elle entraine la métamorphose du reste de la famille Samsa, au fur et à mesure de la dégradation de la condition de Gregor. Ainsi, le père, à l'origine faible et somnolent, devient vigoureux, tandis que la sœur, affectueuse et casanière, se prend ensuite en main et précipite finalement le rejet de Gregor.
[modifier] Publication
Le texte a d'abord été publié en 1915 à Leipzig dans le numéro d'octobre de la revue Weiße Blätter dirigée par René Schickele. En décembre 1915, la première édition a été publiée sous forme de livre dans la collection Der jüngste Tag, chez Kurt Wolff Verlag, Leipzig (la couverture originale indique « 1916 »).
- Édition bilingue, Gallimard, « collection folio bilingue » n° 14, 1991, traduction française, préface et notes de Claude David.