Langue vernaculaire

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On appelle langue vernaculaire la langue locale communément parlée au sein d’une communauté. Ce terme s’emploie souvent en opposition avec le terme langue véhiculaire, liturgique ou encore lingua franca.

Par exemple, lorsque la liturgie catholique était en latin, elle était la même dans le monde entier : le latin servait de langue liturgique véhiculaire. Dans le même temps, l’enseignement de la religion se faisait en langue locale, la langue vernaculaire.

On trouve aussi cette distinction dans les échanges économiques et commerciaux d’aujourd’hui, où l’anglais sert de langue véhiculaire face à la multitude des langues vernaculaires.

Le mot « vernaculaire » vient du latin vernaculum qui désignait tout ce qui était dressé (esclaves compris), élevé, tissé, cultivé, confectionné à la maison, par opposition à ce que l’on se procurait par l’échange. Son sens s’est rapproché de celui des mots « autochtone » ou « indigène ».

Sommaire

Histoire [modifier]

Au début du IXe siècle, les fidèles ne comprenaient plus la langue des lettrés et des clercs. Lors du concile de Tours de 813, l'Église catholique demanda donc aux prêtres de faire leurs sermons de manière à ce que le peuple puisse les comprendre. Les évêques rassemblés par Charlemagne décidèrent que les homélies ne devaient plus être prononcées en latin, mais en « langue rustique romane » ou en « langue tudesque » (germanique), selon le cas[1].

Après la mort de Charlemagne, les petits fils de l'empereur se disputèrent l'Empire. Charles le Chauve et Louis le Germanique scellèrent une alliance contre leur frère aîné, Lothaire, par les Serments de Strasbourg (842). Afin de pouvoir être compris par les soldats de leurs frères respectifs, de courts extraits des Serments de Strasbourg furent rédigés en deux versions : l'une en roman (proto-français), et l'autre en germanique ou tudesque (francique rhénan). Il s'agit du premier document officiel rédigé en langue vernaculaire[2].

La première grammaire d'une langue vernaculaire, la Grammaire castillanne, fut publiée en 1492 par Antonio de Nebrija.

Références [modifier]

  1. Michèle Perret, Introduction à l'histoire de la langue française, 3e éd., Armand Colin, 2008, page 36
  2. La période gallo-romane. La « lingua romana rustica » (La «langue romane rustique») (VIe ‑ IXe siècle)

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]