Reichssicherheitshauptamt

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52° 30′ 26″ N 13° 22′ 57″ E / 52.50722222, 13.3825

Le Reichssicherheitshauptamt, « Office central de la sécurité du Reich » (abréviation : RSHA) est une organisation créée le 27 septembre 1939 par le Reichsführer-SS Heinrich Himmler en fusionnant la Sipo (Hauptamt Sicherheitspolizei, « Office central de la police de sécurité »), organisme d'État incluant notamment la Gestapo et la Kripo, et le SD (Sicherheitsdienst, « Office central de sécurité »), organisme relevant du parti nazi, afin d'accroître l'efficacité de la lutte contre les « ennemis du Reich » et les « indésirables ». À partir de 1941, il a la tâche d'organiser la déportation et l'extermination des Juifs d'Europe (die Endlösung der Judenfrage, « la solution finale de la question juive ») en étroite collaboration avec les « chefs suprêmes des SS et de la police » (HSSPF) des pays concernés, par exemple Carl Oberg en France.

Le RSHA est une des plus grandes organisations du IIIe Reich en dehors de l'armée (la Wehrmacht) et de la Waffen-SS. Il a été dirigé par le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich jusqu’à son exécution par la résistance tchèque le 4 juin 1942, puis par Himmler en personne[1] jusqu'à la nomination en décembre 1942 du SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner, Himmler le contrôlant attentivement jusqu'à sa fuite.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'appareil central à Berlin est organisé en sept divisions (Ämter), alors que l'appareil régional est divisé en trois secteurs, le secteur du Reich, le secteur des territoires occupés et le secteur des zones envahies où opéraient les unités mobiles de tuerie dénommées Einsatzgruppen, placées directement sous l'autorité opérationnelle de Reinhard Heydrich[2]:

Organigramme du RSHA en 1941
DIVISION (Amt) FONCTIONS CHEFS
Ire division Organisation et personnel SS-Brigadeführer Bruno Streckenbach
IIe division Administration et économie SS-Standartenführer Dr. Hans Nockemann
IIIe division SD-Inland
Renseignement et sécurité - intérieur
Organe du parti nazi NSDAP
s’occupait de ceux qui étaient ethniquement Allemands,
mais hors des frontières du Reich avant les annexions
SS-Standartenführer Otto Ohlendorf
IVe division GESTAPO
Police secrète d'État
SS-Gruppenführer Heinrich Müller
Le SS-Obersturmbannführer Adolf Eichmann, à la tête de la section IV B-4
  • Judenangelegenheiten,
  • Räumungsangelegenheiten

a été en charge, à partir de Berlin, de l'organisation de la solution finale, et de sa bonne mise en œuvre de 1942 à 1944[3].
D'autres sections s'occupaient de l'Église, des francs-maçons, de la police des frontières, du contre-espionnage (Horst Kopkow pour le IV A 2), etc.

Ve division Kripo
Police criminelle, dans le sens non politique
SS-Brigadeführer Artur Nebe
VIe division SD-Ausland
Renseignement et sécurité - extérieur
Organe du parti nazi NSDAP
Espionnage à l'étranger et contre-espionnage
SS-Brigadeführer Heinz Jost, puis
SS-Brigadeführer Walter Schellenberg (voir aussi l'Obersturmbannführer Wilhelm Höttl)
VIIe division Documentation et conception du monde
(propagande, idéologie, archives, etc…)
SS-Standartenführer Pr. Franz A. Six

Dans les territoires occupés, le RSHA était représenté par les Befehlshaber der SP und des SD (BdS) avec sous leurs ordres les Kommandeure der SP und des SD (KdS). Ils ont joué un rôle important dans la préparation et la mise en œuvre des opérations de déportation des Juifs comme par exemple Helmut Knochen pour la rafle du Vélodrome d'Hiver à Paris en juillet 1942.

Le RSHA fournissait des forces de sécurité, sur demande, aux chefs de police et aux SS locaux.

L' Amt IV : la Gestapo[modifier | modifier le code]

La IVe division, celle de la Gestapo dirigée par le SS-Brigadeführer Heinrich Müller, est l'une des plus connues dans la mesure où elle fut directement chargée, entre autres, de l'extermination des Juifs d'Europe et autres « indésirables » (tsiganes, etc…).

C'est dans celle-ci que travaillait le SS-Sturmbannführer Adolf Eichmann, qui dirigeait la section IV B-4 chargé des « affaires juives ».

D'autres sections s'occupaient de l'Église, des francs-maçons, de la police des frontières, du contre-espionnage (Horst Kopkow pour le IV A 2), etc.

La section dirigée par Eichmann comptait comme responsables, selon le témoignage de l'Hauptsturmführer Dieter Wisliceny[4] :

Dans l'équipe personnelle d'Eichmann, Wisliceny citait aussi l'Untersturmführer Richard Hartenberger et l'Hauptsturmführer Franz Novak [4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernhard Strebel, Ravensbrück, un complexe concentrationnaire. Librairie Arthème Fayard, 2005. (ISBN 2-213-62423-2). Note 11 p. 573.
  2. Raul Hilberg la destruction des Juifs d'Europe, Folio/Histoire éd. Gallimard 1991 p.246
  3. Ensuite affecté en Hongrie jusqu'à la fin du conflit, soit quelques mois, Eichmann a consciencieusement poursuivi sa tâche, à un « niveau plus concret », en organisant directement la déportation vers la mort de 450 000 Juifs hongrois, sur les quelques 800 000 recensés.
  4. a et b Affidavit of Dieter Wisliceny Source: Nazi Conspiracy and Aggression. Volume VIII. USGPO, Washington, 1946/pp.606-619. [This affidavit is substantially the same as the testimony given by Wisliceny on direct examination before the International Military Tribunal at Nurnberg, 3 January 1946.]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

(de) Organigramme détaillé du RSHA et des unités de police du Reich (pdf, 970 ko, 15 pages), extrait du roman français de Jonathan Littell Die Wohlgesinnten (Les Bienveillantes), traduit vers l'allemand par Hainer Kober, Berlin Verlag, Berlin 2008, ISBN 978-3-8270-0738-4.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Shoah
  • Allemagne nazie
  • Wilfried Krallert, directeur de la Fondation du Reich pour les Études Géographiques (dépendant du RSHA) et chef du Kuratorium, dépendant du bureau III et VI du RSHA et chargé de la coordination entre le renseignement intérieur et extérieur
  • Eichmannreferat (de)