Opération Anthropoid

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50° 07′ 06″ N 14° 27′ 53″ E / 50.11833, 14.46472 ()

Opération Anthropoid est le nom de code de l'opération montée aux fins d'assassiner le dirigeant nazi Reinhard Heydrich, le , lequel décédera quelques jours plus tard des suites de ses blessures. Planifiée par le Special Operations Executive, la branche du Secret Intelligence Service britannique qui soutenait la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale, cette opération est exécutée par des soldats tchécoslovaques entraînés à Londres et parachutés sur le territoire du protectorat de Bohême-Moravie.

Reinhard Heydrich est à l'époque à la fois le chef du Reichssicherheitshauptamt (RSHA, l'office central de la sécurité du Reich, autorité de tutelle de la Gestapo), officier de la SS et investi du titre de Protecteur de Bohème-Moravie. Il est l'organisateur en chef de la Solution finale (le programme nazi d'extermination des Juifs d'Europe) et des Einsatzgruppen. À la suite de son assassinat, le Reich mène des représailles violentes contre les populations civiles de la région, détruisant notamment le village de Lidice provoquant une forte émotion chez les Alliés.

Contexte[modifier | modifier le code]

Reinhard Heydrich[modifier | modifier le code]

Depuis 1939, Heydrich dirige l'Office Central de la sécurité du Reich (RSHA), une organisation regroupant la Gestapo (Police politique), la Sicherheitsdienst (SD) (agence de sécurité du parti nazi), la Kripo (Police criminelle) – et depuis 1942, il est également le Président d'Interpol[1].

Il joue un rôle essentiel dans l'élimination des opposants d'Hitler et, plus tard, est l'un des organisateurs clefs dans le génocide des Juifs. En raison de ses compétences et de son pouvoir, il est redouté de presque tous les généraux allemands. En raison de sa cruauté, Heydrich est surnommé le boucher de Prague, la Bête blonde ou encore le Bourreau[2],[3].

Le 27 septembre 1941, Heydrich est nommé Protecteur de la Bohême-Moravie, c'est-à-dire « dictateur » de facto et succède à Konstantin von Neurath[4]. Sur les conseils de Heinrich Himmler et de Heydrich, Hitler décide de remplacer von Neurath qui est jugé comme trop modéré dans sa lutte contre les comportements anti-allemands des tchèques[5]. Heydrich arrive à Prague afin d'augmenter la pression sur la population tchèque tout en continuant à augmenter la production des moteurs et armes fabriquées dans le pays[5]. Il a l'habitude de se déplacer dans une voiture ouverte, afin de montrer sa confiance dans les forces d'occupation et l'efficacité de leur répression à l'encontre des populations locales[6].

Contexte stratégique[modifier | modifier le code]

Apogée des conquêtes nazies 1941–42

Vers la fin de 1941, Hitler contrôlait pratiquement toute l'Europe continentale, et les forces allemandes approchaient de Moscou.

Le gouvernement tchécoslovaque en exil, dirigé par Edvard Beneš, subit la pression des services de renseignement britanniques, car l'activité de résistance en territoire tchèque apparaît comme très limitée depuis le début de l'occupation allemande en 1939[7]. La Tchécoslovaquie produit d'importantes quantités de matériel pour le Troisième Reich.

Le gouvernement en exil devait susciter une action qui galvaniserait les populations, et montrerait au monde que les Tchèques étaient aux côtés des alliés. Les unités spéciales britanniques du Special Operations Executive (SOE) entraînèrent les agents tchèques et aidèrent à planifier l'opération[8].

La mort de Heydrich devait constituer une perte énorme et représenter une victoire, sinon stratégique, du moins psychologique profonde.

D'après l'historien John Toland, le motif pour lequel les Britanniques et le gouvernement tchèque en exil décidèrent de faire assassiner Heydrich était que les Tchèques se sentaient trop bien sous le protectorat de Heydrich : « Après avoir lancé en Tchécoslovaquie une action de terreur qui écrasa rapidement la résistance, Heydrich posa au bienfaiteur, surtout pour les ouvriers et les paysans. [...] Ces mesures du Protecteur poussèrent à l'action le gouvernement tchèque émigré. Comme la population semblait prête à accepter passivement la domination du Troisième Reich, sous la férule d'un despote si bienveillant, il décida de le faire assassiner[9]. » À l'appui de son explication, Toland cite cette déclaration faite après la guerre par le parlementaire travailliste R. T. Paget : « C'était notre objectif lorsque nous avons parachuté des hommes pour assassiner Heydrich en Tchécoslovaquie. Le principal mouvement de résistance tchèque est né en majeure partie des représailles SS après l'attentat[10]. »

L'opération[modifier | modifier le code]

Préparation[modifier | modifier le code]

L'opération prend le nom d'opération Anthropoid et sa préparation débute le 2 octobre 1941. Jozef Gabčík, originaire de Slovaquie, et Karel Svoboda, qui est tchèque, sont choisis pour être les principaux protagonistes de l'opération et il est prévu que l'opération ait lieu le 28 octobre 1941, le jour de la fête de l'indépendance de la Première République tchécoslovaque[7]. Svoboda et Gabčík quittent Londres rapidement pour aller s'entraîner près de Manchester mais lors d'un saut de préparation, le premier des deux se blesse à la tête. De retour à Londres, le 6 octobre, il est examiné par un docteur car souffre de migraines persistantes. Svoboda est finalement remplacé par Jan Kubiš mais l'opération doit être reportée car Kubiš ne possède pas de faux-papiers[11].

Sept soldats de l'armée tchécoslovaque en exil au Royaume-Uni, Gabčík, Kubiš et des soldates de deux autres groupes (Silver A et Silver B), quittent l'Angleterre à bord d'un Handley Page Halifax dans la nuit du pour être parachutés par la Royal Air Force en territoire tchécoslovaque[12]. Le groupe de l'opération Anthropoid saute de l'avion à h 24 du matin. Ils devaient initialement être largués près de Plzeň (Pilsen en allemand) mais à la suite de problèmes de navigation, ils atterrirent à l'est de Prague[12]. Les deux parachutistes durent donc se rendre à Plzeň afin d'y rejoindre leur contact, puis de nouveau à Prague, lieu où l'attentat était prévu.

À Prague, ils prirent contact avec plusieurs familles et organisations anti-nazies qui les aidèrent à préparer l'assassinat. Jozef Gabčík et Jan Kubiš avaient initialement l'intention d'abattre Heydrich dans un train mais, après analyse, abandonnèrent cette idée. La deuxième possibilité était de l'attaquer dans la forêt, sur la route entre sa résidence et Prague. Ils envisagèrent même de tendre un câble en travers de la route pour arrêter la Mercedes-Benz de Heydrich, mais après plusieurs heures d'attente, leur commandant, le lieutenant Adolf Opálka, du groupe Out Distance, vint les récupérer pour les ramener à Prague. Le troisième plan consistait à assassiner Heydrich dans Prague.

L'assassinat[modifier | modifier le code]

La voiture dans laquelle Heydrich circulait lors de l'attentat, conservée au Musée d'histoire militaire de Prague.

Le à 10 h 30 du matin, Heydrich entreprit le trajet habituel le menant de son domicile au village de Panenské Břežany jusqu'à son bureau de Prague, situé dans le château de Hradčany. La veille, il avait rencontré les dirigeants du Protectorat et avait vraisemblablement obtenu la participation tchèque à la guerre, aux côtés des Allemands. Pressé, il n'attendit pas l'escorte de police qui l'accompagnait habituellement. Jozef Gabčík et Jan Kubiš attendaient à l'arrêt du tram dans la courbe près de l'hôpital de Bulovka (situé dans le quartier de Prague-Libeň). Valčik se tenait à environ cent mètres au nord de Jozef Gabčík et Jan Kubiš, faisant le guet pour signaler l'arrivée du véhicule à l'aide d'un miroir.

Alors que la Mercedes-Benz décapotable de Heydrich s'approchait des deux parachutistes, Jozef Gabčík se jeta devant le véhicule et tenta d'ouvrir le feu mais sa Sten s'enraya. Heydrich ordonna à son chauffeur, le SS-Oberscharführer Klein, de s'arrêter. Lorsque Heydrich se leva pour tenter d'abattre Jozef Gabčík, Jan Kubiš lança une grenade anti-char modifiée sur le véhicule. Bien que celle-ci ne tombât pas dans le véhicule, ses éclats traversèrent la portière droite et atteignirent Heydrich. Jan Kubiš fut également blessé au visage par les éclats. Heydrich, momentanément inconscient de ses blessures, descendit du véhicule, fit feu et essaya de pourchasser Jozef Gabčík avant de s'effondrer. Il ordonna à Klein, qui revenait après une tentative vaine de poursuite de Jan Kubiš, de prendre Jozef Gabčík en chasse. Gabčík, utilisant son Colt tira sur Klein à deux reprises et le blessa[13].

Heydrich décède le 4 juin d'une septicémie provoquée par les crins de la sellerie de la voiture qui avaient pénétré dans ses blessures[N 1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Représailles[modifier | modifier le code]

Hitler ordonna aux SS et à la Gestapo de mettre la Bohême à feu et à sang pour retrouver les tueurs. Initialement, Hitler envisageait une campagne générale d'exécution des Tchèques, mais « limita » les représailles à plusieurs milliers de personnes afin de ne pas mettre en danger l'activité industrielle de la zone, essentielle pour l'armée allemande[réf. nécessaire].

Au total, plus de 13 000 personnes furent arrêtées[réf. nécessaire]. Les exactions les plus notables furent perpétrées dans les villages de Ležáky et Lidice[14], lequel fut totalement détruit après que tous les hommes aient été assassinés sur place, les femmes déportées à Ravensbrück et les enfants déportés à Chełmno ou placés dans des familles allemandes dans le cadre du programme Lebensborn[15],[16]. D'après le documentaire-fiction Assassinez Hitler, près de 5 000 citoyens tchèques furent tués à titre de représailles, chiffre auquel il faut ajouter les personnes ayant commis l'attentat[17].

Winston Churchill, furieux, suggéra que trois villages allemands soient rasés pour chaque village tchèque détruit par les Nazis[réf. nécessaire]. En pratique, les alliés cessèrent de planifier de telles opérations par peur des représailles. Deux ans après, il envisagèrent une nouvelle opération, cette fois en visant Hitler, l'opération Foxley, mais elle ne se concrétisa pas.

L'opération Anthropoid reste le seul assassinat réussi d'un dignitaire nazi durant la durée du Troisième Reich.

Tentative de capture des agents[modifier | modifier le code]

Fenêtre criblée de balles de l'Église Saint-Cyrille-et-Méthode à Prague où le commando s'était réfugié.

Les assaillants se cachèrent d'abord chez deux familles pragoises impliquées dans la résistance, puis trouvèrent refuge dans une église orthodoxe, l'église Saint-Cyrille-et-Méthode à Prague. La Gestapo fut incapable de les retrouver jusqu'à ce que Karel Čurda (du groupe "Out Distance", qui avait une mission de sabotage) ne lui donne les noms des contacts locaux de l'équipe contre une récompense d'un million de Reichsmarks.

Čurda trahit plusieurs caches du groupe Jindra, y compris celle de la famille Moravec à Zizkov. À cinq heures du matin le 17 juin, leur appartement fut investi. La famille fut regroupée dans le couloir pendant que la Gestapo fouillait leur logement. Mme Moravec, autorisée à aller aux toilettes, se suicida avec une capsule de cyanure. M. Moravec, ignorant l'implication de sa famille dans la résistance fut transféré avec son fils Ata au Palais Peček. Là Ata fut torturé toute la journée, soulé avec du cognac et on lui montra la tête de sa mère coupée et mise dans un aquarium[18]. Ata Moravec finit par révéler à la Gestapo ce qu'il savait. Les SS assiégèrent l'église, mais en dépit de l'action résolue de plus de 700 soldats, ils furent incapables de prendre les parachutistes vivants. Trois des résistants, dont Jan Kubiš, celui qui avait abattu Heydrich, furent tués dans la salle de prière[N 2] après une bataille rangée de deux heures[19]. Les quatre autres, dont Jozef Gabčík, se suicidèrent dans la crypte après avoir repoussé les assauts des SS, qui tentèrent de les enfumer et de les noyer[20]. Les SS et la police subirent également des pertes avec 14 SS tués et 21 blessés[21],[22].

L'évêque de Prague, Gorazd Pavlik, afin de limiter les représailles parmi la population, prit sur lui la responsabilité des actions dans l'église, écrivant même aux autorités nazies. Le , il fut arrêté, torturé et fusillé le ainsi que les prêtres de l'église et plusieurs notables laïques[N 3]. Par la suite, d'autres arrestations eurent lieu dans le réseau. C'est ainsi que la fiancée de Jan Kubis, Anna Malinova, fut rapidement arrêtée, torturée, confrontée à la tête de Jan coupée et conservée dans l'alcool, puis déportée et gazée à Mauthausen.

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

À l'issue de l'opération les Alliés décidèrent qu'après la défaite nazie les territoires des Sudètes seraient restitués à la Tchécoslovaquie, la vigueur des représailles fit également progresser l'idée que les populations allemandes devaient être expulsées de Tchécoslovaquie.

Heydrich était l'un des principaux dirigeants nazis, deux grandes cérémonies funèbres furent organisées. Une à Prague, où la route du château fut bordée de milliers de SS portant des torches, l'autre à Berlin, en présence de hauts responsables du régime nazi, Hitler lui-même plaça sur un coussin les médailles de l'Ordre d'Allemagne et l'Ordre du sang[23].

Karel Čurda, après une tentative de suicide infructueuse, fut pendu pour haute trahison en 1947.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Cette opération servit de base à plusieurs films :

Elle a également servi de base aux livres :

L'assassinat inspira au groupe de rock British Sea Power la chanson A Lovely Day Tomorrow (en). Initialement face B d'un single, la chanson fut ré-enregistrée avec l'orchestre tchèque « The Ecstasy of St. Theresa » en anglais et en tchèque (Zítra bude krásný den) pour une édition limitée en 2004.

Pour commémorer les héros de la résistance tchèque et slovaque, le Musée national slovaque en mai 2007 réalisa une exposition présentant cette opération comme l'une des plus importantes dans toute l'Europe occupée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon une hypothèse tout à fait marginale, développée par Patrick Berche dans son ouvrage L'histoire secrète des armes biologiques. Mensonges et crimes d'État (Éditions Robert Laffont, 2009, p. 65), Heydrich pourrait avoir été victime d'une arme biologique antipersonnelle, ce qui expliquerait son décès alors que le pronostic vital n'était pas engagé initialement. Il serait mort du botulisme provoqué par la toxine botulique mêlée à la couche de colle enduisant la grenade
  2. Jan Kubiš aurait survécu à l'assaut mais succomba à ses blessures peu après
  3. Pour cette action, l'évêque Gorazd fut plus tard glorifié comme martyr par l'Église orthodoxe.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Burian et al. 2002, p. 25
  2. Paces 2009, p. 167
  3. Snyder 1994, p. 146
  4. Burian et al. 2002, p. 27
  5. a et b Williams 2003, p. 82
  6. Williams 2003, p. 141
  7. a et b Burian et al. 2002, p. 31
  8. Reference MRD Foot SOE and others
  9. Toland 1983, p. 694
  10. Cité par Toland 1983, p. 695 et 964, qui renvoie à Charles Weighton, Heydrich, Londres, 1962, p. 270, et à Heinz Höhne, The Order of the Death's Head, New York, 1970, p. 496.
  11. Burian et al. 2002, p. 35
  12. a et b Burian et al. 2002, p. 44
  13. Burgess 1960, p. 160
  14. "Lidice" dans, Larousse, consulté le 29 août 2011
  15. Binet 2010
  16. Encyclopédie BS, : au fil des jours (Deuxième Guerre mondiale)
  17. Assassinez HitlerKilling Hitler »], de Gordon Baskerville (prod.) et de Jeremy Lovering (réal.), 3 mai 2005 [présentation en ligne]
  18. McDonald 1998, p. 202
  19. McDonald 1998
  20. Burgess 1960
  21. Axis History Forum • View topic – Dernier combat des assassins d'Heydrich
  22. Cowdery et Vodenka 1994
  23. Williams 2003, p. 223

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Callum McDonald, The Killing of Reinhard Heydrich: The SS “Butcher of Prague”, Da Capo Press,‎ 1998, 264 p. (ISBN 0-306-80860-9)
  • (en) Michal Burian, Aleš Knížek, Jiří Rajlich et Eduard Stehlík, Assassination: Operation Anthropoid 1941–1942, Prague, Avis,‎ 2002, 96 p. (lire en ligne)
  • (en) Valka.cz, a complete Operation Anthropoid overview
  • (en) Ray R. Cowdery et Peter Vodenka, Reinhard Heydrich: Assassination, Lakeville, Victory WW2 Publishing Ltd.,‎ 1994
  • (en) Alan Burgess, Seven Men At Daybreak, Evans Brothers Limited,‎ 1960 (ISBN 0-553-23508-7)
    • traduction en français : Alan Burgess (trad. Marie Tadié), Sept Hommes à l'aube, Albin Michel,‎ 1962 (ISBN 0-553-23508-7)
  • (en) Blairspey at Uboat.net
  • Robert Gheysens, « La mort de Heydrich. Il y a 25 ans : l'attentat contre Heydrich », Historia, no 247,‎ juin 1967, p. 102-112
  • Laurent Binet, HHhH, Grasset,‎ janvier 2010 (ISBN 978-2246760016)
  • Mario R. Dederichs, Heydrich, Paris, Tallandier,‎ 2007 (ISBN 9782847344110)
  • John Toland, Hitler, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1983, 976 p. (ISBN 9782221011393)
  • (en) Cynthia Paces, Prague Panoramas: National Memory and Sacred Space in the Twentieth Century, Pittsburgh, University of Pittsburgh Press,‎ 2009 (ISBN 978-0-8229-6035-5)
  • (en) Louis Snyder, Encyclopedia of the Third Reich, Da Capo Press,‎ 1994 (1re éd. 1976) (ISBN 978-1-56924-917-8)
  • (en) Max Williams, Reinhard Heydrich: The Biography, vol. 2 : Enigma, Church Stretton, Ulric Publishing,‎ 2003 (ISBN 978-0-9537577-6-3)

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]