Festival

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Un festival est une manifestation à caractère festif, organisée à époque fixe (annuellement, le plus souvent) autour d'une activité festive liée au spectacle, aux arts, aux loisirs, etc., d'une durée de plusieurs jours.

Le terme apparaît dans le Nord de la France en 1829 et est lié au mouvement orphéonique, fête musicale populaire à vocation charitable et politique qui progressivement s'annualise et se laïcise. Mot emprunté à l'anglais qui est lui-même emprunté à l'ancien français festival « de fête ; joyeux ; solennel », mot latin festivus.

Les guerres mondiales leur donnent l'occasion d'associer les échanges artistiques à la promotion de l'idéal de la paix[1]. Plus largement, les festivals sont bien souvent le théâtre d'enjeux politiques, ils représentent parfois l’occasion de revendiquer une position sur la scène internationale et une existence nationale. Par exemple, en tant que moyens d'affirmation politique, le festival des Arts nègres de Dakar (1966), le Festac du Nigeria (1977) ou le Panaf à Alger (1969) ont marqué l'histoire des festivals dans ce sens, l'ouvrage Une histoire des festivals (2014) en décrit l'histoire, et montre aussi la dimension promotionnelle des festivals, qui dans certains cas s'inscrivent dans le cadre d'une propagande nationale illustrée par l'exemple du festival of Britain de 1951 (aspect campagne publicitaire) qui est caractéristique de l'enjeu politique. La période de la guerre froide est aussi très marquée par l'utilisation des festivals dans le grand jeu diplomatique et dans le cadre de la concurrence entre les deux blocs. Les exemples de ce type de tentative, côté bloc soviétique, est celui de la création d'un festival concurrent de Cannes et Venise et celui des festivals mondiaux de la jeunesse organisés pour réunir une jeunesse qui se retrouvait dans des idéaux marxistes. Le festival est souvent l'occasion de la remise de trophées, de prix et récompenses diverses.

La Nouvelle-Orléans est la ville qui organise le plus de festivals dans le monde : chaque année, près de 500 manifestations[2] diverses sont organisées dans différents quartiers.

Histoire et évolution du festival[modifier | modifier le code]

Le festival, manifestation culturelle éphémère inscrite dans un calendrier le plus souvent annuel, s’est progressivement imposé comme un dispositif essentiel de médiation culturelle. Issu du domaine musical, le festival, né dans les années 1830-1840, a été ensuite mobilisé par l’ensemble des secteurs artistiques et culturels : les arts de la scène, le spectacle vivant, les différentes formes musicales et le cinéma

Les festivals ont trouvé une place privilégiée au sein des politiques publiques de la culture. États et collectivités locales insèrent ces festivals dans des dispositifs administratifs et discursifs qui ont pu varier selon les lieux et les époques. Le soutien à la création artistique et la volonté de rendre accessible la culture à un plus grand nombre ont été mis en avant dès l’origine. La défense d’une identité culturelle, la participation au rayonnement culturel et le souhait de renforcer l’attraction culturelle d’un État ou d’une ville constituent, depuis deux ou trois décennies, de nouveaux arguments. L’événementiel culturel, l’attraction touristique, et les ressources de l’économie créative priment désormais, sans les effacer totalement, les autres discours qui légitiment les interventions publiques. La multiplication du nombre des festivals, très nette au cours des années 1980 et 1990, véritable « festivalomanie » (Inez Boogaarts), accompagne une territorialisation croissante des politiques culturelles.

Les festivals jouent également un rôle moteur dans le processus de création. Les artistes et, plus largement les professionnels de la culture, se sont appropriés la forme festivalière. La typologie est diverses, sans exclusive : la construction d’un lieu éponyme dédié à un créateur ; les lieux et moments de productions de nouvelles créations ; les lieux de découvertes de nouveaux talents ; le moment de la reconnaissance médiatique et artistique ; les lieux où se structurent les mouvements et les offres qui scandent le marché de l’art et des œuvres ; les lieux de circulation des œuvres et des productions à l’échelle nationale et internationale. Le festival de Suresnes Cités Danse a ainsi contribué, depuis 1993, à légitimer la scène hip-hop, et a favorisé la rencontre avec d’autres chorégraphies. Depuis 2007, ce festival est devenu un véritable centre de production et d’accompagnement des artistes. Le film The Artist, en compétition à Cannes, sera ainsi présenté dans les festivals nord-américains, avant de triompher, en février 2012, aux cérémonies des César et des Oscars.

Les festivals, qui rencontrent un succès public croissant, ont contribué à la démocratisation de la culture. « Lieu de rencontres, pouvant susciter débats et forum, espace festif et de convivialité recherchée ou suscitée, la forme festivalière, souligne l’historien Philippe Poirrier, continue pourtant de prospérer alors même, que depuis les années 1970, l’individualisation des pratiques culturelles s’accentue, portée par les évolutions technologiques qui gouvernent les formes de la consommation culturelle ». L’histoire des pratiques festivalières, qui mobilise aujourd’hui de nombreux chercheurs en sciences sociales, saisie à l’échelle individuelle ou collective, reste indissociable, et étroitement articulée, à celle de la démocratisation des loisirs, du tourisme culturel et de l’accroissement des circulations et des mobilités.

Les festivals jouent aussi un rôle important dans le processus de légitimation artistique de certaines disciplines émergentes et sont souvent le vecteur d'un ancrage dans le champ artistique de ces nouveaux "arts" : cinéma, télévision, bande dessinée… L'enjeu de reconnaissance peut être analysé comme une question d'identité, à laquelle s'ajoute une recherche de reconnaissance de la qualité d'une discipline. Des arts réputés "mineurs" ambitionnent d'être reconnus comme des Arts à part entière. De nombreux exemples de ce rôle des festivals dans ce processus d'"artification" sont décrits dans le livre "Une histoire des festivals" (Publications de la Sorbonne). Dans cette optique, les festivals sont souvent le théâtre de conférences et de débats savants qui s'inscrivent dans ce "passage à l'art" de la discipline à laquelle ils sont consacrés. Il peut y avoir aussi processus de re-légitimation d'une discipline, exemple des festivals d'Aldeburgh et d'Aix-en-Provence et du rôle qu'ils ont joué dans la renaissance de l'opéra.

Types de festivals[modifier | modifier le code]

Festival Aixoises du Jazz à Aix-les-Bains

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Ory, Qu’est-ce qu’un festival ? Une définition par l’histoire, Colloque international Pour une histoire des festivals (XIXe-XXIe siècles), "Une histoire des festivals", publié en décembre 2013
  2. Bruno Lesprit, Jazz Fest à New Orleans, dans Le Mondeweb du 6 mai 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]