Radio Prague

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Radio Prague

Description de l'image  Radio Praha-cz-Z-RGB.png.
Présentation
Pays Drapeau de la République tchèque République tchèque
Siège social Prague
Propriétaire Český rozhlas
Langue Tchèque
Statut Radio publique
Site Web www.radio.cz/fr
Historique
Création 31 août 1936 (77 ans)
Diffusion
AM oui Oui
FM oui Oui
Numérique terrestre oui Oui
Streaming oui Oui

Radio Prague (en tchèque : Český rozhlas Radio Praha ou Český rozhlas 7 - Radio Praha) est la station de radiodiffusion publique internationale tchèque appartenant à la Český rozhlas.

Créée en 1936, elle diffuse en six langues : le tchèque, le français, l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le russe. Elle diffuse par le biais du satellite et d'Internet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920 nait Radiojournal (Radiožurnál), une station de radio privée dont le capital est détenu majoritairement par la société Radioslava. En 1925, l'État devient majoritaire dans le capital de Radiojournal[1]. La création la même année d'une station concurrente disposant d'un émetteur puissant, pousse Radiojournal à émettre vers l'étranger. L'année suivante, des programmes et des conférences en anglais, en français puis en allemand sont diffusés le jeudi soir. Au même moment, un programme destiné aux tchecoslovaques expatriés commence d'être diffusé le mercredi soir. Durant les années 1930, les stations internationales connaissent un véritable essor, notamment dans les pays fascistes[2]. Le ministère tchécoslovaque des affaires étrangères décide alors de mettre en place des émissions en ondes courtes destinées à l'étranger[3].

Les débuts : 1936-1939[modifier | modifier le code]

Deux émetteurs, un Marconi et un SWB 9/30 de 34kW, sont installés entre 1935 et 1936 dans la station de Podebrady. Les essais débutent le 24 juillet 1936, puis les émissions régulières commencent le 31 août de la même année[3]. La station s'annonce alors par cet indicatif : « station tchécoslovaque ondes courtes, Prague ». Ce service vise alors les citoyens des pays étrangers comme les tchécoslovaques expatriés. Dans les premiers mois, la radio diffuse six heures par jour. À partir du 13 septembre 1936, une réorganisation partage les programmes entre les émissions quotidiennes destinées à l'Europe (de 20h25 à 22h30) et celles réservées à l'Amérique du nord (de 3 à 5 heure du matin les mardis et vendredis). Ce même jour, des bulletins d'information commencent d'être diffusés. De plus, des programmes de Radiojournal sont diffusés par ce même service. Des programmes émis vers le Proche et le Moyen-Orient font leur apparition[3]. En mai 1937, l'émetteur ondes courtes de Poděbrady passe d'un fonctionnement expérimental à un fonctionnement régulier. En 1937 les émissions vers l'Amérique se font en anglais, espagnol, ruthin, slovaque et tchèque, tandis que celles destinées à l'Europe ont lieu en anglais, allemand, français, tchèque et slovaque, et occasionnellement en russe, italien, néerlandais et roumain[4]. Les journaux parlés ne représentent alors que 15 % du volume, les conférences 5 %, ainsi que les émissions littéraires et les revues de presse 5 %, tandis que la musique constitue le reste. 1938 voit le renforcement du contrôle de l'État sur le service extérieur de Radiojournal. L'acquisition des Sudètes par l'Allemagne entraîne une augmentation de la quantité de programmes diffusée, jusqu'à 19 heures par jour en 1938, dont 3 heures d'information et 14 heures de musique. De nouvelles langues sont diffusées régulièrement : l'italien, le portugais, le roumain et le serbo-croate, en plus du tchèque, du slovaque, anglais, allemand, français, rutine et espagnol. Pour plus d'efficacité, les émissions en ondes courtes fusionnent avec la station Prague II. Suite à la perte des émetteurs situés dans les régions limitrophes et à l'indépendance de la Slovaquie, Radiojournal devient Radio Tchécoslovaquie[5].

L'occupation : 1939-1945[modifier | modifier le code]

Le 15 mars 1939, les allemands envahissent la Tchécoslovaquie. Renommée Rundfunk Böhmen und Mähren, la radio nationale est intégrée à celle du IIIe Reich et ne diffuse plus que deux heures par jour en direction de l'Amérique du Nord. La plupart des rédacteurs et des speakers s'en vont[6].

L'après-guerre: 1945–1948[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, la station reprend une activité normale. Elle est annoncée par plusieurs identification : Station Prague, Ici Prague - Tchécoslovaquie, Vous écoutez Prague. Elle diffuse en anglais, tchèque, allemand, français, et italien. En 1946, elle connaît une forte expansion, si bien qu'au début de 1947, elle parle en 18 langues : bulgare, français, serbo-croate, sobème, sorabe, allemand, polonais, russe, roumain, suédois, norvégien, danois, espagnol, italien, anglais, esperanto, tchèque et slovaque. Elle diffuse alors 6 à 7 heures par jour, puis 7 à 9 heures l'année suivante. Une rédaction centrale est créée, qui prépare des commentaires en tchèque qui sont ensuite traduits pour être diffusés. La moitié de ces émissions sont destinées aux pays du bloc soviétique. 90 % des programmes sont des émissions parlées, la musique n'occupant plus qu'une place réduite. Pour ce qui est du contenu, il est favorable au communisme[7].

Une radio sous contrôle communiste : 1948–1965[modifier | modifier le code]

La radio nationale passe entre les mains des communistes lors de la crise politique de février 1948. En avril, elle est nationalisée et durant l'été, le service extérieur fusionne avec la rédaction des actualités politiques pour conférer une ligne politique unique au sein des émissions nationales ou internationales. La station a alors deux objectifs : répandre le socialisme dans les pays capitalistes et renforcer les liens avec les autres pays du bloc soviétique.

En 1952, une réforme inspirée de l'Union soviétique donne son autonomie au service extérieur. Une rédaction centrale écrit les textes en tchèque tandis que celles en langues étrangères et celle de la Coopération Internationale écrivent ceux destinés à l'étranger. Bientôt l'arabe et le portugais apparaissent. En 1949, le service extérieur diffuse 10 heures par jour. Dans les années 1950 et 1960, des émissions clandestines en français (Ce soir en France) et en italien (Oggi in Italia) sont diffusées. Enfin, le matériel est modernisé ; en 1949 un émetteur ondes courtes est construit à Velké Kostolany (opérationnel en 1956), et un centre d'émission est ouvert à Litomsyl en 1955.

À partir de 1960, la radio tchécoslovaque est sous la tutelle directe du comité central du parti communiste. Cette expansion est aussi marquée par l'allongement de la durée des émissions et par l'arrivée de nouvelles rubriques. Enfin, en 1965, la station est organisée en trois ensembles : les émissions vers les pays capitalistes, celles vers les pays socialistes, et la rédaction centrale. Cette dernière produit les programmes en tchèque comme les bulletins d'information ou les commentaires, qui sont ensuite traduits dans les autres langues[8].

Une période d'ouverture : 1965-1968[modifier | modifier le code]

La seconde moitié des années 1960 est marquée par une plus grande souplesse de la part de la censure, qui est abolie en 1968. Durant l'invasion soviétique consécutive au Printemps de Prague, la station continue d'émettre clandestinement jusqu'au 9 septembre, date du retrait des troupes soviétiques. Les émissions régulières reprennent à cette même date[9].

La Normalisation : 1968-1989[modifier | modifier le code]

Avec la période dite de normalisation qui sonne le retour à un communisme strict, la station ne dispose d'aucune marge de manœuvre. À partir des années 1970, le nom le plus utilisé pour désigner la station est Radio Praha (Radio Prague). Entre 1968 et 1970, la station connaît d'importants changements. Les employés qui se sont compromis lors du printemps de Prague sont progressivement écartés : sur 350 employés, 150 partent. De plus, la centralisation de la gestion est renforcée.

En 1972, l'Interprogramme est créé. Il s'agit d'un programme destiné à l'Europe occidental composé de 5 heures de musique coupée tous les quarts d'heure par des programmes d'information en tchèque, slovaque, anglais, français, allemand, puis plus tard russe. Dans les années 1970, le volume diffusé augmente, passant de 29 heures par jour en 1970 à 37 en 1978. En 1981, une section polonaise est créée pour contrer le mouvement Solidarnosc[10].

L'après-guerre froide[modifier | modifier le code]

Le siège de Český rozhlas à Prague

En 1989, le régime communiste tchèque tombe, comme dans le reste de l'Europe centrale. Les journalistes sont alors libres de s'exprimer. Mais du 1er avril au 7 mai 1990, la station cesse d'émettre car le statut de ses émissions est indéfini et que ses moyens financiers, techniques et humains sont diminués. Plusieurs langues sont abandonnées et les rédactions centrales affaiblies. Au printemps 1990, plusieurs émetteurs sont arrêtés et leur puissance diminuée.

En 1992, l'Interprogramme est arrêté tandis que les rédactions centrales disparaissent. À partir de cette date, Radio Prague ne couvre plus que l'actualité nationale. Une loi de la même année fait de la radio tchécoslovaque une institution publique dont le Conseil chargé de la surveillance est élu par le Parlement. En 1993, Radio Prague gagne son autonomie. En 2000 les émissions en russe sont lancées[11].

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Logos[modifier | modifier le code]

Financement[modifier | modifier le code]

La station est financée par une subvention de l'État attribuée par le biais du bureau du gouvernement de la république tchèque de 1993 à 1996, puis par le ministère des affaires étrangères à partir de 1997. Le budget s'élevait à 90 millions de couronnes en 1993, 45 millions en 1997, et 62 millions en 2000 (soit 1,5 million de dollars américains)[11].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Radio Prague diffuse à travers toute la planète. Depuis février 2011, la station ne diffuse plus en ondes courtes depuis son site émetteur de Litomyšl. La station de radio WRMI en Floride reprend néanmoins certains programmes via son émetteur de 50 kW, destinés au continent américain. En modulation de fréquence seul l'anglais est diffusé, pour Prague et la Bohême orientale. Radio Prague est aussi diffusée en anglais, français, allemand et russe par World Radio Network.Elle est également audible par Internet[12].

Rubriques[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • La République tchèque au quotidien : sur la culture et la société tchèque. Quelques émissions : le racisme en République tchèque (2 octobre 2001), les banques alimentaires, nouvelle forme d'aide aux pauvres en République tchèque (7 février 2006), l'alliance française de České Budějovice, centre de la francophonie en Bohême du sud (20 février 2007).
  • Chapitres de l'Histoire : rubrique consacrée à l'histoire du pays. Quelques émissions : Saint Venceslas - patron des pays tchèques (28 septembre 2000), Lidice, le 10 juin 1942... (15 juin 2005), dans l'ombre de Moscou (1948-1989) (20 septembre 2006), la pensée politique tchèque face à la montée des extrémismes (14 février 2007).
  • Le miroir de la société : sur la société tchèque. L'affaire des caricatures à la lumière de la presse tchèque (16 février 2006), à quand le vrai débat en République tchèque sur la Constitution européenne ? (1er février 2007).
  • Économie / commerce : rubrique consacrée à l'économie du pays ; délocalisations en République tchèque ; une médaille à plusieurs faces (26 janvier 2007)
  • Le tchèque du bout de la langue : consacrée à la découverte de la langue tchèque.

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Insight. Central Europe : magazine consacré à l'Europe centrale, coproduit par Radio Prague, Radio Autriche International, Radio Slovaquie internationale, Radio Pologne, Radio Budapest et Radio Slovenia International.
  • Czech Books : au sujet de la littérature tchèque.
  • Letter from Prague : la vie quotidienne à Prague.

En allemand[modifier | modifier le code]

  • Spaziergang durch Prag : magazine consacré aux lieux peu connus de Prague.
  • Im spiegel der medien : au sujet des médias en République tchèque.

En espagnol[modifier | modifier le code]

  • Del totalismo a la Democracia : sur la phase de transition menant de la période communiste à la démocratie dans le pays. Exemple : Les privatisations (du 21 octobre 2006 au 11 novembre 2006).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les débuts de la radio en Tchécoslovaquie », sur www.radio.cz (consulté le 26 mai 2010)
  2. « Premiers essais de diffusion vers l'étranger », sur www.radio.cz (consulté le 26 mai 2010)
  3. a, b et c « Naissance des émissions destinées à l'étranger », sur www.radio.cz (consulté le 26 mai 2010)
  4. « A pleins gaz », sur www.radio.cz (consulté le 26 mai 2010)
  5. « La guerre - le crépuscule », sur www.radio.cz (consulté le 26 mai 2010)
  6. http://www.radio.cz/fr/html/65_6.html et http://www.radio.cz/fr/html/65_7.html
  7. Radio Prague
  8. Radio Prague
  9. Radio Prague
  10. Radio Prague
  11. a et b Radio Prague
  12. Radio Prague

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]