Gergovie

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Gergovie
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Histoire
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Gergovie (en occitan Jergòia[1] ou Gergòvia[2], en latin Gergǒvĭa[3]) est une localité située en Auvergne. Capitale antique des Arvernes avec Corent et Gondole[4]. Ce nom a été attribué au xixe siècle à l'ancien village de Merdogne situé sur l'actuelle commune de La Roche-Blanche (Puy-de-Dôme), au pied du plateau où s'est déroulé le siège de Gergovie en 52 av. J.-C.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Gergovie est mentionnée dans les écrits anciens sous les formes Gergovia (Ier siècle av. J.-C.) (Commentaires sur la guerre des Gaules), Girgia, Egirguia, Iergoia[5], Girgoia (Cartulaire de Sauxillanges) et Gergoia (Xe siècle), Gergoye (1561)[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Scène des guerres gauloises : l'Éduen Littavicus, trahissant la cause romaine, s'enfuit à Gergovie pour soutenir Vercingétorix
Théodore Chassériau, 1838-1840
Metropolitan Museum of Art[7]

Sous le rempart de l'oppidum, « une couche d'humus renfermant du mobilier néolithique et de l'âge du bronze rappelle que le plateau a sans doute déjà joué son rôle de forteresse à ces époques, mais si des aménagements ont existé (palissade...?) il n'en reste pas de trace[8] ».

Durant le premier Âge du fer, une chefferie locale utilise les avantages naturels du plateau de Gergovie pour y installer une fortification (VIe siècle av. J.-C. - Ve siècle av. J.-C.)[9], avec un centre de pouvoir qui contrôle le territoire alentour[10].

Gergovie est le nom d'une ville de la Gaule antique où a eu lieu le siège de Gergovie opposant — à proximité de la cité arverne de Nemossos (terme gaulois désignant un « bois sacré ») — les Arvernes et autres peuples gaulois rassemblés sous la conduite de Vercingétorix, aux légions romaines de Jules César en 52 av. J.-C. La détermination exacte de l'emplacement de ce lieu est désormais placée unanimement par les chercheurs sur le plateau dit de Merdogne, toutefois la localisation fait toujours débat.

Plaque gravée après le passage de Napoléon III à Gergovie.

Il s'agit aussi du nom qui a été donné au XIXe siècle au village de Merdogne par le décret du 11 janvier 1865 de l'empereur Napoléon III[11]. Ce village dépend actuellement de la commune de La Roche-Blanche dans le Puy-de-Dôme à quelques kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Il se situe au pied du plateau de Gergovie qui est le lieu du siège de Gergovie.

Le musée de Gergovie[modifier | modifier le code]

Le Musée archéologique de la bataille de Gergovie a ouvert ses portes le 19 octobre 2019, avec une refonte et un agrandissement de l'ancien lieu d'exposition[12].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Grélois, Marie Saudan, Chartes et documents de l'Église de Clermont antérieurs au XIIe siècle, Paris, CNRS Éditions, coll. « Documents, études et répertoires publiés par l'Institut de recherche et d'histoire des textes », (ISBN 978-2-271-08676-1, ISSN 0073-8212)
  2. (fr + oc) Jean Roux, Œuvres en occitan d'un Républicain auvergnat (1798-1860), Lyon, EMCC, , 155 p. (ISBN 978-2-35740-517-2, BNF 45300925)
  3. Félix Gaffiot, Dictionnaire Latin Français, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 710
  4. D'après les fouilles, il est possible selon Matthieu Poux d'attribuer le rôle de capitale politique, économique et religieuse à Corent, celui de site militaire à Gergovie et celui de cité artisanale à Gondole. Les trois oppida occupent sensiblement les sommets d'un triangle de 6 km de côté, Corent et Gergovie sur des tables basaltiques d'une superficie de 70 ha, et Gondole située en plaine. (cf Matthieu Poux, Convergence et confrontation. Processus d’urbanisation et conquête romaine en territoire arverne, Mémoire d'habilitation à Diriger des Recherches, 2005). « La chronologie de l’occupation de ces trois sites n’est pas suffisamment fine pour déterminer si les trois étaient actifs au moment de la conquête romaine, constituant ainsi une agglomération multipolaire, ou s’ils se sont succédé en tant que capitale arverne ». Cf Pierre Royer, « De Gergovie à la Limagne », sur revueconflits.com,  ; Hélène Dartevelle, Christine Mennessier-Jouannet, Nathalie Arbaret, « La capitale des Arvernes, une histoire en boucle », Revue archéologique du centre de la France, no 35 (supplément),‎ , p. 293-315 (lire en ligne)
  5. Maxime Gorce, Vercingétorix, chef des gaulois, Paris, Payot, (lire en ligne), p. 166.
  6. Gabriello Simeoni et Antoine Chappuys, La Limagna D'Overnia, Lyon, Guillaume Rouillé, (lire en ligne), p. 57.
  7. (en) « Le gaule Litavicus », sur Metropolitan Museum (consulté le )
  8. « Les remparts de Gergovie », sur gergovie.net (consulté le )
  9. Découverte sous le rempart laténien de l'oppidum d'un rempart en pierre à poutrage vertical en façade, précédé d’un escarpement taillé dans le droit de la roche et d'une terrasse
  10. « Les fortifications de l’oppidum de Gergovie », sur inrap.fr,
  11. Conseil d'État, 3e et 8e sous-sections réunies, du 3 février 2003, 240630, mentionné aux tables du recueil Lebon - Conseil d'État/Légifrance
  12. « Musée de Gergovie - Revivez la célèbre Bataille de Gergovie », sur Musée Archéologique de la Bataille de Gergovie (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Leguet, « Les querelles de Gergovie », Bulletin de l'Association du site de Gergovie, t. 34,‎ , p. 58-92
  • Daniel Leguet et D. Tourlonias, Gergovie, Clermont-Ferrand, coll. « Guides archéologiques de l'Auvergne », .
  • Y. Leberge et V. Guichard, « Nouvelles recherches sur les travaux césariens devant Gergovie (1995-1999) », Revue archéologique du centre de la France, t. 39,‎ , p. 83-111 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]