Combrailles

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Combrailles
Image illustrative de l’article Combrailles
Vallée de la Sioule entre Saint-Gervais d'Auvergne et Queuille.

Pays France
Subdivision administrative Auvergne-Rhône-Alpes
Nouvelle-Aquitaine
Subdivision administrative Allier
Creuse
Puy-de-Dôme
Villes principales Saint-Gervais d'Auvergne
Commentry
Auzances
Gouzon
Chambon-sur-Voueize
Manzat
Saint-Éloy-les-Mines
Géologie Terrain granitique
Population totale Environ 50 000 hab. ()
Régions naturelles
voisines
Bocage bourbonnais
Limagne
Chaîne des Puys
Monts Dore
Artense
Pays d'Ussel
Montagne limousine
Haute Marche
Pays (div. territoriale) Pays des Combrailles
Pays Combraille en Marche

Image illustrative de l’article Combrailles
Localisation des Combrailles
sur la carte du Massif central

Les Combrailles (ou la Combraille) sont une région naturelle et culturelle de France, située au nord-ouest du Massif central. Cette région de basse montagne était sous l'Ancien Régime partagée entre les trois provinces d'Auvergne, du Bourbonnais et de la Marche.

Venant du celte comboro, les Combrailles forment un espace existant depuis l'antiquité. Au Moyen-Age elles sont divisées en plusieurs seigneuries. Certaines locales et importantes comme la principauté de Combraille de Chambon ou celle des Rochedragon. Plus tard la région divisée intègre des principautés féodales rivales entre elles comme le comté d'Auvergne et le Dauphiné d'Auvergne puis plus tard les duché d'Auvergne et duché de Bourbon.

Plusieurs étendues différentes sont proposées pour les Combrailles. Un espace central est retenu par sa topographie et son aire culturelle qui est celle des plateaux occidentaux du nord-ouest de l'Auvergne et de l'est de la Creuse. Les terres vallonnées du sud-ouest de l'Allier y sont également parfois intégrées car font historiquement partie d'une châtellenie bourbonnaise de Combraille. Le géographe Pierre Bonnaud inclut l'intégralité de cette région comme un des pays culturels composant l'Auvergne. Lui et certains chercheurs incluent également les territoires marchois situé à l'est de la rivière Creuse pour des raisons culturelles et linguistiques.

Elle est aujourd'hui partagée entre trois départements (Puy-de-Dôme, Allier, Creuse) et deux régions administratives (Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine). Sa population actuelle est estimée à 40 000 ou 50 000 habitants pour ce qui concerne le noyau du territoire[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du territoire vient du celtique comboro[2]. Dérivé de cumba, "vallée", le mot signifie probablement « débouché, rencontre de vallées », allusion aux confluences de nombreuses vallées : à l'ouest celles de la Tardes, de la Voueize et du Cher ; à l'est celles de la Sioule et de la Bouble. De nombreux cours d'eau y prennent aussi leur source. Pour expliquer le mot gaulois, qui est suivi du suffixe -alia, est également évoqué le sens d'« obstacle, barrage ».

Situation[modifier | modifier le code]

Situées au nord-ouest du Massif central, les Combrailles sont partagées entre deux régions : l'Auvergne et le Limousin. Elles sont entourées par les régions naturelles suivantes[3] :

Géographie[modifier | modifier le code]

La Sioule à Châteauneuf-les-Bains.
Statère représentant Vercingétorix, trésor de Pionsat.

Les Combrailles forment une vaste zone de collines et de gorges qui s’incline doucement vers le nord et l'est. Structuré par les vallées du Cher, de la Tardes, de la Voueize, et de la Sioule, le pays est parsemé de nombreux étangs. Il se compose de landes, de bocages, de forêts et de prairies. Son point culminant est le sommet de la Roche Sauterre atteignant 977 m d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période celtique[modifier | modifier le code]

Durant l'âge du fer les Combrailles étaient divisées entre trois grands peuples celtes : les lémovices à l'ouest dans la partie creusois, et les arvernes à l'est, dans la Combraille auvergnate[note 1].

Dans la partie auvergnate des Combrailles se retrouvent des aurières (mines d'or) datant du second âge du fer, suivant une ligne qui n'est autre qu'un filon de quartz allant d'Herment à Montaigut en passant par Gouttières[4]'[5]. Les rois arvernes, dont notamment Luern, étaient connus pour leur grande richesse dont une partie pourrait provenir de cette région[6]. En témoigne la découverte réalisée en 1852 à Pionsat d'un immense trésor monétaire composé de centaines de statères arvernes datant du Ier siècle avant notre ère[7].

La « principauté de Combraille »[modifier | modifier le code]

Louis II de Bourbon

De très nombreux textes attestent au Haut Moyen Âge la présence d'une Principauté de Combraille[8],[9], également nommée baronnie à partir du XIIe siècle. La capitale de ce territoire, qui se trouvait à l'origine à Chambon, fut transférée à Montaigut sous la domination bourbonnaise [10].

Vers 1180, la Combraille fut apportée en dot par Péronnelle de Chambon à la famille des comtes d'Auvergne par son mariage avec Guy II d'Auvergne. Par la suite, elle fut vendue à Pierre de Giac, chancelier de France, qui la céda vers 1400 à Louis II de Bourbon. Ce dernier fit reconstruire les châteaux dans toutes ses terres, aussi bien dans le duché de Bourbon qu'en Combraille, dans le Forez et dans le Duché d'Auvergne. C'est ainsi que le château des ducs de Bourbon à Montluçon fut reconstruit en 1362[11], le « Bon Duc » souhaitant construire une place forte dans ses terres de Combraille[12].

Durant la période féodale, qui dura jusqu'à très tard en ce territoire, les Combrailles étaient aussi divisées en de grandes seigneuries ayant à leur tête de grandes familles nobles tel que les Rochedragon, les Chabrol ou les Chazeron[13].

Quelques sites des Combrailles[modifier | modifier le code]

Les pays traditionnels de la région d'Auvergne, les Combrailles auvergnates figurent en vert

Galerie[modifier | modifier le code]

Quelques communes des Combrailles selon leurs départements[modifier | modifier le code]

Allier Creuse Puy-de-Dôme Puy-de-Dôme
Pont suspendu sur la Tardes reliant Evaux-les-Bains et Budelière.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Quelques cours d'eau[modifier | modifier le code]

Lacs et points d'eau
La Bouble Le Gour de Tazenat
Le Cher L'étang de Chancelade
La Sioule
Le Sioulet
La Tardes
La Tartasse
La Voueize

Agriculture[modifier | modifier le code]

La vache charolaise est très fréquente dans les Combrailles.

Les Combrailles étaient une terre d'agriculture vivrière, chaque ferme vivant en autosubsistance, élevant et cultivant un peu de tout. Depuis quelques décennies, ce modèle ancestral a été remplacé par l'élevage bovin extensif : production de viande charolaise au nord (en particulier des broutards destinés à l'exportation) et production laitière au sud.

Industrie[modifier | modifier le code]

Les deux pôles industriels importants sont : Les Ancizes-Saint-Georges-de-Mons, avec les aciéries Aubert et Duval et l'entreprise Diétal (luminaires), et Saint-Éloy-les-Mines avec l'entreprise Rockwool (production de laine de roche).

Culture et traditions[modifier | modifier le code]

Les Combrailles sont incluses dans le domaine linguistique de l'auvergnat.

Langue régionale[modifier | modifier le code]

La langue régionale des Combrailles est l'auvergnat, y compris dans la Combraille marchoise[14]. Le géographe Pierre Bonnaud définit les Combraillais comme des Auvergnats occidentaux[15]. La moitié orientale de la Creuse, région plus vaste que la région naturelle, se trouve dans le champ culturel auvergnat et on la qualifie de « Combraille culturelle ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Noter que dans sa lecture de la table de Peutinger, Barailon propose de traduire Cambiovicenses par Combraille, et que ceci étend considérablement la taille du territoire (d'autant que le nom est trouvé jusqu'à la hauteur d'Eburobriga ou Avrolles, près de Saint-Florentin dans l'Yonne). Voir Jean-François Barailon, Recherches sur les peuples Cambiovicenses de la Carte Theodosienne (lire en ligne), p. 74-80, 88-90.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Auvergnelife : fiche de présentation du pays des Combrailles
  2. Albert Dauzat, « La toponymie gauloise de l'Auvergne et du Velay », Revue des études anciennes,‎ , p. 357-388 (ISSN 0035-2004, lire en ligne)
  3. Frédéric Zégierman, Le Guide des Pays de France, Sud, Fayard, 1999
  4. Guy Massounie, « Les minières dans les Combrailles », Archéologie de la France,‎ (ISSN 2114-0502, lire en ligne)
  5. Guy Massounie, Peuplements et paysages aux confins occidentaux du territoire des Arvernes de la protohistoire au moyen âge : Thèse de Doctorat en archéologie, Clermont-Ferrand, Université Blaise-Pascal,
  6. G. Houlbert, « A propos de quelques statères arvernes », Revue archéologique du centre de la France,‎ , p. 87-91 (ISSN 1951-6207, lire en ligne)
  7. Sylvia Nieto et Jean-Noël Barrandon, Le monnayage en or arverne : essai de chronologie relative à partir des données typologiques et analytiques, Revue numismatique, (lire en ligne)
  8. Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Robert Chanaud, Le Limousin, pays et identités, Limoges, Presse Universitaire de Limoges (lire en ligne)
  9. Joseph Joullietton, Histoire de la Marche et du Pays de Combraille, Guéret, Journal de la Creuse, (lire en ligne)
  10. André Blancard, Aux portes de l'Auvergne, Saint-Yorre,
  11. René Germain, Châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs en Bourbonnais, Romagnat, De Borée,
  12. Jean-Charles Varennes, Les Très Riches Heures du Bourbonnais, Paris, Librairie Académique Perrin,
  13. Ambroise Tardieu, Augustin Madebène, Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais d'Auvergne, (lire en ligne)
  14. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Editions Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3)
  15. Pierre Bonnaud, De l'Auvergne (Un fil d'Ariane pour aller de la Confédération Arverne au IIIe millénaire), Nonette, Editions Créer, , 318 p. (ISBN 2-84819-001-9)

Lien externe[modifier | modifier le code]