Marche (province)

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Marche
(oc) Marcha

Xe siècle – 1790

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La province de la Marche.
Informations générales
Statut Province du royaume de France
Capitale Guéret
Langue
Religion Christianisme (catholicisme)
Histoire et événements
Xe siècle Premier comte attesté : Boson Ier.
1790 Suppression de la province de la Marche.
Comtes
(1er) v. 955/958 - 988 Boson Ier
(Der) 1776-1814 Louis François Joseph de Bourbon-Conti

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Marche (La Marcha en occitan) est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Guéret. La Marche fut aussi un comté.

Ses frontières ont fluctué tout au long de son histoire et ce, depuis le Moyen Âge, époque de sa création. Dans ses limites du XVIIIe siècle, la province correspondait au département actuel de la Creuse mais regroupait aussi une bonne part de la Haute-Vienne (arrondissement de Bellac) ainsi que des paroisses de l'Indre, de la Vienne et de la Charente. La majeure partie de la Marche fait aujourd'hui partie de la région Nouvelle-Aquitaine.

Situation[modifier | modifier le code]

Le comté couvrait un territoire correspondant au département de la Creuse, à l'arrondissement de Bellac en Haute-Vienne et quelques communes des départements de l'Indre, de la Vienne et de la Charente.

La Marche dans ses limites du milieu du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Saint-Germain-Beaupré, demeure des Marquis Foucault de Saint Germain Beaupré, gouverneurs de la Marche de 1630 à 1752.

Ce territoire fut détaché au Xe siècle des provinces du Limousin et d'Auvergne, la rivière Creuse en faisait alors limite ; pour diverses raisons, la première était la nécessité de lutter contre les Normands[1]. La deuxième de former une zone tampon entre l'Aquitaine, anglaise sous les Plantagenêt, et le Berry français, mais également entre les provinces de Limousin et d'Auvergne. Il fut ensuite morcelé en fiefs aux frontières mouvantes : Haute Marche (autour de Guéret), Principauté de Combraille (avec pour capitale initiale Chambon)[2], Vicomté de Bridiers (La Souterraine), Basse Marche (autour du Dorat).

Le nom de Marche désigne une zone intermédiaire entre deux territoires. Le comté de la Marche faisait transition entre les possessions des comtes du Poitou, ducs d'Aquitaine, et celles du roi de France. Le comté de la Marche naquit vraisemblablement entre 955 et 958. Placé sous l'autorité de Boson Ier dit le Vieux[3], fils de Sulpice, seigneur de Charroux.

La province passa ensuite à la maison de Montgommery puis à celle des Lusignan en 1199. Rattachée à la couronne de France par Philippe le Bel, elle revient à Charles IV le Bel en 1309 et devient duché-pairie en 1317. En 1327 elle est échangée contre le comté de Clermont-en-Beauvaisis. Elle revient ensuite aux Bourbon, et en 1527 François Ier la confisque. Après quelques apanages, elle est définitivement réunie au domaine royal vers 1531 et gouvernée par les Foucault de Saint Germain-Beaupré entre 1630 et 1752. La succession des comtes de la Marche jusqu'au XIVe siècle est souvent difficile à établir avec certitude, faute de documents irréfutables.

Au sein même du comté on distinguait la Basse Marche autour du Dorat, et la Haute Marche autour de Guéret. La Marche formait une étroite entité étirée sur environ quatre-vingt kilomètres. Les comtés voisins étaient les suivants :

Guéret, Bellegarde, Bourganeuf et Bellac y ont formé des élections (circonscriptions financières) ; les deux premières dans la généralité de Moulins, les deux dernières dans la généralité de Limoges.

La Marche se retrouve principalement dans le département de la Creuse et une partie du département de la Haute-Vienne (Bellac).

Culture et traditions[modifier | modifier le code]

Carte linguistique de la Marche. Les dialectes de l'occitan présents : Marchois (beige), limousin (vert), auvergnat (marron). Les parlers d'oïl sont en bleu.

La Marche est majoritairement dans l'aire de la langue occitane. La province est néanmoins partagée entre plusieurs dialectes occitans. Au nord le marchois est un dialecte intermédiaire entre la langue d'oc et la langue d'oïl mais où les traits occitans dominent[4]'[5]. L'aire géographique de ces parlers de transition épouse à peu près la part septentrionale de la province historique dont la ville de Guéret fait partie[6],[7]. Dans sa partie ouest le dialecte est l' occitan limousin et dans l'est du département de la Creuse, autour d'Aubusson, le territoire fait partie de l'aire linguistique de l'occitan auvergnat[8].

Quelques communes au nord de la Marche, autour de Belâbre, sont de parler d'oïl à cheval entre le berrichon et le poitevin, tout en conservant un substrat occitan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Zégierman, Le guide des Pays de France (tome 1 : nord et tome 2 : sud), Éditions Fayard, 1999, 638 pages (ISBN 2-213-59960-2)
  2. Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Le Limousin, pays et identités: enquêtes d'histoire, de l'antiquité au XXIe siècle, Presses universitaires de Limoges, , 577 p. (ISBN 2-84287-410-2)
  3. Généalogie de Boson le Vieux sur le site Medieval Lands
  4. (fr + oc) Patois et chansons de nos grands-pères Marchois (Haute-Vienne, Creuse, pays de Montluçon), Paris, Éditions CPE, , 160 p. (ISBN 9782845038271)
  5. Nicolas Quint, « Aperçu d'un parler de frontière : le marchois », Jeunes chercheurs en domaine occitan, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry),‎ , p. 126-135 (lire en ligne)
  6. Collectif, Creuse, Christine Bonneton, 2007, p. 187
  7. Charles de Tourtoulon et Olivier Bringuier, Étude de la limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oil, 1875, réédité en 2007 par l'Institut d'études occitanes
  8. « Le Creusois », sur http://www.creuse.com/ (consulté le 25 août 2016)