Sanofi

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Sanofi
logo de Sanofi

Logo de Sanofi

Création
Dates clés  : acquisition de Sterling Winthrop
 : fusion avec Synthélabo)
 fusion avec Aventis
Fondateurs Jean-René Sautier
Personnages clés Jean-François Dehecq, Serge Weinberg
Forme juridique Société anonyme (depuis 1973)
Action Euronext : SAN
NYSE : SNY
FWB : SNW
Slogan L'essentiel c'est la santé
Siège social Drapeau de France 54, rue La Boétie, 75008, Paris (France)
Direction Olivier Brandicourt
Actionnaires Institutionnels (77%)
L'Oréal (9%)
Salariés (1%)
Autres (13%)
Activité Industrie pharmaceutique, biotechnologie
Filiales - Sanofi Pasteur
- Genzyme
- Merial
- Chattem, Oenobiol, BMP Sunstone
- Zentiva, Medley, Kendrick, Nichi-Iko
- Fovea
Effectif 110 000[1]
Site web www.sanofi.com
Capitalisation 108,99 mds d’€ (25/11/2015)[2]
Dette 7,254 mds d’€ (2014)[3]
Chiffre d’affaires en augmentation 37,057 mds d’€ (2015)[3]
+9,7%[3]
Résultat net 7,4 mds d’€ (2013)[3]
+7,7%

Sanofi est une entreprise française dont les activités incluent la pharmacie (notamment des médicaments de prescription dans les domaines du diabète, des maladies rares, de la sclérose en plaques et de l'oncologie, des produits de santé grand public et des génériques), les vaccins et la santé animale.

Dans le secteur de la santé, Sanofi occupe le sixième rang mondial selon le chiffre d'affaires (38,7 milliards de dollars en 2015), mais seulement le onzième pour la capitalisation boursière (102 milliards de dollars)[4]. Sanofi réalise les trois quarts de son chiffre d'affaires hors d'Europe et emploie environ 113 000 personnes dans une centaine de pays (dont 27 000 en France)[5],[6]. Très rentable, elle a distribué 3,694 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires en 2015 (10% du CA) sur un résultat net de 7,4 milliards d'euros (20% du CA)[3]. Deuxième capitalisation boursière de la Bourse de Paris[2] (90 milliards d'euros), elle est détenue à hauteur de 9,1% par L'Oréal[7].

Première entreprise française en termes de recherche et développement, Sanofi a investi 5,259 milliards d'euros dans ce domaine en 2015 (14,2% du CA)[3].

En 2016, Sanofi va amorcer un virage stratégique à la suite de l'accord conclu avec le laboratoire allemand Boehringer-Ingelheim. Le groupe français devrait lui céder sa division de santé animale contre des activités de médicaments grand public et obtenir en sus une soulte de 4,7 milliards d'euros[8]. Sanofi deviendrait ainsi numéro 1 mondial des médicaments sans ordonnance, avec des marques fortes (Doliprane, Lysopaïne, Maalox, MagnéB6...) dans un marché en croissance régulière et non concurrencé par les médicaments génériques. Sanofi va également remettre à plat son organisation interne, en passant d'une organisation par pays à une organisation par produits[9].

Histoire de Sanofi[modifier | modifier le code]

Les origines de Sanofi : 1973-1999[modifier | modifier le code]

Le , ELF Aquitaine décide de se diversifier et crée une filiale dans le secteur de l'hygiène et de la santé qui prend le nom d'Omnium Financier Aquitaine pour l'Hygiène et la Santé transformé en Sanofi. Cette structure de 10 personnes présidée par Jean-René Sautier et dirigée par Jean-François Dehecq est une véritable start-up solidement financée par le groupe Elf Aquitaine avec une dotation de 500 millions de francs pour son développement à sa création.

Acquisitions importantes[modifier | modifier le code]

  • Le groupe Labaz (1945) en 1973.
  • 40 % du Laboratoire Michel Robilliart en 1973 et le reste en 1978.
  • 35,7 % des Laboratoires Choay (1910) en 1974
  • Le groupe Castaigne
  • 21,8 % du groupe Parcor (1958) en 1974 puis absorption en 1979.
  • la société Ceva dans les aliments médicamenteux en 1976
  • Prise de participation de 34,8 % dans l'Institut Pasteur Production en 1976 portée à 51 % en 1980.

Après son introduction en bourse le , Sanofi rachète en la division Santé du groupe Clin-Midy Industries (1970) qui lui permet de doubler de taille et d'avoir dix filiales à l'étranger[10].
Le groupe Sanofi regroupe alors 120 sociétés (60 françaises et 60 étrangères). Il a un chiffre d'affaires de 5 240 millions de francs (dont 59 % en France) et un effectif de 14 577 personnes.

L'internationalisation : 1980-1999[modifier | modifier le code]

  • Acquisition d'Ela Medical en 1983
  • Acquisition de Rousselot en 1985
  • Acquisition du second laboratoire hongrois Chinoin (1911), en 1989
  • C'est surtout l'acquisition des activités des médicaments sur ordonnance de Sterling Winthrop Pharmaceuticals (1901) à Eastman Kodak en 1994, qui transforment Sanofi en grand groupe pharmaceutique mondial.

La branche beauté et parfumerie[modifier | modifier le code]

La branche Beauté et parfumerie s'est développée dès la création de Sanofi comme le second pôle de développement avec la santé.
Il s'est lui aussi construit autour d'acquisition stratégiques et opportunistes entre 1973 et 1999.

  • Participation dans le Groupe Yves Rocher en 1973 (détenue à 63 %). Sanofi, au début des années 2000, revend une partie, puis, en 2012, les 19,3 % restant de sa participation[11].
  • Roger & Gallet en 1975
  • L'exploitation de la licence des parfums Van Cleef & Arpels en 1976
  • Acquisition des parfums Molyneux en 1977
  • Participation de 49,9 % dans les parfums Nina Ricci SA par ailleurs propriétaires de la maison de couture en 1988 ; revendue dix ans plus tard à Puig[12].
  • Yves Saint Laurent en 1993, dont les parfums, intégrés à Sanofi Beauté, vont devenir une marque phare autour de laquelle toutes les activités beauté vont être alors regroupées ; les résultats ne seront pas au rendez vous[13]. L'intégralité de la branche beauté est vendue en 1999 à François Pinault et intégrée à Gucci[14]. Cette année marque la fin de l'aventure de Sanofi dans la mode, les cosmétiques et la parfumerie.

Sanofi-Synthélabo et le modèle du Big Pharma : 1999-2004[modifier | modifier le code]

Logo de Sanofi-Synthélabo, 1999-2004
Article détaillé : Sanofi-Synthélabo.

Fusion de Sanofi et Synthélabo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Synthélabo.

Le les laboratoires Dausse (fondés en 1834)[15], et Robert & Carrière (fondés en 1899)[16] fusionnent pour donner naissance au groupe pharmaceutique Synthélabo, racheté par L'Oréal en 1973.

Le , les actionnaires de Sanofi et Synthélabo décident de fusionner leurs groupes pour créer Sanofi-Synthélabo, le nouveau leader de la pharmacie en France.

Le , Sanofi-Synthélabo est introduit au New York Stock Exchange.

Concentration sur la pharmacie[modifier | modifier le code]

Le groupe se recentre sur la pharmacie, pour devenir un pure player, se délestant des activités très profitables du pôle de la beauté et des cosmétiques de Sanofi regroupé autour d'Yves Saint Laurent Beauté, gérant les licences des parfums de Van Cleef & Arpels, Oscar de la Renta, et Nina Ricci. Ce pôle est vendu alors à la holding Artémis de François Pinault. Des participations moins stratégiques dans diverses sociétés comme les groupes Yves Rocher, et Roger & Gallet ou la société de produits laitiers Entremont, pourtant une véritable machine à profit essentielle dans l'histoire de Sanofi, sont également revendues[17].

Sanofi-Aventis et la taille critique : 2004-2011[modifier | modifier le code]

Logo de Sanofi-Aventis, 2004-2011
Articles détaillés : Aventis et Genzyme.

En 2004, Sanofi-Synthélabo acquiert pour 55 milliards d'euros Aventis, issu de la fusion en 1999 de Rhône-Poulenc Rorer[18] et du groupe Hoechst Marion Roussel (1995), rachat par le groupe allemand Hoechst (1863)[19], de l'américain Marion Merrell Dow (en) (1989)[20] et du français Roussel-Uclaf (1911)[21]. Sanofi-Aventis devient alors le troisième groupe mondial de la pharmacie.

En , le groupe participe à la mise sur le marché des premiers médicaments génériques.

Le voit l'arrivée de Christopher Viehbacher en tant que nouveau directeur général du groupe en remplacement de Gérard Le Fur. Jean-François Dehecq reste président du conseil d'administration, fonction qu'il détient depuis 1988.

En après l'intégration du groupe tchèque Zentiva, il est le numéro 11 mondial dans l'industrie pharmaceutique générique[22].

Le , le groupe rend publique son offre d’achat du laboratoire américain Genzyme, spécialisé dans les maladies rares, pour la somme de 18,5 milliards de dollars[23].

Le , le conseil d'administration décide à l'unanimité de mettre fin aux fonctions de Chris Viehbacher en tant que Directeur Général, et nomme Serge Weinberg à sa place par intérim.

En , AstraZeneca vend à Sanofi pour 300 millions de dollars, le Caprelsa, un médicament contre une forme rare de cancer[24]. En parallèle, Sanofi signe un partenariat sur le cancer avec Regeneron d'environ 2 milliards de dollars[25].

En , Sanofi est en discussion exclusive avec Boehringer Ingelheim pour la vente de Mérial, en échange de la division de médicaments sans prescription de Boehringer et d'un acompte de 4,7 milliards de dollars[26]. Durant ce même mois, Sanofi Pasteur, la division vaccin de Sanofi est autorisé à mettre sur le marché brésilien Dengvaxia, un vaccin contre la dengue, déjà autorisé au Mexique et aux Philippines[27].

En , Sanofi a annoncé sa collaboration avec Google Life Sciences, département de Google qui regroupe toutes les activités liées à la santé, dans le but d'améliorer les résultats cliniques dans le diabète. En suivant, le , la Commission européenne a approuvé la création d'une société commune pour les deux entités. Grâce à ce partenariat, Sanofi va pouvoir s’engager dans le contrôle en temps réel de la glycémie, grâce aux nouveaux appareils sur lesquels Google a déjà travaillé[28],[29].

En , Sanofi annonce l'acquisition de Medivation, entreprise américaine spécialisée dans le cancer, pour 9,3 milliards de dollars[30], cette offre est rejetée par Medivation et en août 2016, Pfizer fait une offre de 14 milliards de dollars sur Medivation[31].

Activités[modifier | modifier le code]

Sanofi possède plusieurs laboratoires commercialisant des médicaments sous leur propre nom de marque : Sanofi Pasteur MSD pour les vaccins, ou Zentiva et Medley pour les médicaments génériques, et compte plusieurs filiales principales :

Recherche & Développement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sanofi R&D.

Sanofi est un acteur mondial de la recherche et développement, qui a selon PricewaterhouseCoopers occupé le 1er rang mondial en 2005 et oscille depuis 2006 entre la 11e et la 16e place, ce qui la place au premier rang des groupes français[32]. En 2014, elle a investi 5,259 milliards d'euros dans ce domaine (14,2% du CA)[3]. En 2015, elle emploie dans ce domaine plus de 16 200 employés répartis sur une vingtaine de sites[33], dont plusieurs en France (partenaire de sept pôles de compétitivité dédiés à la santé).

Aventis Foundation[modifier | modifier le code]

Fondation de droit allemand, créée en 1996, sous le nom de Hoechst Foundation, avec une dotation de 50 millions d'euros, et basée à Francfort-sur-le-Main. Cette fondation a été renommée à la suite de la fusion en Aventis Foundation en 1999. Elle a pour but de financer des activités de recherche pour la société civile, les arts, et la science[34].

Médicaments stratégiques[modifier | modifier le code]

Performance économique des blockbusters[modifier | modifier le code]

Boîte de Plavix.

Accords de commercialisation[modifier | modifier le code]

Sanofi commercialise de nombreux produits en partenariat avec d'autres laboratoires concurrents, en fonction des réseaux commerciaux sur certains marchés et des régions géographiques. Par exemple, le blockbuster Plavix est commercialisé aux États-Unis par le laboratoire Bristol-Myers-Squibb dans le cadre d'un accord commercial[35].

Culture d'entreprise[modifier | modifier le code]

Sanofi est l'assemblage de multiples laboratoires présents dans le monde entier. Et la culture d'entreprise s'organise selon les régions par des traditions et des habitudes des anciennes structures. Ainsi Genzyme a depuis sa création créé de multiples initiatives pour les maladies rares des pays en développement, et finance des structures d'assistance dans les pays pauvres ou répond à des catastrophes comme le séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien ou l'ouragan Katrina[36].

Responsabilité sociale de l'entreprise[modifier | modifier le code]

  • le prix Agefi de la gouvernance RSE 2010 : premier prix “Responsabilité Sociétale”.

Fondation Sanofi Espoir[modifier | modifier le code]

Sanofi France forme des médecins africains pour les campagnes de vaccinations. Des actions de mécénat de compétence ou de lutte contre la pauvreté sont menées avec le SAMU social, ou médecin du monde[37],[38].

Mécénat et sponsoring[modifier | modifier le code]

L'entreprise dirige une partie de son action vers les associations de patients[39]

Team Type 1[modifier | modifier le code]

Gouvernance de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Sanofi est administrée par un conseil d'administration comptant treize membres dont dix sont indépendants et trois liés à l'entreprise. Les administrateurs sont élus pour des mandats de quatre ans, et il ne peut y avoir plus de quatre administrateurs de plus de 70 ans. Lors de l'assemblée générale annuelle du , le conseil d'administration[43],[a] était composé de :

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Ancien siège social du groupe Sanofi, au 174 avenue de France, Paris 13e.
Siège social jusqu'en 2015, au 54 rue La Boétie, Paris 8e.
  • Serge Weinberg est le président du conseil d'administration de Sanofi (il a été directeur général par intérim du au ).
  • Olivier Brandicourt est directeur général du groupe depuis le [44].
Comité exécutif[45] 
  • Olivier Charmeil[46], vice-président exécutif Vaccins (nommé en en remplacement de Wayne Pisano qui prend sa retraite)[47].
  • Jérôme Contamine[48], vice-président exécutif, directeur financier (ancien no 2 de Véolia, il est recruté en en remplacement de Laurence Debroux, devenue directrice de la stratégie et qui assurait l'intérim après le départ en de Jean-Claude Leroy)[49].
  • Peter Guenter, vice-président exécutif, médecine générale et marchés émergents.
  • Carsten Hellman, vice-président exécutif, Merial.
  • Suresh Kumar, vice-président exécutif, affaires externes.
  • Karen Linehan, vice-président exécutif, affaires juridiques et General Counsel (depuis )[50].
  • Philippe Luscan, vice-président exécutif, affaires industrielles globales (depuis )[51] et président, Sanofi en France.
  • Muzammil Mansuri, vice-président exécutif, stratégie et business development.
  • David P. Meeker, vice-président exécutif, Sanofi Genzyme.
  • Ameet Nathwani, vice-président exécutif, group Chief Medical Officer.
  • Roberto Pucci, vice-président exécutif, ressources humaines (depuis )[52].
  • Pascale Witz, vice-président exécutif, diabète et cardiovasculaire[53].
  • Elias Zerhouni, président Monde, R&D (depuis )[54].

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Actions en % (au [55]) :

  • Public 89 %, dont :
    • Institutionnels étrangers 63,6 %,
    • Institutionnels français 13,7 %,
    • Actionnaires individuels 6,2 %,
    • Divers 5,5 % ;
  • L'Oréal 9,0 %,
  • Salariés 1,3 % (actions détenues au travers du Plan Épargne Groupe),
  • Auto-contrôle 0,7 %.

Droits de vote en % (au [55]) :

  • Public : 81,4 % ;
  • L'Oréal : 16,3 % ;
  • Salariés : 2,3 % (actions détenues au travers du Plan Épargne Groupe).

Controverses[modifier | modifier le code]

Sanofi, ses rapports avec la presse et avec la santé[modifier | modifier le code]

Dans son édition du mercredi , Le Canard enchaîné révélait que la direction du laboratoire, en , diffusait au cours d'une réunion du comité d'entreprise de la filiale française un document mentionnant la nécessité de « neutraliser la grande presse »[56]. Le Canard mentionne le nombre de pages de publicité achetées par le groupe dans divers magazines comme moyen de pression et poursuit : « Pour venir à bout des plus récalcitrants, les labos connaissent d'autres remèdes de cheval : « voyages d'études », tous frais payés, au soleil, invitations multiples, cadeaux agréables et autres sévices du même tonneau. […] les responsables de Sanofi-Aventis jurent, la main sur le cœur, qu'il s'agit là d'une époque révolue et que la destination des voyages de presse est « toujours liée à une activité scientifique ». Qu'en termes galants ces choses-là sont dites… »[57]. Mise en cause, une pilule dénommée « Acomplia » censée soigner l'obésité et décriée par la presse. « L'an passé, poursuit le Canard, un comité d'experts de la toute puissante Food and Drug Administration américaine a émis un avis négatif sur la diffusion de ce médicament outre-Atlantique. Ces empêcheurs de prescrire en rond estimaient qu'Acomplia pouvait déclencher des dépressions graves, voire des tentatives de suicides chez certains malades. »[57]. Du coup, c'est un marché estimé à 3 milliards de dollars par an qui passe provisoirement sous le nez de Sanofi.

En France, des journaux comme Le Parisien, L'Express, ou Le Figaro, relayent ces observations et sont accusés par Sanofi de faire peur aux patients et aux payeurs (CNAM). « Plus grave, poursuit Hervé Liffran, le nombre de boîtes d'Acomplia vendues chaque semaine « stagne ». La neutralisation des journalistes n'a donc jamais été aussi urgente… ». Sanofi-Aventis est alors prêt à se mobiliser : « les visiteurs médicaux du labo sont priés de « prendre entre les yeux » les médecins les plus rétifs pour les persuader de la qualité du produit. » Le Canard poursuit que ce même document se fixait un autre objectif « surprenant » : « augmenter la durée du traitement » des patients. « Rien de tel que la lutte contre l'obésité, conclut le Canard, pour engraisser le chiffre d'affaires…[58] »

Ces pressions de Sanofi n'ont pourtant pas empêché que l'Acomplia® soit retiré de tout le marché européen par les autorités sanitaires européennes en 2008, prononçant une suspension de mise sur le marché « immédiate » et « temporaire », qui n'a pas été remise en cause jusqu'à présent (2016). Et ce même médicament n'a jamais obtenu son autorisation de mise sur le marché par les autorités des États-Unis. Dans les deux cas, la cause est la même : outre une moindre efficacité que ce que le laissaient penser les études cliniques, le médicament entraîne des effets secondaires psychiques graves, à type de dépression pouvant aller jusqu'au suicide[59],[60].

Sanofi et ses plans de restructuration[modifier | modifier le code]

Dès son arrivée dans le groupe en , Christopher Viehbacher, comptable de formation, lance en trois ans deux plans d'économie et de restructuration. La R&D est particulièrement touchée, subissant en parallèle une importante réorganisation fonctionnelle et une diminution forte de ses moyens et donc de ses projets de recherche en cours.

En , la direction annonce un troisième plan de réduction des dépenses R&D sous couverts de rénovation de la R&D. Les sites de Toulouse et de Montpellier, orienté Recherche et Développement précoce, sont menacés. La succession de plans de réduction de coûts depuis 2008 s’inscrit dans une logique de rétrécissement.

Cette restructuration entraîne dès un vaste mouvement social au sein du groupe. Les sites de Toulouse et de Montpellier lanceront à cette occasion les « Jeudi de la Colère » et obtiendront le soutien de nombreux élus et politiques de tous bords. Le , Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif reçoit l'intersyndicale du groupe et qualifie le plan de restructuration de Sanofi d’inacceptable. Pierre Cohen, maire de Toulouse déclare le « je serai pour une loi contre les licenciements abusifs autrement appelés boursiers. On pourrait même la nommer loi Sanofi. » et qualifie la direction de sanofi de « patrons voyous ».

Sanofi et le bonus d'arrivée[modifier | modifier le code]

Après avoir supprimé 4 000 postes depuis 2009, le groupe offre à Olivier Brandicourt, le nouveau directeur général, dont la nomination a été annoncée le , une indemnité forfaitaire de deux millions d'euros lors de sa prise de fonction qui a lieu le  ; il va toucher une somme identique en soit un montant de deux millions d'euros.

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a indiqué trouver : « incompréhensible le bonus de quatre millions d’euros octroyé au nouveau patron du groupe pharmaceutique français Sanofi, Olivier Brandicourt », et a réclamé « un peu de morale », voire des règles « réaffirmées ». Il a ensuite ajouté : « C’est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c’est le mérite, que c’est l’économie libérale, le risque, la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d’une entreprise — c’est-à-dire qu’ils n’ont pris encore aucun risque — sont déjà assurés d’avoir rémunération sans commune mesure ? »[61],[62]

L'expérimentation animale[modifier | modifier le code]

Sanofi fait partie des laboratoires pharmaceutiques tels que GSK, BMS, Novartis, AstraZeneca… ciblés par des mouvements[63] contre l'expérimentation animale[64].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les années indiquées sont celle du début du premier mandat exercé et celle de l’échéance prévue du mandat en cours.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Sanofi, chiffres-clés 2015 ».
  2. a et b « Capitalisation boursière », Boursorama,‎ .
  3. a, b, c, d, e, f et g « Document de référence 2015, p. 131 ».
  4. Le Figaro du 26/03/2016.
  5. « Sanofi dans le monde, 2015 ».
  6. « Sanofi, document de référence 2014, page V ».
  7. « Structure de l’actionnariat ».
  8. « Sanofi s'offre les médicaments sans ordonnance de Boehringer ».
  9. « Le défi du changement culturel ».
  10. « Titre à compléter ».
  11. « Sanofi cède sa participation dans le groupe Yves Rocher », sur boursier.com,‎ .
  12. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, (1re éd. 1993 (Éditions du Seuil)), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), « Les nouvelles ressources de la profession : Nina Ricci », p. 160.
  13. « Yves Saint laurent : Sanofi change de cap », Stratégie, sur lexpansion.lexpress.fr, L'Expansion,‎ (consulté le 30 septembre 2013) : « cette acquisition à prix d'or n'a pas réussi à doper les résultats de la branche parfums-cosmétiques ».
  14. Béatrice Peyrani, « Valse autour de Saint Laurent », Économie, sur lexpansion.lexpress.fr, L'Expansion,‎ (consulté le 30 septembre 2013).
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  22. « Sanofi Aventis détient 94 % de Zentiva », La Tribune,‎ .
  23. « Sanofi-Aventis veut continuer à grossir pour diversifier ses activités », sur 20minutes.fr,‎ .
  24. (en) « AstraZeneca sells rare cancer drug to Sanofi for up to $300 million », Reuters,‎ .
  25. (en) « Sanofi links with Regeneron in $2.2 billion cancer drug push », Reuters,‎ .
  26. (en) Andrew Caluus et Ben Hirschler, « Sanofi plans to reshape via $20 billion asset swap with Boehringer », Reuters,‎ .
  27. « Dengvaxia, premier vaccin contre la dengue enregistré au Brésil ».
  28. « L’alliance de Sanofi et de Google dans le diabète reçoit le feu vert de l’UE », sur lemonde.fr (consulté le 26 février 2016).
  29. Jeanne Dussueil, « Sanofi s'appuie sur Google pour rebooster sa division diabète », sur FrenchWeb.fr (consulté le 26 février 2016).
  30. (en) Ben Hirschler et Leigh Thomas, « Sanofi launches $9.3 blillion fight for U.S. cancer firm Medivation », Reuters,‎ .
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  32. (en) « The Global Innovation 1000: Top 20 R&D Spenders 2005-2015 », PricewaterhouseCoopers,‎ .
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  47. « Olivier Charmeil nommé senior vice-président vaccins ».
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  50. « Biographie de Karen Linehan ».
  51. « Titre à compléter ».
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  55. a et b « Structure de l'actionnariat ».
  56. Hervé Liffran, Sanofi-Aventis, géant de la pharmacie, prescrit un remède contre la presse - Priorité du laboratoire : faire taire les journaux qui ont osé critiquer son nouveau médicament., Le Canard enchaîné, mercredi 30 avril 2008, p. 4.
  57. a et b Le Canard enchaîné, mercredi 30 avril 2008, p. 4.
  58. Canard Enchainé du 30 avril 2008.
  59. « Titre à compléter », sur doctissimo.fr (consulté le 14 mai 2016).
  60. « Titre à compléter », sur www.e-sante.fr (consulté le 14 mai 2016).
  61. « Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll juge « incompréhensible » le bonus de 4 millions d’euros octroyé à Olivier Brandicourt, nouveau PDG du groupe pharmaceutique français Sanofi », sur lesechos.fr.
  62. « Sanofi : un "bonus d'arrivée" de 4 millions d'euros qui passe mal », sur metronews.fr.
  63. Notamment par Stop Huntingdon Animal Cruelty (voir un « Compte-rendu d'action en France »).
  64. « Les militants anti-vivisection sèment la peur ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]