Emmanuel Chabrier

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Emmanuel Chabrier
Description de l'image Emmanuel Chabrier.jpg.
Nom de naissance Alexis-Emmanuel Chabrier
Naissance
Ambert (France)
Décès (à 53 ans)
Paris (France)
Activité principale Compositeur

Emmanuel Chabrier est un compositeur français né à Ambert (Puy-de-Dôme) le et mort à Paris le [1]. Il est l'auteur d'œuvres orchestrales comme España ou sa Joyeuse Marche. Il est aussi compositeur de plusieurs opéras, parmi lesquels l'opéra bouffe L'Étoile ou encore Gwendoline (dont l'ouverture est demeurée au répertoire des orchestres). Mais Chabrier est également auteur de pièces pour piano (dont sa Bourrée fantasque) et de mélodies pour une voix et piano (parmi lesquelles son fameux bestiaire de 1889).

Ses créations étaient admirées de nombreux compositeurs tels que Claude Debussy, Maurice Ravel, Erik Satie, Richard Strauss, ou encore Igor Stravinsky.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Jean Chabrier, est avocat ; sa mère, Marie-Anna-Evelina Durozay, originaire de Cusset-Vichy. Sa nourrice Anne Delayre (surnommé "Nanine" par Emmanuel Chabrier) est restée proche de lui toute sa vie. Il commence les leçons de musique à 6 ans. Il apprend le piano avec un réfugié carliste espagnol, M. Saporta. Ses compositions les plus anciennes datent de 1849 et sont pour piano. La famille vit alors à Ambert, mais elle déménage à Clermont-Ferrand en 1852. À cette époque, Emmanuel Chabrier prépare une carrière dans le droit et étudie au lycée impérial de Clermont-Ferrand de 1852 à 1856. En parallèle, il continue de prendre des leçons de musique (théorique et pratique, le violon) avec Alexandre Tarnowski, un compositeur polonais et violoniste. Le père d'Emmanuel s'oppose toutefois à une carrière musicale.

Paris[modifier | modifier le code]

Plaque qui atteste la période où Emmanuel Chabrier a travaillé au ministère de l'intérieur

La famille quitte Clermont-Ferrand pour Paris et s'installe au 23, puis au 40 rue Vanneau. Il rejoint le lycée Saint-Louis à Paris en 1856 et prend des leçons de piano avec Édouard Wolff et de composition avec Théophile Semet, puis Aristide Hignard. Une pièce de piano de cette période, que le jeune homme coiffe du titre Le Scalp (1861), sera modifiée et rebaptisée pour devenir la Marche des Cipayes (1863). Le jeune Emmanuel est bachelier le . Il passe sa licence de droit en 1861.

Ami avec Verlaine dès ses 20 ans, Emmanuel Chabrier écrit dans son exemplaire de Jadis et Naguère (édition 1891) ː « Pendant deux ou trois ans, 1860 à 1863, rue Lecluze, aux Batignolles, j'allais dîner chez Mme Verlaine presque tous les samedis »[2]. Verlaine parle de ces soirées dans un sonnet publié dans Amour.

À partir de 1862, Chabrier travaille au ministère de l'Intérieur à Paris. Le , il devient expéditionnaire au bureau des ampliations. Il épouse Alice Dejean le [3]. Alice Dejean est la fille d'un architecte. Il s'installe à Montmartre, puis successivement rue Mosnier, rue de Rochechouart et avenue Trudaine. Il fréquente les écrivains Émile Zola et Alphonse Daudet, avec qui il entretient une grande amitié. Il fréquente également les peintres Auguste Renoir, Claude Monet, Édouard Manet dont il est un fidèle admirateur et à qui il achète de nombreuses toiles, dont certaines sont aujourd'hui exposées dans de grands musées.

Tristan und Isolde de Richard Wagner, « qu'il entend en 1879 à Munich, le bouleverse »[4]. En 1880, il choisit de se consacrer entièrement à la musique. « À partir de 1883, il passe chaque année plusieurs mois chez sa belle-mère, à La Membrolle, près de Tours, où il composera la majeure partie de son œuvre pendant les dix années qui lui restent à vivre »[4].

Emmanuel Chabrier et Paul Lacôme ont eu l'initiative de réhabiliter l'inventeur du saxophone Adolphe Sax[5].

Il meurt le , à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Tombe d'Emmanuel Chabrier (cimetière du Montparnasse)

Œuvre[modifier | modifier le code]

Le style d'Emmanuel Chabrier est très varié : harmonies wagnériennes (Gwendoline), légèreté mélodique (Duo de l'ouvreuse de l'Opéra-Comique et de l'employé du Bon Marché), inspirations folkloriques (Les Plus Jolies Chansons du pays de France), pastiche (Ballade des gros dindons), etc.

En 1882, Chabrier se rend en Espagne. Ce voyage lui inspire sa plus célèbre œuvre, la rhapsodie pour orchestre España (1883), mélange d'airs populaires et de créations de son imagination. À en croire son ami Henri Duparc, cette composition affirmait un style personnel, riche et très coloré. La femme d'Auguste Renoir écrit : « Un jour, Chabrier vint, et joua España pour moi. Ce fut comme si un ouragan avait été libéré. Il battait et battait encore le clavier. Une foule s'était réunie dans la rue et écoutait, fascinée. Quand Chabrier atteignit les formidables derniers accords, je me jurai à moi-même de ne jamais plus toucher un piano. Il avait d'ailleurs cassé plusieurs cordes, et mis le piano complètement hors d'usage. » Joyeuse Marche, un arrangement de sa pièce pour piano, et Dix pièces pittoresques comptent également parmi ses œuvres les plus connues, de même que la mélodie Les Cigales (1889). Ses compositions influencèrent de nombreux compositeurs français, notamment Claude Debussy, Maurice Ravel et Francis Poulenc.

Partageant avec les Parnassiens un humour dans sa vision critique de la société, Chabrier disait de lui-même : « Je rythme ma musique avec mes sabots d'Auvergnat »[6]. Au contraire de George Onslow, Chabrier ne fut cependant pas attaché à l'Auvergne et ne s'impliqua d'aucune façon dans la vie culturelle de cette région qu'il quitta très tôt pour s'installer à Paris, même s'il présida l'association « La Soupe aux choux d'Auvergne », qui se réunissait régulièrement à Paris[7].

Principales compositions[modifier | modifier le code]

Musique pour piano 
Musique orchestrale 
Musique vocale 
  • Chansons et mélodies :
    • Les Plus Jolies Chansons du pays de France (1888), arrangements d'airs folkloriques
    • Neuf chansons (1862)
    • Sérénade de Ruy Blas (1863)
    • Les Lèvres closes (1867)
    • L’Invitation au voyage (1870)
    • Sommation irrespectueuse (1880)
    • Tes yeux bleus (1883)
    • Credo d’amour (1883)
    • Chanson pour Jeanne (1886)
    • Six mélodies : Ballade des gros dindons, Villanelle des petits canards, Pastorale des cochons roses, L'Île heureuse, Les Cigales, Toutes les fleurs (1890), mélodies sur des poèmes de Rosemonde Gérard et Edmond Rostand
    • Nez au vent, chanson (posthume)
Musique lyrique

Chabrier et la peinture[modifier | modifier le code]

Emmanuel Chabrier, 1880, par Édouard Manet, Ordrupgaard Museum, Charlottenlund, Danemark

Chabrier comme modèle[modifier | modifier le code]

Emmanuel Chabrier était le modèle de nombreux artistes. On l’aperçoit dans L'Orchestre de l'Opéra d'Edgar Degas (dans la loge d'avant-scène), Autour du piano par Henri Fantin-Latour (au piano), deux portraits d'Édouard Manet ː Portrait de Chabrier (pastel, 1880) et Portrait de Chabrier (huile sur toile, 1881), ainsi que dans des portraits au crayon (1861) par James Tissot, un portrait de Marcellin Desboutin (vers 1881) un dessin (1887) d'Édouard Detaille et un buste (1886) de Constantin Meunier.

Chabrier comme collectionneur[modifier | modifier le code]

Chabrier avait une collection de tableaux de peintres français. Une vente de sa collection à l'Hôtel Drouot le 26 mars 1896[8] inclut :

  • Autour du piano, huile sur toile 1885 de Henri Fantin-Latour ; Chabrier au piano, Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille Benoît, Edmond Maître, Antoine Lascoux, Vincent d'Indy et Amédée Pigeon tout autour.
  • Les Moissonneurs de Paul Cézanne
  • Un bar aux Folies Bergère de Édouard Manet, qui était accroché au-dessus du piano d'Emmanuel Chabrier
  • Le Skating de Manet
  • Polichinelle de Manet
  • Les Bords de la Seine de Claude Monet
  • Le Parc Monceau de Monet
  • La Fête nationale, rue du Faubourg Saint-Denis de Monet
  • La Rue Saint-Denis, 30 juin 1878 de Monet
  • Femme nue d'Auguste Renoir
  • Canotier à Hampton Court de Alfred Sisley
  • La Seine au Point-du-Jour de Sisley
Autour du piano (1885), peinture à l'huile par Henri Fantin-Latour ; Chabrier au piano, Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille Benoît, Edmond Maître, Antoine Lascoux, Vincent d'Indy et Amédée Pigeon autour de lui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-0401-0721-5), p. 524
  2. Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, La Palatine, p. 32
  3. Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, La Palatine, p. 18
  4. a et b Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas, , 677 p. (ISBN 2-04-016327-1), p. 226
  5. Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, La Palatine, p. 27
  6. Lire ici ou
  7. Lire ici ou
  8. Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, La Palatine, p. 21

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Correspondance d'Emmanuel Chabrier, réunie et présentée par Roger Delage et Frans Durif, avec Thierry Bodin, Paris, Klincksieck, 1995, 1261 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]