Colza

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Colza

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Colza d'hiver
Brassica napus subsp. napus forma napus[1]

Classification de Cronquist (1981)
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Dilleniidae
Ordre Capparales
Famille Brassicaceae
Sous-famille Brassicoidae
Genre Brassica
Espèce Brassica napus

Nom binominal

Brassica napus L. subsp. napus
(Brassica napus L., 1753)

Synonymes

  • Brassica campestris subsp. napus (L.) Hook. f. & T. Anderson
  • Brassica napus var. oleifera Delile
  • Brassica napus var. sahariensis A. Chev.

Forme

Brassica napus L. subsp. napus forma annua
(Schübl. & G. Martens) Thell. (colza de printemps)

Synonymes

  • Brassica campestris [unranked] annua Schübl. & G. Martens
  • Brassica napus var. annua W. D. J. Koch

Forme

Brassica napus L. subsp. napus forma napus
(colza d'hiver)

Synonymes

  • Brassica campestris [unranked] biennis Schübl. & G. Martens
  • Brassica napus f. biennis (Schübl. & G. Martens) Thell.
  • Brassica napus var. biennis (Schübl. & G. Martens) Rchb.

Classification APG II (2003)

Ordre Brassicales
Famille Brassicaceae
Description de l'image  Fichier:Brassica napus 2.jpg .

Fleurs de colza

Le colza (Brassica napus L. ou Brassica napus subsp. napus (autonyme pour désigner le colza) ou Brassica napus Oil Rape Group) est une plante annuelle à fleurs jaunes de la famille des Brassicacées, famille anciennement nommée Crucifères. Elle est largement cultivée pour la production d'huile alimentaire et d'agrocarburant. C'est, avec le tournesol et l'olivier, l'une des trois principales sources d'huile végétale alimentaire en Europe.

Au Canada, le colza de printemps dont la teneur en acide érucique avait été abaissée par sélection génétique a été renommé canola[2]. Depuis cette période les variétés européennes ont également vu leur teneur en acide érucique baisser, le colza et le canola sont donc presque identiques.

Étymologie : colza vient du néerlandais koolzaad (littéralement graine de chou).

Description[modifier | modifier le code]

Graines de colza (taille réelle environ 2 mm)

De nos jours, en France, le colza est une culture dont le rendement fluctue autour de 35 quintaux / hectare (soit 3,5 tonnes) selon les conditions climatiques de l'année. Le colza est surtout cultivé dans la moitié nord de la France, sur 1,5 million d'hectares au total : 960 000 hectares pour les usages alimentaires, et 514 000 hectares pour les usages non-alimentaires (biodiesel et technique) en 2008. La teneur en huile des graines est d'environ 40 %, mais elle peut monter, selon les variétés, jusqu'à 45 %.

Histoire[modifier | modifier le code]

La culture du colza, plante issue d’un croisement entre un chou et une navette, semble exister depuis 2 000 à 1 500 ans av. J.-C. L’origine de cet hybride n’est pas encore élucidée. Le croisement a pu se produire en pleine nature dans le pourtour du bassin méditerranéen (l'hybride qui a donné le colza y a été occasionnellement observé dans la nature), soit dans des potagers où étaient cultivés, côte à côte, des choux pour la consommation humaine et de la navette pour produire de l’huile d’éclairage.

L’hybride aurait été sélectionné ensuite sous deux formes : le colza pour son huile, et le rutabaga pour ses racines.

En France, la production d'huile de colza a pris une grande importance dans les années 1750-1850 dans les départements du nord de la France et notamment en Flandre. Les Statistique du département du Nord du préfet Dieudonné montrent que la culture du colza s'étend alors dans le nord : « Le colza est celle de ces plantes qui est cultivée le plus généralement et avec le plus d’abondance dans les arrondissements de Lille, Hazebrouck et Douai. Il commence à s’introduire dans les arrondissements de Bergues au Nord, Cambrai et Avesnes au sud » alors que dans le même temps « La navette (déjà cultivée autour de Lille au XVIe siècle) se propage dans les arrondissements d’Avesnes et de Cambrai ». « L’œillette, introduite dans le département du nord quelques années avant la Révolution, est beaucoup cultivée depuis cette époque, surtout dans les arrondissements de Lille, Douai et Cambrai. On commence à en connaître la culture dans l’arrondissement d’Avesnes ». « La cameline (dite camomille dans le pays), introduite depuis environ 30 ans, reconnue très utile depuis 10 à 12 ans, surtout pour remplacer les colzas et grains d’hiver manqués. Cette culture s’est considérablement accrue depuis la Révolution dans les arrondissements de Lille, Douai et gagne ceux du sud du département » ajoute le préfet grâce auquel on sait aussi qu'un moulin à vent tordoir pouvait presser 300 à 600 hectolitres d’huile par an. (400 hectolitres en moyenne dans l’arrondissement de Lille). Les 5/6 de l'huile produite dans le nord étaient exportés vers la région parisienne ou vers l'étranger (50 %).

Selon l’ingénieur J. Cordier, en 1823 « la Flandre est la contrée du monde où la culture des plantes oléagineuses et la fabrication de l’huile ont pris, depuis longtemps, le plus d’extension, et ont fait le plus de progrès. On compte autour de Lille, près de deux cents moulins à huile, appelés tordoirs, que le vent fait mouvoir et depuis 1814 on établit chaque année, des machines à vapeur destinées au même usage »[3]

Culture[modifier | modifier le code]

Le colza est une culture largement répandue dans le monde, principalement dans les zones tempérées fraîches, principalement pour l'alimentation animale, pour la production d'huile alimentaire, et plus récemment pour la production de biocarburant.

En France, le colza d'hiver se sème en fin d'été (du 15 août au 15 septembre), le peuplement recherché pour la culture sera d'environ 30 pieds/m² pour les lignées et 20 pieds/m² pour les hybrides. L'écartement entre les rangs varie entre 12 et 80 cm suivant le choix du semoir, classique ou monograine, et les choix de l'agriculteur en matière de désherbage mécanique, notamment du binage. Plusieurs parasites sont à surveiller à la levée comme les limaces (le colza est très appétant pour elles) puis les altises lorsque le stade cotylédons est passé. Le colza se développe ensuite en rosette à l'automne, beaucoup plus que les céréales, parfois jusqu'à 30 cm de haut suivant la date de semis et la disponibilité en azote du sol.

Le colza est très gourmand en azote (7 kg/q contre 3 pour le blé et 2,2 pour le tournesol). La culture absorbe énormément d'azote à cette période. La fertilisation totale du colza doit apporter entre 140 et 200 unités d'azote/ha[4]avec des engrais chimiques ou organiques. On ne cultive pas de colza de printemps en France.

Les principales maladies du colza sont la sclerotinia et le leptospheria (blackleg').

Au Canada, on cultive essentiellement du canola de printemps, dans l'ouest canadien, et aussi un peu de canola d'automne en Ontario[5]. Dans l'ouest canadien, les techniques culturales font appel aux TCS ou au semis direct[6]. Le désherbage est facilité grâce à l'utilisation de semences OGM résistantes aux herbicides[7].

La floraison d'un champ de colza au fil des jours[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Champ de colza près de Bavenhausen (Allemagne)

Les principaux producteurs sont l'Union européenne, le Canada, l'Australie, la Chine et l'Inde. En Inde, cette culture représente 13 % des surfaces cultivées. Selon le ministère de l'agriculture des États-Unis, c'était en 2000 la troisième culture oléagineuse du monde après le palmier à huile et le soja, et la deuxième pour la production de protéines, bien qu'elle ne représentait qu'un cinquième de celle du soja. En Europe, à la suite de l'augmentation récente de la production d'agro-carburants à partir de colza, on peut considérer que le colza est cultivé à la fois pour l'alimentation animale (grâce à la teneur élevée en protéines du tourteau), pour les agro-carburants et pour l'alimentation humaine. C'est aussi un moyen pour les Européens d'éviter l'importation de produits OGM (soja) et d'assurer une autonomie partielle en protéines.

La production mondiale de colza qui s'élevait à 36 millions de tonnes en 2003 (source FAO) a augmenté ces dernières années pour atteindre 65 millions de tonnes en 2012[8].


Données de Production 2012
Source: FAOSTAT Interrogation de FAOSTAT du 25 septembre 2013

Pays Surface
(hectares)
Rendement
(kg/ha)
Production
(tonnes)
% du total
Drapeau du Canada Canada 8 379 900 1 839 15 409 500 23,78 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 7 300 000 1 918 14 000 000 21,60 %
Drapeau de l'Inde Inde 5 920 000 1 145 6 776 000 10,45 %
Drapeau de la France France 1 607 186 3 399 5 463 063 8,43 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 306 200 3 691 4 821 100 7,44 %
Drapeau de l'Australie Australie 2 358 735 1 453 3 427 294 5,29 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 756 000 3 382 2 557 000 3,95 %
Drapeau de la Pologne Pologne 720 308 2 590 1 865 598 2,88 %
Ukraine Ukraine 547 000 2 202 1 204 400 1,86 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 700 560 1 588 1 112 230 1,72 %
Drapeau de la République tchèque République tchèque 401 319 2 764 1 109 137 1,71 %
Drapeau de la Russie Russie 976 100 1 061 1 035 459 1,60 %
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 421 497 1 671 704 456 1,09 %
Lituanie Lituanie 260 800 2 427 632 900 0,98 %
Drapeau du Danemark Danemark 129 100 3 754 484 600 0,75 %
Drapeau de la Hongrie Hongrie 164 916 2 514 414 637 0,64 %
Drapeau de l’Iran Iran 170 000 2 059 350 000 0,54 %
Drapeau du Pakistan Pakistan 380 000 895 340 000 0,52 %
Drapeau de la Suède Suède 107 250 2 963 317 800 0,49 %
Union Européenne (27) 6 489 176 3 102 19 221 079 29,66 %
Monde 31 023 788 1 892 64 813 233 100,00 %


Production d'huile de colza en millions de tonnes. Chiffres 2008
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO, accès du 7 janvier 2011

Drapeau de la République populaire de Chine Chine 4,52 23,9 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2,77 14,7 %
Drapeau de l'Inde Inde 1,81 9,6 %
Drapeau du Canada Canada 1,78 9,4 %
Drapeau de la France France 1,49 7,9 %
Drapeau du Japon Japon 0,95 5,0 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 0,75 4,0 %
Drapeau de la Pologne Pologne 0,73 3,9 %
Drapeau du Mexique Mexique 0,54 2,9 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 0,42 2,2 %
TOTAL MONDE 18,9 100 %


Pour la France, en 2011, les surfaces en colza de 1.555 million d'hectares ont conduit à une production de 5.35 millions de tonnes, soit un peu moins que le plus haut historique atteint en 2009 (5.6 MT).

L'augmentation des surfaces en colza en France et dans l'Union Européenne (environ 40 % sur les 10 dernières années) est essentiellement destinée à la production de biocarburants, les coproduits étant livrés à l'alimentation animale. Au Canada l'augmentation de production de canola (colza) est plutôt destinée aux exportations (pour consommation humaine surtout).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Plantes de colza prêtes à être moissonnées dans le Morbihan (France).

La graine est récoltée à la moissonneuse-batteuse, stockée et plus tard pressée pour la production d'huile. En France, cette activité de trituration concerne 4.2 millions de tonnes en 2009, dans d'immenses usines comme celle de Grand-Couronne près de Rouen, et celle de Sète. Les huiles brutes sont ensuite raffinées pour être utilisées en alimentation humaine ou dans l'industrie. L'huile de colza raffinée est une huile alimentaire.

En France, à cause de l'essor des biocarburants, et en particulier du biodiesel, la plus grande partie de la production d'huile de colza y est destinée (entre 65 % et 85 %[9] selon les sources). Au niveau de l'Union européenne, 63 % de l'huile va à l'industrie des biocarburants[10].

Alimentation humaine[modifier | modifier le code]

L'huile de colza naturelle contient, parmi ses acides gras, de l'acide érucique, dont la toxicité a été démontrée dans les années 60, pour les rats et porcelets[11]. Par sélection génétique, des variétés à faible teneur en acide érucique, dites « 0 » (zéro), ont été sélectionnées à la fin des années 60. Ce sont les seules admises pour la consommation humaine. Par la suite, on a aussi souhaité éliminer les glucosinolates, composés présents dans le tourteau mais ayant des effets adverses en alimentation animale. On a donc sélectionné des variétés dites « 00 », ou double zéro, qui ont une teneur en acide érucique inférieure à 2 % de la fraction lipidique et une teneur en glucosinolates inférieure à 20 micromole par gramme. L'appellation canola correspond à des graines de crucifères sélectionnées au Canada et répondant à un cahier des charges similaire. Les espèces susceptibles de recevoir cette dénomination sont le colza, la navette (Brassica campestris) et la moutarde orientale (Brassica juncea). Ce nom vient de la contraction de « Canadian oil, low acid ».

Composé Famille d'acide gras  % du total
Acide oléique
ω-9
61 %[12]
Acide linoléique
ω-6
21 %[12]
Acide alpha-linolénique
ω-3
11 %[12]9 %[13]
Acides gras saturés
7 %[12]
Acide palmitique
4 %[13]
Acide stéarique
2 %[13]
Acides gras trans
0,4 %[13]

L'huile de colza contient de l'acide oléique (60 %), de l'acide linoléique (22 %), et de l'acide linolénique (9 %). C'est une source naturelle très importante d'acides gras insaturés de la famille des oméga-3. En Europe, c'est l'huile végétale alimentaire la plus consommée, devant l'huile de tournesol et celle de soja. Cette huile peut être utilisée aussi bien en assaisonnement qu'en cuisson, mais elle n'est pas recommandée pour la friture. Elle peut être utilisée pour une cuisson normale, sans la faire fumer[14]. Une légère odeur de poisson peut être perçue lorsque cette huile est chauffée, mais en dehors du désagrément que cela peut causer, il n'y a aucun impact pour la santé.

Certaines variétés de colza ont été sélectionnées pour augmenter le taux d'acide oléique (colza haut-oléique, aussi appelé colza oméga-9, qui atteint 74 % d'acide oléique), particulièrement utilisé en friture[15], surtout en Amérique du Nord où l'huile de canola (colza) est largement consommée en alimentation humaine. Il existe également des variétés de colza technique à forte teneur en acide érucique, dont l'huile est utilisée par l'industrie chimique.

L'huile de colza entre dans la composition de la margarine. La consommation d'huile de colza ou de margarine de colza, pourrait réduire de 70 % le risque de maladies coronariennes[16]. Aux États-Unis, une allégation concernant la réduction des maladies cardio-vasculaires a été approuvée par la FDA en 2006[17].

Elle pourrait prévenir le cancer du sein[18] et pourrait avoir un effet sur certaines pathologies de la peau et du cerveau[réf. nécessaire].

Les feuilles de colza aussi sont comestibles, à l'instar de celles du chou vert frisé (qui appartient au même genre Brassica). Certaines variétés sont vendues comme légumes verts, principalement dans les épiceries asiatiques. On les prépare aussi dans les cuisines espagnole et portugaise. On peut en trouver en hiver sur les marchés du sud-ouest de la France, sous le nom de « broutte ».

Alimentation animale[modifier | modifier le code]

L'extraction de l'huile fournit un coproduit, le tourteau de colza, qui est une source de protéines intéressante en alimentation animale, qui peut dans une certaine mesure concurrencer le tourteau de soja, mais dont la valeur énergétique est faible.

Ce produit est employé principalement pour l'alimentation du gros bétail, mais aussi des porcins et de la volaille (bien que moins intéressant pour celle-ci). Sa très faible teneur en glucosinolates évite en principe les troubles du métabolisme chez les bovins et les porcins.

La plante entière est utilisée pour l'alimentation du bétail (plante fourragère).

Plante mellifère[modifier | modifier le code]

Les fleurs de colza produisent un nectar abondant à partir duquel les abeilles font un miel clair, très riche en glucose, qui doit être extrait assez rapidement des rayons car il a tendance à cristalliser. Ce miel est habituellement mélangé avec d'autres miels plus doux pour la consommation directe ou bien vendu pour la pâtisserie. Il est souvent commercialisé sous l'appellation « miel de printemps ».

Engrais vert[modifier | modifier le code]

Si le colza est cultivé principalement pour sa graine, il sert aussi de plante de couverture en hiver.

Dans le système de culture classique avec labour ou travail du sol, ce type de culture est destiné à couvrir le sol et à contribuer ainsi à limiter le lessivage de l'azote. Il est ensuite enfoui, constituant alors un engrais vert.

Dans le système de culture en semis direct sous couverture végétale permanente du sol, sans travail mécanique du sol, le colza peut constituer une bonne couverture fournissant :

  • 1/ un « travail biologique » du sol par ses racines en pivot ;
  • 2/ un recyclage de l'azote (éviter le lessivage, remonter l'azote lessivé des couches que le blé par exemple n'atteint pas) ;
  • 3/ un « mulch » ou couverture végétale morte pour servir de couverture du sol destiné à la prochaine culture[19].

Agrocarburant[modifier | modifier le code]

Champ de colza

L'huile de colza ou Huile végétale carburant utilisée directement comme carburant a longtemps été jugée plus écologique, car il évite la transformation en ester méthylique, et améliorerait l’écobilan, bien qu’il nécessite des transformations plus ou moins importantes au niveau des moteurs diesel (cf. www.oliomobile.org ; www.vegetol.org.

Transformée en ester méthylique, l'huile de colza donne le Diester (marque commerciale déposée), utilisé comme adjuvant du gazole pour limiter la pollution émise par ce dernier, mais le problème est que le Diester (désignant le processus chimique soumis à licence et utilisé pour produire l’ester utilisé comme carburant) est plus cher, moins économique, voire moins écologique par sa transformation que l’huile végétale carburant.

Cependant, la culture intensive du colza pour la production de biocarburants utilise de grandes quantités d’engrais azotés qui produisent en particulier, lors de leur dégradation par les micro-organismes du sol, du protoxyde d'azote ou N2O, un gaz à effet de serre 300 fois plus actif (en termes d’impact sur le réchauffement climatique global à quantité équivalente) que le (CO2) et ayant un plus long cycle atmosphérique que celui-ci. Si ce gaz indésirable n’a pour l'instant pas été la source majeure du réchauffement climatique, c’est parce que son taux dans l’atmosphère est resté encore faible par rapport aux taux importants (et toujours croissants) de CO2 déjà observés.

Pour éviter que le développement accéléré de la culture du colza pour la production de biocarburants ne se traduise par un bilan thermique global négatif de leur usage en forte progression (en tant que substitut partiel ou total des carburants fossiles), il sera nécessaire de contrôler le mode de production en contrôlant plus strictement l’usage des engrais.

Toutefois, si ce problème ne concerne pas que la culture du colza, des recherches sont menées pour produire des engrais agricoles produisant moins de GES (et notamment moins des oxydes d’azote dans l’atmosphère et dont les émissions sont désormais comptabilisées dans les rapports d’inventaire nationaux et internationaux sur les émissions en « équivalent-CO2 ») et pour améliorer le rendement en huile végétale des cultures de colza en utilisant de moins grandes quantités d’engrais qu’actuellement.

Parmi ces recherches figure le développement d’espèces de colza OGM, dont la culture à grande échelle et haut rendement pour la production de biocarburants est également très controversée au plan écologique (par leur impact fort sur la biodiversité et la forte concurrence que ces espèces OGM exercent sur les espèces non OGM). Il faut noter que le rendement économique supérieur du colza OGM provient pour l'essentiel d'un désherbage quasi-parfait, entraînant un rendement légèrement supérieur, pour un coût moins élevé que les autres produits de désherbage. Le colza OGM est parfaitement adapté à la culture en TCS qui permet moins de passages dans le champ et une économie d'énergie de traction.

Aussi, de nombreux chercheurs militent pour des recherches basées sur la sélection et le développement d’espèces hybrides (le colza étant lui-même un hybride naturel) capables d’utiliser plus efficacement les engrais utilisés pour leur culture (ce qui est important aussi pour préserver les ressources alimentaires et aquatiques désormais concurrencées par le développement très rentable des biocarburants, d’autant que les engrais sont eux-mêmes couteux et la croissance de leur coût par l’augmentation de leur demande menace la rentabilité des productions alimentaires), sur l’enrichissement des sols par une flore annexe capable de fixer plus efficacement et plus rapidement les engrais et les produits de leurs dégradation avant de les restituer ensuite aux cultures (si possible par symbiose, car les brassicacées sont des plantes fourragères), de meilleures pratiques et techniques agricoles (qui incluent aussi les techniques d’irrigation et de préparation des sols permettant de limiter l’usage des engrais), et la maîtrise ou la limitation des usages de carburants (y compris le développement de moteurs à meilleur rendement, et les mesures d’économies d’énergie dont les limitations de vitesse et le développement des transports en commun).

D'autres pistes sont possibles pour la production de biocarburants plus écologiques au plan du réchauffement climatique global, notamment la substitution des cultures de graines oléagineuses (comme le colza) par celles de plantes à tubercules, permettant l’enfouissement plus profond des engrais (et limitant les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère), mais elles nécessitent des techniques agricoles plus coûteuses, voire plus gourmandes en énergie pour la préparation des sols et la récolte.

Enfin, des recherches sont menées pour tenter de développer la polyculture (ou le compagnonnage), permettant d’utiliser plus efficacement les engrais que les seules oléagineuses ne parviennent pas à fixer dans les sols ou les produits de la plante elle-même (les techniques de récoltes sont également plus compliquées si la polyculture n’est pas nettement stratifiée, ni planifiée pour permettre un rendement efficace de chaque culture). Cependant, les oléagineuses n’offrent actuellement de bons rendements que dans le cadre de monoculture (ce qui explique aussi la tentation d’utiliser massivement des herbicides et de cultiver des espèces OGM résistantes à ces produits, pour éviter toute concurrence par d’autres plantes jugées encore indésirables voire « inutiles »).

Une piste intéressante est la culture conjointe du colza (ou d’autres cultures oléagineuses à bon rendement énergétique, en saison chaude) et du lupin (en saison froide), les deux plantes produisant des graines oléagineuses utilisables soit comme fourrage soit pour la préparation de biocarburant : le lupin (une légumineuse) a l’avantage de fixer efficacement l’azote de l’air (ou dégagé par les engrais laissés en excès pour la culture du colza) et d’enrichir le sol sans recourir aux engrais, et de se développer dans de très nombreuses régions aux sols pauvres ou sablonneux ; de plus le lupin supporte bien les basses températures (ce qui le met à l’abri de ses principaux nuisibles lorsqu’il est cultivé en saison chaude) et produit des toxines aux propriétés fongicides, insecticides et herbicides intéressantes (non polluantes car dégradées naturellement) avec lequel il serait intéressant d’adapter ou sélectionner un hybride ou cultivar de colza résistant aux toxines non dégradées produites par le lupin, pour maximiser le rendement conjoint des deux plantes. Même si l’utilisation du lupin produit reste encore délicate au plan alimentaire (à cause de sa concentration en alcaloïdes toxiques), il est possible de produire en saison froide du lupin destiné à enfouissement, dans les sols qu’ils vont enrichir par leur lente dégradation (avec le minimum de dégagement gazeux dans l’atmosphère) en favorisant alors les cultures estivales.

Usages industriels[modifier | modifier le code]

L'huile de colza est employée dans l'industrie comme agent antimousse et comme adjuvant dans les herbicides. Des dérivés de l'huile de colza sont utilisés comme biolubrifiants, par exemple pour les tronçonneuses, les engins de chantier en forêt, les remontées mécaniques, les moteurs deux-temps de bateaux, ainsi que pour les huiles de décoffrage du béton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. brassica napus oleifera DC var. hiemalis Döll., syn. Brassica napus biennis Rchb.
  2. Le canola peut être du Brassica napus dit type polonais ou du Brassica rapa dit type argentin
  3. Le Monde des Moulins, Fédération des moulins de France
  4. http://www.cetiom.fr/index.php?id=9730 Recommandations techniques de fertilisation du CETIOM
  5. Culture du canola en Ontario sur le site du ministère de l'agriculture provincial de l'Ontario
  6. Description de la culture du canola au Canada
  7. (en) Bilan de 15 années de culture de canola OGM au Canada, par Agriculture et Agroalimentaire Canada
  8. FAO Stats, 2013
  9. France Agricole du 24 décembre 2010
  10. (en) Rapport de l'USDA sur le marché des oléagineux, page 20
  11. Etude de Food Standards Australia New Zealand [1]
  12. a, b, c et d (en) Canola Council of Canada
  13. a, b, c et d USDA National Nutrient Database for Standard Reference, Release 21 (2008)
  14. http://www.lanutrition.fr/Les-meilleures-huiles-a-2197-4.html
  15. (en) Article relatant la progression du canola haut-oléique aux Etats-Unis et au Canada
  16. Etude de l'AFFSA sur l'intérêt des oméga-3
  17. (en) Lettre de reconnaissance de l'allégation
  18. (en) Effet in vivo dans cette étude Canola oil inhibits breast cancer cell growth in cultures and in vivo and acts synergistically with chemotherapeutic drugs; Cho K, Mabasa L, Fowler AW, Walsh DM, Park CS; Department of Animal Sciences, North Dakota State University, North University Drive, Fargo, ND 58108, USA
  19. Pour plus d'informations : [www.agroécologie.cirad.fr agroécologie.cirad.fr] ; revue française [ www.agriculture-de-conservation.com/publitcs.php TCS-Techniques culturales simplifiées],  ;revue allemande [www.pfluglos.de LOP-Landwirtschaft Ohne Pflug].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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