Lavoûte-Chilhac

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Lavoûte-Chilhac
Panorama de la commune.
Panorama de la commune.
Blason de Lavoûte-Chilhac
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Brioude
Canton Pays de Lafayette
Intercommunalité Communauté de communes des Rives du Haut Allier
Maire
Mandat
Jean-Pierre Vigier
2014-2020
Code postal 43380
Code commune 43118
Démographie
Gentilé Lavoûtois
Population
municipale
276 hab. (2014)
Densité 76 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 08′ 57″ nord, 3° 24′ 15″ est
Altitude Min. 447 m
Max. 640 m
Superficie 3,61 km2
Localisation

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Liens
Site web Lavoûte-Chihac


Lavoûte-Chilhac communément appelée Lavoûte, est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Son site naturel saisissant par la boucle que forme l'Allier et son riche patrimoine architectural en font une étape touristique emblématique des gorges de l'Allier.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est situé dans le nord-ouest du département de la Haute-Loire, dans le sud de la région Auvergne, à environ 480 mètres d'altitude.

Dans les gorges de l'Allier, le village de Lavoûte-Chilhac est environ à mi-distance de Langeac et de Vieille-Brioude (fin des gorges de l'Allier qui rejoint alors la Limagne de Brioude).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lavoûte-Chilhac
Blassac Saint-Privat-du-Dragon
Blassac Lavoûte-Chilhac Chilhac
Saint-Cirgues Aubazat

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la RD 585 reliant les communes de Brioude au nord et de Langeac au sud.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le village possède deux quartiers :

  • Le premier est enserré dans une boucle très étroite de l'Allier. Il possède le même plan que beaucoup d'anciennes villes fortifiées (Noyers par exemple). L'ancien château construit dans la boucle a laissé de nombreux vestiges visibles le long de la rivière. Sur son emplacement, fut construit le prieuré Sainte-Croix. Dans son prolongement, une ruelle escarpée est l'amorce du vieux bourg. La place des Vieux Moulins, qui tire son nom de la présence de moulins emportés au début du siècle dernier par une crue, entre la rivière et le prieuré, abrite les différents services de la commune, dont l'office du tourisme.
  • Le second est adossé contre les rochers de la rive gauche formant deux bandes très étroites le long de la route qui longe les gorges de l'Allier. Les maisons donnant sur l'Allier ont une hauteur impressionnante, seul moyen d'être à l'abri des crues qui peuvent être extrêmement violentes. Ce quartier dont les maisons datent du XIXe siècle, correspond à l'ancienne rue commerçante ; les rez-de-chaussée possèdent encore les traces de leurs anciennes devantures. Leur nombre important témoigne d'un riche passé commerçant du village.

Ces deux quartiers sont reliés par un pont à deux fois deux arches classé aux monuments historiques.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture du village est marquée par l'utilisation de la pierre locale, traditionnellement enduite, parfois couplée à la pierre de Volvic pour les constructions des notables ou les édifices religieux à l'instar du prieuré. Les toits sont en pente douce. La grande majorité du bâti résidentiel de la commune date du XIXe siècle, son quartier enserré dans la boucle possède quelques témoignages plus anciens, bien que souvent agrandis ou remaniés à cette époque.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première mention de Lavoûte apparaît dans la charte de fondation du Prieuré Sainte-Croix de La Volte signée le Odilon de Mercœur et sa famille sous la forme de Volta (La Volte). On peut y lire :

« Incipimus aedificare ecclesiam in quodam monticulo propriae juris, qui Volta vocatur eoquod, praeterfluententibus aquis. Hylaris fluminis partibus ex tribus concluditur et, ut dicam, quasi sinuatim involvitur»

«  Nous avons commencé à construire une église sur un promontoire situé dans l'une de nos propriétés. On l'appelle La Volte parce-que les eaux de la rivière Allier qui coulent à ses pieds l'entourent sur trois côtés et pour ainsi dire l'enveloppent de leurs plis sinueux. »[1] (en latin *voltāre, de volūtāre signifie « tourner » et par extension, « tourner autour de, contourner »)

Ce toponyme ne désignait donc ni le bourg de Lavoûte, ni le prieuré puique postérieurs mais bien le promontoire sur lequel ils furent construits.

Histoire[modifier | modifier le code]

Odilon de Mercœur, a durablement marqué le paysage architectural de Lavoûte-Chilhac par la création du prieuré clunisien de Sainte-Croix de La Volte. Issu d'une importante famille de la noblesse auvergnate possédant les terres de Saint-Cirgues et Lavoûte-Chilhac, il est élu cinquième abbé de Cluny en 994 et sera à l'origine du rayonnement et de la montée en puissance de cet ordre.
Il cède, avec l'appui de sa famille, ses terres de Lavôute-Chilhac le 14 septembre 1025 pour y fonder le prieuré Sainte-Croix.

Le prieuré Sainte-Croix de Lavoûte-Chilhac, fondé par Odilon de Mercœur en 1025, est classé monument historique depuis 1862[2]. Sa structure a subi de nombreuses modifications depuis son édification, achevée en 1045. L’église romane originelle est détruite en 1460 pour laisser place à une construction gothique, seule une partie de son mur sud est réutilisée dans la nouvelle construction. En 1747, l'abbaye de Cluny commande la construction de nouveaux bâtiments pour faire face à l’état de délabrement du bâti existant. En 1788 est commandée la construction des bâtiments de la place du fer à cheval, ceux-ci prendront fin en 1790 sans être arrivés à terme, offrant cet ensemble en forme de U dont chacune des faces marque sa différente époque de construction : la riche façade Sud propre au milieu du XVIIIe siècle avec ses larges baies et son ornementation classique. La singulière façade Est, incurvée, unique accès à l’église abbatiale, et enfin l'aile Nord tournée vers le village qui en est l’héritage le plus ancien avec ses bâtiments, sans doute du XVe siècle, les vestiges de son mur d'enceinte et sa tour désormais imbriquée dans les constructions particulières.

Le pont, qui permet aux deux quartiers de Lavôute-Chilhac d'être réunis, est le témoignage architectural le plus ancien que possède la commune, classé monument historique en 1926[3], l'une de ses arches date du XIe siècle. Élément indispensable de la commune, il est l'unique moyen pour traverser l'Allier et atteindre Lavôute-Chilhac.

Les crues qu'a connu le village ont marqué son agencement urbanistique. Ainsi, toutes les constructions que connait Lavoûte-Chilhac sont marquées par leur impressionnante hauteur, expliquée par les nombreux niveaux de caves qu'elles possèdent. Ce procédé architectural est dominant sur les constructions qui bordent la rivière. La route surplombant l'Allier de plusieurs mètres permet d’accéder aux maisons par leur rez-de-chaussée, tandis que leur façade côté Allier mise à nu nous montre que ce niveau palier est précédé de deux, voire trois niveaux de caves pouvant être inondés sans dommages majeurs en cas de crues. Précautions utiles car le village est marqué par plusieurs crues historiques, en 1710, 1790, 1835, 1856, 1943 et 1988. À l'angle de l'aile nord/ouest du prieuré, un marquage indique la hauteur des crues les plus impressionnantes.

La légende de Notre-Dame trouvée[modifier | modifier le code]

Notre-Dame trouvée, trésor de l’église abbatiale de Sainte-Croix, attire depuis cinq siècles pèlerinages et dévotions à Lavoûte-Chilhac. D'après la légende, elle fut découverte un après-midi de l’été 1496 par deux jeunes filles jouant au bord de l'Allier, celles-ci en rompant un galet pour y faire jaillir des étincelles trouvèrent en son cœur une figure de femme portant un enfant, y voyant une représentation de la Vierge. Cette trouvaille fut admirée et l’évêque de Saint-Flour diligenta une enquête concluant à la bonne foi des enfants. On lui prêta des guérisons miraculeuses qui firent sa renommée, et reconnurent son culte. Placée dans un reliquaire en or, elle est aujourd'hui conservée dans la salle des trésors de l’église. Ses 15 millimètres en font la plus petite Vierge qui soit. Elle est fêtée le premier dimanche de juillet, par une procession et une prière mariale, une reconstitution de sa découverte est organisée au bord de la rivière.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Vigier (père) UDF puis MoDem Conseiller général
Vice-président du conseil général
mars 2008 en cours
(au 04 octobre 2016)
Jean-Pierre Vigier[4] (fils), dit Peter Vigier UMP Député depuis 2012

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 276 habitants, en diminution de -10,68 % par rapport à 2009 (Haute-Loire : 1,52 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
681 628 664 754 746 791 709 813 748
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
683 679 736 752 749 743 727 741 704
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
635 631 611 533 492 483 532 421 385
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
396 344 261 272 286 302 318 309 276
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Après avoir connu une forte baisse de la population entre 1968 et 1975, la variation annuelle moyenne de la population est positive entre 1999 et 2009, de + 0,2 %, en dépit d'un solde naturel négatif (taux de natalité de 7,9 et de mortalité de 15,4 )[a 1].

Pyramide des âges de Lavoûte-Chilhac en 2009 en pourcentage[a 2]
Hommes Classe d’âge Femmes
3,5 
90 ans et plus
5,5 
15,3 
75 à 89 ans
26,7 
15,3 
60 à 74 ans
16,4 
22,2 
45 à 59 ans
15,8 
18,8 
30 à 44 ans
17 
10,4 
15 à 29 ans
9,7 
14,6 
0 à 14 ans
9,1 

Économie[modifier | modifier le code]

Pour pallier l'exode rural Lavoûte-Chilhac développe dès les années 60 une offre touristique en accueillant un des premiers « Village vacances » communément appelées VVF Villages. Depuis 2010 le village jouit d'une forte politique urbanistique d'embellissement (pavage des artères anciennes, accessibilité des jardins surplombant la rivière, enfouissement du réseau électrique) dans l'optique de l'obtention du précieux label Les Plus Beaux Villages de France .

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Lavoute-Chilhac
Blason de Lavoute-Chilhac Blason D'argent à la main de carnation tenant une croix de sable.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Alias
Alias du blason de Lavoute-Chilhac
D'argent à la croix dentelée d'azur.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église abbatiale, bâtiment classé aux monuments historiques en 1862.
  • Prieuré Sainte-Croix de Lavoûte-Chilhac, aile du XVe siècle et bâtiments conventuels en hémicycle du XVIIIe siècle, dominés par l'église et ceinturés par le reste des anciennes fortifications médiévales de l'abbaye, classé aux monuments historiques en 1937.
  • Pont de Lavoûte-Chilhac[9], du XVe siècle, dont les parties les plus anciennes datent du XIe siècle[10]. Le pont était situé sur l'ancien tracé de la grande route reliant Lyon à Toulouse. L'ouvrage comprend quatre arches d'ouvertures 13,60 m - 25,00 m, 18,00 m et 11,40 m. Les piles ont une épaisseur comprise entre 4,11 m et 4,18 m. Le pont a été réparé plusieurs fois au XVIIIe siècle à la suite de crues. Il a été élargi en 1889 par encorbellement. Classé aux monuments historiques en 1926.
  • Vestige de porte fortifiée et d'un mur d'enceinte désormais imbriqué dans les constructions, trois tours dont la base date du XVe siècle (sortie du "Vieux Lavoute" vers Chilhac).
  • Place des Vieux-Moulins. Place principale et centrale du village bordée d'une part par l'allier et d'autre part par l'aile médiévale du prieuré, Tire son nom de la présence de moulins au début du siècle qui furent emportés par une crue.
  • Jardin de l'abbaye, dont l’accès se fait par la place des Vieux-Moulins.
  • Château de Saint-Maurice (privé).
  • En 2010, Lavoûte-Chilhac est, à l'instar de Blesle, choisi comme lieu de tournage du film La nouvelle guerre des boutons.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Vigier, Sainte-Croix de la Volte , Lavoûte-Chilhac, Haute-Loire, le regard et la mémoire, chapitre 4-2, Site d'implantation du monastère
  2. Base Mérimée, Prieuré de Lavoûte-Chilhac
  3. Mérimée, pont de Lavoûte-Chilhac
  4. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 27 août 2014).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Base Mérimée : Pont de Lavoûte-Chilhac
  10. Marcel Prade, Les Ponts monuments historiques, Poitiers, Librairie ancienne Brissaud, (ISBN 2-902170-54-8), p. 255

Références Insee[modifier | modifier le code]

Certaines données sont issues du dossier local établi par l'Insee [lire en ligne (page consultée le 25 avril 2016)] :

  1. POP T2M – Indicateurs démographiques.
  2. POP T3 – Population par sexe et âge en 2009.