Verveine du Velay

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Verveine du Velay
Illustration.

Pays d’origine Drapeau de la France France Puy-en-Velay
Société Verveine du Velay Pagès
Date de création 1859
Date de fin 1984 rachat par le groupe Renaud-Cointreau
Type liqueur
Principaux ingrédients 32 plantes dont la verveine citronelle
Site web http://www.verveine.com/fr/distillerie.htm

Verveine du Velay est une marque commerciale de liqueur dont l'élaboration est faite à partir de 32 plantes dont la verveine citronelle et qui est vieillie en fûts de chêne.

Historique[modifier | modifier le code]

Joseph Rumillet-Charretier, lithographie.

La verveine (officinale) semble avoir été connue depuis les temps les plus reculés en Auvergne. Les Druides, lors de leur grand conseil, appelaient à siéger à leurs côtés, « la Velléda tenant une faucille d'or ainsi que les vierges couronnées de verveine et de silage cueilli au sixième jour de la lune, ornées d’anneaux cabalistiques et habiles dans l’art de préparer les philtres[1]. ».

Au cours des âges son usage varia tout en faisant appel aux propriétés merveilleuses dont on la parait. Elle servait à prédire l'avenir, purifier les autels, sous forme d'infusion, elle disposait les convives romains à la gaîté et devenait gage de bonheur pour les jeunes époux. Plus tard, suspendue au-dessus des lits, elle était censée éloigner les charmes et les enchantements. Mais surtout, ses feuilles servirent à composer des philtres amoureux. Puis on les mis à macérer dans du vin pendant quarante jour pour préparer une drogue servant à la fois à protéger des serpents et à lutter contre la jaunisse[2].

La verveine odorante (ou verveine citronnelle), originaire du Pérou, a été introduite en France en 1785. La formule de la verveine du Velay a été mise au point, en 1859, par un nommé Joseph Rumillet-Charretier, un herboriste du Puy-en-Velay[3].

Tout d'abord mise en vente sous la marque Verveine du Velay Rumillet-Charretier, elle devint la Verveine du Velay Pagès, quand, en 1886, Victor Pagès, fut nommé directeur de la firme et en changea le nom[3].

En 1984, la société a été rachetée par le groupe Renaud-Cointreau[3]. Il est à souligner que depuis la distillerie de la Verveine du Velay a été classée Site remarquable du goût, en association avec la lentille du Puy. La distillerie fait aussi partie du cercle très fermé des Entreprises du patrimoine vivant[4].

Ingrédients[modifier | modifier le code]

Verveine du Velay et lentilles du Puy, deux productions velaves inscrites au Site remarquable du goût.

Cette liqueur est composée d'un mélange d'un grand nombre de plantes, parmi lesquelles se trouvent la verveine citronnelle, les baies de genièvre et le macis (enveloppe de la noix de muscade). Tous les ingrédients sont mis à macérer dans de l'alcool durant une période de 8 à 9 mois. Intervient ensuite la distillation qui se fait en alambic de cuivre. Cette liqueur subit ensuite un vieillissement en fûts de chêne, de quelques semaines à plusieurs années selon les recettes. La plus renommée de ces liqueurs est la verveine verte[5].

La distillerie Pagès indique que dans sa composition, outre les feuilles de verveine, entrent des nombreuses autres plantes, aromates et épices. Seuls les maîtres de chais qui se sont succédé pour élaborer cette liqueur connaissent les secrets de sa fabrication[6].

Quant au maître distillateur qui procède au mélange des ingrédients, on sait qu'il mêle des alcoolats aux infusions de plantes et de feuille de verveine. S'y ajoute du miel d'Auvergne, du sucre et du cognac selon les recettes des trois verveines actuelles : la Jaune, la Verte et l'Extra[6].

Le créateur[modifier | modifier le code]

Établissement originel de la société de la Verveine du Velay au Puy-en-Velay.
Verveine du Velay jaune Rumillet-Charretier.

Très jeune, Joseph Rumillet travailla dans une distillerie lyonnaise. Ce fut d'ailleurs à Lyon, qu'il connut Eulalie Charretier qu'il épousa. Joseph, devenu apothicaire et herboriste, fut rapidement formé au métier de liquoriste. Fort de son expérience, ce fut à 26 ans, qu'il mit au point la formule de la liqueur de verveine. En 1859, il s'installa dans le Velay, terre natale de son épouse. Il créa sa propre fabrique de liqueurs à Espaly-Saint-Marcel. C’est là qu'il mit définitivement au point la formule définitive de la verveine du Velay (verte et jaune)[5].

Son succès lui permit d'installer, au Puy-en-Velay en 1865, une distillerie à vapeur dénommée « Grande distillerie du Velay Rumillet-Charretier » puisqu'il avait joint le nom de son épouse au sien. Joseph Rumillet s’engagea ensuite en politique. Il devint d’abord conseiller municipal du Puy-en-Velay de 1880 à 1892, puis député de la Haute-Loire de 1885 à 1889[5].

En 1886, Victor Pagès fut nommé directeur de l'usine de son cousin Joseph Rumillet. La liqueur de verveine acquit sous ce premier nom une grande réputation. En 1891, Joseph Rumillet se retira des affaires dans sa propriété, qu'il avait nommée « Villa des Verveines ». Ce fut alors qu'il confia définitivement sa distillerie à Victor Pagès qui lui donna son nom[5].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La Verveine du Velay est transportée sur le site Pagès-Vedrenne à Nuits-Saint-Georges pour être conditionnée [6]. Chaque année, la firme commercialise 150 000 bouteilles de 70 centilitres. Ses principaux marchés, outre la France, sont le Benelux, la Finlande, la Suède et la Norvège, ainsi que l'Asie avec le Japon et Taïwan[3], et les Etats Unis.

Du verre à l'assiette: la Verveine du Velay est aussi très appréciée des pâtissiers pour l'élaboration de soufflés glacés, macarons, confiseries. Elle est employée par certains brasseurs pour aromatiser la bière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]