Le Cévenol

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Passage sans arrêt du Cévenol à Alleyras en août 2011.
Passage sans arrêt du Cévenol à Alleyras en août 2011.

Le Cévenol est le nom du train TER Occitanie de la SNCF qui relie chaque jour Clermont-Ferrand à Nîmes, à raison de trois allers-retours quotidiens du lundi au samedi et deux le dimanche. Ce train circule dans des paysages pittoresques notamment lorsqu'il emprunte la vallée de l'Allier qu'il est possible de contempler grâce à sa faible vitesse sur certaines portions de son trajet, en raison du tracé sinueux et d'un manque d'entretien de la voie.

Avant le , ce train était en partie assuré en service Intercités sous les numéros 15952 et 15957 selon le sens de circulation, le plus souvent avec trois voitures Corail tirées par une locomotive de la série BB 67400.

Créé en 1955, ce train, amorcé à Vichy et au Mont-Dore en saison d'été, est assuré par un autorail panoramique Renault (avec dôme en 1re classe) dès 1959, pour faire profiter pleinement du paysage aux voyageurs. À partir de mai 1979, il relie quotidiennement et directement Paris à Marseille via Vichy, Clermont-Ferrand et Nîmes, sous la forme d'un train express assuré par voitures Corail, avec voiture-bar, service de restauration à la place en 1re classe, voiture-spectacle (animation estivale) et wagon-porte-autos, sous les numéros 5957 et 5958, les prestations de qualité proposées à bord s'étiolant au fil des ans, jusqu'à disparition complète.

En décembre 2007, le Cévenol est renuméroté 15947 et 15942 et la course directe depuis Paris a été suspendue, nécessitant, comme avant 1979, un changement obligatoire à Clermont-Ferrand (tout comme pour son homologue « L’Aubrac » à destination de Béziers) du fait de la mise en service des rames Téoz entre Paris et Clermont-Ferrand.

En décembre 2012, ce train s'est également vu amputé de son parcours entre Nîmes et Marseille, le temps de trajet nécessaire, face au TGV via Lyon, explique ce choix stratégique.

Description[modifier | modifier le code]

La longueur totale du parcours est de 863 kilomètres, qui se décomposent de la manière suivante :

  • Paris - Clermont-Ferrand : 420 kilomètres, à double voie, en traction électrique.
  • Clermont-Ferrand - Nîmes : 303 kilomètres, à double voie jusqu’à Arvant (bifurcation vers Aurillac et Béziers), voie unique ensuite jusqu’à Alès puis double voie entre Alès et Nîmes, traction diesel en totalité.
  • Nîmes - Marseille : 140 kilomètres, à double voie électrifiée, traction diesel maintenue jusqu’à Marseille depuis décembre 2008 (pour éviter changement de machines et manœuvres sur voies principales à Nîmes).

Outre une rupture de charge et un changement de traction à Clermont-Ferrand, Le Cévenol était astreint à un rebroussement par pousse pour la desserte de la gare de Nîmes-voyageurs au niveau du Poste 3 (triage de Nîmes-Courbessac), le raccordement à la ligne du littoral Narbonne - Marseille étant situé à l’est de la ville.

Le Cévenol est un train du service régulier dont le temps de parcours entre les deux métropoles régionales de Nîmes et Clermont-Ferrand reste concurrentiel par rapport à un détour coûteux via Lyon, où la correspondance n’est pas toujours aisée en fonction des diverses gares d’arrivée possibles. Cependant on note aussi tout l’intérêt touristique de cette relation, notamment sur parcours montagneux entre Brioude et Alès, dénommé Ligne des Cévennes :

  • Il remonte d’abord la vallée de l’Allier, passant à Issoire (km 456), Brioude (km 489,1) et Saint-Georges-d'Aurac (km 512,9 - bifurcation vers Lyon et Saint-Étienne via Le Puy-en-Velay), avant de s’engager dans des gorges sauvages à partir de Langeac (km 520,5) où la voie ferrée est seule dans un paysage grandiose, suivant un tracé en corniche spectaculaire de 67 km au-dessus de l’Allier, jalonné de nombreux tunnels et viaducs.
  • Après Langogne (km 587,1) la vallée s’élargit à nouveau, puis Le Cévenol remonte l’Allier jusqu’à La Bastide-Puylaurent (km 606,6), point culminant de la ligne (altitude 1 023 m, embranchement ferroviaire vers Mende), franchit la ligne de séparation des eaux Atlantique-Méditerranée, et entreprend une descente vertigineuse à travers les contreforts des vallées Cévenoles, pour rejoindre l’ancien bassin houiller d’Alès (km 674,1), porte des Cévennes, et de poursuivre son chemin dans la plaine du Gardon, qu’il quitte peu avant d’arriver à Nîmes.
  • Cette section de ligne comporte de nombreux ouvrages d’art importants, dont plusieurs viaducs remarquables, souvent en courbe et/ou en pente, notamment à Monistrol-d'Allier (Viaduc de Fontannes - km 545,7), Chapeauroux (km 567,3), Villefort (Viaduc de l’Altier - km 625,4), Concoules (Viaduc de La Malautière - km 632,2) et Chamborigaud (Viaduc du Luech - km 646,1), sans doute le plus impressionnant, car en demi-cercle de 200 m de rayon). Ces trois derniers ouvrages ont été construits par l’ingénieur nîmois Charles Dombre.

Service actuel[modifier | modifier le code]

Ligne Caractéristiques
Cévenol Clermont-Ferrand ↔ Nîmes
Ouverture / Fermeture
— / —
Longueur
303 km
Durée
5h00 - 5h28 min
Nb. d’arrêts
15
Matériel
Jours de fonctionnement
LMaMeJVSD
Jour / Soir / Nuit / Fêtes
O / N / N / O
Voy. / an
Dépôt
Desserte : Clermont-Ferrand, Clermont-La Pardieu, Issoire, Le Breuil-sur-Couze, Brassac-les-Mines, Arvant, Brioude, Saint-Georges-d'Aurac, Langeac, Monistrol-d'Allier, Alleyras, Chapeauroux, Langogne, Luc, La Bastide - Saint-Laurent-les-Bains, Villefort, Génolhac, Chamborigaud, Grand'Combe-la-Pise, Alès, Saint-Géniès-de-Malgoirès, Nîmes
Autre :

Horaire (en 2006)[modifier | modifier le code]

Le Cévenol en gare de La Bastide - Saint-Laurent-les Bains en 2016.
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Voici à titre indicatif les horaires du Cévenol à l’été 2006 :

dans le sens impair (train 5957) :

  • Paris Gare de Lyon départ 8h47 (couplé avec la rame de l’Aubrac à destination de Béziers)
  • Clermont-Ferrand arrivée 12h29 / départ 12h55
  • Nîmes arrivée 17h40 / départ 18h00
  • Marseille arrivée 19h17

et dans le sens pair (train 5958) :

  • Marseille départ 12h12
  • Nîmes arrivée 13h31 / départ 13h51
  • Clermont-Ferrand arrivée 18h47 / départ 19h07 (19h27 du vendredi au dimanche)
  • Paris Gare de Lyon arrivée 22h49 (23h09 du vendredi au dimanche)

Le croisement des circulations paire et impaire s’effectue en gare de La Bastide Saint-Laurent-les-Bains à 15h50/15h52. En cas de retard, il peut s’effectuer en gare de Langogne ou de Villefort.

Historique[modifier | modifier le code]

  • En 1955, création du train Le Cévenol Le Mont-Dore - Marseille via Clermont-Ferrand, Alès et Nîmes, assuré avec des autorails X 2400 et remorques.
  • Le 31 mai 1959, le train Le Cévenol Le Mont-Dore - Marseille via Clermont-Ferrand, Alès et Nîmes est assuré avec les nouveaux autorails panoramiques X 4200 et remorques.
  • En 1978, le train Le Cévenol Le Mont-Dore - Marseille via Clermont-Ferrand, Alès et Nîmes est assuré avec les autorails modernisés X 2800 (repeints en livrée bleu et grise) et remorques.
  • En mai 1979, une rame de voitures Corail (8 voitures) remplace l’automoteur, elle est numérotée 5957/5958. Le train comporte une voiture animation (création des trains « LoisirRail ») durant l’été, une voiture-bar et un service de restauration à la place, en 1re classe.
  • En 2006, création de l'association des élus pour la défense du Cévenol et de la ligne Paris Nîmes.
  • En 2007, le parcours est réduit à Clermont-Ferrand - Marseille, suite à la généralisation des rames Téoz sur Paris-Clermont-Ferrand et c’est une rame de rarement plus de 5 voitures (fin de la traction en UM) numérotées 15957/15952 qui effectue le parcours. Ce train perd par ailleurs son nom de baptême « Cévenol », qu'il aura conservé durant 28 ans sous rame Corail et 53 ans sous toutes ses formes.
  • En 2008, réduction de la vitesse à 30 km/h sur 42 km entre Langeac et Langogne (temps de parcours allongé d’une heure, correspondances à Clermont pour Paris et vice-versa supprimées pour certaines). Maintien de la traction diesel entre Nîmes et Marseille. Le croisement des deux trains s'effectue alors en gare de Langogne, les correspondances pour Mende sont moins aisées.
  • En 2009, la composition de l’ex Cévenol est réduite à 4 voitures. Début des travaux de réhabilitation dans les gorges de l’Allier (Plan Rail Auvergne).
  • En 2010, la composition de l’ex Cévenol est réduite à 3 voitures. Levée partielle des ralentissements entre Langeac et Langogne (vitesse de 40 km/h maintenue sur 34 km, temps de parcours réduit de 30 min, correspondances rétablies à Clermont pour Paris).
  • Jusqu'en 2012, le train, prolongé à Marseille par la ligne de la Côte Bleue, est limité à Nîmes dès 2013, comme convenu dans la convention des trains d'équilibre du territoire[1], justifiant aussi la saturation de la gare de Marseille-Saint-Charles[2], et ce malgré une annonce du président de la SNCF annonçant son retour à Marseille pour . Les gares desservies dans les Bouches-du-Rhône étaient Tarascon, Arles, Miramas et Marseille-Saint-Charles.
  • En décembre 2016, lors des États Généraux du Rail et de l'Intermodalité de la région Occitanie, il a été annoncé que cette région deviendrait la nouvelle autorité organisatrice du Cévenol à compter du . L'État s'est également engagé pour le renouvellement du matériel roulant à hauteur de 30 millions d'euros, par l'acquisition de rames Coradia Liner, et pour « la pérennisation des infrastructures de cette ligne[3] ».
  • Dès 2018, Le Cévenol devient un train TER[4] Occitanie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roland Povinelli (sénateur des Bouches-du-Rhône), « Suppression de la liaison SNCF Nîmes-Marseille-Clermont-Ferrand », sur le site du Sénat, (consulté le 30 août 2014).
  2. Françoise Laurent-Perrigot (sénatrice du Gard), « Maintien pérenne du train Le Cévenol », sur le site du Sénat, (consulté le 30 août 2014).
  3. « Rail : la Région remet sur les rails les lignes du Cévenol et de l’Aubrac », sur midilibre.fr, (consulté le 2 janvier 2018).
  4. D'après la fiche horaires Clermont-Ferrand – Nîmes valable du au [PDF] (consultée le ), montrant que l'Intercités est remplacé par un TER (disposant du même sillon) à partir du .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patricia et Pierre Laederich, André Jacquot et Marc Gayda, Histoire du réseau ferroviaire français, Valignat, Éditions de l’Ormet,
  • Pierre Bazin, « La ligne des Cévennes en 2008 », Connaissance du Rail, no 328-329,‎ (ISSN 0222-4844)
  • « Le nouveau Cévenol », La Vie du Rail, no 1701,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]