Charles III de Bourbon

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Charles III de Bourbon
Portrait supposé de Charles III de Bourbon Jean Clouet - Musée Condé, Chantilly
Portrait supposé de Charles III de Bourbon
Jean Clouet - Musée Condé, Chantilly
Titre
Comte de Montpensier, Dauphin d'Auvergne, Comte de Clermont, seigneur de Mercœur, seigneur de Combraille.
Prédécesseur Louis II de Montpensier
Successeur Domaine royal
Confiscation pour lèse-majesté.
Duc de Bourbon, Duc d'Auvergne, Comte de Clermont, Comte de la Marche, Comte de Forez, prince de Dombes, et Seigneur de Beaujeu.
1521 (avec Suzanne de Bourbon)
1521 (en propre)
Prédécesseur Suzanne de Bourbon
Successeur Domaine royal
Confiscation pour lèse-majesté.
Duc de Châtellerault
Prédécesseur François de Montpensier
Successeur Domaine royal
Confiscation pour lèse-majesté.
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon-Montpensier
Date de naissance
Lieu de naissance Montpensier
Date de décès (à 37 ans)
Lieu de décès Rome
Père Gilbert de Montpensier
Mère Claire de Gonzague
Conjoint Suzanne de Bourbon
Enfants François (comte de Clermont)
deux jumeaux

Signature de Charles III de Bourbon

Charles III de Bourbon

Charles III de Bourbon, né le 17 février 1490 à Montpensier, mort le 6 mai 1527 à Rome, fut comte de Montpensier, de Clermont en Auvergne et dauphin d'Auvergne de 1501 à 1523, puis duc de Bourbon, d'Auvergne, comte de Clermont en Beauvaisis, de Forez, de la Marche et sire de Beaujeu de 1505 à 1523. Il fut également connétable de France de 1515 à 1521. On le nomme également le connétable de Bourbon, et il est le dernier des grands féodaux français pouvant s'opposer au roi lui-même.

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Il était le second fils de Gilbert, comte de Montpensier, de Clermont et dauphin d'Auvergne, et de Claire de Gonzague, sœur du marquis de Mantoue. Les comtes de Montpensier étaient issus de Jean Ier de Bourbon et formaient la première branche cadette de la famille ducale. Par ses sœurs Louise et Renée, Charles de Bourbon était le beau-frère du prince de La Roche-sur-Yon et du duc de Lorraine.

Gilbert de Montpensier quitta le royaume en 1494 aux côtés de Charles VIII pour participer à la première guerre d'Italie. Sa femme l'accompagna pendant au moins une partie de la campagne; les enfants furent donc confiés au duc Pierre II et à son épouse Anne de France pendant ce temps. Gilbert, nommé vice-roi de Naples, mourut à Pouzzoles en 1496.

Le destin des enfants Montpensier se confondit alors avec celui des Bourbon. Le duc et la duchesse élevèrent Charles et ses deux frères, Louis et François, comme leurs propres enfants. Après la mort de leur fils unique, en 1498, le couple ducal se brouilla avec Louis, désormais comte de Montpensier. Charles et François, en revanche, restèrent à Moulins et firent figure de fils de substitution, en particulier pour Anne de France. C'est elle qui favorisa le mariage de Charles, devenu comte de Montpensier en 1501 à la mort de son frère, avec sa fille et héritière Suzanne de Bourbon (1491-1521).

Cette union finit par se conclure en 1505, afin de résoudre le conflit successoral qui s'était ouvert deux ans plus tôt à la mort de Pierre II. Suzanne de Bourbon avait été déclarée apte à succéder à son père en 1498. Charles de Montpensier réclama néanmoins l'héritage en 1503, en sa qualité d'arrière-petit-fils agnatique de Jean Ier de Bourbon. Ce mariage fit des deux époux le plus riche couple du royaume. Leurs domaines couvraient une bonne partie du massif central, avec les duchés de Bourbon et d'Auvergne, les comtés de Forez et de la Marche, la seigneurie de Beaujeau et la principauté de Dombes, sise au-delà du Rhône, dans l'Empire.

Les époux eurent :

De constitution faible et très affectée par ces grossesses malheureuses, Suzanne mourut en 1521. La duchesse était la cousine germaine de Louise de Savoie, la mère de François Ier. Cette parenté fut l'origine du procès qui allait pousser le connétable à fuir le royaume, en 1523. Spolié par le roi et sa mère, Charles III se réfugia auprès de l'empereur Charles Quint, qui était son suzerain pour la principauté de Dombes et qui avait laissé entendre qu'il pourrait lui donner sa sœur Éléonore en mariage.

Généalogie simplifiée[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
Jean Ier
duc de Bourbon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles Ier
duc de Bourbon
 
 
 
Louis Ier
comte de Montpensier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marguerite
x Philippe II
duc de Savoie
 
Pierre II
duc de Bourbon
x Anne de France
 
Gilbert
comte de Montpensier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise de Savoie
x Charles d'Orléans
duc d'Angoulême
 
Suzanne
duchesse de Bourbon
 
Charles III
duc de Bourbon
 
 
 
 
 
François Ier
roi de France

Au service du roi de France[modifier | modifier le code]

En 1507, il accompagna Louis XII à Gênes, qui envisageait alors une quatrième expédition en Italie. Celle-ci s'engagea en 1509 et il combattit les Vénitiens à Agnadel. En 1512, le roi le fit gouverneur du Languedoc et l'envoya combattre Ferdinand II d'Aragon qui menaçait la Navarre. En 1515, il défendit la Bourgogne contre Maximilien Ier de Habsbourg, il dirigea une armée à Marignan. François Ier conquit alors le Milanais et le nomma connétable et gouverneur du duché de Milan. Il défendit le Milanais contre les Impériaux, remporta quelques succès, mais fut rappelé en France en mars 1516. Il fut remplacé à Milan par le maréchal de Lautrec.

Le changement de camp[modifier | modifier le code]

Le mariage orchestré par Anne de France fut une vaine entreprise, car les deux époux n'eurent pas d'enfants viables. En 1521, sa femme Suzanne mourut et Louise de Savoie, mère de François Ier, revendiqua les fiefs des Bourbons, en tant que petite-fille du duc Charles Ier de Bourbon. Le procès qui s'ensuivit dura des mois et tourna en défaveur de Charles. Le parlement de Paris était sur le point de remettre les biens des Bourbons à Louise de Savoie, en dépit de la jurisprudence, du contrat de mariage et l'intervention d'Anne de France qui vivait toujours retirée à Chantelle. Les affronts envers le connétable se multiplièrent également, si bien que sa position devint rapidement intenable. Le connétable engagea des négociations avec Charles Quint et fut finalement poussé à s'enfuir (1523). Ses biens, qui constituaient la dernière grande principauté féodale du royaume, furent mis sous séquestre et confisqués. Attribués définitivement à Louise de Savoie en 1527-1528, ils furent rattachés au domaine royal à sa mort, en 1531.

Humilié et pourchassé, le connétable parvint à quitter le pays et fut nommé lieutenant général de l'Empereur Charles Quint en Italie ; il combattit les Français, remporta la bataille de la Sesia où fut tué Bayard. Il envahit ensuite la Provence et assiégea Marseille, mais une armée de secours l'obligea à lever le siège. Il battit et fit prisonnier François Ier lors de la bataille de Pavie en 1525.

L'empereur, refusant de sacrifier la paix aux ambitions de son encombrant général, le déçut également. Le connétable exigeait en effet, en plus de la restitution de ses biens et de ceux de sa femme, une dispense d'hommage vis-à-vis du roi de France, l'érection de la Provence en principauté souveraine et un mariage avec l'une des sœurs de l'empereur. Le traité de Madrid (1526) ne lui concéda que la restitution de ses biens et le droit de demander qu'on réexamine ses prétentions sur la Provence. L'empereur lui donna en plus l'investiture du duché de Milan, à charge cependant de le conquérir. Dépité, il retourna en Italie avec peut-être l'espoir de s'y tailler une principauté. Incapable de tenir l'armée impériale qui n'était plus payée depuis des mois, malgré la mise en gage de sa vaisselle et de ses bijoux, il mit le siège devant Rome, mais il mourut atteint d'un coup d'arquebuse en pleine poitrine pendant l'assaut en 1527[1]. La ville fut prise et pillée pendant près d'un an.

Il ne laissa pas d'enfants, ses trois fils étant morts en très bas âge. Son corps fut enterré à Gaète dans un tombeau assez simple qui devait être provisoire, en attendant un futur transfert à Milan. Sa sépulture était encore visible au xviiie siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. John Julius Norwich, Histoire de la Méditérranée, Perrin 2008, p.369

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Inspiration littéraire[modifier | modifier le code]

  • Ernest Montusès, Contre son roi, 1914, pièce en quatre actes écrite en alexandrins, qui porte sur la rébellion du connétable.
  • Michel de Grèce, Le Rajah Bourbon, Paris, Jean-Claude Lattès, 2007, 207 p., roman historique (ISBN 978-2-7096-2922-5)
  • Philippe Banquet, Mystères à l'Italienne, éditions Fortuna, 2011, 350 p., roman d'aventures inspiré en bonne partie par le Connétable.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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