Théodore Rousseau

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Théodore Rousseau
Theodore Rousseau.jpg

Théodore Rousseau par Nadar (vers 1855)

Naissance
Décès
(à 55 ans)
Barbizon, Drapeau de la France France
Nom de naissance
Étienne Pierre Théodore Rousseau
Nationalité
Activités
Maîtres
Pierre Alexandre Pau de Saint Martin, Jean-Charles-Joseph Rémond, Guillaume Guillon Lethière
Élèves
Mouvement
Distinctions
Œuvres réputées

Étienne Pierre Théodore Rousseau, dit Théodore Rousseau, né le à Paris, mort le à Barbizon, est un artiste-peintre paysagiste français, cofondateur de l'école de Barbizon. Il se revéla comme un observateur attentif de la nature à toutes les époques de l'année.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1821, Théodore Rousseau se forme auprès de son cousin Pierre Alexandre Pau de Saint Martin, puis de Jean-Charles-Joseph Rémond. Il devient ensuite élève de Guillaume Guillon Lethière[1].

Admis au Salon de Paris de 1831 à 1835, il essuie un refus au salon de 1836, ce qui le conduit à partir s'installer à la lisière de la forêt de Fontainebleau. Rejoint par Jean-Baptiste Camille Corot, Jean-François Millet, Honoré Daumier, Jules Dupré, Charles Le Roux, ils y fondent l'école de Barbizon. Il s'installe à l'Auberge Ganne, puis en 1847, il loue une maisonnette de deux chambres et installe son atelier dans la grange attenante, au no 55 Grande Rue. Aujourd'hui annexe du musée départemental de l'École de Barbizon (plaque), la grange transformée en chapelle dont le clocher fut dessiné par Charles Millet, le fils du célèbre peintre, et le jardin transformé en place publique avec le monument aux morts Gaulois du sculpteur Ernest Révillon (1854-1937).

Théodore Rousseau est un artiste à la fois admiré et méprisé en son temps. Son art est complexe. Il possède à la fois un caractère réaliste par sa volonté de peindre la nature telle qu'elle est, et romantique parce qu'il tend à faire corps avec la nature.

Le but de Rousseau est de « fouiller le visible ». Pour ce faire il s'enfonce dans les profondeurs de la nature, choisit un motif et l'observe durant de longues heures de manière à l'imprimer durablement dans sa mémoire. Puis il exécute des esquisses et réalise l'œuvre définitive, de mémoire, en atelier. Théodore Rousseau s'attache à représenter « tout ce que la nature contient de germinations étranges ». Dans son œuvre, l'arbre occupe une large place. Tout au long de sa carrière, il multiplie les esquisses d'arbres notamment en forêt de Fontainebleau. Il est considéré comme un « anatomiste » de l'arbre. Mais bien plus qu'un exercice académique, l'arbre revêt chez lui une symbolique particulière. Il est l'incarnation de la continuité de la vie. La représentation de la lumière fut son ambition. Mais elle est à l'origine de tous ses tourments. Elle devient rapidement une obsession à tel point que Rousseau multiplie les expériences picturales pour tenter de la traduire. Théodore Rousseau est ainsi l'un des premiers paysagistes à représenter la lumière tombant à la verticale dans son chef-d'œuvre "Une avenue Forêt de l'Isle-Adam" présenté au Salon de Paris en 1849.

Perpétuel insatisfait, il retouche ses œuvres au risque de les détériorer. L'utilisation du bitume, qui apparaît dès 1839 dans son tableau Descente de vache, est l'une des causes à l'origine de la détérioration de nombreuses toiles de Rousseau. Selon son biographe Alfred Sensier, ce serait sur les conseils d'Ary Scheffer qu'il employa ce mélange d'huiles grasses et de bitume de Judée, en vogue à l'époque, qui eurent des conséquences désastreuses pour la conservation de sa peinture.

La place de l'homme dans l'œuvre de Rousseau a suscité beaucoup d'interrogations. S'il n'est pas totalement absent dans ses peintures, il y occupe une place infime. Selon Sensier, en réduisant la présence de l'homme à une tache de couleur, Théodore Rousseau veut souligner la « pathétique impuissance de l'homme face à l'immensité de la nature qui l'entoure ».

La reconnaissance officielle de Rousseau vient le 1er avril 1848, lorsque Jean Ron[réf. nécessaire] et Charles Blanc se rendent, en un geste symbolique, dans l'atelier de Jules Dupré et de Rousseau pour leur commander deux œuvres. Théodore Rousseau exécute Lisière en forêt de Fontainebleau, soleil couchant (visible au musée du Louvre), une œuvre à la composition plutôt classique. Dès 1849, il renoue avec le Salon. Le Salon de 1852 est celui de la consécration du peintre : il y expose Groupe de chênes à Apremont et reçoit la médaille de la Légion d'honneur[2].. Enfin il s'investit dans la lutte contre l'abattage des arbres qu'il qualifie de « carnage » ou de « condamnation à mort ». Rousseau avait déjà dénoncé ce phénomène dans le massacre des innocents en 1847 (Musée Mesdag, La Haye).

Très imprégné par une vie simple dans laquelle il côtoie des paysans et travailleurs de la forêt, son œuvre est caractéristique d'un courant réaliste qui sera la marque principale de l'école de Barbizon. Il est parfois considéré comme un précurseur de l'impressionnisme.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Du 13 novembre au 22 novembre 2013 : Regards sur la nature, une collection privée, galerie Art Fine, Mary de Cambiaire, place Vendôme, Paris

Élèves[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Émile Michel, Théodore Rousseau et les peintres de Barbison, article dans la Revue des Deux Mondes, 1er mai 1905, p. 152-184.
  • Antoine Terrasse, L'Univers de Théodore Rousseau, Scrépel Henri, 1976.
  • Julie Marboeuf, Théodore Rousseau, le solitaire flamboyant, d'après des textes de Baudelaire, Théophile Gautier, Théophile Thoré, George Sand. Paris, TriArtis éditions, février 2012.
  • Émile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, tome 2, p. 431, Librairie Renouard, Paris, 1885 (lire en ligne)
  • Baudelaire, Salon de 1846, Paris, Michel Lévy Frères, 1846, p. 111.
  • Vincent Pomarède, L'école de Barbizon : peindre en plein-air avant l'impressionnisme, Lyon, musée des beaux-arts, 2002, p. 183.
  • Michel Schulman, Théodore Rousseau 1812-1867, catalogue raisonné de l'œuvre graphique, Paris, les Éditions de l'Amateur, 1998.
  • Alfred Sensier, Souvenirs sur Théodore Rousseau
  • Laurie Marty de Cambiaire, collaboration de Angélique Franck-Niclot, trad de Jane MacAvock, Regards sur la nature, une collection privée, catalogue de l'exposition 2013, p. 40.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]