Saugues

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Saugues
Saugues, pays de la bête du Gévaudan.
Saugues, pays de la bête du Gévaudan.
Blason de Saugues
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Brioude
Canton Gorges de l'Allier-Gévaudan
Intercommunalité Communauté de communes des Rives du Haut Allier
Maire
Mandat
Michel Brun
2014-2020
Code postal 43170
Code commune 43234
Démographie
Population
municipale
1 814 hab. (2014 en diminution de 3,15 % par rapport à 2009)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 57′ 39″ nord, 3° 32′ 53″ est
Altitude Min. 661 m
Max. 1 483 m
Superficie 78,8 km2
Localisation

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Liens
Site web http://saugues.fr/

Saugues (Sau (écriture auvergnate)[1] ou Saug (graphie classique) en auvergnat) est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est le chef-lieu du canton de Saugues dans les monts de la Margeride, aux limites entre le Cantal et la Lozère. Il est situé à 45 km à l'ouest du Puy-en-Velay. La rivière Seuge traverse le canton de Chanaleilles à Prades, où elle se jette dans l'Allier.

Climat[modifier | modifier le code]

Saugues bénéficie d'un climat chaud et tempéré, à tendance montagneuse du fait de son altitude (963 mètres).

Les précipitations sont relativement importantes, y compris lors des mois les plus secs. Les précipitations moyennes annuelles s'élèvent à 723 mm.

Les précipitations moyennes mensuelles les plus faibles sont enregistrées au mois de février avec 38 mm. Le mois ayant le plus fort taux de précipitations est le mois de mai, avec 86 mm de moyenne.

La température moyenne annuelle est de 8,3 °C.

Le mois de juillet est le plus chaud de l'année, avec une température moyenne de 16,9 °C. À l'inverse, janvier est, avec 0,8 °C de moyenne, le mois le plus froid.

L'amplitude moyenne annuelle des précipitations entre le mois le plus sec et le mois le plus humide est de 48 mm. Celle des températures est de 16,1 °C.

Histoire[modifier | modifier le code]

Statue en bois de la Bête du Gévaudan surplombant la ville.

Ancienne place forte du Gévaudan, elle s'est développée dès le XIIe siècle sous l'autorité des évêques de Mende et des seigneurs de Mercœur ; les modernisations successives de la ville ont effacé les traces des fortifications médiévales, seule subsiste une imposante tour du XIIIe siècle ; le centre historique fut dévasté par un incendie en 1788.

Au début de 1362, la ville est prise par les Tard-Venus de Perin Boias. Elle sera délivrée, le 25 mars 1362, par les troupes espagnoles d'Henri de Trastamare.

C'est dans les montagnes des alentours et près de Saugues que sévit, à la veille de la Révolution, la fameuse bête du Gévaudan, de sinistre mémoire.

La flamme postale de la cité représentait dans les années 1980 le dessin de la bête de Gévaudan et était intitulée Porte du Gévaudan.

Le pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

La ville est située sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

On vient de Monistrol-d'Allier, la commune suivante est Chanaleilles, la dômerie du Sauvage et la chapelle Saint-Roch.

Saugues était le point de rencontre des pèlerins venant d’Auvergne. En effet, au chemin venant de Brioude, qui permettait d'éviter le Puy en remontant la vallée de l'Allier par Langeac, Chanteuges et la forêt de Pourcheresse, se raccordaient des voies secondaires drainant les pèlerins du Cantal ou du Puy-de-Dôme.

Le festival celte en Gévaudan[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, chaque mois d'août a lieu un festival celtique qui accueille pendant plusieurs jours environ 10 000 personnes.

Les précédentes éditions ont accueilli entre autres Manau, Nolwenn Leroy, Tri Yann, Celtic Legends, Soldat Louis, Matmatah.

La confrérie des Pénitents[modifier | modifier le code]

Historique de la Confrérie[2] :

Procession des pénitents blancs, jeudi saint, 2014.

C'est le 14 mai 1652, à l'initiative de cinq honorables habitants de Saugues : Antoine de Langlade, seigneur de Courère, Jacques de Langlade, seigneur de La Valette, tous deux chanoines de la collégiale Saint-Médard, ainsi que de Jacques de Langlade, Benoît Paparic et Antoine Pichot que fut fondée à Saugues, avec l'autorisation de l'évêque de Mende, une confrérie de Pénitents Blancs.

Elle devait être affiliée à l'archiconfrérie de Notre-Dame de Gonfalon de Rome par une bulle du 15 novembre de la même année.

Lors de la grande peste de 1721, qui sévit avec violence dans le Gévaudan, les pénitents avaient fait le vœu de se rendre en procession le lundi de Pentecôte au pèlerinage de Notre-Dame d'Estours.

La confrérie comporte aujourd'hui une cinquantaine de pénitents, issus de toutes les professions.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Saugues

Le blasonnement de Saugues est : D'azur, à la lettre capitale S d’argent, cernée de deux rameaux montant d’une même branche de sinople, surmontée d’un soleil d’or. Origine moderne

Mercœur

Le blasonnement de Saugues sous l'Ancien Régime devait être celui de Mercœur : de gueules à trois fasces de vair.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1965 Victor Dumas    
1965 1976 Jean-Claude Simon RI Député
1977 1989 Georges Vieilledent UDF Conseiller général
1989 1998 Mireille de Chirac    
1998 2014 Paul Bastide    
2014 2020 Michel Brun DVD Conseiller Départemental
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4].

En 2014, la commune comptait 1 814 habitants[Note 1], en diminution de 3,15 % par rapport à 2009 (Haute-Loire : +1,54 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 430 2 666 3 513 3 468 3 833 3 630 3 805 4 017 3 908
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 805 3 839 3 847 3 738 3 982 4 063 3 857 3 720 3 827
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 924 3 811 3 784 3 479 3 324 3 212 3 274 2 909 2 614
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
2 640 2 493 2 371 2 288 2 089 2 013 1 917 1 898 1 879
2013 2014 - - - - - - -
1 801 1 814 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Saugues, la collégiale Saint-Médard.

Essentiellement du XVIe siècle, c’est un édifice gothique marqué par des modifications au XIXe siècle. Il est surmonté d'un clocher octogonal sur porche.

La collégiale abrite un prestigieux mobilier, son trésor comprend une Vierge en majesté du XIIe siècle, une pietà du XVe siècle, trois croix processionnelles Renaissance richement ciselées, dues aux orfèvres du Puy.

On y voit encore la châsse de saint Bénilde (1805 - 1862, canonisé en 1967), membre des Frères des Écoles chrétiennes.

  • La tour dite "des Anglais".[8]
    Saugues, la tour des Anglais

Riche en vieilles maisons, Saugues, dont la spécialité était le tournage des "esclops", (les sabots de bois) est dominée par la tour dite "des Anglais", un donjon carré du XIIIe siècle.

La tour devrait son nom au siège subi en 1362 pour en déloger des routiers partisans des Anglais (un chevalier anglais, mort en 1380, repose dans une tombe gothique du cimetière). Elle est ornée des fresques d'un artiste de Saugues, Lucien Gires. Elle abrite aujourd'hui des expositions estivales.

Une étude d'histoire architecturale, avec analyse archéologique du bâti, a été publiée par Christian Corvisier[9].

  • La tombe présumée du général britannique Mac Haren, tué au siège de Châteauneuf-de-Randon en 1380, située dans le cimetière et classée Monument historique en 1910.
  • La chapelle des Pénitents.

Elle est le siège d'une confrérie fondée en 1652, semblable à celle du Puy. Le Jeudi Saint, les membres de cette confrérie parcourent la ville en procession, dans un geste de foi et de pénitence, en cagoule blanche et munis d’une lanterne, excepté ceux qui, en rouge et pieds nus, portent croix et "colonne aux outrages".

  • Le Musée de la Bête du Gévaudan.

Il retrace l'histoire de la Bête du Gévaudan qui ravagea entre 1764 et 1767 la région de Saugues et ses alentours. À travers 24 scènes, il reconstitue l'atmosphère de l'époque, pendant laquelle la terreur et l'horreur régnaient dans les anciennes provinces du Gévaudan et d'Auvergne.

  • Le diorama Saint Bénilde

Il est installé dans la maison où se trouvait l'école dirigée par le Frère Bénilde, rue du Prieuré. Les 13 scènes, son et lumière, présentent la vie du Frère Bénilde et Saugues au XIXe siècle.

Il est ouvert au public tous les jours pendant les mois de juillet et août ; sur rendez-vous le reste de l'année.

  • Le village médiéval déserté de Montchauvet[10].

Le village de Montchauvet date du Xe au XIVe-XVe siècle. La famille De Montchauvet en est issue : elle est connue par Guillaume de Montchauvet qui fut bailli de Saugues pour le seigneur de Mercœur au XIVe siècle. Le village médiéval déserté de Montchauvet a été redécouvert en 1965 et sondé de 1965 à 1994. Les collections et le centre de documentation présentant les objets de la vie quotidienne du village médiéval occupent la Maison du Docteur Jean-Claude Simon. Le site archéologique se visite sur demande.

  • Le château d'Ombret inscrit MH[11]
  • Le Mont Mouchet et les combats près de Saugues

Le pays de Saugues a été le théâtre de la Résistance intérieure française en Margeride pendant la Seconde Guerre mondiale. Un musée de la Résistance se visite au Mont-Mouchet.

Le 10 juin 1944, trois colonnes allemandes, soit 8 000 hommes environ, convergent vers le Mont-Mouchet avec des blindés, Monistrol d'Allier et Saugues. Elles tentent, sans y parvenir, de prendre au piège les maquisards des réduits du Mont-Mouchet et de Saugues. Pendant toute la journée du 10 juin ont lieu de violents combats. Au village de la Vachellerie (proche de Saugues), une centaine de véhicules est arrêtée par la section des gendarmes, des sections des 33e et 34e compagnies, renforcées par des éléments de la 12e compagnie. La bataille fait rage toute la journée, et il faut attendre le soir une contre-attaque de deux sections de la 31e compagnie, qui prend l'ennemi de flanc pour le rejeter sur la rive droite de l'Allier. Plusieurs véhicules ennemis sont détruits, dont un blindé.

L'attaque allemande reprend, le 11 juin vers 9 heures, sur les mêmes axes que la veille. C'est une grosse division qui s'élance, avec des chars, de l'artillerie, de l'aviation. Les combats sont acharnés. L'artillerie écrase les compagnies engagées, et, en fin de soirée, la maison forestière, P.C. de l'état-major. Une escadrille de bombardiers légers survole et mitraille en permanence les positions des F.F.I. et lâche même des bombes sur la sortie est de la petite ville de Saugues, détruisant plusieurs maisons. Partout, à Clavières, à Pinols, à Saugues, les maquisards se battent avec courage, mais ne réussissent pas à empêcher la pénétration des blindés ennemis. Les munitions s'épuisent, et les unités de réserve apportent le ravitaillement nécessaire. Les compagnies ont l'ordre de tenir jusqu'à la nuit. Celles du Mont-Mouchet se replient en direction du « réduit de la Truyère ». Celles de de Saugues, 31e et 32e compagnies, se replient vers les forêts de la région de Berbezit (La Chaise-Dieu), et vers la région de la forêt de Mercoire (Haute-Lozère) pour les 33e, 34e, 35e compagnies et la compagnie de passage.

À la suite de ces évènements, le Dr Gerbier, maire de Saugues, et le curé ont dû négocier avec les troupes allemandes pour empêcher des représailles. Un monument à la Vachellerie et la statue de la Vierge rappellent cette période.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Saugues est jumelée avec la commune belge, Modave, depuis 1992. Le comité de jumelage s’occupe d’entretenir les relations entre les deux communes, par le biais du comité de jumelage saugain et organise des activités qui servent à financer, en partie, le voyage des enfants de Saugues à Modave.

Caserne des pompiers[modifier | modifier le code]

Saugues est pourvu d'un centre de secours d'environ 27 pompiers volontaires et d'une dizaine de véhicules. Le centre de secours de Saugues enregistre environ 250 interventions par an, soit une tous les deux jours. Les interventions sont à 80% sanitaires et à 18% de la lutte incendie. Le chef du centre est le lieutenant Olivier Pignol, succédant au capitaine Jean-Claude Combeuil en mai 2016.

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

Saugues est dotée d'un collège public et d'un collège privé (école de La Présentation). Ces deux établissements disposent de plusieurs clubs : théâtre, poésie, associations sportives, etc.

Un lycée forestier également Centre de Formation Professionnelle Forestière y est établit.

Structures sportives[modifier | modifier le code]

Un nouveau gymnase, construit depuis 2009, propose plusieurs possibilités de sport à pratiquer puisque de nombreux clubs ont vu le jour : handball, badminton, judo, musculation, etc.

On trouve également des terrains sportifs pour le football et le rugby ainsi que pour l'athlétisme.

Associations sportives[modifier | modifier le code]

Le club de football de Saugues (AS Saugues) compte deux équipes senior évoluant en promotion et 3ème division, des équipes jeunes dans chaque catégorie ainsi qu'une équipe féminine en élite meilleur niveau départemental. Quant au club de Rugby, l'Oval Club Gévaudan (OCG), il possède une école de rugby, des équipes de cadets, juniors et séniors, mais aussi une équipe féminine de rugby à 7.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Un festival de théâtre amateur se déroule en juillet-août.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3), p. 743
  2. Extrait du site de Mr Roger Combe
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  7. « La collégiale Saint-Médard », notice no PA00092891, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « La Tour dite "des Anglais" », notice no PA00092890, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Les Cahiers de la Haute-Loire 2008
  10. « Le village médiéval déserté de Montchauvet », notice no PA00092932, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Château d'Ombret », notice no PA00092888, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. base Léonore des Archives nationales
  13. Université Blaise-Pascal Centres d'études régionales, Vocabulaire rural, grammaire abrégée, littérature orale de la région de Saugues d'après Pierre Nauton, Clermont-Ferrand, Auvernha Tara d'Oc (ISSN 0335-850X)
  14. Le pays de Gevaudan et Lucien Girès, vidéo sur ina.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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