Limagrain

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Limagrain
logo de Limagrain

Création 1965
Slogan De la terre à la vie
Siège social Saint-Beauzire
Drapeau de France France
Direction Damien Bourgarel (directeur général), Jean-Yves Foucault (président)
Activité AgricultureVoir et modifier les données sur Wikidata
Société mère La Coopérative Limagrain
Effectif plus de 10 000[1]
Site web http://www.limagrain.com/

Chiffre d’affaires plus de 2 6 milliards d'euros (2016-2017)[1]
+ 5,1 % (à données comparables)
Résultat net 92 millions d'euros (2016-2017)[1]

Limagrain est une coopérative agricole française spécialisée dans les semences de grandes cultures, les semences potagères et les produits céréaliers[2]. Fondé en Auvergne en 1965, le groupe est basé à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, et développe ses activités également à l'étranger.

Limagrain est le quatrième semencier mondial grâce à sa holding Vilmorin & Cie, chef de file européen en « farines fonctionnelles » (farines de céréale et agents de texture destinés à l'industrie agroalimentaire), la 2e société de transformation en produit boulanger français et la 3e en produit pâtissier français (avec sa filiale Jacquet Brossard) en 2016-2017[3].

Pour l'exercice 2016-2017, la coopérative réalise un chiffre d’affaires de plus de 2,6 milliards d’euros, pour un résultat net de 92 millions d'euros[4].

Limagrain emploie plus de 10 000 salariés[4] dont, en 2016-2017, plus de 2 000 chercheurs dans 56 pays[5]. En Auvergne, la coopérative regroupe près de 2 000 adhérents.

Grands métiers[modifier | modifier le code]

Limagrain Coop[modifier | modifier le code]

Cette activité regroupe près de 2 000 adhérents avec plus de 40 000 ha de productions contractualisées avec ceux-ci. Le chiffre d'affaires de cette branche est de 185 millions d'euros (avec l'intégration des activités réalisées avec des sociétés de Semences de Grandes Cultures et de Produits Céréaliers du Groupe) en 2017 grâce à 423 salariés [6].

Le siège social de Limagrain à Saint-Beauzire.

Semences de grandes cultures[modifier | modifier le code]

Base historique de Limagrain, l'activité semences de grandes cultures est attachée à Vilmorin & Cie depuis 2006. Limagrain occupe en 2017 la 5e place au rang mondial avec un chiffre d'affaires de 1 404 millions d'euros[7] en 2017. Elle est organisée en deux grands marchés. En Europe, Limagrain Europe, a des positions de chef de file[réf. souhaitée]. AgReliant, joint-venture avec le semencier allemand KWS Saat, se positionne en 4e place dans le marché du maïs aux États-Unis[réf. souhaitée].

Semences potagères[modifier | modifier le code]

Les semences potagères sont une activité majeure de Limagrain depuis 1975.
Elles s'adressent aux marchés professionnels des maraîchers et des conserveurs.
Vilmorin & Cie leur propose des semences potagères à rendement élevé et donc à forte valeur ajoutée et se place au 2e rang mondial dans ce marché.

Produits de jardin[modifier | modifier le code]

Dévolu aux jardiniers amateurs, l'activité Produits de jardin propose des semences de variétés potagères et florales, des bulbes et des produits phytosanitaires.

Boulangerie-pâtisserie[modifier | modifier le code]

Avec Jacquet, intégré en 1995, et Brossard, Limagrain est le 2e transformateur de l'industrie agroalimentaire français du secteur de la boulangerie et le 3e transformateur français pour la pâtisserie en 2014-2015[5].

Article détaillé : Jacquet Brossard.

Ingrédients céréaliers[modifier | modifier le code]

Fondé en Auvergne en 2002, Limagrain Céréales Ingrédients, filiale de Limagrain, est une entreprise qui fabrique des ingrédients pour les industriels de l’agroalimentaire.

Limagrain Céréales Ingrédients transforme chaque année plus de 200 000 tonnes de céréales.

Limagrain Céréales Ingrédients s’adresse aux industriels dans les domaines suivants :

  • Panification et Pâtisserie
  • Culinaire
  • Restauration rapide
  • Aliments pour nourrisson
  • Gluten Free[pas clair]
  • Nutrition[Laquelle ?]
  • Céréales transformées pour petit déjeuner

Limagrain Céréales Ingrédients réalise un chiffre d’affaires[Quand ?] de plus de 97 M€ d’euros[8] (avec l'intégration des activités réalisées avec des sociétés de Semences de Grandes Cultures et de Produits Céréaliers du Groupe). L’entreprise est implantée dans 6 endroits en France et rassemble plus de 250 employés.

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

Pour l'exercice 2016-2017, Limagrain a consacré 14,6 % de son chiffre d'affaires dans la recherche, soit 268 millions d'euros[9].

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Limagrain est inscrit comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. L'entreprise déclare à ce titre en 2015 que trois collaborateurs bénéficient de la carte de représentant, et que les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès de l'Assemblée sont compris entre 30 000 et 40 000 euros[10].

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Limagrain est inscrit depuis 2016 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 pour cette activité un collaborateur à temps plein et des dépenses d'un montant inférieur à 10 000 euros[11]. Limagrain est également membre du lobby European seed association[12], inscrit depuis 2012 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne, et qui déclare en 2015 pour cette activité sept collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 800 000 et 900 000 euros[11].

Controverses[modifier | modifier le code]

Lobbying sur les OGM[modifier | modifier le code]

Limagrain est la seule entreprise à poursuivre la recherche sur les OGM en 2015 en France[13],[14] et l'entreprise indique sur son site que « partout où la production de plantes génétiquement modifiées est interdite, nous n’en produisons pas »[15]. La Confédération paysanne reproche à Limagrain un lobbying auprès du Haut Conseil des biotechnologies afin d'obtenir que les semences modifiées in vitro ou par cisgénèse ne soient pas considérées comme OGM[16]. Cette controverse sur les nouvelles techniques de modification génétique amène huit organisations membres du Conseil économique, éthique et social à démissionner en 2016 du Haut Conseil des biotechnologies[17]. L'avocate Blanche Magarinos Rey estime que « le groupe Limagrain est engagé dans la promotion sans réserve des O.G.M., par le biais de ses participations dans les groupes Biogemma, Meristem, et Genective »[18].

Liens avec l'INRA[modifier | modifier le code]

Limagrain développe son activité de recherche en 1965 avec l’aide de l’Inra, et en particulier d’André Cauderon, directeur depuis 1959 de la station de Clermont. La firme emploie alors plusieurs anciens chercheurs de l’Inra. L'effort de recherche conduit l'entreprise à son premier succès commercial avec l'obtention du maïs hybride LG 11, qui représente 35 % des parts de marché au milieu des années 1970 et lui permet de se transformer, en l’espace de quelques années, en multinationale semencière : « Or la variété LG 11, un hybride trois voies fabriqué à partir d’Inra 258 et des lignées F7 et F2, doit énormément à l’Inra et à André Cauderon. Ce partenariat formel et informel entre l’Inra et Limagrain est typique du nouveau positionnement que l’institut est petit à petit appelé à adopter sous la pression conjointe des coopératives semencières et des nouvelles orientations économiques nationales. Il ne s’agit plus de travailler avec des filières de multiplication et de distribution des semences hybrides obtenues ou choisies par l’Inra, mais d’appuyer, à travers un transfert de compétences, de technologies et de matériel génétique, les entreprises françaises – et en premier lieu un petit nombre de « champions nationaux » – face à la concurrence étrangère. Dans le cadre de cette nouvelle division du travail, l’Inra est prié de se retirer de l’obtention directe pour se concentrer sur la recherche d’amont »[19].

Selon Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, « l’Inra n’est plus désormais le maître du jeu en matière de création variétale. C’est le ministère qui est aux commandes, l’Inra n’intervenant plus que comme prestataire de services de recherche-développement, voire en prête-nom des semenciers privés pour obtenir des financements publics »[20].

Structure du groupe et opacité[modifier | modifier le code]

Selon l'avocate Blanche Magarinos-Rey, « la société Limagrain, présentée systématiquement comme une « coopérative », est en fait une multinationale tentaculaire » qui représente en France sept sociétés distinctes, dont une seule de forme coopérative[18]. Le groupe Limagrain est ainsi géré classiquement par une société anonyme à conseil d'administration[21], et plusieurs de ses sociétés ne déposent pas leur compte annuel au Tribunal de commerce[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Chiffres clés sur le site Limagrain pour l'exercice 2016-2017, en périmètre global d’activité avec prise en compte des données des sociétés AgReliant, AGT, Genective, Seed Co, Soltis, Canterra Seeds et Hengji Limagrain Seeds
  2. Florence Bauchard, « Limagrain en pleine croissance », Les échos,‎ (lire en ligne)
  3. Site internet - Boulangerie-Pâtisserie
  4. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées chiffres15-16
  5. a et b [1]
  6. « Limagrain Coop », sur www.limagrain.com (consulté le 7 novembre 2016)
  7. « Semences de Grandes Cultures », sur www.limagrain.com (consulté le 11 décembre 2016)
  8. Site internet - Ingrédients céréaliers
  9. Site internet - Recherche
  10. « Tableau des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 20 octobre 2016)
  11. a et b « Registre de transparence », sur le site de la Commission européenne (consulté le 16 janvier 2017)
  12. (en) « European Seed Association », onglet France, sur le site de l'ESA (consulté le 16 janvier 2017)
  13. Marielle Court, « OGM : François Hollande veut relancer la recherche », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  14. Irène Inchauspé, « Pour Limagrain, « l’Europe est de plus en plus isolée sur les OGM » », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  15. « Limagrain répond aux 6 questions les plus fréquentes sur les OGM », sur Limagrain.com (consulté le 18 novembre 2016)
  16. « Limagrain, nouveau Monsanto français », sur www.confederationpaysanne.fr, (consulté le 18 novembre 2016)
  17. Sylvestre Huet, « Péril sur le Haut conseil des biotechnologies ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. a, b et c Blanche Magarinos-Rey, Semences hors-la-loi, Paris, Gallimard, , 156 p. (ISBN 9782072593895), p. 26-27. 
  19. Christophe Bonneuil, Semences : une histoire politique, Paris, Charles Léopold Mayer, (ISBN 978-2-84377-165-1, lire en ligne), p. 90
  20. Christophe Bonneuil, Semences, une histoire politique, Charles Léopold Mayer, (ISBN 978-2-84377-165-1, lire en ligne), p. 111
  21. « Jean-Christophe Juilliard - Limagrain : le directeur général démis de ses fonctions », La Montagne,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Gueslin, Limagrain. De la Limagne à la Californie, Clermont-Ferrand, Éditions Limagrain, 1992.
  • Christophe Bonneuil, Frédéric Thomas et Olivier Petitjean, Semences, une histoire politique : Amélioration des plantes, agriculture et alimentation en France   depuis la Seconde Guerre mondiale, Paris, Charles Léopold Mayer, , 216 p. (ISBN 978-2-84377-165-1, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]