Arsène Vermenouze

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Arsène Vermenouze
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Majoral du Félibrige
-
Arsène Vermenouze
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Arsène Vermenouze (1850-1910, en occitan Arsèni Vermenosa), est un poète aurillacois de langue occitane[1].

Il a écrit plus précisément en aurillacois[2], variante locale du languedocien[3] et lui-même dialecte de l'occitan[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Arsène Vermenouze est né le à Vielles d’Ytrac, près d’Aurillac. Son père, Firmin Vermenouze, est commerçant d'épicerie en Espagne. Sa mère est Mélanie Garric[5]. Il était d'usage à l'époque que les épouses et les enfants restent en Auvergne, où l'on retournait quelques mois après une campagne de commerce de deux ans.

Buste d'Arsène Vermenouze dans le square d'Aurillac portant son nom.

C'est à 16 ans qu'il rejoint son père à Tolède (Espagne). Il restera près de vingt ans en Castille. Tout en participant au commerce, il compose de nombreux poèmes en français. À partir de 1879, il envoie ses premiers poèmes à différents journaux du Cantal, notamment l’Avenir du Cantal journal radical d'Auguste Bancharel dans lequel il écrit sous le nom de « Jantou » des poèmes enflammés à la gloire de la Révolution Française.

À partir de 1887, dans le Moniteur du Cantal, puis dans La Croix du Cantal et la Croix cantalienne, Arsène Vermenouze anime la vie culturelle et politique cantalienne en publiant des poésies satiriques en langue d’oc. Dans La Croix du Cantal, il sera « L’Arverne », éditorialiste en langue française profondément « catholique et patriote ».

Sa vocation de félibre se fait sentir à partir de 1890. En 1891, il publie le manifeste fondateur A l'Auvèrnha tota (À toute l’Auvergne). En 1894, il devient le président de la première école félibréenne auvergnate qui se donne pour mission la défense et l’illustration de la langue d'oc et notamment du parler d'Aurillac, à travers sa revue La Cabreta. Jusqu’en 1908, au sein du Félibrige, Vermenouze a une intense activité de promoteur de la langue d’oc, composant les poèmes qui entreront dans ses deux recueils, Flor de brossa[6] et Jos la Cluchada. Arsène Vermenouze qui écrit en languedocien aurillacois, célèbre parallèlement « la langue auvergnate » dans certains de ses poèmes, mais considère néanmoins cette dernière comme un dialecte constitutif de la langue d'oc[7].

En 1900, il est élu majoral du Félibrige et rencontre Frédéric Mistral, qui l’accueille comme « premier majoral » d’Auvergne[8]. Un temps pressenti au poste de capoulié du Félibrige, il propose la candidature de Justin Bessou dont il fête la Cigale à Saint-André-de-Najac en compagnie de Prosper Estieu et Antonin Perbosc[9]. Il correspond avec beaucoup d'autres auteurs de langue occitane comme le linguiste Jules Ronjat[10].

Arsène Vermenouze est aussi un grand poète en langue française. En 1903, paraît Mon Auvergne, recueil primé par l'Académie française. Vermenouze, conteur hors pair, issu d'une civilisation de la veillée, excelle à camper des personnages à les faire parler, à les faire vivre.

Il est en relation avec Roger Grand, archiviste aurillacois. Il traite de questions internationales, à l’occasion, en occitan. Avec le duc de La Salle, il contribue en 1908 à la fondation à Paris de la Veillée d'Auvergne qui paraîtra jusqu’à la guerre de 1914[11].

Il meurt d’une maladie des voies respiratoires dans sa maison natale de Vielles le 8 janvier 1910.

L'héritage de Vermenouze[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue Vermenouze à Aurillac, porte le nom de l'auteur aurillacois. Le nom en aurillacois, ici Carrièra d'Aurenca, est présent.

La ville d'Aurillac l'honore en donnant son nom à une rue et à un jardin[12], ainsi qu'en érigeant une statue du poète. En 1933, une voie du 5e arrondissement de Paris prend le nom de square Vermenouze. Une rue Vermenouze existe également à Mauriac, Clermont-Ferrand et à Riom.

Son œuvre a fait l'objet de nombreuses rééditions (voir ci-dessous). En 1996, l'association Lo convise d'Aurillac reprend un projet d'anthologie (des poèmes et quelques proses que le poète avait publiés dans la presse du temps) qui n'avait pu aller à son terme en raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Ces Inédits languedociens sont publiés en langue d'oc, dans la graphie d'origine, en graphie classique, et en traduction française[13].

L'été 2000, la même association a organisé à Ytrac une exposition à l'occasion du tricinquantenaire de sa naissance[14].

Autour d'Ytrac, plusieurs initiatives récentes ont également mis en évidence le rayonnement de Vermenouze : initiative l'Authre vallée des poètes (l'Authre est le cours d'eau qui arrose Ytrac)[15], Nuit Vermenouze[16],[17],[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Flour de brousso (« Fleur de bruyère ») (avec une préface de Jean Adalbert et des illustrations de Édouard Marty). — Ouvrage primé par l'Académie des Jeux floraux (1896)
    • Première édition, sous le titre « Flour de brousso » : édition bilingue texte en « patois » et traduction en français, Imprimerie Moderne, Aurillac, 1896, XVI-415 p., (notice BnF no FRBNF31561554)
    • Reprint de l'édition de 1896, Aurillac, imp. Moderne, 1979.
    • Dernière édition, Flor de Brossa (en graphie classique, avec des illustrations de Felipe), Institut d'études occitanes du Cantal, coll. « A tots » no 60, Aurillac, 1980, 274 p., (EAN 3600125014028), (notice BnF no FRBNF34654965)[19]
  • En plein vent, en français (1900)
  • Mon Auvergne, en français, prix Archon-Despérouses de l'Académie française (1903)[20]
  • "La vieille barque", en français, Occitania no 5, Barcelona, 1905
  • Jous la cluchàdo (Sous le toit de chaume), en occitan avec la traduction française (1909) (la traduction erronée Sous le chaume a été abandonnée dans l'édition de 1954 et les éditions suivantes)[21]
  • Dernières veillées, posthume, en français (1911)
  • Les plus belles poésies d'Arsène Vermenouze, Union Sociale de la Haute Auvergne, Aurillac (1923)
  • Inédits languedociens, textes en occitan établis, présentés et annotés par Noël Lafon ; traduction française Lucienne Lafon et Georges Maury ; ill. Bernadette Faucher. Lo Convise, Aurillac (1996)[22].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frances H. Titchener, L'école auvergnate. Étude sur la renaissance méridionale dans le Cantal, préface de Jean Anglade, 1928, Paris Champion, in-8°, 109 p. Thèse de linguistique, présentée à l'Université de Harvard, après un séjour en Auvergne. Une partie parle d'Arsène Vermenouze.
  • Jean Mazières, Arsène Vermenouze (1850-1910) et la Haute-Auvergne de son temps, 2 vol., Paris, 1965, Extraits sur Google Livres[23].
  • Marcel Laurent, « Des Perdrix de Faucon… aux Perdrix de Vermenouze » in Les Amitiés Riomoises & Auvergnates, p. 1-5, no 27, octobre 1969.
  • Jean-François Chanet, Les Félibres cantaliens. Aux sources du régionalisme auvergnat (1879-1914), Clermont-Ferrand, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

data BNF

  1. (oc) Herve Terral, « Arsène Vermenouze », Lo Diari, Toulouse, Institut d'études occitanes,‎ (ISSN 2610-5683, lire en ligne)
  2. Louis Levadoux, « Glossaire des œuvres d'Arsène Vermenouze en dialecte aurillacois », Bïzà Neirà, nos 65 à 79,‎ 1990-1993 (ISSN 0398-9453)
  3. Arsène Vermenouze, Lettres inédites 1876-1909, thèse complémentaire par Jean Mazières, 1965, p. 87. Lettre de Vermenouze à Eugène De Ribier : « Vielles le 10 août 1903, [...] retiré des affaires, je me suis mis à rimer des vers ; mais auparavant, en 1896, j'ai publié mon volume languedocien, Flour de Brousso, recueil de poésie dont la plupart avaient déjà paru dans les journaux locaux... »
  4. Albert Dauzat, « Les parlers auvergnats anciens et modernes. Bibliographie critique (jusqu'en 1927) », Revue de linguistique romane, IV (1928), 62-117, en ligne sur le site Gallica. Notamment : « Au sud-ouest, les faits sont encore plus remarquables : il y a bien une limite linguistique, mais elle passe au Lioran, au centre du massif du Cantal, séparant du reste de l'Auvergne l'arrondissement d'Aurillac, qui a toujours appartenu à cette province, mais qui linguistiquement se rattache à la Guyenne » (p. 65), « Par contre, le mouvement félibréen a trouvé un foyer à Aurillac et compte quelques vrais poètes, Vermenouze d'abord, puis Courchinoux [...] Presque tous ces écrits sont en dialecte aurillacois. » (p. 100) et dans les ouvrages cités : Abbé Raymond Four, Éléments de grammaire languedocienne, dialecte d'Aurillac, Aurillac, Imprimerie moderne, 1903 ; « Phonétique occitanienne, dialecte d'Aurillac », in Revue de Haute Auvergne, 1904, p. 357-400.
  5. Généalogie d'Arsène Vermenouze
  6. (oc) Flor de Brossa, Aurillac, Institut d'études occitanes / Ostal del Libre,
  7. Arsène Vermenouze, Lettres inédites 1876-1909, thèse complémentaire par Jean Mazières, 1965, p. 87. Lettre de Vermenouze à Eugène De Ribier : « Vielles le 10 août 1903, [...] retiré des affaires, je me suis mis à rimer des vers ; mais auparavant, en 1896, j'ai publié mon volume languedocien, Flour de Brousso, recueil de poésie dont la plupart avaient déjà paru dans les journaux locaux... ».
  8. « Arsène Vermenouze, majoral du Félibrige, proclamé en 1900, en remplacement de F. Donnadieu, lequel avait remplacé Melchior Barthès en 1886 (Cigalo de la Mountagno nègro). Languedoc. » Edmond Lefèvre, Catalogue félibréen et du midi de la France, Marseille, , p. 45
  9. Compte-rendu dans la revue Lou Felibrige, p. 106 (112 du document en ligne)
  10. Jean Thomas, « La correspondance de Jules Ronjat avec Prosper Estieu, Arsène Vermenouze et Valère Bernard », Revue des langues romanes, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry), vol. 110, no 2,‎ , p. 473-506 (ISSN 0223-3711)
  11. Biographie sur le site de généalogie pierfit
  12. (fr) « Square Vermenouze », sur jardinez (consulté le 9 mars 2010)
  13. Arsèni Vermenosa, Inédits languedociens, textes en occitan établis, présentés et annotés par Noël Lafon ; traduction française Lucienne Lafon et Georges Maury ; ill. Bernadette Faucher. Lo Convise, Aurillac (1996)
  14. Présentation du catalogue de l'exposition Mòstra Arsèni Vermenosa
  15. Présentation sur le site de la Vallée des poètes
  16. Annonce de la nuit Vermenouze 2007
  17. Présentation sur le site Cantalpassion
  18. Bulletin municipal d'Ytrac
  19. a et b illustration sur le site de l'Ostal del libre
  20. http://www.academie-francaise.fr/prix-archon-desperouses.
  21. Notice BNF
  22. Présentation en occitan sur le site de l'éditeur
  23. Critique par Christian Anatole

Liens externes[modifier | modifier le code]

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