Diagonale du vide

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La diagonale du vide est une large bande du territoire français allant de la Meuse aux Landes où les densités de population sont très faibles par rapport au reste de la France.

Présentation[modifier | modifier le code]

Ces faibles densités (moins de 30 habitants par km2) sont principalement dues à l'exode rural des XIXe et XXe siècles, puis au phénomène de métropolisation qui renforce les zones denses du pays depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Certains auteurs[1] préfèrent aujourd'hui parler de diagonale des faibles densités car le terme « diagonale du vide » est à la fois péjoratif et exagéré, mais il reste largement utilisé.

Le terme a été repris par la DATAR, mais on n'en connaît pas l'origine exacte[2]. Ce terme décrit une réalité plus visible sur la carte des départements que sur celle des régions[3],[4].

Cet espace est intégré à une diagonale plus ample, transfrontalière, la diagonale continentale[5],[6].

Histoire et évolution[modifier | modifier le code]

Avant la diagonale du vide, un élément structurant de la répartition de la population était la ligne Saint-Malo-Genève, symbole de l'opposition entre la France industrielle du Nord-Est, et la France agricole et rurale du Sud-Ouest. Elle avait été proposée par Charles Dupin en 1837 dans son traité sur les Forces productives et commerciales de la France.

En 1947, le géographe Jean-François Gravier décrivait déjà un « désert français ». Ce point de vue extrême a été aujourd'hui modéré et le désert français a été réduit à la diagonale du vide.

Hervé Le Bras et Emmanuel Todd ont écrit que cette réalité ne pouvait plus s'appliquer aux années 2000, étant donné la poussée de croissance qu'ils ont constatée dans certains départements tels l'Indre et le Gers[7]. Selon les données recueillies par ces deux auteurs, les zones de croissance démographique nulle ou négative ne s'étendraient plus que du Massif central à la Lorraine. Une analyse à l'échelle des cantons et des communes montre au contraire que les zones de décroissance démographiques s'étalent au-delà de l'axe Massif central-Lorraine[8]. Par ailleurs, la poussée de croissance observée par Hervé Le Bras et Emmanuel Todd est fragile, puisqu'elle repose sur un apport migratoire essentiellement de personnes âgées, et non sur une reprise du solde naturel[6].

Littérature[modifier | modifier le code]

La Diagonale du vide est le titre d'un roman de Pierre Péju[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bontron, La France des faibles densités, II : Documentation bibliographique, Analyses d'études, Paris, SEGESA-ACEAR, , 60 p. (OCLC 492882997)
  2. Gilles Fumey, « La France en diagonales » [PDF], sur Café-géo.net, Vox Geographica,‎ (consulté le 18 juillet 2016).
  3. Le Massif Central: au cœur de la diagonale du vide, sur le site avenirural.wordpress.com du 10 juillet 2012.
  4. La France : des territoires en mutation, sur le site geoconfluences.ens-lyon.fr
  5. Rozenblat, C, Tissu d'un semi de villes européennes, MappeMonde, 4/1995
  6. a et b Yoann Doignon, Sébastien Oliveau et Isabelle Blöss-Widmer, « L’Europe méridionale depuis 20 ans : dépeuplement, dépopulation et renouveau démographique », Espace populations sociétés. Space populations societies,‎ (ISSN 0755-7809, DOI 10.4000/eps.6171, lire en ligne)
  7. Hervé Le Bras, Emmanuel Todd, Le Mystère français, seuil, 2013
  8. Sébastien Oliveau et Yoann Doignon, « La diagonale se vide ? Analyse spatiale exploratoire des décroissances démographiques en France métropolitaine depuis 50 ans », Cybergeo : European Journal of Geography,‎ (ISSN 1278-3366, DOI 10.4000/cybergeo.27439, lire en ligne)
  9. La diagonale de Vide, (ISBN 9782070781034), Éditions Gallimard, Collection Blanche