Valery Larbaud

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Valery Larbaud
Valery Larbaud.jpg
Valery Larbaud vers 1900
Biographie
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Vichy
Sépulture
Nom de naissance
Valery Nicolas LarbaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
A.-O. Barnabooth
L. Hagiosy
X. M. Tourmier de Zamble
Nationalité
Formation
Activités
Père
Nicolas Larbaud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions
Œuvres principales
Fermina Márquez
Enfantines
A. O. Barnabooth. Ses Œuvres complètes

Valery Larbaud est un écrivain français, poète, romancier, essayiste et traducteur, né le à Vichy, ville où il est mort le .

Il a écrit également sous les pseudonymes A.-O. Barnabooth, L. Hagiosy, X. M. Tourmier de Zamble.

Biographie[modifier | modifier le code]

Valery Larbaud est l'unique enfant du pharmacien Nicolas Larbaud[1] , propriétaire de la source Saint-Yorre (cinquante-neuf ans à la naissance de son fils) et d’Isabelle Bureau des Étivaux (trente-huit ans)[2], fille d'un avocat et militant républicain de Gannat dont Nicolas Larbaud est un client et dont son fils reprend le prénom[3],[Note 1]. Il n’a que huit ans lorsque son père décède en 1889, à Vichy, à l’âge de soixante-sept ans. Élevé par sa mère et sa tante, il s’ouvre à la littérature. En 1895 il voyage au bord de la Méditerranée, son imagination restera imprégnée de ces paysages. Le jeune homme obtient à dix-sept ans, à la session de , le baccalauréat. Il obtient sa licence ès-lettres en 1908[4].

La fortune familiale (son père était propriétaire de la source Vichy Saint-Yorre[5]) lui assure une vie aisée qui lui permet de parcourir l’Europe à grands frais. Paquebots de luxe, Orient-Express, Valery Larbaud mène la vie d'un dandy[6], fréquente Montpellier l'hiver[7] et se rend dans les multiples stations thermales pour soigner une santé fragile dès ses jeunes années. Quand il revient à Vichy, il reçoit ses amis, Charles-Louis Philippe, André Gide, Léon-Paul Fargue et G. Jean-Aubry qui fut son biographe. Atteint d’hémiplégie et d’aphasie en novembre 1935[8], il passe les vingt-deux dernières années de sa vie, cloué dans un fauteuil, incapable de prononcer une autre phrase que : « Bonsoir les choses d'ici-bas ». Il sera durant ces années soigné avec dévouement par le professeur Théophile Alajouanine, spécialiste des aphasies, qui deviendra son ami et écrira sa biographie[9]. Ayant dépensé toute sa fortune, il doit revendre ses propriétés et sa bibliothèque de quinze mille volumes en 1948, en viager, à la ville de Vichy. Il y meurt en 1957, sans descendance. Il est inhumé au cimetière des Bartins.

En 1950, il adhère à l'Association des amis de Robert Brasillach[10]. Grand lecteur, grand traducteur, il s'était entouré de livres qu'il avait fait relier selon leurs langues : les romans anglais en bleu, les espagnols en rouge, etc.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Larbaud écrit ses premières œuvres dès l'enfance. À sept ans, il rédige un poème malhabile titré "Misère du couperet", à 15 ans, il commence à rédiger son premier journal intime[11], et à dix-sept ans, alors qu'il revient de son voyage en Russie pour étudier au lycée Théodore-de-Banville, il écrit le Petit manuel d’idéal pratique où il prétend étudier un enfant, Milou, lequel représente « des troubles intérieurs et révoltes secrètes de l’enfance[12] ». Larbaud reviendra sur ces premiers textes dans son recueil Enfantines, plus tardif.

En , pour le prix Goncourt, Octave Mirbeau vote pour Poèmes par un riche amateur, que Larbaud a publiés sans faire connaître sa véritable identité[13]

Son roman Fermina Márquez, consacré aux amours de l'adolescence et souvent comparé au Grand Meaulnes d'Alain-Fournier[14], obtient quelques voix au Goncourt en 1911.

Larbaud parle anglais, allemand, occitan, italien, portugais et espagnol. Il fait connaître les grandes œuvres étrangères : Samuel Butler, dont il est le traducteur, ainsi que James Joyce dont il est correcteur-superviseur pour la traduction d'Ulysse, laquelle, réalisée principalement par Auguste Morel à partir de 1924, continue jusqu'en 1929.

Dans son ouvrage Jaune, bleu, blanc il révèle sa pensée politique où il souhaite des États-Unis d'Europe, avec des Etats membres qui correspondent aux « vraies nations » du continent, dont un pour les Occitans[15]. Dans une optique « post-France » il envisage une Occitanie indépendante, qui comprend d'ailleurs Vichy, sa ville d'origine qui est située à la pointe nord de l'aire de locution de l'occitan, et qui aurait pour capitale Montpellier[16],[17]. Il affirme ainsi un occitanisme politique appuyé précoce au XXe siècle[18].

No 71, rue du Cardinal-Lemoine à Paris où vécut Valery Larbaud entre 1919 et 1937.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Les principaux textes de Valery Larbaud ont été rassemblés dans la collection « La Pléiade » des éditions Gallimard (un tome, 1957, réédition 1984).

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Poèmes par un riche amateur (1908)

Les Poésies de A. O. Barnabooth, 1913

Essais[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettres à André Gide (1948)

Publications posthumes : journal et correspondance[modifier | modifier le code]

  • Journal inédit (tome I, 1954 ; tome II, 1955).
  • Journal, 1931-1932, D'Annecy à Corfou, texte établi par Claire Paulhan et Patrick Fréchet, introduction de Patrick Fréchet, Éditions Claire Paulhan, 1998.
  • Journal 1934-1935, Valbois - Berg-Op-Zoom - Montagne Ste Geneviève, texte établi par Claire Paulhan et Patrick Fréchet, introduction de Claire Paulhan, Éditions Claire Paulhan, 1999.
  • Journal, édition définitive, texte établi, préfacé et annoté par Paule Moron, Paris, Gallimard, 2009.
  • Du navire d'argent, (2003)
  • Notes pour servir à ma Biographie (an uneventful one), notes et postface de Françoise Lioure, Éditions Claire Paulhan, 2006.
  • Valery Larbaud & A.A.M. Stols, Correspondance (1925-1951), édition établie et annotée par Christine et Marc Kopylov, introduite par Pierre Mahillon, Éditions des Cendres, 1986.
  • Valery Larbaud & Jacques Rivière, Correspondance 1912-1924, édition établie, annotée et introduite par Françoise Lioure, Éditions Claire Paulhan, 2006.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le prix Valery-Larbaud, créé en 1967, est décerné en mai ou en juin à Vichy ; il est attribué à l'auteur d'un livre « que Larbaud aurait aimé lire », par l'Association internationale des Amis de Valery Larbaud.
  • La médiathèque Valery-Larbaud de Vichy a été ouverte en 1985. Elle conserve son mobilier et sa riche bibliothèque personnelle (reliures marquées « VL »), et y organise des visites.
  • Une stèle en l'honneur de l'écrivain a été érigée dans le square Planchon, qu'il affectionnait tout particulièrement, à Montpellier le .
  • Depuis 1993, existe une rue Valery-Larbaud dans le 13e arrondissement de Paris.
  • Le lycée professionnel Valery-Larbaud, situé à Cusset (commune limitrophe de Vichy), a été inauguré en .

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son prénom s'écrit Valery, et non sous la forme plus répandue Valéry, avec un accent. Valery Larbaud porte le prénom de son grand-père maternel, Valery Bureau des Étivaux, avocat à Gannat. À propos de l'absence d'accent, il écrira dans Des prénoms féminins :
    « Jean a sa Jeanne et même Paule a sa Paule et sa Paulette. Mon prénom avec un égoïsme masculin qui me désole refuse de se mettre au féminin. Pour tant de Valéries qu'il y a dans le monde, pas une Valerie (sans accent sur l'e). Condamné au célibat à perpétuité, Valery ne trouvera jamais sa « moitié d'orange ». »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Kuntz, Valery Larbaud, 1881-1957, Bibliothèque nationale, 1981, p. 1.
  2. Encyclopædia Britannica, « Valery-Nicolas Larbaud » ; base Léonore.
  3. Nicole Périchon, Vichy de A à Z, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, , 192 p. (ISBN 978-2-8138-0058-9), p. 7.
  4. G. Jean-Aubry, Valéry Larbaud: sa vie et son œuvre d'après des documents inédits, Volume 1, Éditions du Rocher, 1949, p. 128.
  5. Béatrice Mousli, Valery Larbaud, Flammarion, 1998, p.544.
  6. Béatrice Mousli, op. cit., p. 113.
  7. François-Bernard Michel, « Un Montpelliérain singulier : Valery Larbaud », Académie des sciences et lettres de Montpellier, séance du 8 juin 2009, pp. 241-242.
  8. Roger Grenier, Colloque Valery Larbaud et la France : Paris-Sorbonne, le 21 novembre 1989, Presses univ. Blaise Pascal, 1990, p. 7.
  9. Roger Grenier, op. cit., p. 18.
  10. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7), p. 397.
  11. Valery Larbaud, Journal, édition définitive, Paris, Gallimard, , 1616 p. (ISBN 9782070756957), p. 11
  12. Nelly Chabrol-Gagne, « Les représentations de l'intime en littérature jeunesse », Cahiers Valery Larbaud n°43,‎ (ISSN 0301-8776, lire en ligne)
  13. Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, Volume 6, Partie 1, Albin Michel, 1988, p. 322.
  14. Maaike Koffeman, Entre classicisme et modernité : La Nouvelle Revue française dans le champ littéraire de la belle époque, Rodopi, 2003, p. 237.
  15. François-Bernard Michel, « Un Montpelliérain singulier : Valéry Larbaud », Bulletin de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, Montpellier, Académie des sciences et lettres de Montpellier,‎ , p. 241-242 (ISSN 2534-2142, lire en ligne) :

    « Il [...] plaide constamment pour des Etats-Unis d’Europe Confédérée où l’Occitanie retrouverait son identité et “naturellement, la capitale serait Montpellier” »

  16. Frida Weissman, L'exotisme de Valery Larbaud, Paris, Librairie A-G Nizet, (ISBN 9782402243230, lire en ligne)
  17. (oc) Domergue Sumien, « La plaça de Borbonés en Occitània », Jornalet, Barcelone, Associacion entara Difusion d'Occitània en Catalonha (ADÒC),‎ (ISSN 2385-4510, OCLC 1090728591, lire en ligne)
  18. Jaune, bleu, blanc, 1927, p. 177 « Les villes, les civitates du Centre et du Nord sont deditices : Paris, qu'elles forment, les absorbe, les anéantit; au contraire, les civitates du Midi, et en particulier celles d'Occitanie, sont alliées, et on conçoit pour elles une époque « post-française »; la formation des Etats-Unis d'Europe exigeant la disparition des anciennes nations, trop puissantes pour la securité commune, et l'établissement d’un système d’Etats confédérés, on imagine l'Occitanie retrouvant son autonomie, son nom, certaines coutumes. On songe [...] aux témoignages officiels de son existence indépendante sous la direction centrale d’un Conseil Amphictyonique européen : sur les monnaies, sur les timbres, des allusions aux grands souvenirs historiques du pays, a la renommée de la Faculté de Montpellier. Naturellement, la capitale serait Montpellier. »
  19. Ouvrage publié dans la clandestinité, à Amsterdam, orné de quatre dessins de Salim coloriés à la main, imprimé en Perpetua à cinquante-cinq exemplaires. (Dirk De Jong, Bibliographie des Éditions Françaises clandestines, E.A.M. Stols, La Haye, 1947

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Béatrice Mousli, "Valery Larbaud", collection Grandes Biographies, Paris, Éditions Flammarion, 1998, Grand Prix de la Biographie de l’Académie Française 1998.
  • Les Cahiers des Amis de Valery Larbaud rassemblent annuellement des études consacrées à l'écrivain:
  • Béatrice Mousli, "Voyager avec Valery Larbaud", Paris, Éditions La Quinzaine/Louis Vuitton, 2003.
  • Marcel Laurent, « Fermina Márquez » et « Enfantines » de Valery Larbaud, autoédition, 1981 (notice BnF no FRBNF34722662)
  • José Cabanis, Dieu et la NRF – 1909-1949, Gallimard, 1994, chapitre « Dialogue avec Gide – Larbaud, Du Bos, Altermann, Schlumberger »
  • Anne Chevalier (dir.), Cahier Larbaud, Éditions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, no 61, Paris, 1992, 388 p. (ISBN 9782851970763)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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