Rosa Bonheur

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Rosa Bonheur
André Adolphe-Eugène Disdéri (French - (Rosa Bonheur) - Google Art Project.jpg
Rosa Bonheur photographiée par Eugène Disdéri
en 1865
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
ThomeryVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Marie-Rosalie BonheurVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Fratrie
Autres informations
Maître
Distinctions
Œuvres principales
Labourage nivernais (1849), Le Marché aux chevaux (1853), La foulaison du blé en Camargue (1899)

Marie-Rosalie Bonheur[1], dite Rosa Bonheur, née le à Bordeaux et morte le à Thomery, est une peintre et sculptrice française, spécialisée dans la représentation animalière.

La gloire qu'elle connait de son vivant faiblit rapidement après sa mort ; sa peinture étant devenue trop éloignée des tendances modernes. À partir de 1980, des biographies l'ont associée aux débuts du féminisme, en raison de la vie très libre qu'elle a menée de son vivant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Michel Geoffroy, Portrait de Rosa Bonheur (1859), gravure parue dans L'Artiste du .

Famille[modifier | modifier le code]

Marie-Rosalie Bonheur naît au 29, rue Saint-Jean-Saint-Seurin (devenue depuis le 55 rue Duranteau) à Bordeaux [2]. Sa mère Sophie Marquis (1797-1833), née de parents inconnus, est adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet[3]. Rosa Bonheur se plaira à imaginer que le mystère de ses origines maternelles cache quelque secret d'État et qu'elle est de sang royal, jusqu'au jour où elle apprend que Dublan de Lahet était bien son véritable grand-père. Sophie Marquis épouse son professeur de dessin, le peintre Raimond Bonheur (en)[4]. Ce dernier encouragera ses enfants dans cette voie artistique : Rosa, Auguste et Juliette (qui épousera le fondeur d'art François Auguste Hippolyte Peyrol) deviendront peintres, tandis que leur frère Isidore sera sculpteur.

Influencé par le Saint-simonisme, Raymond Bonheur décide de monter à Paris en 1828. Sa femme et ses 3 enfants l'y rejoignent l'année suivante (leur fille Juliette y naîtra d'ailleurs en juillet 1830). Mais la famille vit dans la gêne. En 1831, Raimond Bonheur décide de rentrer, avec un groupe de Saint-Simoniens, au couvent de Ménilmontant (où il demeurera jusqu'en novembre 1832). Pendant ce temps, Sophie ne reçoit plus de subsides de son père supposé (décédé en 1830) et elle s'épuise à travailler pour surmonter une vie de misère. La mère de Rosa Bonheur décèdera le 1er mai 1833.... Son père se remariera 9 ans plus tard (en 1841), avec Marguerite Peyrol, avec laquelle il aura un dernier fils, Germain.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Après la mort de sa mère, Rosa Bonheur reçoit une instruction à l'école élémentaire, puis est mise en apprentissage comme couturière, puis en pension. Son père finit par la prendre dans son atelier, où se révèlent ses aptitudes artistiques. En 1839, elle commence à étudier les animaux qui deviendront sa spécialité[5], tant en peinture, qu'en sculpture.

Élève de son père[a], elle expose pour la première fois à dix-neuf ans au Salon de 1841. Elle obtient une médaille de 3e classe (bronze) au Salon de 1845 et une médaille de 1re classe (or) au Salon de 1848 pour Bœufs et Taureaux, race du Cantal. Cette récompense lui permet d'obtenir une commande de l'État pour réaliser un tableau agraire (pour une somme de 3 000 francs[6]).

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le tableau issu de cette commande Le labourage nivernais devait rejoindre le musée de Lyon[7]. Mais au Salon de 1849, son succès est tel, que la Direction des Beaux-arts décide de la conserver à Paris, au musée du Luxembourg. À la mort de Rosa Bonheur, l'œuvre entrera au musée du Louvre, avant d'être déplacée, en 1986, au musée d'Orsay[8].

Au décès de son père en mars 1849 [9], Rosa Bonheur le remplace, à la direction l'École Impériale gratuite de dessin pour demoiselles (ou École gratuite de dessin pour jeunes filles) . Elle y conservera ce poste jusqu'en 1860. « Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons » disait-elle souvent à ses élèves[10].

Le Marché aux chevaux (1853), New York, Metropolitan Museum of Art.

Avec son gigantesque tableau Le Marché aux chevaux, (2,44 m x 5 m) au Salon de 1853[11], Rosa Bonheur obtient une grande notoriété. À une époque où des polémiques opposent sans cesse romantiques et classiques, son tableau « a le rare et singulier privilège de ne soulever que des éloges dans tous les camps. […] C'est vraiment une peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise[12] ». Le tableau n'obtient aucune récompense, mais le jury publie que « Par décision spéciale, Mlle Rosa Bonheur et Mme Herbelin, ayant obtenu toutes les médailles qu'on peut accorder aux artistes, jouiront, à l'avenir, des prérogatives auxquelles leur talent éminent leur donne droit. Leurs ouvrages seront exposés sans être soumis à l'examen du jury ». Son agent et ami Ernest Gambart (en) achète le tableau pour 40 000 francs[13],[14]. À la suite de ce succès, elle accède à une reconnaissance internationale qui lui vaut d'effectuer des tournées en Belgique et en Angleterre, organisées par Gambart, au cours desquelles elle est présentée à des personnalités, telles que la reine Victoria[15]. Le tableau part ensuite aux États-Unis où il est finalement acquis par un Américain pour l'énorme somme de 268 500 francs-or, avant d'être offert au Metropolitan Museum of Art de New-York.

Rosa Bonheur présente, à l'Exposition Universelle de 1855, un tableau La Fenaison en Auvergne (2,10 m 4,20 m), conservé de nos jours au château de Fontainebleau, pour lequel elle obtient, pour la seconde fois, une médaille d'or. Normalement, elle aurait dû obtenir la Légion d'Honneur, mais en tant que femme, elle ne put la recevoir.

Entre 1856 et 1867, elle n'expose plus au Salon, toute sa production étant vendue d'avance[16]. « Nous avons toujours professé une sincère estime pour le talent de mademoiselle Rosa Bonheur », écrit Théophile Gautier cette année-là[17], « avec elle, il n'y a pas besoin de galanterie ; elle fait de l'art sérieusement, et on peut la traiter en homme. La peinture n'est pas pour elle une variété de broderie au petit point ».

En 1860, Rosa Bonheur s'installe à By, coteau viticole près du village de Thomery en Seine-et-Marne, dans une vaste demeure où elle fait construire un très grand atelier, par Jules Saulnier et aménager des espaces pour ses animaux. En juin 1864, l'impératrice Eugénie lui fait une visite surprise, pour l'inviter à déjeuner, fin juin, au château de Fontainebleau avec Napolén III. Cette visite a donné lieu à une gravure sur bois d'après un dessin d'Auguste Victor Deroy (1825-1906), conservée au musée du château de Fontainebleau[18]. L'impératrice revient à By l'année suivante, le , pour lui remettre, elle-même, les insignes de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur[19],[20] — faisant ainsi de Rosa Bonheur la première artiste à recevoir cette distinction[21]. Elle est aussi la première femme promue Officier dans cet ordre, en avril 1894[22] — soit, selon les termes également en usage dans la presse de l'époque[23], la première officière de la Légion d'honneur[24]

Rosa Bonheur présente 10 toiles à l'Exposition Universelle de Paris de 1867.

A partir de 1880, Rosa Bonheur et Nathalie Micas passent régulièrement l'hiver à Nice, tout d'abord dans la demeure d'Ernest Gambart, la villa « L'Africaine », puis à partir de 1895, dans celle qu'elles acquièrent, la villa "Bornala". Rosa Bonheur y peint plusieurs toiles[25].

À l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1889, elle invite Buffalo Bill dans son domaine après qu'il l'eut invitée à être artiste en résidence sur le Wild West Show. À cette occasion, elle reçoit une panoplie de Sioux[26]. Une amitié forte naît entre eux, et elle fera même son portrait[27].

En 1893, lors de l'Exposition Universelle de Chicago, 4 tableaux de Rosa Bonheur sont exposés au Palais des Beaux-Arts[28]. Il en va de même pour 3 lithographies au Woman's Building[29] . Mais dans les deux cas, ce furent des prêts de collectionneurs privés (Gambart, Keppel...). En effet, bien qu'il l'ait sélectionnée, le Comité français d'organisation fut obligé de renoncer à envoyer ses œuvres à Chicago, ne pouvant faire face aux frais d'assurance requis pour leur transport.[30],

Ayant contracté une congestion pulmonaire à la suite d'une promenade en forêt, elle meurt le au château de By sans avoir achevé son dernier tableau La Foulaison du blé en Camargue, d'un format étonnant : 3,05 x 6,10 m, qu'elle souhaitait montrer à l'Exposition Universelle de 1900.

Le 29 mai, le Salon des artistes français lui décerne la médaille d'honneur à titre posthume, Tony Robert-Fleury écrivant alors à Anna Klumpke : « si nous avions pressenti une fin aussi soudaine, nous aurions voté pour Rosa Bonheur, mais nous ne pouvions prévoir la catastrophe. Nous espérions consacrer sa carrière d'une manière plus solennelle en lui décernant la médaille d'honneur à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900. Ainsi nous aurions couronné la carrière d'un des plus grands peintres animaliers du XIXe siècle »[31].

Rosa Bonheur ayant fait d'Anna Klumpke son héritière et sa légataire universelle, elle déshéritait ainsi sa famille. Un accord permit à Anna Klumpke de garder la demeure de By, mais elle préféra vendre « l'énorme collection d'études accumulées en soixante années de travail (plus d'un million-or)[32] » pour reverser une partie de la vente à la famille Bonheur. Du 30 mai au 8 juin 1900, 2 100 œuvres (tableaux, aquarelles, bronzes et gravures) de son atelier et sa collection particulière furent vendus à la galerie Georges Petit[33] à Paris.

Pendant la 1ère Guerre mondiale, le château de By servit d'hôpital aux soldats convalescents. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Anna Klumpke regagna les États-Unis, où elle était née en 1856, et y mourut en février 1942.

Le musée-château de Rosa Bonheur, à Thomery (en lisière de la forêt de Fontainebleau), fermé en 2015, a rouvert ses portes au public en juin 2018.

Vie privée[modifier | modifier le code]

« Permission de travestissement » obtenue en 1857.

Au cours de ses années de jeunesse à la campagne, au château Grimont à Quinsac[3], Rosa Bonheur a la réputation d'être un garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à nier, portant les cheveux courts et fumant par la suite, en privé, cigarettes et havanes. Elle a toujours refusé de se marier, afin de rester indépendante[34], et en raison des mauvais souvenirs que lui a laissés l'attitude de son père vis-à-vis de sa mère. Et puisqu'à l'époque, le mariage fait des femmes mariées des subalternes de l'homme, elle considère qu'il l'aurait empêchée de se dévouer à son art[35].

La vie émancipée que menait Rosa Bonheur n'a pas fait scandale, à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Comme toutes les femmes de son temps depuis une ordonnance datant de novembre 1800, Rosa Bonheur devait demander une permission de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris, pour pouvoir porter des pantalons dans le but, notamment, de fréquenter les foires aux bestiaux[36] ou de monter à cheval[35]. Nathalie Micas avait également une autorisation de travestissement (visible au musée-château de By). Cependant, sur toutes les photos "officielles", Rosa Bonheur respectait la loi et portait toujours une robe.

Si l'homosexualité de Rosa Bonheur, évoquée par plusieurs auteurs [37], mais refusée par d'autres[38] [b] n'est pas avérée, elle a cependant vécu, en réel compagnonnage, avec deux femmes. La première, Nathalie Micas, rencontrée en 1837 (Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze), qui deviendra peintre comme elle, et dont elle ne sera séparée qu'à la mort de cette dernière en 1889[39]. La seconde, après le décès de Nathalie Micas, en la personne de l'Américaine Anna Klumpke, également artiste-peintre de talent, qu'elle connut à l'automne 1889 et qu'elle reverra à plusieurs reprises. Anna Klumpke vint vivre avec elle à By en juin 1898 pour faire son portrait (elle en fera 3, entre 1898 et 1899), et écrire ses mémoires. À la demande de Rosa Bonheur, elle y restera et deviendra son héritière et sa légataire universelle[40] (tout comme Rosa Bonheur l'avait fait, auparavant avec Nathalie Micas).

De nombreuses rumeurs sur sa vie privée [41] ou des médisances sur Anna Klumpke [42] circuleront, qui la feront souffrir.

De fait, Rosa Bonheur est inhumée à Paris au cimetière du Père-Lachaise (74e division), dans la concession que la famille Micas lui avait léguée[43]. Elle y repose aux côtés de Nathalie Micas et d'Anna Klumpke (dont les cendres furent rapatriées, en 1948, après son décès, aux États-Unis, en 1942).

Réception critique[modifier | modifier le code]

La carrière de Rosa Bonheur s'est déroulée à l'écart des courants artistiques. Ne s'associant à aucun des courants modernes successifs, romantique, réaliste — lequel étant pourtant d'une esthétique proche — et impressionniste, et bénéficiant toujours d'une clientèle fortunée, dont elle ne rechigne pas à faire le portrait des animaux de compagnie, elle a été associée à un courant conservateur, « bourgeois », auquel ces courants se sont tour à tour opposés. Ses positions politiques conservatrices et « agrariennes » ont accentué cette association[44].

Après la chute du Second Empire, alors que son succès commercial la met à l'abri du souci de plaire à la critique, ceux qui restent en contact avec les tendances du moment commencent à douter :

« Les femmes peuvent-elles être de grands peintres ? On serait tenté de répondre oui lorsqu'on regarde les bœufs de Rosa Bonheur, et de dire peut-être ou même non lorsqu'on étudie ses figures humaines. »

— Jules Claretie, 1874[45].

Le modernisme répudiera son genre de peinture. D'après Ambroise Vollard, Paul Cézanne la tient pour « un excellent sous-ordre ». « Il me demanda ce que les amateurs pensaient de Rosa Bonheur. Je lui dis qu'on s'accordait généralement à trouver le Labourage nivernais très fort. “Oui, repartit Cézanne, c'est horriblement ressemblant”[46] ».

Le monde de l'art ne l'oublie pas totalement, mais c'est pour dire « Il ne m'échappe certes pas que la littérature bucolique tend à la facilité. Tout l'aspect “Rosa Bonheur” de cet art-là, je le redoute » écrit François Mauriac[47].

Rosa Bonheur, une pionnière[modifier | modifier le code]

En 1865, elle est la première femme artiste à recevoir la légion d'honneur. L'impératrice Eugénie la lui remet en mains propres, voulant démontrer que « le génie n'avait pas de sexe »[48]. En 1894, elle devient la première femme promue au grade d’officier[49].

Elle accède à la grande peinture malgré toutes les barrières dévolues aux femmes avec son tableau Le Labourage nivernais en 1849, par le thème, la taille (H. 1,34 ; L. 2,6 m[50]) et la composition[51]. Cette œuvre fait référence à La Mare au diable de George Sand[51]. Les bovins traversent le tableau sur une ligne horizontale[51].

Elle dessine une stratégie commerciale pour assurer son indépendance financière[51]. Elle constitue un atelier de production avec Nathalie Micas et Juliette Bonheur. Ses œuvres sont reproduites en estampes par la maison Goupil qui souhaite mettre l'art à la portée de tous, lui assurant une large diffusion. Elle donne interviews et photographies pour forger une légende autour de son personnage[51]. Elle part en tournée avec son marchand d'art pour trouver son réseau de vente et faire la promotion de ses tableaux[52].

Elle est la première artiste dans l'histoire de la peinture qui voit le marché de l'art spéculer sur ses tableaux de son vivant[51].

Postérité[modifier | modifier le code]

Anna Klumpke entretient la mémoire de l'artiste en publiant une biographie de Rosa Bonheur. Anna Klumpke crée également un prix Rosa-Bonheur à la Société des artistes français. Les obsèques de Rosa Bonheur font l'objet de nombreux articles dans La Fronde, journal féministe fondé par Marguerite Durand en 1897[52]. Hubertine Auclert regrette qu'elle n'ait pas accepté les honneurs militaires pour ses obsèques, hommage qu'elle aurait pu recevoir en tant qu'officière de la légion d'honneur[52], mais que Rosa Bonheur avait clairement refusés.

Rosa Bonheur est un modèle pour les artistes femmes du début du XXe siècle. Elles font référence à elle dans leur lutte pour que les femmes deviennent membres du jury du Salon des artistes français[52].

À la fin du XXe siècle, plusieurs auteurs publient de nouvelles biographies de Rosa Bonheur fondées sur le caractère exceptionnel de sa vie en tant que femme. Ces ouvrages lui valent un renouveau de notoriété, alors qu'on juge ses réalisations artistiques confiner au kitsch[53] ou au mièvre[54].

L'écrivaine Danielle Digne a été une des premières à remettre Rosa Bonheur, en lumière, avec son ouvrage paru en 1980, Rosa Bonheur ou l'insolence.

De mai à août 1997, une grande rétrospective sur Rosa Bonheur s'est tenue au musée des Beaux-arts de Bordeaux (sa ville natale). L'exposition sera reprise, fin 1997, au musée de Barbizon, puis à New-York, au musée Dahesh, début 1998.

Rosa Bonheur commence à être redécouverte comme une « artiste LGBT », comme le témoigne sa présence dans l'exposition "La mirada del otro" du Musée du Prado à l'occasion de la World Pride 2017[55],[56].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En Pologne[modifier | modifier le code]

Œuvres référencées[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Sultan et Saïda (vers 1888), deux des lions du dompteur François Bidel[57], non localisé

Galerie[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Salon de 1845 : médaille de 3e classe (section « Paysage et Animaux ») ;
  • Salon de 1848 : médaille de 1re classe ;
  • Salon de 1853 : ses tableaux sont exemptés de jury d'admission au Salon ;
  • 1863 : membre honoraire de l'Académie des beaux-arts de Pennsylvanie et de la Société des artistes belges ;
  • 1865 : chevalier de la Légion d'honneur : décret en conseil des ministres du 8 juin, signé par l'impératrice-régente[58] ; Croix de San Carlos du Mexique, octroyée par l'empereur Maximilien et l'impératrice Carlotta ;
  • 1868 : membre de l'Académie des beaux-arts d'Anvers ;
  • 1880 : commandeur de l'ordre royal d'Isabelle par Alphonse XII d'Espagne et croix de Léopold de Belgique ;
  • 1885 : membre honoraire de la Royal Academy of Watercolorists de Londres et Mérite des beaux-arts de Saxe-Coburg-Gotha ;
  • 1894 : officier de la Légion d'honneur, première femme dans ce grade ;
  • 1899 : médaille d'honneur à titre posthume du Salon des artistes français[31].

Notoriété[modifier | modifier le code]

Anna Klumpke, Portrait de Rosa Bonheur (1898), New York, Metropolitan Museum of Art.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le Monument à Rosa Bonheur, à Fontainebleau (1901), partiellement détruit en 1942 (taureau fondu)
  • Une statue la représentant assise et tenant une palette se trouve au jardin public de Bordeaux. Œuvre du sculpteur Gaston Veuvenot Leroux, la réplique en marbre d'après le plâtre original de 1910 (détruit) a été inaugurée en 1922.
  • En hommage à la peintre, trois guinguettes parisiennes portent le nom de Rosa Bonheur[60]. La première ouvre en 2008 dans le Parc des Buttes-Chaumont, la deuxième en 2014 en bords de Seine, au Port des Invalides, et la troisième en 2017 à Asnières-sur-Seine.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Émile Bellier de La Chavignerie, elle aurait été élève de Léon Cogniet. Il s'agit en fait, d'une erreur de référence dans un catalogue de Salon. Cogniet lui-même l'a reconnu, regrettant d'ailleurs de ne pas l'avoir eue comme élève.
  2. Pour Borin 2011, p. 8 « l'hypothèse de l'homosexualité de Rosa Bonheur […] était, à ses yeux [Rosa Bonheur], le résultat d'une fausse interprétation de sa vie et une incompréhension totale ». Dans son ouvrage, l'auteur ne trouve aucune confirmation de l'homosexualité supposé de Rosa Bonheur dans les publications du XIXe siècle. Par ailleurs, pour Albert Boime, « il n'y a pas d'indices que ses relations intimes avec des femmes aient été consommées sexuellement. La répression de la sexualité avouée, particulièrement pendant l'ère victorienne, dans beaucoup de relations profondément engagées, n'était pas rare, et c'est un choix évident dans une société où l'“amitié romantique” est tolérée si la sexualité est niée » (Boime 1981, p. 386).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Rosalie Bonheur sur le site des Archives départementales de Seine-et-Marne.
  2. Communiqué de presse de la mairie de Bordeaux, à la suite de la pose d'une plaque commémorative sur sa maison natale le 17 février 2009.
  3. a et b Klumpke 2001, p. 83
  4. Raimond Bonheur orthographie son prénom avec un « i » (Borin 2011, p. 10)
  5. Lepelle de Bois-Gallais 1856, p. 12.
  6. Digne 1980, p. 65
  7. Rosa Bonheur - Labourage nivernais, notice sur le site du musée d'Orsay.
  8. « Musée d'Orsay: Rosa Bonheur Labourage nivernais », sur www.musee-orsay.fr, (consulté le 26 février 2017).
  9. Le 24 mars 1849 (Lepelle de Bois-Gallais 1856; Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1880, p. 258-259).
  10. « Sur l'histoire des écoles des Arts Décoratifs et des Beaux-Arts à Paris… », .
  11. Klumpke 2001, p. 275.
  12. Henry de La Madelène, « Salon de 1853 », L'éclair,‎ , p. 314 (lire en ligne).
  13. Franck Ferrand, « La peintre Rosa Bonheur », émission Au cœur de l'histoire, 8 mars 2012 (en ligne) « "Gonzague Saint-Bris lui l'imagine homosexuelle. »
  14. « M. Gambaert, l'heureux spéculateur qui, en Angleterre, a gagné 400 000 fr. à montrer le Marché aux chevaux de mademoiselle Rosa Bonheur, qu'il avait payé 40 000 francs. », Gustave Bourdin, « Causeries », Le Figaro,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  15. Bernadette Lizet, La Bête noire : à la recherche du cheval parfait, éditions MSH, 1989, p. 123.
  16. Vapereau, ibid.
  17. Les beaux-Arts en Europe, 1855, p. 120.
  18. Visite de l'Impératrice à Rosa Bonheur, estampe de Auguste Victor Deroy. Reproduction sur le site de la RMN. La date manuscrite de 1863, apocryphe, est une erreur.
  19. Catherine Granger, L'Empereur et les arts : la liste civile de Napoléon III, Droz, 2005, p. 131, (ISBN 2900791715).
  20. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, p. 282.
  21. Elle fut même annoncée par Le Petit Journal comme la seconde femme à recevoir cette distinction après une religieuse, Sœur Marthe, ce qui provoqua un afflux de protestations dans le courrier des lecteurs, mentionnant différentes femmes ayant reçu avant elle le titre de « chevalière de la légion d'honneur », généralement pour actes de bravoure. Voir « Les chevalières de la Légion d'honneur », Le Petit Journal, 18 juin 1865.
  22. Rosa Bonheur PDF du site officiel de la Légion d'Honneur « Copie archivée » (version du 10 octobre 2010 sur l'Internet Archive).
  23. « Les femmes décorées », Le Gaulois, no 5515,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  24. Borin 2011, p. 9.
  25. Didier Gayraud, Belles demeures en Riviera, Éditions Giletta, 2005, p. 127.
  26. Klumpke 2001, p. 23.
  27. Natacha Henry, Rosa Bonheur et Buffalo Bill, une amitié admirable, éditions Robert Laffont, , 230 p. (ISBN 978-2-221-20097-1)
  28. The King of the Forest (n° 426, page 226), Stampede (n°501, page 230), A Pastoral (n°3067, page 150), Sheep (n°3101, page 153) : voir catalogue officiel en ligne du Palais des Beaux-arts.
  29. « Head of a Lioness (n° 50), Head of a young Bull (n°51), Spanish Cattle (n° 52) - voir catalogue officiel en ligne du Woman's Building. »
  30. « Comité des dames l'exposition féminine française à Chicago, pages 33-34 »
  31. a et b Marie Borin, Rosa Bonheur, une artiste à l'aube du féminisme, Pygmalion, 2011, p. 381.
  32. Juliette Benzoni, Cent ans de la vie de château, C. de Bartillat, 1991, p. 207 à 212.
  33. Klumpke 2001, p. 257.
  34. Testament de Rosa Bonheur (1898) ": n'ayant eu ni enfant, ni tendresse pour le sexe fort; si ce n'est pour une franche et bonne amitié pour ceux qui avaient toute mon estime..."
  35. a et b Borin 2011
  36. Michelle Zancarini-Fournel, Histoire des femmes en France : XIXe – XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 192.
  37. Franck Ferrand, « La peintre Rosa Bonheur », émission Au cœur de l'histoire, 8 mars 2012 (en ligne [archive]) « "Gonzague Saint-Bris lui l'imagine homosexuelle. »
  38. Marie Borin, Rosa Bonheur, une artiste à l'aube du féminisme, Pygmalion, 2011, page 8
  39. (en) Martha Vicinus, Intimate Friends : Women Who Loved Women, 1778-1928, University of Chicago Press, 2004, p. 15-18 et photo du couple.
  40. Testament de Rosa Bonheur : "Je donne et lègue à Mlle Anna-Elisabeth Klumpke, ma compagne, collègue peintre et mon amie, tout ce que je possèderai à mon décès..."
  41. Journal de Rosa Bonheur (page 312-313) : C'est moi qui ait payé, aussitôt que cela me fut possible les frais d'éducation de Germain... Et bien ! L'on a dit que c'était moi qui étais sa mère et non sa bienfaitrice. C'est là des choses qu'on peut pardonner, mais oublier jamais !
  42. « boiteuse, de visage ingrat, lui témoignant une admiration totale qui ne demandait qu'à se muer en affection... »
  43. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 131.
  44. Boime 1981.
  45. Jules Claretie, Peintres et sculpteurs contemporains, Paris, Charpentier, (lire en ligne).
  46. Ambroise Vollard, Paul Cézanne, Paris, Georges Crès, (lire en ligne), p. 115, 180
  47. (Mauriac, Mémoires intérieurs, 1959, p. 20) cité dans CNTRL : « Facilité ».
  48. Harris, Ann Sutherland., Nochlin, Linda, 1931- ..., Los Angeles county museum of art. et impr. Delmas), Femmes peintres : 1550-1950 : [exposition, Los Angeles county museum of art 1976], Des Femmes, (ISBN 2721002082, OCLC 461770300, lire en ligne)
  49. « Rosa Bonheur | La grande chancellerie », sur www.legiondhonneur.fr (consulté le 25 février 2017)
  50. « Musée d'Orsay: Rosa Bonheur Labourage nivernais », sur www.musee-orsay.fr (consulté le 25 février 2017)
  51. a b c d e et f Lebovici, Élisabeth, 19.-, Femmes artistes, artistes femmes : Paris, de 1880 à nos jours, Hazan, (ISBN 275410206X, OCLC 422077213, lire en ligne)
  52. a b c et d Bard, Christine (1965-....). et Chaperon, Sylvie (1961-....)., Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle, Presses universitaires de France, (ISBN 9782130787204, OCLC 972902161, lire en ligne)
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  56. AFP, « Un désir exposé et banni: le Prado expose les LGBT dans l’art », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 17 juillet 2017)
  57. François Bidel, Les mémoires d'un dompteur, Librairie de l'Art, Paris, 1888, p. 153-154.
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  59. « Monument à Rosa Bonheur – Fontainebleau (fondu) », notice sur e-monumen.net
  60. « Rosa Bonheur | Guinguettes ambassadrices de la Camargue à Paris », sur rosabonheur.fr (consulté le 10 janvier 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Suzettte Robichon, Rosa Bonheur, Ceci est mon testament, édition présentée par l'auteur, Éditions iXe, 2012 (ISBN-979-10-90062-04-7).
  • Marie-Jo Bonnet, Les deux Amies. Le couple de femmes dans l'art, Éditions Blanche, 2000.
  • Marie Borin, Rosa Bonheur : une artiste à l'aube du féminisme, Pygmalion, , 446 p. (ISBN 9782756406626, lire en ligne).
  • Danielle Digne, Rosa Bonheur ou l'insolence : histoire d'une vie 1822-1899, Denoël, .
  • Albertine Gentou, Rosa Bonheur. Une femme au service de l'art, L'Harmattan, 2018.
  • Natacha Henry, Rosa Bonheur et Buffalo Bill, une amitié admirable, Robert Laffont, 2019.
  • (en) Anna Klumpke, Rosa Bonheur : sa vie son œuvre,
  • (en) Anna Klumpke, Rosa Bonheur: The Artist's Autobiography, University of Michigan Press,
  • Frédéric Lepelle de Bois-Gallais, Biographie de Mademoiselle Rosa Bonheur, Paris, E. Gambart, (lire en ligne)
  • Eugène de Mirecourt, Rosa Bonheur, G. Havard, , 94 p. (lire en ligne)
  • Eugène de Mirecourt, Rosa Bonheur, Librairie des Contemporains, , 64 p. (lire en ligne)
  • Francis Ribemont, Dominique Cante, Rosa Bonheur (1822-1899), Musée des beaux-arts de Bordeaux, 1997.
  • Léon Roger-Milès, Rosa Bonheur. Sa vie, son œuvre, Société d'édition artistique, 1923. Réédition en 2010
  • Gonzague Saint Bris, Rosa Bonheur - Liberté est son nom, Robert Laffont, 2012.
  • (en) Theodore Stanton, Reminescenses of Rosa Bonheur, Londres, 1910.
  • (en) Montana Turner R., Rosa Bonheur : portraits of women artist for children, Little, 1991.[réf. nécessaire]
  • Albertine Gentou, Rosa Bonheur Une femme au service de l'art, L'Harmattan, (ISBN 978-2-343-15939-3)
  • (en) Encyclopædia Britannica (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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