Église Notre-Dame de Saint-Saturnin

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Église Notre-Dame
(ou église Saint-Saturnin)
de Saint-Saturnin
Image illustrative de l’article Église Notre-Dame de Saint-Saturnin
Présentation
Culte Catholique
Type Église
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux 1850
Architecte Aymon Gilbert Mallay (flèche du clocher en 1850)
Style dominant Art roman auvergnat
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Puy-de-Dôme
Ville Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme)
Coordonnées 45° 39′ 37″ nord, 3° 05′ 36″ est

L'église Notre-Dame (ou Saint-Saturnin)[1] est une église de style roman auvergnat située à Saint-Saturnin, dans le département français du Puy-de-Dôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle est la plus petite, la plus sobre et la plus tardive des cinq églises dites « majeures » d'Auvergne, au nombre desquelles figurent la basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand, l'église Saint-Austremoine d'Issoire, la basilique Notre-Dame d'Orcival et l'église de Saint-Nectaire.

L'église, le château et le village de Saint-Saturnin.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église de Saint-Saturnin a été construite durant le troisième quart du XIIe siècle[2].

La flèche du clocher, détruite durant la Révolution française, fut reconstruite à l'identique en 1850 par l'architecte Aymon Gilbert Mallay[1].

L'église fait l'objet d'un classement par liste au titre des monuments historiques depuis 1862[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

La façade occidentale constitue un simple mur écran.

Structure du chevet[modifier | modifier le code]

Édifiée en arkose, l'église Notre-Dame de Saint-Saturnin présente un remarquable chevet roman auvergnat constitué d'un étagement de volumes de hauteur croissante :

Des cinq églises majeures de Basse-Auvergne, l'église de Saint-Saturnin est celle qui possède le chevet le plus modeste car elle est la seule à ne pas posséder de chapelles rayonnantes autour du déambulatoire (ni de chapelle axiale comme à Issoire).

La silhouette caractéristique et l'élan vertical des chevets romans auvergnats sont dus au « massif barlong », ce parallélépipède allongé transversalement qui surmonte la croisée du transept et est couronné par le clocher. L'élévation progressive des volumes est encore accentuée par les deux toits en appentis[3] du « massif barlong », qui encadrent la naissance du clocher.

Décoration extérieure[modifier | modifier le code]

Le chevet possède une décoration remarquable par sa polychromie, obtenue par l'utilisation de basalte noir. Cette décoration est cependant nettement plus sobre qu'à Issoire.

Le chevet et le déambulatoire possèdent une corniche largement débordante ornée d'une frise en damier et soutenue par des modillons à copeaux.

Sous la corniche du chœur se déploie une mosaïque de rosaces polychromes réalisées avec du basalte. Sous cette mosaïque, les fenêtres du chœur alternent avec des loges rectangulaires abritant chacune trois colonnettes.

Dominant le chœur, les arcs des fenêtres du « massif barlong » sont ornés de claveaux polychromes.

Architecture intérieure[modifier | modifier le code]

L'intérieur n'est pas polychrome comme à Issoire.

Le chœur, voûté en cul-de-four, est entouré de six colonnes couronnées de chapiteaux sculptés de motifs végétaux supportant des arcs surhaussés surmontés d'une deuxième série de baies, alternativement ajourées et aveugles.

Les collatéraux, étroits, sont séparés de la nef par des piliers renforcés par des colonnes engagées surmontées de chapiteaux historiés. Ils possèdent des voûtes d'arêtes séparées par de puissants arcs-doubleaux.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Maître-autel[modifier | modifier le code]

Dans le sanctuaire, au rond-point des colonnes, le maître-autel que l'on dit provenir de la chapelle disparue du château[réf. nécessaire], mais qui est plus sûrement l'autel même de la paroisse comme l'indique assez l’importance de son « tabernacle à repos » d'un style hérité de la Renaissance, présente sur les trois gradins qui font transition avec la table et le corps de l'autel les chiffres "H" et "M" couronnés. En raison d'un patriotisme local, Henri du Ranquet a été porté à y voir les chiffres du roi Henri IV et de sa première femme, Marguerite de Valois. Mais ils ont plus de chance d'être ceux d'Henri IV et de Marie de Médicis. En effet, retenue prisonnière à Usson, Marguerite de Valois qu'Henri de Navarre avait épousée en 1572 et dont il se sépara en 1599, tout en lui reconnaissant le titre de reine, puisqu'il avait été sacré roi de France en 1594, n'avait guère de raison de s'intéresser à Saint-Saturnin où elle ne résida pas. En revanche, Marguerite de Valois fit son héritier du dauphin Louis XIII, né en 1601 de l'union d'Henri IV et de Marie de Médicis, auxquels la bénédiction nuptiale fut donnée à Lyon en 1599. À supposer que le maître-autel de l'église de Saint-Saturnin ait été offert par la « Reine Margot », ce qui implique que les gradins timbrés du double chiffre "H" et "M" soient d'origine, il ne put de toutes façons être offert avant l'année 1594 qui vit l'élévation d'Henri de Navarre au trône de France. Mais à la mort de Catherine de Médicis, sa mère, en 1589, Marguerite de Valois avait été privée de son héritage auvergnat. Elle ne rentra dans ses droits qu'en 1606, date à laquelle elle fit donation de ses biens au dauphin, futur Louis XIII, tout en conservant l'usufruit. Si le maître-autel fut offert à cette date, il ne put l'être qu'à l'église paroissiale. De fait, en 1605, le château qui avait été assiégé à deux reprises, en 1589 et 1594, ne possédait plus ni portes ni fenêtres. Il était donc inhabité. Quoi qu'il en soit, Henri IV périt assassiné en 1610 et Marguerite devait s'éteindre en 1615. À strictement parler, les trois gradins qui portent les chiffres "H" et "M" n'ont pu être exécutés qu'entre 1594 et 1610.

Dans les années 1990, cet autel et le chœur ont été la cible de modifications controversées et parfois illégales, visant à rendre aux lieux de culte l'apparence d'une « pureté romane » imaginaire[4].

Tabernacle[modifier | modifier le code]

Quant au tabernacle en bois doré dont la présence est mentionnée le , à l'occasion de la première visite de l'église paroissiale effectuée par Mgr Louis d'Estaing, évêque de Clermont, il se rattache par son style à cette même période (1594-1615). Il n'a donc rien de baroque et il est beaucoup plus ancien qu'on ne le croit généralement, ce qui justifie pleinement son classement précoce au titre des monuments historiques en 1875[5],[6],[7].

Autres[modifier | modifier le code]

À l'intérieur de l'église, plusieurs autres objets sont également classés au titre des monuments historiques :

Plusieurs sculptures sont également classées au titre des monuments historiques :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Église Notre-Dame (ou Saint-Saturnin) », notice no PA00092391, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  2. L'art roman dans le Puy-de-Dôme, édité par le Conseil général du Puy-de-Dôme, p.12-13
  3. Rolf Toman, Espéraza Birgit Beyer, Angelika Gundermann, L'art roman, Éditions Könemann, 1997, p.150
  4. Un article du Monde revient sur l’église de Saint-Saturnin
  5. « Autel, retable, tabernacle, exposition (maître-autel) », notice no PM63000902, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 25 octobre 2013.
  6. Humbert Jacomet, conservateur du Patrimoine de la DRAC Auvergne
  7. Saint-Saturnin : le prêtre, la mère de ministre et le maître-autel
  8. « Tableau, cadre : Dieu le père présentant la croix à Jésus enfant entre la Vierge et saint Joseph », notice no PM63000909, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  9. « Peinture monumentale (2e fenêtre nord) : l'Annonciation », notice no PM63000904, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  10. « Plaque funéraire de Bertrand, prieur de Saint-Saturnin », notice no PM63000903, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  11. « Orgue à cylindres », notice no PM63001963, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  12. « Statue : Vierge en majesté », notice no PM63001907, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  13. « Tête de Christ de Pitié couronné d'épines », notice no PM63001905, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  14. « Statue-reliquaire : Vierge de Pitié », notice no PM63000908, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  15. « Statue : saint Verny », notice no PM63000907, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  16. « Statue : sainte Marthe », notice no PM63000906, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.
  17. « Groupe sculpté : Vierge de Pitié entre saint Jean et sainte Madeleine (la) », notice no PM63000905, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 28 octobre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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