Abbaye de la Chaise-Dieu

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Abbaye de la Chaise-Dieu
La-Chaise-Dieu JPG0 (6).JPG
Cloître de l'abbaye de la Chaise-Dieu.
Présentation
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Ange musicien jouant de la flute - détail du tombeau de Rançon de Montclar.

L'abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne, est une ancienne abbaye bénédictine, chef de l'ordre casadéen, située sur la commune de La Chaise-Dieu dans le département de la Haute-Loire.

L'abbaye bénédictine est réputée pour son architecture gothique, sa danse macabre, sa curieuse Salle des échos, sa tapisserie de L'Apparition du Christ à Marie-Madeleine et son festival de musique fondé en 1966 par Georges Cziffra.

Fondation[modifier | modifier le code]

Chœur de l'abbaye avec le tombeau du pape Clément VI.

L'abbaye bénédictine, qui a donné son nom (dérivé par assonance analogique du latin médiéval Casadei) à une portion du plateau auvergnat, a été fondée en 1043 par Robert de Turlande et quelques disciples, Étienne de Chaliers et un certain Delmas[1].

Le développement de l'abbaye et du bourg, a été très rapide en raison de l'afflux de moines (300 du XIe au XIIIe siècle), d'artisans, de paysans, de commerçants et même d'hommes de loi. Saint Robert de Turlande, le fondateur, était le fils d'un riche chevalier auvergnat. Robert de Turlande, chanoine-comte de Brioude, après avoir fondé avec l'argent de son propre patrimoine, un hôpital dans cette ville, décide de lancer une entreprise plus importante sur le plateau de La Chaise-Dieu, en civilisant les indigènes qui y vivaient dans des conditions extrêmement précaires.[réf. nécessaire]} Le succès de sa création, caractérisée par l'importance de l'aumônerie (plus de 4000 pauvres secourus par an[réf. nécessaire]) et de l'hôtellerie (voyageurs puis pèlerins de saint Robert) a permis la fondation de nombreuses dépendances. La congrégation casadéenne comprenait un siècle plus tard dix abbayes et trois cent quarante prieurés.

En 1067, à la mort du fondateur qui sera canonisé, l'abbaye compte trois cents moines; elle est sur le point de devenir, en Auvergne, l'égale de Cluny. Son second abbé est Durand de Bredon. Elle bénéficie de donations importantes de grandes familles: les Mercœur de La Voûte-Chilhac, les comtes d'Auvergne de Vodable ou les Polignac près du Puy.

Plusieurs papes passeront à La Chaise-Dieu : Urbain II, Calixte II, Innocent II en 1132 qui a dû quitter Rome à la suite d'un schisme. Au XIVe siècle, Pierre Rogier ancien moine de la Chaise-Dieu, devient pape en Avignon sous le nom de Clément VI. C'est lui qui finance la construction de la nouvelle abbatiale dans laquelle il se fera inhumer. Il fait appel aux trois plus grands architectes de l'époque : Hugues Morel, Pierre de Cébazat et Pierre Falciat. L'abbatiale est achevée en 1378, sous le pontificat du pape Grégoire XI, propre neveu de Clément VI.

L'abbaye sera ensuite soumise par Rançon de Montclar à la Règle de saint Benoît[réf. nécessaire]}.

Fragment de la fresque de la Danse macabre (milieu du XVe siècle).

En 1516, comme beaucoup d'autres, le Concordat la fait tomber sous le système de la Commende. Les abbés commendataires les plus illustres s'y succéderont, sans souvent y venir: le cardinal Adrien Gouffier de Boissy, un Angoulême, deux Valois, les cardinaux de Richelieu et Mazarin, un Mancini, un La Rochefoucauld, deux Rohan-Soubise et un Rohan-Guéméné.

Autel tridentin de La Chaise-Dieu

Les troupes calvinistes qui pillent et rançonnent toutes les abbayes d'Auvergne et du Rouergue, s'emparent de la Chaise-Dieu le 2 août 1562, pillent ses trésors avant de s'attaquer à celles de Vabres (1568) et d'Aurillac (1569).

Un incendie détruit en 1695, la plupart des bâtiments conventuels. Ils seront reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

En 1640, le cardinal de Richelieu, fâché de son insoumission permanente[réf. nécessaire], la rapprochera de la Congrégation de Saint-Maur.

Chaque 24 avril, le chapitre général de la Saint-Robert réunissait les moines de l'abbaye mère, les abbés et les prieurs des maisons filiales, pour administrer l'ensemble, gérer les conflits et verser la lourde redevance au pape[réf. nécessaire]. Seigneur féodal, l'abbé de La Chaise-Dieu, avec une escorte de « treize ou quatorze chevaux », comptait parmi les plus grands barons de l'Auvergne. L'abbaye de La Chaise-Dieu qui compte encore une quarantaine de moines à la Révolution, ne survivra pas à celle-ci.

En 1786, le cardinal de Rohan, mêlé à Affaire du collier de la reine Marie-Antoinette, y fut exilé.

Depuis 1975, la vie religieuse a repris à La Chaise-Dieu : une petite communauté des Frères de Saint-Jean est en train de rétablir une vie religieuse mais non monacale, dans un apostolat de proximité.

Depuis 2001, le Réseau Européen des Sites Casadéens, une association loi 1901, renoue les liens entre ces anciennes dépendances de l'Abbaye de La Chaise-Dieu, fait la promotion du patrimoine casadéen, encourage les échanges (éducatifs, scientifiques, artistiques…) et la coopération entre ces sites afin de contribuer à leur développement culturel et touristique[2].

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

L’abbaye au XVIIe siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

En 1097, Raymond de Saint-Gilles avant de se croiser, viendra en pèlerinage à l'abbaye de la Chaise Dieu, et fera don à Pons, Abbé de la dite abbaye, de ses prieurés et églises qu'il tenait dans la ville de Beaucaire. Ce don sera confirmé par l'archevêque d'Arles qui était suffragant et suzerain à Beaucaire[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Église abbatiale[modifier | modifier le code]

Cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître gothique (de type languedocien) fut édifié à la fin du XIVe siècle. Il ne reste que deux galeries; l'une est surmontée d'un étage qui servait de bibliothèque.

Bâtiments conventuels[modifier | modifier le code]

Cimetières[modifier | modifier le code]

Abbés[modifier | modifier le code]

Moines et hôtes illustres[modifier | modifier le code]

Gisant du pape Clément VI dans l'abbatiale de la Chaise-Dieu
Gisant du pape Clément VI

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de l'abbaye sont différentes de celle de la ville : elles associent les armoiries de Clément VI, et celle des rois de France.

Devise[modifier | modifier le code]

Terriers, propriétés, revenus, dépendances[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

www.abbaye-chaise-dieu.com Site de l'Abbaye de La Chaise-Dieu, section "Historique".

  • Jacques de Seauve, Bornes sculptées de l’abbaye de La Chaise-Dieu, Brioude, Almanach de Brioude, [4]
  • Georges Paul, L’abbaye bénédictine de La Chaise-Dieu, 1951
  • G. Boudet, Promenade héraldique dans le bourg de La Chaise-Dieu, communication à la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, 1989
  • Pierre-Roger Gaussin, L’abbaye de La Chaise-Dieu 1043-1518, 1962
  • Pierre-Roger Gaussin, Huit siècles d’histoire : l’abbaye de La Chaise-Dieu 1043-1790, 1967
  • Jacques Bellut, L'abbaye de La Chaise-Dieu - Mille ans de présence religieuse, éditions Créer, 2011.
  • Christian de Seauve, La Forêt de l'Abbaye de la Chaise-Dieu et sa gestion sous l'Ancien Régime 1669-1791 : in Cahiers de la Haute-Loire 2002, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, [5],[6]
  • Jacques Bellut, Les bâtiments de l’abbaye de La Chaise-Dieu depuis la Révolution : in Cahiers de la Haute-Loire 2017, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, [7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ulysse Rouchon, La Chaise-Dieu, Régis Marchessou, , p. 10.
  2. Réseau Européen des Sites Casadéens / Qui sommes-nous ?
  3. Dom Vic et Dom Vaissette, Histoire générale du Languedoc[réf. incomplète]
  4. Plus d'une trentaine de bornes parsèment les bois. Elles représentent le bâton en T de saint Robert où la crosse abbatiale, les paysans appellent pierre du beurre celles aux armes de Richelieu.
  5. Depuis l'Ordonnance de 1669 de Colbert, les Eaux et Forêts administrent les bois de l'abbaye bénédictine de La Chaise-Dieu. Inlassablement les forêts de Livradois sont donc visitées, "réformées", bornées. Malgré quelques manquements individuels, les grands-maîtres et les officiers de la Maîtrise d'Ambert se battent de concert avec les moines contre les droits et vols des riverains, et la rapacité des abbés cardinaux de Rohan.
  6. Critique de l'ouvrage de Christian de Seauve par la revue ENGREF, publication de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, Nancy, en 2003 : « L’auteur, Christian de Seauve, s’intéresse de longue date au patrimoine et au passé du Velay. L’Abbaye de la Chaise-Dieu est située au nord de ce pays du Massif central au particularisme marqué. Durant des siècles, l’Abbaye eut une puissance et une influence considérables et, à la fin de l’Ancien Régime, elle “possédait” un patrimoine forestier de près de 1 000 ha, divisé en une quinzaine de massifs. » (...) revue ENGREF, Nancy, 2003.
  7. À partir du manuscrit du chanoine Girard (1860-1946), est décrit le devenir du patrimoine immobilier de l’abbaye de La Chaise-Dieu suite à la vente des biens nationaux. Le cadastre de l’époque les situe dans le bourg. Les usages de ces immeubles varient au fil du temps jusqu’à leur rachat, leur restauration et leur réinsertion dans l'ensemble abbatial.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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