Puy Pariou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Puy Pariou
Le puy Pariou vu depuis le Grand Suchet.
Le puy Pariou vu depuis le Grand Suchet.
Géographie
Altitude 1 209 m
Massif Chaîne des Puys
(Massif central)
Coordonnées 45° 47′ 44″ nord, 2° 58′ 13″ est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Puy-de-Dôme
Géologie
Roches Trachy-basalte, trachy-andésite, trachyte
Type Volcan rouge
Activité Endormi
Dernière éruption 6250 av. J.-C.
Code GVP 0100-02-
Observatoire Aucun

Géolocalisation sur la carte : Puy-de-Dôme

(Voir situation sur carte : Puy-de-Dôme)
Puy Pariou

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Puy Pariou

Le puy Pariou parfois appelé Puy de Pariou et plus souvent, simplement Le Pariou est un volcan de la chaîne des Puys, dans le Massif central. Formé par la superposition de deux cônes stromboliens et d’un anneau de tuf, cet ensemble a produit trois coulées de laves au cours de son histoire éruptive.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le puy Pariou se situe à environ 10 km à l'ouest de Clermont-Ferrand et à un peu plus de 2 km d’Orcines, juste au sud de la route passant par le col des Goules. Le puy des Goules est situé à moins de 400 m au nord, le puy de Clierzou, le Grand Suchet et le petit Suchet à quelques centaines de mètres à l'ouest et au sud-ouest, et le puy de Dôme à 2 km au sud.

Topographie[modifier | modifier le code]

Vue est du cratère du puy Pariou.

Culminant à 1 209 mètres d'altitude, il s'élève 250 m au-dessus du socle cristallin qui constitue la plaine environnante[1]. Il a une forme typique de volcan de type strombolien et son cratère est formé de deux cratères emboîtés. Le cratère central, le plus élevé et le plus récent, forme un cercle presque parfait. Il atteint 90 mètres de profondeur et 200 m de diamètre[1]. Les deux cratères ne sont pas dans le même axe, contrairement à ceux du puy de Côme. On compare souvent le puy Pariou au Vésuve, avec son cône récent surmontant une somma.

L'ancien cratère (« ancien Pariou ») et l'anneau de tuf qui le prolonge sont encore bien visibles à l'ouest et au nord. Au sud, il est dissimulé sous le nouveau cratère (« nouveau Pariou ») et à l'est sous d’anciennes coulées de lave.

La cheire du puy Pariou est inculte, elle est parsemée de feuillus, de genévriers, et d'une herbe très fine et rase.

Géologie[modifier | modifier le code]

Vue du cratère du Pariou avec le puy de Côme à l'arrière-plan.

L'ancien Pariou est de nature trachytique et trachy-basaltique. Ces derniers sont noirs et contiennent des phénocristaux de petite taille d'augite, d'anorthite (de type bytownite et labradorite), et d'olivine[1].

Ce premier cône est prolongé au nord par l'anneau de tuf trachy-andésitique qui a provoqué son oblitération. Ces projections sont sombres et présentent au microscope de petits cristaux d'andésine et d'hornblende disséminés dans un verre volcanique de couleur brun clair[1].

Le nouveau Pariou est de nature trachy-andésitique. De couleur gris bleuté, cette roche contient quelques anorthites de type labradorite et hornblendes incluses dans du verre volcanique contenant des microlithes de feldspaths, de pyroxènes et d'olivine. La lave était très riche en gaz comme en témoignent de nombreuses bulles allongées dans le sens du courant[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire géologique[modifier | modifier le code]

L'histoire du Pariou débute par l'édification de l'ancien Pariou, un cône strombolien où se produisent de fortes explosions, éjectant des produits de nature trachytiques mêlés à des fragments de socle cristallin pulvérisé. Puis le magmatisme devenant trachy-basaltique, apparaît une coulée de lave au sud-est du volcan. Cette coulée s'étend sur près de 2 km et atteint l'actuel emplacement d’Orcines[1].

Par la suite, débute un épisode plus explosif, durant lequel l'ancien Pariou est presque entièrement oblitéré par un anneau de tuf trachy-andésitique. Il ne reste alors de l'ancien cône strombolien qu'un petit pan visible, au sud, tout le reste étant recouvert par l'anneau de tuf. Les cendres de cet épisode éruptif s'étendent au moins jusqu'à l'actuelle ville de Clermont-Ferrand[1].

Apparaît ensuite un deuxième cône strombolien, celui du nouveau Pariou, légèrement excentré vers le sud. Il recouvre les parties sud et sud-est du pan de l'ancien Pariou qui étaient encore visibles, puis émet vers l'est une grande coulée de trachy-andésite qui recouvre la première coulée de trachy-basalte. Arrivée à Orcines, cette deuxième coulée se divise en deux branches, une qui atteint l'emplacement de l'actuel Nohanent et l'autre qui atteint la zone de l'actuelle Chamalières, située à 8 km environ en aval.

L'âge de cette coulée, estimé grâce à des fragments de bois datés au carbone 14, serait de 8 580 ± 350 ans[1], soit environ entre 6915 et 6215 avant Jésus-Christ.

Puis un lac de lave s'installe temporairement entre le pied du nouveau Pariou et les bordures de l'anneau de tuf. Il finit par créer une ouverture de 200 m de largeur dans la bordure nord-est de l’anneau de tuf puis se vide en créant une petite coulée de lave trachy-andésitique. Bloquée au nord par le pied du puy des Goules, cette coulée se détourne vers l’est pour s’arrêter au niveau de l'actuel lieu-dit la Fontaine du Berger[1].

Histoire humaine[modifier | modifier le code]

Le Pariou est un site privé appartenant à 95 propriétaires (pour 146 hectares) ; les propriétaires – dont les parcelles ne sont pas délimitées – sont regroupés dans le GIE du Pariou. Il assure la conservation du site, en partenariat avec le conseil départemental et le parc naturel régional des volcans d'Auvergne[2].

Le Pariou a été l'objet d'un procès qui a eu un retentissement important au début des années 2000 : les propriétaires du site prétendaient avoir un droit de propriété sur l'image du volcan, droit qui leur aurait permis d'exiger une redevance pour l'utilisation, notamment publicitaire, de cette image[3]. Ils ont été déboutés le 23 janvier 2002 par le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand, jugement qui s'inscrivait dans la jurisprudence de la Cour de cassation (2 mai 2001) dans une affaire comparable concernant une île bretonne[4],[5].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'escalier du flanc est.

Un grand parking est établi au nord de la D941, entre la Fontaine du Berger et le col des Goules. En traversant la route, on accède à un chemin qui ouvre vers deux itinéraires pour monter au sommet du Pariou. À droite, le chemin monte en sous-bois par le flanc nord-est du volcan ; au débouché de la forêt, on se trouve presque tout de suite sur le bord du cratère. À gauche, l'itinéraire se divise en trois parties : un passage presque à plat à travers la forêt, une large montée vers le col qui sépare le Pariou du puy de Dôme, une ascension par un escalier en marches de chêne sur le flanc est du cône jusqu'au bord du cratère[6].

Un chemin permet de descendre au fond du cratère.

Le Pariou est le deuxième site le plus fréquenté de la chaîne des Puys, après le puy de Dôme. Il voit passer plus de 80 000 randonneurs chaque année. Cette fréquentation très importante a des conséquences néfastes sur les sols fragiles du volcan[2]. Des aménagements ont été réalisés pour canaliser le passage sur des cheminements consolidés, comme l'escalier du flanc est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Maurice Krafft et François-Dominique de Larouzière, Guide des volcans d'Europe et des Canaries, Paris, , 455 p. (ISBN 2-603-00813-7), p. 75-78
  2. a et b « Le puy de Pariou attire chaque année plus de 80.000 visiteurs », La Montagne, 27 août 2015.
  3. « Plainte.Les photos de volcans interdites ? », Le Parisien, 5 décembre 2001.
  4. « Le puy de Pariou au cœur d'une bataille juridique », La Croix, 22 janvier 2002
  5. « Le choc du droit à l'image », L'Humanité, 4 septembre 2007.
  6. Il est recommandé de monter par le chemin du flanc nord-est et de redescendre par l'escalier. Vues du Pariou.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :