Joseph Canteloube
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Marie Joseph Canteloube |
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Chants d'Auvergne, Anthologie des chants populaires français (d) |
Joseph Canteloube de Malaret[1], né le à Annonay (Ardèche)[2] et mort à Grigny (Seine-et-Oise) le , est un pianiste, compositeur et musicologue français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Marie Joseph Canteloube naît, en octobre 1879, d'une mère cévenole et d'un père auvergnat. Dès l'âge de quatre ans et demi, il a pour professeur de piano Mlle Amélie Daetzer, une amie de Frédéric Chopin qui se montrait « très jalouse de sa main gauche ».
Après son baccalauréat, il travaille dans une banque à Bordeaux. Légèrement malade, il revient à la maison familiale de Malaret à Bagnac-sur-Célé, et, sa santé retrouvée, il décide d'entrer à la Schola Cantorum et devient l'élève de Vincent d'Indy et de Charles Bordes, l'ami de Déodat de Séverac, d'Isaac Albéniz, d'Albert Roussel.
En 1901, à Bagnac-sur-Célé[3], il épouse Charlotte Marthe Calaret.
Dans sa biographie, Jean-Bernard Cahours d'Aspry raconte les circonstances dans lesquelles Canteloube avait recueilli, à la nuit tombée, l'air qui deviendra le thème du Baïlero : « C'était un soir de 1903, à la nuit tombante, dans la montagne qui domine Vic-sur-Cère, dans le Cantal. Il contemplait le majestueux paysage qui s'offrait à ses yeux, quand tout à coup s'éleva le chant d'une bergère qui lançait ses phrases à toute volée. Se gardant bien de se montrer, il commença à noter la mélodie, lorsque de très loin, comme portée par la brise qui se lève le soir sur la montagne, il perçut à peine perceptible, la voix lointaine d'un autre berger qui répétait le thème, à six kilomètres de là. »
Il s'impose en 1907 avec une Suite pour piano et violon en quatre parties, qui est jouée à la Société Nationale sous le titre Dans la montagne. En 1908, il écrit Colloque sentimental pour chant et quatuor à cordes. En 1910, il aborde l'orchestre avec Églogue d'Automne. Puis il affronte le public avec Vers la Princesse lointaine, poème symphonique qui est joué au Théâtre du Châtelet en 1912 et un poème lyrique pour chant et orchestre, Au Printemps.
En 1922, les Concerts Lamoureux programment les préludes des premier et deuxième actes du Mas, l'année suivante, un Triptyque pour chant et orchestre. En 1923 aussi, il compose six mélodies sous le titre l'Arada (la Terre).
Entre 1923 et 1930, il harmonise, d'une manière très adroite et spirituelle, trente airs de sa province natale. Il les conçoit alors pour une voix et orchestre et les publie ensuite sous le nom de Chants d'Auvergne. En 1925, il fonde La Bourrée, une filiale de l’Auvergnat de Paris. Cet organisme réunit de jeunes Auvergnats, désireux de faire connaître le folklore et la beauté de leur région.
En 1926, le Mas (trois actes dont il écrit le texte) obtient les cent mille francs du concours Heugel. La première représentation a lieu à l'Opéra-Comique le . L'amour de la terre natale lui inspire Vercingétorix avec un livret d'Étienne Clémentel, sénateur du Puy-de-Dôme (maire de la ville de Riom) et Joseph-Henri Louwyck[4].
En 1929, il compose trois pièces pour orchestre, Lauriers (ce sont des hommages à l'Auvergne), représentées le au théâtre du Châtelet et dirigées par Gabriel Pierné.
De plus, il écrit un recueil des Chants de Haute Auvergne, des recueils du Rouergue, du Limousin, du Quercy, des chants religieux d'Auvergne, l'Hymne des Gaules (sur un poème de Philéas Lebesgue), une Pastorale roumaine sur un scénario et des thèmes populaires recueillis par Michel Vulpesco.
Dès 1940, il sert le gouvernement de Pétain à Vichy. Il défend les chants traditionnels des provinces françaises sur Radio-Paris (en collaboration avec le ténor Christian Selva, avec qui il enregistre quatre disques en 1942-1943). Parallèlement, il publie[5] dans le journal monarchiste L'Action française et écrit notamment : « Il faut, aux chants de la terre, leur décor, leur cadre, leur accompagnement de nature, de plein air. » Il s'agit là pour lui de ne pas se priver "ni d'harmonisations, ni d'accompagnements, ni de tout ce qui peut être nécessaire à donner la connaissance « exacte » de nos chants" afin de restituer à l’auditeur ce qui se perd lorsque ces mélodies sont arrachées à leur terroir d’origine. Il souligne aussi que « le chant populaire ne jouera son rôle dans le réveil de l’âme française endormie, son rôle social et national, que s’il est vivant sur les lèvres des jeunes et non pas embaumé dans la cire [des disques] comme une momie dans son sarcophage ! »[6] Dans ses articles Canteloube exalte les chants traditionnels dans lesquels il croit discerner les racines d'une France supposée immuable.[7]

En 1951, il publie, sans les harmoniser cette fois, de nombreux chants traditionnels français puisés, en presque totalité, dans divers recueils antérieurs, réalisés par d'autres folkloristes qu'il ne cite pas. C'est sa fameuse : Anthologie des Chants Populaires Français, en 4 volumes, qui deviendra une sorte de « Bible » des interprètes pour ce genre de répertoire, y compris pendant la période du mouvement « folk » post-soixante-huitard. L’Académie française lui décerne le prix Saintour pour cet ouvrage.
Il participe à de nombreuses émissions radiophoniques sur le folklore français, et enregistre ses Chants de France avec le ténor Christian Selva, qui en sera le premier interprète. La radio lui semble un vecteur idéal pour la diffusion de la musique populaire.
Il meurt en novembre 1957, âgé de 78 ans.
Folkloriste, musicologue et compositeur inspiré
[modifier | modifier le code]Parallèlement à (et en liaison avec) sa carrière de compositeur, il recueille un bon nombre de chants traditionnels auvergnats. Il lui fallut plus de trente ans pour mener à bien la constitution de son plus célèbre et admirable recueil intitulé : Chants d'Auvergne, où l'on peut entendre un orchestre qui reflète les couleurs et les paysages auvergnats.
Il a publié également Les Chants des provinces françaises (Paris, Didier, 1947) et le Chansonnier français à voix égales, a cappella (airs traditionnels, harmonisés par lui et publiés chez Heugel). La perception qu’il eut de la chanson populaire était totalement singulière et liée à diverses théories spéculatives[8]. Il fut d'ailleurs membre fondateur du Collège Bardique des Gaules.
Musicologue averti, il publie une biographie de Vincent d'Indy (1949) et une biographie de son ami Déodat de Séverac (1950), originaires, respectivement, du Vivarais et du Lauragais, deux régions situées dans le (ou près du) Massif central. « Je n’ai jamais cherché à faire de la musicologie à bon compte, mais simplement œuvre de cœur, œuvre de musicien désirant exalter et faire connaître ce qu’il aime. »
L'association Joseph Canteloube de Bagnac-sur-Célé est présidée par le ténor et musicologue Damien Top. Elle organise annuellement les Musicales de Bagnac.
Discographie
[modifier | modifier le code]Sources et références
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- L.G. Boursiac, Canteloube (Toulouse, 1941)
- Françoise Cougniaud-Raginel, Joseph Canteloube : chantre de la terre (Béziers, 1988)
- Jean-Bernard Cahours d'Aspry, Joseph Canteloube, 2000, Séguier
- Michel Faure, Les chansons patoises du Mas de Canteloube[9]
- Françoise Étay, Joseph Canteloube : une mystique du chant populaire, ÉNC, (ISBN 978-2-9548217-9-5, lire en ligne).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ nom de la propriété située à Bagnac-sur-Célé, dans le Lot
- ↑ Mairie d'Annonay, « Acte de naissance n° 401 du 22/10/1879 photo 206/230 NC-17105 », Archives départementales de l'Ardèche (consulté le ) : « Marie Joseph Canteloube, né le jour d'hier à 11h du matin, fils de Marie François Julien Charles Oscar Canteloube 34 a et de Marie Joséphine Alexandrine Garidel »
- ↑ Mairie de Bagnac-sur-Célé, « Acte de mariage n° 10 du 30/09/1901 photo 7/9 4 E 607 », sur Archives départementales du Lot (consulté le )
- ↑ (en) Richard Harding Davis, Wotan's Daughter : the life of Marjorie Lawrence, Kent Town, S. Aust., Wakefield Press, , 311 p. (ISBN 978-1-74305-122-1, lire en ligne)
- ↑ Sa rubrique, "Les chants populaires", paraît pour la première fois le 4 octobre 1940, en première page : Gallica: [1]. Son dernier article est publié dans le numéro du 27 octobre 1942 : Gallica: [2]. Peut-être l'interruption est-elle en lien avec le débarquement allié en Afrique du Nord (8 novembre 1942) et l’invasion de la zone libre par l’Allemagne (11 novembre 1942).
- ↑ L'Action française : organe du nationalisme intégral, 9 mars 1941, sur Gallica: [3]
- ↑ "Ces clans unis par le sol, eurent la plupart du temps, une histoire propre, et leur personnalité s'est conservée jusqu'à notre époque, maintenue par une communauté de besoins économiques et par une similitude d'origine et de race. II en est ainsi pour le Quercy, le Rouergue, le Périgord, la Bigorre, vieux « pays » dont les destinées commencèrent bien avant l'époque romaine." L'Action Française, 4 mai 1941, sur Gallica : [4]
- ↑ Étay 2016
- ↑ http://musique.histoire.free.fr/michel-faure-musique.php?musicologue=articles&article=chanson-populaire&type=chansons-patoisesréférence, citation ou lien
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Joseph Canteloube, musicologie.org
- Personnalité liée au Cantal
- Compositeur français de musique classique de la période moderne
- Compositeur français du XXe siècle
- Compositeur français d'opéra
- Personnalité de l'Action française
- Personnalité du Parti social français
- Élève de la Schola Cantorum de Paris
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- Naissance en octobre 1879
- Naissance à Annonay
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- Décès à 78 ans