Tournemire (Cantal)

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Tournemire
Tournemire (Cantal)
Le château d'Anjony vu depuis la vallée.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Cantal
Arrondissement Aurillac
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Salers
Maire
Mandat
Martine Pani-Poulvellarie
2020-2026
Code postal 15310
Code commune 15238
Démographie
Population
municipale
128 hab. (2018 en diminution de 0,78 % par rapport à 2013)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 19″ nord, 2° 28′ 59″ est
Altitude 780 m
Min. 708 m
Max. 1 046 m
Superficie 9,68 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Aurillac
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Naucelles
Législatives Première circonscription
Localisation
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Tournemire

Tournemire (Tornamira en occitan[1]) est une commune française située dans le département du Cantal, en région d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle fait partie de l'association Les Plus Beaux Villages de France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La vallée de la Doire à Tournemire.

Tournemire est une commune du Cantal située en vallée de la Doire, le village étant établi sur une hauteur en rive droite.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Seules trois communes entourent Tournemire : Girgols au sud, au sud-est et à l'est, Saint-Projet-de-Salers au nord et Saint-Cernin au nord-ouest et à l'ouest.

Communes limitrophes de Tournemire
Saint-Projet-de-Salers
Saint-Cernin Tournemire
Girgols

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Anjony, Belbex, Bezaudun, Côtes Griffoul, Côtes Rigailles, la Biou, la Blate, la Calmette, la Coste, la Fernaudie, la Forge, la Girbe, la Granerie, la Maletie, la Rode, la Roque, Lavergne, Layrac, le Kayrel, les Chers, Malet, Marcenat, Moinac, Montagne de la Rode, Montagnoune, Montredon, Moulin de Climène, Passou, Puech de Cabane, Puech de Mouredou, Puech du Camp, Puy de Girgols, le Rieux, Roussilhe, Tilit, Tournemire, Verniol.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Tournemire est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Aurillac, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 85 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (51 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (51,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (46,3 %), forêts (35,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,1 %), zones urbanisées (2,7 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Tournemire est marquée par la rivalité de deux familles : d'une part la famille de Tournemire qui possédait un château de ce nom bâti sur le promontoire dominant la vallée de la Doire, d'autre part la famille d'Anjony, famille de riches marchands pelletiers d'Aurillac qui avaient accédé à la noblesse par d'importants offices royaux, et qui a fait construire au XVe siècle le château d'Anjony au cœur même du fief de la famille de Tournemire.

La branche aînée des Tournemire demeure dans un logis noble, au milieu de l'ancien château qui tombait progressivement en ruine ; leur chapelle castrale devient l'église paroissiale dont ils conservent les droits honorifiques. De nombreuses générations des deux familles se sont tantôt battues, tantôt alliées, jusqu'à ce que les revers de fortune des Tournemire les contraignent à quitter les lieux. En 1623, c'est par un duel, trois contre trois, sur la place du village que les protagonistes vidèrent une fois pour toutes leurs querelles.

La partie romane de l'église Sainte-Croix de Tournemire est l'ancienne chapelle castrale, elle date du XIIe siècle ; dédiée à Saint Jean-Baptiste, l'église a dû recevoir son vocable de Sainte Croix lorsqu'une épine de la couronne du Christ y a été déposée par Rigaud de Tournemire, de retour de la Première croisade[9],[10]. Au Moyen Âge, certains Vendredis saints, l'épine aurait rougi de son sang[9]. Après l'incendie de 1360 lors du siège du château, l'édifice fut restauré et revoûté au début du XVe siècle : sept chapelles et un porche furent ajoutés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1944 1946 Paul Latournerie    
1946 1959 Antoine Robert    
1959 1963 Jean-Pierre Terrisse    
1963 1983 Joseph Broc    
1983 mars 2008 Jacques Latournerie    
mars 2008 En cours Jean-Pierre Fruquières[11] DVD Agriculteur

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13].

En 2018, la commune comptait 128 habitants[Note 3], en diminution de 0,78 % par rapport à 2013 (Cantal : −1,54 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500429580677691675644679659
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
667639676661638588508450451
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
425435409323323300295265331
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
326299214183163145142142141
2013 2018 - - - - - - -
129128-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le château d'Anjony.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

On trouve à Tournemire le château d'Anjony, construit à côté du château féodal des de Tournemire - dont le dernier vestige est la chapelle, devenue l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste[16].

Le cimetière (situé alors contre l'église) aura aussi connu des crimes lors de la querelle entre familles. En effet, un Tournemire y aurait, premièrement, tué un homme d'Église, et deuxièmement, déterré un Anjony pour le traîner devant le château de ces derniers[réf. nécessaire].

Valorisation du patrimoine[modifier | modifier le code]

Tournemire est un village appartenant au parc naturel régional des volcans d'Auvergne. Son architecture typique est préservée par l'action des services de protection des Monuments historiques.

La commune de Tournemire est membre de l'association des Plus beaux villages de France, visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.

Architecture[modifier | modifier le code]

Tournemire est célèbre pour son château (XVe – XVIIe siècle), son église (XIIe siècle), pour une épine de la Couronne du Christ qui au Moyen Âge perlait une goutte de son sang chaque Vendredi saint, et par son petit village, médiéval, dont les maisons les plus anciennes possèdent des fondations romanes, des murs en pierre volcanique, et des toits en lauzes.

Le village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille de Tournemire;
  • Rigaud Ier de Tournemire (vers 1015-1060), dont la légende rapportée par Dom Claude Béral, moine bénédictin, raconte que Rigaud Ier aurait pris la Croix et serait parti pour Jérusalem, qu'une relation détaillée de son voyage aurait été écrite par un moine d'Aurillac qui l'accompagnait, et que Rigaud serait revenu porteur de l'épine de la Couronne du Christ conservée dans l'église.
  • Jean du Vair, père de Guillaume du Vair est né à Tournemire ;
  • Édouard Marty (1851-1913), peintre né à Lavergne, hameau de la commune de Tournemire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Tournemire Blason
D'or à trois bandes de sable ; à la bordure de gueules chargée de onze besants d'or ; au franc-quartier d'hermine.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le village a servi de décor à un épisode du feuilleton Les Brigades du Tigre : « Le village maudit », en 1978. Cet épisode traite d'une chasse au sorcier, guidée par des trafiquants d'uranium. On reconnait de nombreux lieux dans l'épisode, lieux qui n'ont guère changé vu que le village est classé. On remarque notamment l'entrée du cimetière et le grand rocher qui le surplombe, une petite place de la commune ou les habitants veulent brûler le fameux sorcier qui porterait malheur au village, ou encore le château d'Anjony où se déroule la bataille finale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Chambon, « Les noms propres délocutifs : II. Quelques exemples toponymiques », Nouvelle revue d'onomastique, Paris, Société française d'onomastique, vol. 9-10,‎ , p. 109-111 (ISSN 0755-7752, lire en ligne)
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 24 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 23 avril 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 23 avril 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. a et b Duc de La Salle de Rochemaure, et Bibliothèque Nationale, documents épistolaires, fonds Latin, N°12663F-74.
  10. Un récit perdu de la première croisade, In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1883, tome 44. p. 259-262.
  11. Liste des maires du Cantal « Copie archivée » (version du 14 juillet 2014 sur l'Internet Archive), site de la préfecture du Cantal (consulté le 17 août 2014).
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. « Église Saint-Jean-Baptiste », notice no PA00093702, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 21 décembre 2016.