Siège de Tournoël

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Siège de Tournoël

Informations générales
Date Décembre 1213
Lieu Tournoël
Issue Victoire du royaume de France
Belligérants
Blason France moderne.svg Royaume de FranceBlason de l'Auvergne.svg Comté d'Auvergne
Commandants
Arms of the Kings of France (France Ancien).svg Philippe II Auguste
Armoiries Bourbon Dampierre.svg Guy II de Dampierre
Blason ville fr Gaillon (Eure).svg Cadoc
Gualeran de Corbelles pour Blason de l'Auvergne.svg Guy II d'Auvergne

Le siège de Tournoël a eu lieu en décembre 1213 au château de Tournoël, actuelle commune de Volvic, dans le cadre de la conquête de l'Auvergne par le roi Philippe-Auguste. Il opposa les troupes auvergnates menées par Gualeran de Corbelles aux troupes du roi de France.

Historique du siège[modifier | modifier le code]

Contexte : La guerre d'Auvergne (1210-1213)[modifier | modifier le code]

En 1210, suite au conflit l'opposant à son frère l'évêque, le comte d'Auvergne Guy II prend l'abbaye de Mozac et la met à sac, son frère l'évêque de Clermont, Robert, fait appel au roi de France pour venir à son secours. Philippe-Auguste y voit l'occasion d'annexer l'Auvergne alors théoriquement alliée à l'Angleterre. Le conflit entre frères et leurs partisans tourne rapidement en guerre civile auvergnate[1].

Philippe Auguste décide d'intervenir et part à la conquête de l'Auvergne à l'aide de Guy de Dampierre, récemment devenu seigneur de Bourbon, et du mercenaire gallois Cadoc. L'armée française aurait pris 120 châteaux avant de s'attaquer au dernier bastion libre du comte d'Auvergne, le château de Tournoël[2],[3]. Guy II est pris lors du siège de la ville voisine de Riom mais son commandant Gualeran de Corbelles et son fils, futur Guillaume X résistent encore.

Le siège[modifier | modifier le code]

Dernière forteresse auvergnate à résister à l'armée du roi de France Philippe-Auguste, Tournoël ne tombera qu'en décembre 1213 par les troupes de Guy II de Dampierre.

Déroulement du siège[modifier | modifier le code]

Château de Tournoël : Dernière place forte tenue par le comte d'Auvergne Guy II.

La défense de la citadelle auvergnate est organisée par Gualeran de Corbelles qui mène une résistance courageuse face aux attaques françaises.

Côté français l'armée est arrivée un peu tard, les auvergnats ayant réussis à faire rentrer un convoi de ravitaillement et des troupes supplémentaires juste avant l'arrivée des français. Le siège mené dure longtemps et ne donne pas de résultats. Gualeran organise une sortie des auvergnats qui ruine la tentative d'approche des troupes du roi. Voyant son armée malade et découragée ainsi que l'impossibilité de prendre la forteresse Philippe-Auguste donne alors l'ordre de lever le siège. C'est alors que les troupes auvergnates, se sentant en position de force refont une sortie de nuit afin de s'emparer des chevaux de l'armée française, l'armée du roi bien que surprise réussit à se défendre et à repousser les auvergnats dans le château.

Cette sortie ratée de l'armée auvergnate permet aux français de marquer des pertes chez l'ennemi et de prendre de nombreux prisonniers dont notamment des membres de la famille du comte d'Auvergne, son fils Guillaume, futur Guillaume X, alors âgé de 18 ans ainsi que son neveu Albert. Face à cette défaite, Gualeran et l'armée auvergnate se rendent, Tournoël est définitivement tombé[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

C'est cet événement - le siège de Tournoël - qui permet d'annexer pour la première fois l'Auvergne au domaine royal. Les territoires confisqués par le roi sont appelés Terre d'Auvergne et deviendront plus tard le Duché d'Auvergne avec Riom pour capitale. Dépouillé de la grande majorité de ses terres le comte d'Auvergne ne se voit conserver qu'une infime portion de l'Auvergne, ce morceau restant du comté d'Auvergne est à l'origine de la Comté d'Auvergne[5].

La conquête de l'Auvergne terminée par le siège de Tournoël a également eu pour conséquence de changer la polarisation de la Basse-Auvergne en la tournant au nord et de l'exposer aux influences de ces territoires. Cela marquera notamment des changements linguistiques, culturels, politique et architecturaux avec notamment l'importation de l'architecture gothique[6],[7],[8].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Sièges et souverains, une extension pour le jeu de figurines Seigneurs et Sergents et où le siège de Tournoël est l'élément central du jeu ; in VaeVictis n°106, 2012.
  • Prise de Tournoël, timbre français émis en 2013 au sein de la collection Les grandes heures de l'histoire de France. Émis à 850.000 exemplaires[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Areal, Rémy Roques, « Faire la guerre dans l’Auvergne des XIIe-XIIIe siècles : documents, histoire et écriture de l’histoire », XIVème rencontres romanes de Mozac,‎ (lire en ligne)
  2. Jean Anglade, Histoire de l'Auvergne, Hachette littérature, (ISBN 2-01-000880-4, notice BnF no FRBNF34559868), p. 117
  3. Josiane Teyssot, Riom 1212-1557: capitale et bonne ville d'Auvergne, Créer (ISBN 2-909-797-43-0, lire en ligne), p. 44-45, La conquête 1189-1213
  4. Georges Bernage, Anne Courtillé, Marc Mégemont, Gabriel Fournier La Basse-Auvergne médiévale, Créer, 2002 (ISBN 978-2-84048-161-4). [lire en ligne]
  5. Josiane Teyssot, « La frontière occidentale de l’Auvergne du XIIe au XVe siècle », Siècles, revue du Centre d'Histoire "Espaces et cultures" (CHEC), Presses universitaires Blaise-Pascal,‎ (ISSN 2275-2129, lire en ligne)
  6. Anne Courtillé Auvergne et Bourbonnais gothiques Créer (ISBN 978-2-902894-68-0)
  7. Daniel Martin, L'identité de l'Auvergne : mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours, Créer, , 717 p. (ISBN 2-909797-70-8, lire en ligne)
  8. Pierre Bonnaud, De l'Auvergne : un fil d'Ariane pour aller de la Confédération Arverne au IIIe millénaire : essai, Nonette, Créer, , 318 p. (ISBN 2-84819-001-9, lire en ligne), p. 134
  9. « Philatélie : la Prise de Tournoël, 1212 et la Bataille de Muret, 1213 », sur http://www.citadelle.org/ ; Citadelle - Un Autre regard sur le Moyen Âge,

Voir aussi[modifier | modifier le code]