Marie-Hélène Lafon

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Marie-Hélène Lafon
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Marie-Hélène Lafon, .
Naissance (56 ans)
Aurillac, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Marie-Hélène Lafon, née le à Aurillac (Cantal)[1], est un professeur agrégé et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Hélène Lafon est professeur agrégé, enseigne le français, le latin et le grec[2], en banlieue parisienne, puis à Paris[3], où elle vit. Célibataire et sans enfants, elle déclare n'en avoir « jamais voulu »[3].

« Née dans une famille de paysans », selon ses propres mots[3], elle est originaire du Cantal, où elle a vécu jusqu'à ses 18 ans, élève dans un pensionnat religieux de Saint-Flour. Elle part ensuite étudier à Paris, à la Sorbonne, et est agrégée de grammaire en 1987[3].

Son département d'origine, le Cantal, et sa rivière, la Santoire, sont le décor de la majorité de ses romans[3]. « Quand j'écris, je rejoins mon vrai pays, c'est très intestin, très organique, comme malaxer la viande[3]. »

« J’ai commencé à écrire tard, à 34 ans[4]. » Son premier roman Le Soir du chien est récompensé par le prix Renaudot des lycéens en 2001. Cet ouvrage est sa première publication, mais elle avait précédemment écrit des nouvelles — pour lesquelles elle ne trouvait pas d'éditeur[4] — dont Liturgie, Alphonse et Jeanne[4], qui seront publiées l'année suivante dans le recueil Liturgie, récompensé par le prix Renaissance de la Nouvelle en 2003.

Dans ses ouvrages, elle fait parfois référence « aux lectures qui m’ont nourrie, aux auteurs, aux langues surtout, Louis Calaferte, Gustave Flaubert, Jean Genet… »[4].

En 2015, le téléfilm L'Annonce est adapté de son roman éponyme de 2009, réalisé par Julie Lopes Curval, avec Alice Taglioni et Éric Caravaca, produit par Arte[5]. L'auteur s'est rendue sur le lieu du tournage auvergnat enneigé, dans le Puy-de-Dôme[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Adaptation de son œuvre[modifier | modifier le code]

Dans une interview au journal La Montagne en février 2016[19], Marie-Hélène Lafon indique : « Mon travail est repris, malaxé, ruminé et Julie Lopes-Curval l’emmène ailleurs. [...] La réalisatrice montre de l’attention et beaucoup de respect. Elle n’est pas dans le jugement. D’ailleurs, c’était indispensable. Si je n’avais pas senti ce respect chez elle, je ne lui aurais pas fait confiance. [...] Dans le film, on voit beaucoup de gestes, des repas, des scènes dans l’étable, c’est un cinéma qui montre, qui incarne, il est très en résonance avec ce que je tente de faire dans l’écriture. »

Sur quelques livres[modifier | modifier le code]

Nos vies[modifier | modifier le code]

Dans une grande ville (Paris), dans une supérette de quartier (Franprix), à la caisse, chaque vendredi sans doute, des personnes se croisent, sans vraiment se rencontrer. La narratrice, une femme de 63 ans, Jeanne Santoire, découvre ou imagine la vie des gens qu'elle côtoie. La caissière, Gordana, entre vingt et trente ans, un léger accent étranger d'Europe de l'est, une boiterie, un pied jamais soigné. Le client qui voudrait bien que Gordana le regarde, Horacio Fortunato. Elle leur invente une enfance, une famille, une autre vie. Elle se remémore aussi la sienne, son adolescence, sa période heureuse avec Karim, sa grand-mère Lucie surtout, et aussi sa voisine désormais décédée. La beauté des petites gens[20],[21] !

Joseph[modifier | modifier le code]

Années 2010, Massif Central : Joseph (Rodde), ouvrier agricole, vieillissant (58 ans), se raconte. Un récit à hauteur d'homme : un air de lapin malade, il se traite de vieux gâteux qui préfère les bêtes aux gens, et alors et alors (p. 13)...

Il travaille et vit chez un patron (originaire du Lot), et la patronne (56 ans). Après le travail (hors de la ferme et) à la ferme (traite, nettoyage, petit jardinage...), il passe le reste de la journée dans la maison, mange avec eux, dort à l'étage, se lave, cantonné dans les dépendances, accompagné par le chien de troupeau, Raymond. Depuis l'école, il est doué en calcul mental, il garde une excellente mémoire. Il se souvient de presque tout ce qu'il a vécu, vu, entendu : son enfance, son école, ses anciens postes, toujours dans le canton de Laroquebrou, ses anciens collègues, comme François, ou Rémi, ou encore son propre frère jumeau Michel (marié à Caroline, et les deux nièces, et parti au loin, avec la mère). Né dans la vallée de la Santoire, il n'a guère quitté le département du Cantal, en vallée, ou sur le plateau, et son horizon, dans quelques années, c'est à peine plus loin, Riom. Il a eu une année de presque bonheur, avec Sylvie, des années de misère, après son départ, des rechutes dans l'alcool (le vin noir, atavisme), trois cures de désintoxication (se faire désherber à Aurillac). Dressé comme Raymond, télécommandé, il ne pose pas de problème, il ne (se) pose pas de question, il évite les embrouilles : pas plus de défense qu'un enfant de trois ans, pas envie de devenir un de ces vieux garçons sauvages. Des éléments de vie d'un des derniers ouvriers agricoles d'antan. La vie d'un simple (1904, Émile Guillaumin) revisitée...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]