Institut national des langues et civilisations orientales

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Institut national des langues et civilisations orientales
Image illustrative de l'article Institut national des langues et civilisations orientales
Informations
Fondation 1669 : École des jeunes de langues
1795 : École spéciale des Langues orientales
1914 : École nationale des Langues orientales vivantes
1971 : Institut national des langues et civilisations orientales[1]
Fondateur Colbert
Type Grand établissement (EPSCP)
Budget 14M €
Localisation
Coordonnées 48° 49′ 39″ N 2° 22′ 35″ E / 48.8273931, 2.376340648° 49′ 39″ Nord 2° 22′ 35″ Est / 48.8273931, 2.3763406  
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands-Moulins, Paris 13e
Direction
Président Manuelle Franck[2].
Chiffres clés
Personnel 155[3]
Enseignants-chercheurs 319 (245 titulaires)[4]
Étudiants 8 000 (2013)[3]
Doctorants 300
Divers
Particularités 103 langues et civilisations
Affiliation Sorbonne Paris Cité
Site web http://www.inalco.fr/

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Institut national des langues et civilisations orientales
Charles Barbier de Meynard, qui enseigna le turc et l'arabe à la fin du XIXe siècle.

L’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dit Langues O'[5](prononcer Langzo), est un établissement français d’enseignement supérieur et de recherche chargé d’enseigner les langues et civilisations autres que celles originaires d’Europe occidentale.

Langues O' est le nom donné par des générations d’étudiants à l’École spéciale, puis royale, puis impériale, puis nationale, des langues orientales de Paris, qui a pris son nom actuel en 1971. Parmi ces derniers, on compte de nombreux enseignants-chercheurs, linguistes et diplomates. Les étudiants des Langues O' étaient traditionnellement appelés « silvains » ; le terme, quasiment tombé en désuétude, est dérivé du nom du premier président de l'école Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (familièrement « Silvestre ») dont la statue trône dans la cour de l'hôtel du 2 rue de Lille. Un « ordre très haut et très secret de Silvestre de Sacy » aurait été à l'origine d'une tradition de canulars qui rendait les silvains fameux parmi les étudiants parisiens pour la sophistication de leurs gags. Une salutation spécifique aux silvains (« ahure ») aurait fait partie de ce folklore[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'enseignement des langues et des civilisations orientales en France remontent à la création du collège de France à l'initiative de Guillaume Budé. L'intérêt porté par les humanistes pour les langues anciennes s'est en effet très vite doublé d'un besoin en orientalistes pour la diplomatie de François Ier. Dès cette époque, un enseignement très spécialisé est donné dans ce cadre.

Des origines (1669) jusqu'à 1914[modifier | modifier le code]

L'enseignement des langues et des civilisations orientales en France remontent à la création du collège de France à l'initiative de Guillaume Budé. L'intérêt porté par les humanistes pour les langues anciennes s'est en effet très vite doublé d'un besoin en orientalistes pour la diplomatie de François Ier. Dès cette époque, un enseignement très spécialisé est donné dans ce cadre.

L’école spéciale des langues orientales a été créée, notamment sous l’impulsion de Lakanal, par la Convention nationale (décret-loi du 10 germinal an III / 30 mars 1795)[7]. Elle a ouvert ses portes dans l’enceinte de la Bibliothèque nationale à Paris rue Neuve-des-Petits-Champs, avec pour mission d’enseigner des langues orientales vivantes « d’une utilité reconnue pour la politique et le commerce ». Les premières langues enseignées furent l’arabe « littéraire et vulgaire », le turc et le tatar de Crimée, le persan et le malais. Elle s’agrandit régulièrement au cours du XIXe siècle, ajoutant des langues nouvelles et fusionnant avec l’École des Jeunes de langues instituée par Colbert en 1669 pour former des interprètes pour les langues du Levant. En 1874, l’école s’installe dans un hôtel particulier situé au coin de la Rue des Saints-Pères et de la Rue de Lille.

De 1914 à 1984[modifier | modifier le code]

En 1914, l’école devient « École nationale des langues orientales vivantes » (ENLOV) et reçoit un statut particulier qui restera en vigueur jusqu’en 1968, année où le mouvement étudiant amène à intégrer l’établissement dans le secteur universitaire en tant que « Centre universitaire des langues orientales vivantes ». Ce « CULOV » ne garde pas longtemps ce nom et devient par décret du 3 février 1971 l’institut national des langues et civilisations orientales, rattaché jusqu’en 1984 à l’université de la Sorbonne nouvelle (Paris III).

Les différents départements entassés au 2 rue de Lille sont alors dispersés « provisoirement » dans divers centres universitaires périphériques : Dauphine, Asnières, Clichy ou dans des locaux loués à Paris : Quai Voltaire, rue Censier, rue Broca, rue Riquet. Des langues nouvelles s’ajoutent aux autres et les activités de recherche se développent. Des départements interdisciplinaires se multiplient, comme le centre de préparation aux échanges internationaux (commerce international), la filière de hautes études internationales (HEI, consacrée notamment à la préparation des concours des Affaires étrangères), la filière communication et formation interculturelle, le traitement automatique des langues et l’ingénierie multilingue, etc.

Dans les années 1972-1975, le regroupement en un site unique (Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée) et la transformation envisagée de l’institut en université internationale du langage et de la communication (UNILCO) n’aboutissent pas malgré l’aspect précurseur du projet défendu par René Sieffert et François de Labriolle.

De 1985 à 2011[modifier | modifier le code]

Depuis 1985, l’INALCO a un statut de grand établissement (comme l’Institut d'études politiques de Paris par exemple). Dans les années 1990, d’autres projets de regroupement n’aboutissent pas (le plus avancé étant à l’École normale supérieure de jeunes filles du boulevard Jourdan).

Inalco - logo.jpg

De 1996 à 2011, le logo de l’établissement était constitué de l’inscription « Langues O' » surmontant l’acronyme INALCO et la partie supérieure d’un globe terrestre ; on trouvait parfois un logo plus ancien constitué d’un oiseau et d’un serpent (empruntés à la girouette du 2 rue de Lille). C’est finalement à Paris Rive Gauche « carré Tolbiac » dans un terrain situé au sud de la future avenue de France, entre les rues Chevaleret, Cantagrel et Grands Moulins, que sera implanté l'INALCO, avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC), dans le cadre d'un « Pôle des langues et civilisations du monde ». Le choix architectural a été fait début 2005 en faveur des Ateliers Lion.

Depuis 2011[modifier | modifier le code]

Longtemps dispersée en plusieurs pôles, de nouveaux locaux d'enseignement et d'administration réunissent à présent l'essentiel des formations de l'Inalco dans le XIIIe sur le nouveau Pôle des langues et civilisations, avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) et à proximité de Paris 7 et Paris 6. L'établissement s'inscrit ainsi dans une volonté récente de rapprochement des universités afin d'affirmer leurs compétences sur la scène universitaire internationale (classement de Shanghai), en s'intégrant au PRES Sorbonne Paris Cité[8]. Il est un des fondateurs du Nouveau quartier latin (NQL 13).

Dates clés[modifier | modifier le code]

Folklore[modifier | modifier le code]

Les étudiants des Langues O' étaient traditionnellement appelés « silvains » ; le terme, quasiment tombé en désuétude, est dérivé du nom du premier président de l'école Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (familièrement « Silvestre ») dont la statue trône dans la cour de l'hôtel du 2 rue de Lille. Un « ordre très haut et très secret de Silvestre de Sacy » aurait été à l'origine d'une tradition de canulars qui rendait les silvains fameux parmi les étudiants parisiens pour la sophistication de leurs gags. Une salutation spécifique aux silvains (« ahure ») aurait fait partie de ce folklore[6].

Les présidents (administrateurs de 1914 à 1969) de Langues O'[modifier | modifier le code]

Mandat Nom Discipline Commentaire
1796 - 1824 Louis-Mathieu Langlès Persan Décédé en 1824
1824 - 1838 Antoine-Isaac Silvestre de Sacy Arabe Décédé en 1838
1838 - 1847 Pierre Amédée Jaubert Turc Interprète militaire durant la campagne d'Égypte de 1798
1847 - 1864 Charles Benoît Hase (de) Grec moderne Décédé en 1864
1864 - 1867 Joseph Reinaud Arabe Décédé en 1867
1867 - 1898 Charles Schefer Persan Décédé en 1898
1898 - 1908 Charles Barbier de Meynard Turc, persan Décédé en 1908
1908 - 1936 Paul Boyer Russe Décédé en 1949
1936 - 1937 Mario Roques Roumain Décédé en 1961
1937 - 1948 Jean Deny Turc Décédé en 1963
1948 - 1958 Henri Massé Persan Décédé en 1969
1958 - 1969 André Mirambel Grec moderne Décédé en 1970
1969 - 1971 André Guimbretière Hindi
1971 - 1976 René Sieffert Japonais Décédé en 2004
1976 - 1986 Henri Martin de La Bastide d’Hust Civilisation du Moyen-Orient Décédé en 1986
1986 - 1993 François Champagne de Labriolle Russe Vice-président de 1971 à 1986
1993 - 2001 André Bourgey Civilisation du Moyen-Orient
2001 - 2005 Gilles Delouche Thaï (siamois)
2005 - 2013 Jacques Legrand Mongol
Depuis 2013 Manuelle Franck Géographie de l'Asie du Sud-Est Vice-présidente de 2007 à 2013

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Inalco a pour vocation d'enseigner les langues de l'Europe Centrale et Orientale, de l'Asie, de l'Océanie, de l'Afrique et des populations de l'Amérique, ainsi que la géographie, l'histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés. L’offre de formation en langues et civilisations est dispensée par des enseignants-chercheurs spécialistes de leur terrain et par des répétiteurs de langue maternelle des régions étudiées à l’Inalco.

L’INALCO a le statut de « grand établissement » (EPSCP particulier) et est membre du PRES Sorbonne Paris Cité[9].

Les départements, filières et sections[modifier | modifier le code]

L’Inalco est structuré pour une part en départements, dont le périmètre correspond à une région du monde, et pour une autre en filières à visée professionnalisante. Les départements peuvent être monolingues ou regrouper plusieurs sections de langues. Les filières de l’Inalco préparent les étudiants aux métiers de la communication et formation interculturelle, du commerce international, de l’enseignement du français langue étrangère, des hautes études internationales, et du traitement automatique des langues.

Liste des départements :

  • Afrique
  • Asie du Sud et Himalaya
  • Asie du Sud Est / Pacifique
  • Études arabes
  • Études chinoises
  • Études hébraïques et juives
  • Études japonaises
  • Études russes
  • Eurasie
  • Europe centrale et orientale
  • Langues et Cultures des Amériques
  • Commerce international
  • Communication et Formation interculturelles
  • Didactique des langues
  • Relations internationales
  • Textes Informatique Multilinguisme (TIM)

Les équipes de recherche[modifier | modifier le code]

L'Inalco dispose actuellement de 14 unités de recherche : 8 équipes d’accueil et 6 unités mixtes en cotutelle avec le CNRS, l'IRD et d'autres établissements ou universités, pour un total d'environ 570 membres titulaires actifs, dont 270 chercheurs et enseignants-chercheurs et 300 doctorants.

Unités de recherche par aire culturelle :

  • ASIEs (EA 4512)
  • Centre d’études japonaises (CEJ – EA 1441)
  • Centre de Recherches Europes-Eurasie (CREE – EA4513)
  • Centre de Recherche Moyen-Orient et Méditerranée (CERMOM – EA 4091 )
  • Langues et Cultures du Nord de l’Afrique et Diasporas (LACNAD – EA 4092)
  • Mondes iranien et indien (MII - UMR 7528 )

Unités de recherche par discipline :

  • Centre de Recherches Linguistiques sur l’Asie Orientale (CRLAO - UMR 8563)
  • Centre d’Étude et de Recherche sur les Littératures et les Oralités du Monde (CERLOM – EA 4124)
  • Équipe de recherche : « Textes, Informatique, Multilinguisme » (ER-TIM – EA 2520)
  • Langage, Langues et cultures d’Afrique noire (LLACAN – UMR 8135)
  • Pluralité des Langues et des Identités en Didactique : Acquisition, Médiations (PLIDAM- EA 2502 )
  • Structure et dynamique des langues (SeDYL - UMR 8202)
  • Centre d'Études en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques (CESSMA - UMR 245)
  • Langues et civilisations à tradition orale (LACITO - UMR7107)

Les publications[modifier | modifier le code]

Les publications assurent la visibilité de la production scientifique des équipes de recherche de l’Inalco : revues de recherche, actes de colloques, collections, méthodes et dictionnaires. Elles sont soumises à l'évaluation scientifique d'un comité de lecture.

Publications de la recherche[modifier | modifier le code]

Les revues scientifiques sont soumises à l'évaluation scientifique d'un comité de lecture. Les revues des centres de recherche et les actes de colloques de la collection Colloques Langues O’ sont édités par l’Inalco.

  • Cahiers balkaniques
  • Cahiers de littérature orale
  • Cipango (études japonaises)
  • Études océan Indien
  • Revues des études berbères
  • Slovo (études russes et sibériennes)
  • Yod (études hébraïques et juives contemporaines)

Co-édition:

  • L’Asiathèque - Maison des langues du monde publie les méthodes de langues Langues Inalco, dictionnaires Dictionnaires des Langues O’ et bilingues Bilingues L&M
  • La collection Paroles en miroirs, Karthala-Langues O’ se consacre essentiellement à la littérature orale et la collection Bibliothèque des Études africaines chez l’Harmattan aux publications sur l’Afrique
  • D’autres éditeurs (Picquier, Karthala, etc.) assurent ponctuellement les publications des enseignants-chercheurs de l’Inalco
  • Aux éditions Peeters, la collection Bibliothèque de l’Inalco, a assuré jusqu'en 2012 la publication des travaux des enseignants-chercheurs de l’établissement et des thèses primées par le Conseil de l’École doctorale.

La bibliothèque interuniversitaire des langues orientales[modifier | modifier le code]

Personnalités ayant étudié aux Langues O'[modifier | modifier le code]

Personnalités françaises[modifier | modifier le code]

Personnalités étrangères[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes du film Tanguy se déroulent à l'INALCO (Dauphine).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Labrousse (sous la dir. de), Langues'O 1795-1995 : deux siècles d'histoire de l'École des langues orientales, Paris, Éditions Hervas, 1995, (ISBN 2-903118-90-6)
  • Marie-Claire Bergère et Angel Pino (sous la dir. de), Un siècle d'enseignement du chinois à l'École des langues orientales : 1840-1945 : bicentenaire des Langues orientales, Paris, l'Asiathèque, 1995 (ISBN 2-911053-06-0)
  • Marie de Testa & Antoine Gautier, Drogmans et diplomates européens auprès de la Porte ottomane, éditions ISIS, Istanbul, 2003, (ISBN 975-428-258-7)
  • Louis Bazin, L'École des Langues orientales et l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1795–1995), in: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 139, No. 4, 1995, p. 983-996, online

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Les dates clés », sur www.inalco.fr
  2. Titulaire d'un doctorat en géographie de Paris-Sorbonne, professeur des universités, elle est une spécialiste de la géographie urbaine et régionale de l'Asie du Sud-est
  3. a et b « L’Inalco en chiffres », sur www.inalco.fr
  4. Répartition par établissement, académie et fonction des personnels enseignants non permanents ou titulaires de l'enseignement supérieur, hors enseignants des disciplines hospitalo-universitaires, en 2009-2010 p. 15, effectif équivalent temps plein
  5. écrit traditionnellement Langues’O, cf. p. ex. http://www.inalco.fr/IMG/pdf/historique_long.pdf et le livre Langues’O 1795-1995 : deux siècles d'histoire de l'École des langues orientales. La place de l'apostrophe sur le logo a été modifiée en 1997.
  6. a et b Hélène Gérardin, Romain Lemant, « Petite histoire des Langues O' », Langues Zone no 17, décembre 2009-janvier 2010, p. 2
  7. Écoles de l'an III
  8. PRES Sorbonne Paris Cité - Établissements membres, consulté sur sorbonne-paris-cite.fr le .
  9. Décret no 2010-143 du 10 février 2010 portant création de l'établissement public de coopération scientifique « Université Paris Cité »