Bigard (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bigard.
Bigard
logo de Bigard (entreprise)
Logo de Bigard.

Création 1970
Fondateurs Lucien Bigard
Personnages clés Jean-Paul Bigard

Matthieu Bigard - Responsable Marketing
Maxence Bigard - Responsable stratégie

Forme juridique SADIR : Société anonyme à directoire et conseil de surveillance
Slogan Fière de la tradition Bouchère
Siège social Zone industrielle de Kergostiou, 29300, Quimperlé, Bretagne
Drapeau de France France
Actionnaires Jean-Paul Bigard (président-directeur général, fils du fondateur) : 90 %
Activité industrie agroalimentaire
Produits viandes
Sociétés sœurs Alliance[Quoi ?]
Filiales Charal, Socopa Viandes, Tracoval
Site web www.bigard.fr

Le groupe Bigard est une entreprise d'abattage et de transformation de l'industrie agroalimentaire française spécialisée dans la viande de porc et de bovin. Fondé par Lucien Bigard en 1968, il contrôlait 23 abattoirs français en 2010. Ses filiales comptent notamment Charal et la Socopa. Il est, à 90 %, la propriété de son président-directeur général, Jean-Paul Bigard, fils du fondateur.

Historique[modifier | modifier le code]

Après avoir optimisé son organisation industrielle, fixant par exemple dans ses ateliers des «pauses pipi» à des heures imposées[1], il met à profit les années 1990 et 2000 pour réaliser des acquisitions d'autres sociétés dans ce secteur difficile de la transformation de la viande : en 1995, c'est l'acquisition du groupe Arcadie (7 sites de transformation en France), donnant naissance à un ensemble qui représente un chiffre d'affaires de 10,6 milliards de francs, et de 3 000 salariés environ ; en 1997, c'est l'entrée dans le capital du groupe Charal[2][1] ; en 2002, c'est l'acquisition de Codevia et Sodavy[3] ; en 2007, Bigard acquiert totalement le groupe Charal pour former un groupe et réalisant plus de 2,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires[2].

En 2009, Le groupe franchit encore une étape dans sa croissance en faisant l'acquisition de 61 % du capital du groupe SOCOPA[4]. Il est contraint pour ne pas être en position dominante de revendre la marque Valtero à Monfort Viandes, après avoir tenté en fin d'année 2010 un transfert préalable de cette marque Valtero au profit de sa marque Socopa avec un logo relooké[5],[6]. Pour le non-respect des engagements qu'il avait pris auprès de l'Autorité de la concurrence, et pour avoir « par diverses pratiques, retiré tout l'intérêt à la marque Valtero », le groupe Bigard est condamné en 2012 à verser une amende de 1 million d'euros[4].

Désormais positionné en situation dominante, le groupe Bigard se montre de plus en plus inflexible sur les prix d'achat aux éleveurs[7]. Le groupe emploie en 2014 17 000 salariés et représente 40 % des parts de marché nationales en viande de bœuf. Fort de 61 implantations industrielles ou commerciales[8], Il tente également de mettre au point des accords illicites avec ses concurrents et est condamné pour ces faits[9]. Puis il se lance en 2015, en pleine crise des éleveurs, dans un bras de fer avec le gouvernement qui veut imposer un prix minimum[10],[11].

En 2016, l'entreprise reprend pour 1 euro Copvial SA (abattoirs de Holtzheim en Alsace)[12].

Organisation[modifier | modifier le code]

La société est organisée sous la forme d'une société anonyme à directoire et conseil de surveillance. Son président-directeur général est Jean-Paul Bigard, fils du fondateur, Lucien Bigard. Sa fortune personnelle est évaluée à 620 millions d'euros en 2015[13],[14]. Ses fils, Matthieu et Maxence, sont cadres de l'entreprise, responsables, respectivement, du marketing et de la stratégie du groupe.

Jean-Paul Bigard est également le président de Culture Viande, syndicat national des industriels de la viande[15].

Sites d'implantation[modifier | modifier le code]

Le siège de l'entreprise et principal site de transformation se situé à Quimperlé, usine historique du groupe, qui emploie plus de 1 200 personnes et représente une surface de plus de 10 ha.[Quand ?]

La société possède 55 sites en France, dont 23 abattoirs (en 2010)[16], soit environ la moitié des abattoirs privés français[17].

Abattoirs[modifier | modifier le code]

Parmi les abattoirs de la société se trouvent les 5 sites de sa filiale Charal, situés à Cholet (Maine-et-Loire), La Châtaigneraie (Vendée), Égletons (Corrèze, qui est aussi un site fabriquant des produits surgelés)[18], Metz et Sablé-sur-Sarthe (porcs et bovins, 420 salariés)[19]. L'abattoir de Cholet abrite également le siège social de Charal.

Autres sites[modifier | modifier le code]

Parmi les sites de transformation de la société se trouvent ceux de sa filiale Charal, comme l'usine de Nozay en Loire-Atlantique (180 salariés) qui fabrique des snacks (hamburgers, kebabs...) sur sept lignes de production[20], l'usine de Flers (Orne, 500 salariés[21]) qui fabrique des produits carnés surgelés[22], et l'usine de Lisieux (Calvados, 100 salariés[21]).

Bigard dispose d'une usine à Vitry-le-François (Marne, 200 employés) qui élabore des produits frais[21].

Sites fermés[modifier | modifier le code]

Usine d'Ailly-sur-Somme[modifier | modifier le code]

L'usine de découpe de viande d'Ailly-sur-Somme a été rachetée à Defial en 2008 et comptait à l'époque 350 salariés. Lors de la fermeture du site fin 2016, il n'y avait plus que 94 salariés. Le groupe Bigard a souhaité le fermer pour « manque de rentabilité ». Une décision qui a été contestée par les autorités, qui ont obligé le groupe à déposer un plan de sauvegarde de l'emploi[23],[24].

Controverses[modifier | modifier le code]

Incident en Commission des Affaires économiques[modifier | modifier le code]

Le , Maxence Bigard, cadre de la société et fils du PDG Jean-Paul Bigard, refuse de répondre aux députés de l'Assemblée Nationale lors d'une audition[25],[26]. Invité à participer à une audience devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale, dans les cadre des états généraux de l'alimentation, l'absence de réaction et le mutisme de Maxence Bigard ont soulevé un tollé chez les députés. Lorsque la discussion a abordé les problèmes du mal-être des salariés, des pratiques et de la rentabilité de la filière viande en France, le député de la Somme, François Ruffin a cité un rapport remis au CHSCT de la société[27], qui met en cause le comportement du management du groupe à l'égard des salariés de l'usine Bigard d'Ailly-sur-Somme, sans pour autant obtenir de réponse de la part de Maxence Bigard. Même refus de répondre, lorsque est pointée l'absence de dépôt de comptes annuels auprès du tribunal de commerce (obligation légale) de la part du groupe Bigard. Dominique Potier, du Parti socialiste, et Richard Ramos, du MoDem, témoignent également de leur agacement à propos des non-réponses du fils du président du groupe Bigard[28],[29],[30],[31],[32],[33].

Non-publication des comptes[modifier | modifier le code]

Crise du porc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise du porc.

Marques du groupe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Malingre 1995, Le Monde.
  2. a et b Cadoux 2007, LSA.
  3. Revellat 2001, La Dépêche du Midi.
  4. a et b Vallerey 2012, L'Usine nouvelle.
  5. F.C.-L. 2010, Linéaires.
  6. F.C.-L. 2011, Linéaires.
  7. Rédaction du Monde et Reuters 2010, Le Monde.
  8. Anne de Loisy, Bon appétit ! : Quand l'industrie de la viande nous mène en barquette, Paris, Presses de la Cité, , 444 p. (ISBN 2258102111)
  9. Girard 2013, Le Monde.
  10. Pouchard 2015, Le Monde.
  11. Rédaction de Challenges et AFP 2015, Challenges.
  12. Pierre France, « Comment Bigard a économisé 30 millions d’euros pour s’emparer des abattoirs alsaciens », Rue89 Strasbourg.com,‎ (lire en ligne)
  13. « Jean-Paul Bigard (Groupe Bigard) », Capital.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Charal : le boucher qui ne fait pas de quartier », sur capital.fr,
  15. Frédérique Le Gall, « Bigard. Le patron qui ne lâche rien », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  16. « Bigard, géant français mais petit européen », sur usinenouvelle.com,
  17. « Les abattoirs, un secteur concentré et dominé par le groupe Bigard », lesechos.fr,‎ (lire en ligne)
  18. Centre France, « Economie - Chez Charal à Egletons (Corrèze), il n'y a pas que le steak haché qui compte », www.lamontagne.fr,‎ (lire en ligne)
  19. « A Sablé-sur-Sarthe, la méthode Charal pour faire face à la pénurie de main d'oeuvre », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  20. « À Nozay, Charal met les bouchées doubles », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  21. a, b et c « Usines Charal de Flers et Lisieux : un nouveau directeur en juillet », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « Orne. Le steak haché surgelé Charal, un best-seller produit à Flers », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  23. David Vandevoorde, « Bigard a volé nos clients », Le Courrier Picard, (consulté le 16 septembre 2017)
  24. « Ailly-sur-Somme: le travail s’est arrêté vendredi à l’usine Bigard », Le Courrier Picard, (consulté le 16 septembre 2017)
  25. « "On est dans 'Le Parrain' ou dans une commission?": le coup de colère de François Ruffin à l'Assemblée », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  26. « Assemblée nationale. Clash entre les députés et le groupe Bigard », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  27. « AILLY-SUR-SOMME Le rapport accablant sur les conditions de travail chez Bigard », Le Courrier Picard, (consulté le 16 septembre 2017)
  28. « Assemblée nationale : « On est dans “Le Parrain” ou dans une commission ? », s’agace François Ruffin face au groupe Bigard », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  29. La colère du député Ruffin face à un fils de PDG qui refuse de répondre à l'Assemblée, Marianne, 14 septembre 2017.
  30. « Quand le groupe Bigard provoque un tollé à l'Assemblée nationale », Challenges, (consulté le 14 septembre 2017)
  31. Matthieu Balu, « Le coup de colère de François Ruffin pendant l'audition de Maxence Bigard à l'Assemblée », Huffington Post, (consulté le 14 septembre 2017)
  32. Jason Wiels et Kathia Gilder, « La colère des députés face aux réponses laconiques du groupe Bigard », La Chaîne parlementaire, (consulté le 14 septembre 2017)
  33.  (). [[vidéo] Disponible sur YouTube Intervention de Maxence Bigard devant la Commission Parlementaire] (mov) [Production de télévision]. Paris : La Chaîne parlementaire. Consulté le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources : articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Virginie Malingre, « À Quimperlé, des « pauses pipi » à heures imposées », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Guy Revellat, « Le 2 janvier 2002 : Sodavy et Codevia rejoindront le groupe Bigard », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  • Marie Cadoux, « Mariage de raison entre Bigard et Charal », LSA,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction du Monde et Reuters, « Des producteurs de viande bovine bloquent neuf abattoirs », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • F.C.-L., « Bye-bye Valtero, re-bonjour Socopa », Linéaires,‎ (lire en ligne).
  • F.C.-L., « Bigard cède Valtero à Monfort Viandes », Linéaires,‎ (lire en ligne).
  • Elodie Vallerey, « Rachat de Socopa : Bigard condamné à 1 million d'euros d'amende », L’Usine nouvelle,‎ (lire en ligne).
  • Laurence Girard, « Des abatteurs de porcs condamnés à une amende de 4,57 millions d'euros », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction, « Jean-Paul Bigard (Groupe Bigard) », Capital,‎ (lire en ligne).
  • Alexandre Pouchard, « Prix du porc : comprendre le rôle du marché de Plérin », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction de Challenges et AFP, « Le marché du porc breton encore boycotté par Cooperl et Bigard », Challenges,‎ (lire en ligne).
  • Pierre France, « Comment Bigard a économisé 30 millions d’euros pour s’emparer des abattoirs alsaciens », Rue89 Strasbourg,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]