Bouclier de Brennus

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Bouclier de Brennus
Image associée à la récompense
Le bouclier de Brennus.

Championnat de France de rugby à XV 2019-2020
Prix remis Bouclier de Brennus
Description Champion de France de première division
Organisateur Ligue nationale de rugby (à partir de 1998)
Pays Drapeau de la France France
Date de création 1892
Dernier récipiendaire Stade toulousain (2019)
Bouclier de Brennus (Longue paume) ciselé en 1892 par Charles Brennus comme trophée du Championnat de France de longue paume à la demande de Pierre de Coubertin.
Dimensions du bouclier de Brennus.

Le bouclier de Brennus est la récompense décernée à l’équipe victorieuse du championnat de France de rugby à XV, le Top 14.

Il est également le trophée du Champion de France de longue paume, car un deuxième bouclier de Brennus a été créé, cette même année 1892, à l'initiative du baron Pierre de Coubertin, joueur de longue paume de la société de Paris. Contrairement à une opinion répandue, le nom de ce trophée n'a pas de rapport avec le chef gaulois Brennus qui s'illustra lors du sac de Rome en 390 av. J.-C.

Conçu d’après un dessin initial du baron Pierre de Coubertin, ce trophée doit son nom à son artiste créateur Charles Brennus, par ailleurs cofondateur de la fédération française de rugby. La trace du bouclier disparaît, pour réapparaître en 1912. Roger Lerou, capitaine du Racing, assure que Brennus en est bien l’auteur. Enfin, Géo Lefèvre, célèbre journaliste de l’époque, rapporte que Brennus lui-même en a confirmé sa paternité[1].

Il s’agit d’un bouclier symbolique fixé sur une planche de bois, que la fantaisie des différents détenteurs a façonné peu à peu. Ce trophée est surnommé « le bout de bois » par les joueurs de rugby français.

Naissance[modifier | modifier le code]

Le bouclier de Brennus fut créé en 1892 afin de récompenser le futur vainqueur de la première finale du championnat de France de rugby qui devait avoir lieu le 20 mars de cette année-là et également pour récompenser le premier championnat de Première catégorie en « parties terrées » de longue paume. Le baron de Coubertin conseilla cette année-là à la Commission centrale de rugby de prendre contact avec le graveur parisien Charles Brennus et il fit de même auprès de la Commission centrale de longue paume, de sorte que les deux fédérations continuent, de nos jours, à récompenser leurs champions de France avec ces mêmes boucliers.

Dessiné par le baron Pierre de Coubertin, président de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques chargée du championnat — la Fédération française de rugby n’existant pas encore à cette époque —, il fut gravé par Charles Brennus, président du club de rugby parisien le SCUF et graveur.

La création de ce trophée est mentionnée dans un article de 1892 de Sports athlétiques, journal de l’USFSA :

« C’est au baron Pierre de Coubertin, que revint la lourde tâche matérielle […], c’est lui qui voulut bien se charger des délicates fonctions d’arbitre […], c’est également lui qui offrit le challenge dont le club vainqueur eut la charge : un magnifique bouclier damasquiné, au centre les armes de l’Union, deux anneaux enlacés et la devise « Ludus pro Patria ». Monté sur un magnifique cadre de peluche rouge, cet objet d’art fait le plus grand honneur à celui qui l’a conçu. Nous croyons savoir que l’auteur n’est autre que le dévoué et sympathique secrétaire de l’Union […] »

L’original est conservé au musée de la Fédération française de rugby à XV.

Depuis 2004, une réplique de l'original réalisée par l'orfèvre Louis-Guillaume Piéchaud[2] est remise chaque année à l'équipe victorieuse.

Symboles, traditions et anecdotes[modifier | modifier le code]

  • La devise « Ludus pro Patria » signifie « Des jeux pour la patrie » et fut proposée par Jules Marcadet, cofondateur du Stade français et de l’Union des sociétés françaises de courses à pied, embryon des futures fédérations.
  • Le bouclier récompense traditionnellement le club champion de France de rugby depuis 1892, cependant jusqu’en 1899 la finale du championnat était uniquement réservée aux clubs parisiens.
  • Bien que créé par Charles Brennus, fondateur du SCUF, ce club, finaliste malheureux en 1911 et 1913, ne l’a jamais remporté.
  • En 1967, Louis Blanc, là capitaine montalbanais eut ce mot historique en recevant le Bouclier :

« Je ne le croyais pas si lourd ‌[3] ».

  • La partie en bois du bouclier fut rénovée dans les années 1990 à la suite de célébrations d’après-match mouvementées.
  • Le trophée, offert par le SCUF, est traditionnellement remis aux champions de France par deux jeunes joueurs de ce club.
  • En 2004, le bouclier originel dû être utilisé une dernière fois, quand il fut découvert qu’un titre de l’USAP avait été oublié sur la réplique.
  • le Castres Olympique devient champion de France en 1993[4] dans une finale marquée par un essai irrégulier de Gary Whetton et un autre refusé au grenoblois Olivier Brouzet[5]. Pour commémorer ce titre, des fèves de galette des rois à l’effigie du bouclier furent créés par les pâtissiers de la ville de Castres.
  • 20 ans plus tard, pour le 4è titre de champion de France du Castres Olympique en 2013 un bouclier en chocolat fut créé par les pâtissiers de la ville de Castres.
  • Le surnom du bouclier est « le bout de bois ». La traduction occitane lou Planchot est également très souvent utilisée.

Titres[modifier | modifier le code]

Le premier club à avoir remporté le bouclier de Brennus est le Racing club de France en 1892. Le premier club de la province à le remporter était le Stade bordelais en 1899. Le dernier club à avoir remporté le bouclier est le Stade toulousain le 15 juin 2019. Le club qui détient le plus grand nombre de victoires est le Stade toulousain avec 20 titres.

Liste des victoires[modifier | modifier le code]

Le bouclier ne fut pas remis au champion de France entre 1926 et 1929[6] : pour marquer son soutien aux délégués français à qui le Comité international olympique avait refusé l’accès au congrès de Prague de l’été 1925, la FFR retourna le bouclier de Brennus à Pierre de Coubertin. Le bouclier fut remplacé par un nouveau trophée, le Coq de bronze.

Le bouclier ne fut pas décerné pour cause de conflits mondiaux entre 1915 et 1919 et entre 1940 et 1942. Au total, de 1892 à 2019, 26 clubs ont remporté le bouclier, l’US Quillan s’étant vu remettre le Coq de bronze en récompense de son unique titre de champion de France. Par ordre chronologique, les victoires sont :

Nombre total de victoires[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Finalistes malheureux[modifier | modifier le code]

Au total 13 clubs ont échoué en finale du championnat de France et n'ont jamais eu l'honneur de soulever le précieux « bout de bois » :

À noter que l'ASM Clermont Auvergne, qui a remporté le titre en 2010 et 2017, se distingue par le fait d'avoir perdu 12 finales (1936, 1937, 1970, 1978, 1994, 1999, 2001, 2007, 2008, 2009, 2015, 2019).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le FC Lézignan se transforme en club de rugby à XIII en 1939.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://tital.chez.com/section/brennus.html
  2. Vincent Buche, « Le Bouclier de Brennus a été fabriqué à Lizant », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne).
  3. « Compte rendu finale de 1967 », lnr.fr,‎ (lire en ligne).
  4. Clément Garioud, « Ces sombres affaires qui ont entaché la réputation du rugby français », sur https://actu.fr, (consulté le 5 août 2019)
  5. « Olivier Merle : «J'ai créé mon couteau, le Merluche» », sur lefigaro.fr, (consulté le 4 février 2019)
  6. Rugby Mag no 1143, page 33, mai 2015
  7. Clément Garioud, « Ces sombres affaires qui ont entaché la réputation du rugby français », sur https://actu.fr, (consulté le 5 août 2019)
  8. Stéphane PULZE, « Castres et " la magie du rugby " », sur http://www.republicain-lorrain.fr/, (consulté le 10 février 2014)
  9. Fabien Pomiès, « Pire que Clermont : ces clubs maudits sont allés en finale sans jamais décrocher le titre », sur rugbyrama.fr, (consulté le 3 juin 2017).
  10. Pierre-Michel Bonnot, « La tournée du facteur ? », L'Équipe, (consulté le 5 juin 2017).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]